Aide au suivi · médecine générale et pédiatrie · de la naissance à 3 ans
Le tout-petit grandit bien ? Et il mange bien ?
Entrez les mesures, ou déposez le PDF des courbes de votre logiciel : l'outil trace les courbes de l'OMS, calcule percentiles et prise de poids, signale ce qui doit alerter et prépare l'examen du carnet de santé de l'âge. Les onglets Allaitement, Biberon, Diversification, Ventre et digestion et Peau donnent la conduite devant chaque difficulté ; chaque situation a sa fiche patient en noir et blanc, en mots simples.
L'enfant
Quatre renseignements suffisent pour les courbes ; le terme sert à l'âge corrigé du prématuré.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet : ce que vous saisissez, y compris le PDF déposé, reste dans votre navigateur et s'efface quand vous fermez la page. Aucun nom n'est demandé.
Les mesures
Déposez le PDF des courbes ou du tableau de croissance exporté par votre logiciel, collez un tableau, ou saisissez les pesées du carnet.
Coller un tableau (logiciel, tableur, courrier)
Une ligne par consultation : la date puis les mesures, par exemple 12/03/2026 4,2 kg 54 cm PC 37,5. Une ligne d'en-tête « Date Poids Taille PC » suffit pour des colonnes sans unité.
| Date | Poids kg | Taille cm | PC cm | Âge | Retirer |
|---|
Les courbes et ce qu'elles disent
Standards de l'OMS : lignes de −3 à +3 DS, médiane en gras. Âge corrigé jusqu'à 2 ans pour le prématuré.
Le carnet de santé utilise depuis 2018 les courbes AFPA-CRESS/Inserm-CGM, construites sur des enfants français ; leurs paramètres ne sont pas publiés et elles ne sont pas libres de droits. L'outil calcule donc avec les standards de l'OMS, recommandés pour l'enfant allaité et très proches pour le suivi : tracez aussi les points sur la courbe du carnet. Un point isolé ne veut rien dire : c'est la trajectoire qui compte. Prématuré avant 40 SA d'âge corrigé : pas de percentile OMS ; courbes de ou d'. Sans sexe choisi, aucun percentile n'est calculé.
L'examen du carnet de santé
Ce qui concerne l'alimentation et la croissance à l'examen obligatoire de l'âge, et ce qu'il faut recopier dans le carnet.
Vaccins de l'âge : outil Vaccins. Audition et vision à 9 et 24 mois : Sensory Baby Test. Écrans : Écrans. Vitamine D : Vitamine D. Calculs pédiatriques (taille cible, âge corrigé, déshydratation…) : Scores.
Vue et audition
Sensory Baby Test à 9, 24 et 36 mois : épreuves du livret, attendu et alerte.
Ouvrir →Développement
Grille officielle de repérage des TND (0-6 ans), orientation vers la plateforme.
Ouvrir →Écrans
Pas d'écran avant 3 ans : repères et conseils aux familles.
Ouvrir →Bronchiolite à VRS
Vaccin maternel ou anticorps, rattrapage, dose selon le poids.
Ouvrir →Bronchiolite, asthme du nourrisson
Gravité de la bronchiolite, crise, sifflements qui reviennent, corticoïde inhalé et chambre.
Ouvrir →Sommeil et couchage sûr
Couchage sûr (à chaque consultation avant 1 an)
Sur le dos, à plat, dans son propre lit (barreaux, normes CE ou NF), matelas ferme ajusté, gigoteuse à sa taille ; rien dans le lit : ni oreiller, couette, couverture, tour de lit, peluche ni cale-bébé. Même chambre que les parents les 6 premiers mois. Pièce à 18-20 °C, aérée, sans tabac.
Situations à risque
Partage du lit adulte (surtout avant 4 mois, parent fumeur, alcool, médicaments sédatifs, grande fatigue, prématuré), sommeil sur canapé ou fauteuil, position ventrale ou latérale, transat ou siège auto pour dormir, bébé trop couvert ou avec un bonnet, cale-bébé et matelas inclinés, collier d'ambre ou cordon de tétine long (étranglement). Le reflux ne justifie ni le ventre ni le proclive.
Ce qui protège
Allaitement maternel ; tétine pour s'endormir une fois l'allaitement installé (sans la forcer ni la remettre) ; vaccinations à jour ; pas de tabac pendant la grossesse ni après. Sur le ventre éveillé et surveillé : bon pour le dos et la tête (plagiocéphalie).
Le sommeil normal
0-3 mois : 14 à 17 h par jour, par tranches de 2 à 4 h ; 4-11 mois : 12 à 16 h ; 1-2 ans : 11 à 14 h. Beaucoup de bébés dorment 5 à 6 h d'affilée vers 3-4 mois, mais c'est très variable. Sommeil agité normal. Pas de médicament pour dormir.
Couchez toujours votre bébé sur le dos, à plat, même pour les siestes. Dans son propre lit, dans votre chambre les 6 premiers mois. Matelas ferme, drap-housse bien tendu, gigoteuse à sa taille. Rien dans le lit : ni oreiller, ni couette, ni couverture, ni tour de lit, ni peluche. Chambre à 18-20 °C, aérée, sans tabac. Ne le couvrez pas trop. Ne dormez pas avec lui dans votre lit ni sur un canapé, surtout si vous êtes très fatigué, fumeur, ou si vous avez bu de l'alcool ou pris des médicaments qui font dormir. Éveillé et sous votre regard, vous pouvez le mettre sur le ventre pour jouer.
Sources : ; ; ; .
Fièvre du nourrisson
Urgences pédiatriques le jour même
- Moins de 3 mois et 38 °C ou plus, même s'il va bien, même si la fièvre a été mesurée seulement à la maison
- Signes de gravité à tout âge : respiration difficile ou rapide, conscience altérée, pas de réponse aux stimulations, fontanelle bombée, pâleur ou cyanose, cri faible ou geignement, raideur de nuque
- Purpura fébrile : appel au 15, antibiotique sans attendre selon le protocole purpura fulminans
Examen complet au cabinet
- Après 3 mois : chercher un foyer et une infection bactérienne sévère, en tenant compte de ce que disent les parents
- Fièvre sans foyer : bandelette urinaire (l'infection urinaire est l'infection bactérienne la plus fréquente du nourrisson fébrile)
- Réévaluer si l'inconfort persiste après 24 h de traitement bien conduit
Rassurant
- Plus de 3 mois, il joue quand la fièvre baisse, boit bien, foyer viral évident
- Traiter l'inconfort, pas le chiffre
- Pas de prise de température systématique sans signe clinique
- Fièvre : température centrale au-dessus de 38 °C. Référence : thermomètre électronique rectal ; chez le nouveau-né, l'axillaire est comparable. Auriculaire après 2 ans seulement.
- Paracétamol : 60 mg/kg/j en 4 à 6 prises, soit environ 15 mg/kg toutes les 6 h (4 h minimum entre deux prises).
- Si contre-indication au paracétamol : ibuprofène après 3 mois, 20 à 30 mg/kg/j (pipette d'Advilmed : 7,5 mg/kg par prise, 3 à 4 prises, 30 mg/kg/j au maximum) ; kétoprofène après 6 mois. Pas d'AINS en cas de varicelle, prudence si infection bactérienne.
- Une seule molécule les 24 premières heures : ni alternance ni association. Pas d'aspirine (syndrome de Reye).
- Faire boire souvent, ne pas trop couvrir, ne pas chauffer la pièce. Pas de bain ni d'enveloppement frais.
- Aucun traitement ne prévient les convulsions fébriles.
- Près d'1 nourrisson fébrile sur 10 de moins de 2 mois a une infection bactérienne sévère, surtout urinaire (8 %), plus rarement une bactériémie (1,4 %) ou une méningite (0,5 %) (PECARN).
- Jusqu'à 21 jours de vie : bilan complet avec ponction lombaire, antibiotiques et hospitalisation (AAP 2021).
- Ensuite, le bilan est guidé par l'examen d'urine et les marqueurs inflammatoires. Faible risque selon PECARN : urines normales, polynucléaires ≤ 4 090/mm³ et procalcitonine ≤ 1,71 ng/mL.
- Au cabinet, on ne fait pas ce tri : on adresse.
La fièvre est une défense du corps contre le microbe. Elle n'est pas dangereuse en elle-même. Le but du traitement est son confort, pas de faire baisser le chiffre. Donnez-lui à boire souvent. Ne le couvrez pas trop. Ne chauffez pas la pièce. Pas de bain froid ni de gant mouillé. Paracétamol avec la pipette graduée en kilos, au poids de votre enfant, toutes les 6 heures si besoin (4 prises par jour au maximum). Un seul médicament : n'alternez pas paracétamol et ibuprofène sans avis médical. Jamais d'aspirine. Reconsultez si l'inconfort persiste après 24 heures, s'il boit mal, s'il est inhabituellement mou ou grognon, s'il a des taches sur la peau, ou s'il respire mal.
Sources : ; ; ; .
Bien démarrer
Allaitement exclusif recommandé jusqu'à 6 mois (au moins 4), puis poursuivi aussi longtemps que la mère et l'enfant le souhaitent, avec la diversification.
À la demande
Sans limiter la fréquence ni la durée : 8 à 12 tétées par 24 h, dont la nuit. La restriction fait arrêter plus tôt et favorise douleurs et engorgement.
Pas de complément
Ni eau, ni eau sucrée, ni lait chez le nouveau-né à terme qui tète efficacement.
La production suit la demande
Elle met environ 2 mois à se régler. Ne pas imposer un seul sein par tétée : la capacité de stockage varie beaucoup d'une femme à l'autre.
La prise du sein
Pas de position type : ventre contre sa mère, bouche grande ouverte, menton contre le sein, plus d'aréole visible au-dessus qu'en dessous. La douleur n'est pas normale : elle signe le plus souvent une mauvaise prise.
Le sommeil
Ne pas réveiller systématiquement un bébé qui va bien et prend du poids ; un bébé « trop sage » qui réclame peu les premières semaines doit être pesé.
Vitamines
Vitamine D chaque jour (400 à 800 UI/j, médicament et non complément alimentaire). Vitamine K, nouveau-né à terme sans risque : 2 mg par voie orale à la naissance et entre J4 et J7 (tous), puis à 1 mois si allaitement maternel, exclusif ou mixte (inutile si lait infantile seul). Une seule dose de 1 mg en IM à la naissance remplace ce schéma. Prématuré ou nouveau-né à risque : schéma de la maternité (IM ou IV, selon la coagulation).
Chez la mère : VIH, sauf décision partagée avec l'équipe VIH périnatale quand toutes les conditions sont réunies (traitement débuté avant la grossesse ou au 1er trimestre, bonne observance, charge virale < 50 copies/mL depuis au moins 6 mois, suivi renforcé de la mère et de l'enfant) ; sinon, l'allaitement est formellement déconseillé. Tuberculose bacillifère non traitée, certains médicaments (chimiothérapie, iode radioactif : voir le CRAT). Chez l'enfant : galactosémie. Le tabac, une infection banale, une mastite ou la plupart des traitements ne contre-indiquent pas l'allaitement.
Cholécalciférol (ZymaD 10 000 UI/mL, solution buvable en gouttes) : 2 gouttes par jour (600 UI), chaque jour, dès la naissance. Quantité suffisante pour 3 mois, à renouveler. Phytoménadione 2 mg/0,2 mL (vitamine K1 nourrissons), solution buvable : 1 ampoule (2 mg) par voie orale entre le 4e et le 7e jour, puis 1 ampoule à 1 mois (allaitement maternel, exclusif ou mixte ; inutile si lait infantile seul ; aucune dose si 1 mg a été fait en IM à la naissance).
Sources : ; ; ; ; ; .
Les tétées sont-elles efficaces ?
Rassurant
- Déglutitions audibles, bébé détendu et repu en fin de tétée, sein assoupli
- Après J5 : au moins 5 à 6 couches bien mouillées et des selles jaunes, plusieurs par jour le premier mois
- Perte de poids < 7 % ; poids de naissance repris en 1 à 2 semaines (en moyenne vers 8 jours)
- Ensuite 25 à 35 g/j, calculés depuis le poids le plus bas
À revoir dans 24 à 48 h
- Perte de 7 à 10 % : observer une tétée entière, corriger la prise, augmenter le nombre de tétées
- Poids de naissance pas encore repris à 2 semaines
- Douleur de la mère, crevasses
- Bébé qui réclame peu ou s'endort très vite au sein
- Gain de 15 à 20 g/j après les deux premières semaines
Urgent (avant 3 semaines)
- Perte ≥ 10 % du poids de naissance, ou qui continue après J5
- Méconium encore présent à J5 ; urines et selles rares
- Poids de naissance pas repris à 3 semaines
- Bébé somnolent qui ne s'éveille pas pour téter, ictère qui s'intensifie
L'ordre de la conduite : 1. nourrir l'enfant ; 2. lui donner le plus de lait maternel possible ; 3. au sein si possible. Complément de préférence avec le lait tiré, puis avec un lait infantile, au dispositif d'aide à la lactation, à la tasse ou au doigt plutôt qu'au biberon ; pesée rapprochée (2 à 3 jours). Chercher une mauvaise prise du sein, un frein de langue gênant, une hypogalactie. Après 3 semaines, pas de prise de poids pendant plus d'une semaine ou décrochage de la courbe : même démarche. Pièges : le bébé « qui pleure comme des coliques » et le bébé « trop sage » qui dort.
Proposez le sein plus souvent : au moins 8 à 12 fois par 24 heures, la nuit aussi. Pendant la tétée, comprimez doucement le sein quand bébé ralentit, et changez de sein plusieurs fois. Après les tétées, tirez votre lait (tire-lait ou à la main) et donnez-le à bébé à la tasse, à la cuillère ou au doigt. Si on vous a prescrit un complément de lait infantile : ____ mL après ____ tétées par jour. Comptez les couches : au moins 5 à 6 couches bien mouillées par jour. Pesée de contrôle le : ____________ .
Sources : Guide de l'allaitement du Québec (2010) ; ; ; (gains en g/j) ; formation de pédiatrie générale 2023. Le gain depuis le poids le plus bas se calcule à l'onglet Mon patient.
Douleurs et complications
Presque toutes se traitent en continuant d'allaiter ; l'arrêt brutal aggrave l'engorgement et expose à l'abcès.
| Situation | Reconnaître | Conduite |
|---|---|---|
| Crevasses | Douleur à la prise du sein, fissure, mamelon déformé (« rouge à lèvres ») après la tétée | Corriger la prise du sein (observer une tétée) ; lait maternel sur le mamelon ; si trop douloureux, repos du côté atteint 24 à 48 h en tirant le lait. Plaie qui ne cicatrise pas en une semaine : surinfection probable (mupirocine ou acide fusidique ; antistaphylococcique oral si plaie profonde). Penser au frein de langue. |
| Engorgement | Seins durs, tendus, chauds des deux côtés, J3-J5 surtout ; bébé qui n'arrive pas à prendre le sein | Tétées fréquentes ; ramollir l'aréole (expression manuelle ou pression douce) avant la tétée ; seul traitement prouvé : faire sortir le lait (tétée, expression) ; froid entre les tétées ; antalgique. Ne pas restreindre les boissons ni bander les seins. |
| Mastite (inflammatoire puis parfois infectieuse) | Zone rouge, chaude, douloureuse d'un sein, fièvre, courbatures | Continuer à allaiter, sans sur-stimuler (tirer seulement ce qui soulage) ; pas de massage appuyé ; froid, ibuprofène et paracétamol, repos. Antibiotique si signes graves d'emblée, lésion du mamelon infectée, forme bilatérale ou récidivante, ou pas d'amélioration en 24 à 48 h : antistaphylococcique compatible avec l'allaitement (CRAT), 10 à 14 jours ; prélèvement de lait si récidive ou échec. |
| Abcès | Masse fluctuante douloureuse, fièvre persistante malgré l'antibiotique | Échographie ; ponction à l'aiguille plutôt que drainage chirurgical ; l'allaitement se poursuit (au moins de l'autre côté). |
| Candidose du mamelon | Brûlure persistante pendant et après la tétée malgré une bonne prise ; muguet chez l'enfant | Traiter la mère (antifongique local, au moins 7 jours) et l'enfant (nystatine ; miconazole gel contre-indiqué avant 4 mois, 5 à 6 mois chez le prématuré : risque de fausse route ; interaction avec les AVK) ; faire bouillir tétines et sucettes 10 minutes. |
| Vasospasme (Raynaud du mamelon) | Mamelon qui blanchit puis bleuit après la tétée, au froid | Chaleur après la tétée, éviter le froid ; si douleur importante, nifédipine (avis). |
| Frein de langue (ankyloglossie) | Crevasses, tétée inefficace, langue qui ne dépasse pas les gencives | Observer une tétée ; frénotomie seulement si la gêne est avérée. |
| Réflexe d'éjection fort | Bébé qui s'étouffe, lâche le sein, avale de l'air, pleure en début de tétée | Tirer un peu de lait avant de mettre au sein ; allaiter en position semi-allongée ; plusieurs tétées du même sein. |
| « Pas assez de lait » | Rarement un vrai défaut de production : le plus souvent une conduite à ajuster | Plus de tétées, compression du sein, alterner les seins plusieurs fois, tire-lait, moins de sucette. Chercher : œstroprogestatif, pseudoéphédrine, rétention placentaire, hypothyroïdie. Pas de dompéridone. |
Faites vérifier la position de bébé pendant une tétée : c'est souvent la cause. Bébé ouvre grand la bouche, son menton touche le sein, il prend une grande partie de l'aréole. Après la tétée, mettez un peu de votre lait sur le mamelon et laissez sécher à l'air. Si c'est trop douloureux, tirez votre lait de ce côté pendant 24 à 48 heures et donnez-le à bébé. Reconsultez si la plaie ne guérit pas en une semaine.
Mettez bébé au sein souvent, jour et nuit. Avant la tétée, faites sortir un peu de lait à la main pour assouplir l'aréole. Entre les tétées, mettez du froid (poche de froid dans un linge, 10 à 20 minutes). Buvez normalement. Ne bandez pas vos seins. Vous pouvez prendre du paracétamol ou de l'ibuprofène.
Ibuprofène 400 mg : 1 comprimé 3 fois par jour, au cours des repas, pendant 3 à 5 jours. Paracétamol 1 g : 1 comprimé toutes les 6 heures si besoin, sans dépasser 3 g par jour. Poursuivre l'allaitement ; froid local ; repos. Si pas d'amélioration en 24 à 48 heures : reconsulter. [Si antibiotique : antistaphylococcique compatible avec l'allaitement, vérifié sur le CRAT, pendant 10 à 14 jours : ______________________ ]
Sources : ; Guide de l'allaitement du Québec (2010) ; ; ; .
Médicaments, contraception, tire-lait
Médicaments
La plupart sont compatibles. Vérifier chaque fois sur le CRAT (fiche par médicament). Paracétamol et ibuprofène : compatibles. Éviter de cumuler les sources de vitamine D chez l'enfant.
Contraception
Allaitement exclusif jour et nuit, en aménorrhée, avant 6 mois : méthode MAMA (moins de 2 % de grossesses). Progestatifs seuls et DIU possibles ; œstroprogestatifs déconseillés pendant l'allaitement (baisse de la production). Détail : outil Contraception.
Prescrire un tire-lait
Location remboursée sur ordonnance séparée, en précisant le kit (simple ou double). Première prescription pour 10 semaines au plus, puis renouvellements par périodes de 3 mois. Utile pour la reprise du travail, un prématuré, une hospitalisation, une hypogalactie.
Location d'un tire-lait électrique pour une durée de 10 semaines. Kit de téterelles : double pompage (ou : simple pompage), taille ____ mm. Indication : allaitement maternel (reprise du travail / hospitalisation de l'enfant / prématurité / difficulté de lactation).
Renouvellement de la location d'un tire-lait électrique pour une durée de 3 mois. Allaitement maternel poursuivi.
Sources : ; .
Tirer et conserver le lait
| Où | Combien de temps |
|---|
- Se laver les mains ; récipient propre, fermé, étiqueté avec la date.
- Décongeler au réfrigérateur (ou sous l'eau tiède), jamais au micro-ondes ; ne jamais recongeler.
- Le lait qui se sépare en deux couches est normal : mélanger doucement.
Source : (durées officielles ; certaines associations donnent des durées plus longues, non retenues ici).
Se faire aider
Sage-femme libérale, PMI, consultante en lactation, associations : à proposer dès la sortie de maternité en cas de difficulté.
La PMI (consultations gratuites, puéricultrices) se trouve sur le site du conseil départemental.
Quel lait, à quel âge ?
1er âge
« Préparation pour nourrissons ». Couvre seule tous les besoins jusqu'à 4-6 mois. Une formule standard suffit.
2e âge
« Préparation de suite », dès qu'un repas complet par jour est pris sans lait. Au moins 500 mL de lait par jour (maternel ou 2e âge) jusqu'à 1 an.
Croissance
Bénéfice démontré seulement sur le fer : à privilégier si risque de carence (prématurité, petit appétit, précarité, retard pondéral). Sinon, possible en alternance avec du lait de vache entier. Environ 500 mL par jour, jamais plus de 800 mL avec les laitages.
Boissons végétales, lait de vache
Amande, riz, avoine, soja… ne couvrent pas les besoins (carences graves décrites). Pas de lait écrémé ni demi-écrémé avant 3 ans ; boissons au soja déconseillées avant 3 ans.
Les laits « spéciaux » (épaissis, HA, confort, sans lactose, hydrolysats) et les allégations des marques : ce qui est prouvé.
Sources : ; .
Marques et allégations : ce qui est vraiment prouvé
Tous les laits infantiles vendus en France suivent la même réglementation européenne (composition minimale et maximale, DHA obligatoire depuis 2020) : en supermarché comme en pharmacie, bio ou non, cher ou pas, un lait 1er âge standard nourrit aussi bien. Ce qui change d'une marque à l'autre relève surtout du marketing.
| Ce qui est écrit sur la boîte | Ce que c'est | Efficacité démontrée | À retenir |
|---|---|---|---|
| AR, « anti-régurgitations », épaissi | Lait épaissi à l'amidon (constipe) ou à la caroube (accélère le transit) | Diminue les régurgitations visibles ; ne traite pas le reflux acide | Seulement après 2 semaines de mesures simples (ration, fractionnement, reconstitution), chez l'enfant au biberon. En pharmacie. Pas chez l'enfant allaité. |
| Confort, digest, transit, « anti-coliques » | Protéines partiellement hydrolysées, lactose réduit, prébiotiques | Non démontrée pour les pleurs, les coliques ou la constipation | Non recommandés (ESPGHAN 2024). Les pleurs du nourrisson culminent vers 6 à 8 semaines et passent seuls. |
| HA, « hypoallergénique » | Protéines partiellement hydrolysées | Ne prévient pas l'allergie ; ne traite pas l'APLV | Pas d'indication en prévention. En cas d'allergie aux protéines de lait de vache : hydrolysat poussé, de riz ou acides aminés (sur prescription). |
| Relais d'allaitement, « allaitement mixte » | Lait 1er âge standard, parfois avec HMO ou probiotiques | Pas de supériorité démontrée | N'importe quel 1er âge convient pour compléter un allaitement. |
| HMO, probiotiques, prébiotiques, « immunité » | Ingrédients ajoutés, sûrs | Bénéfices cliniques faibles ou non démontrés | Pas une raison de choisir ni de changer de lait. |
| Bio | Ingrédients issus de l'agriculture biologique | Pas de bénéfice démontré sur la santé de l'enfant | Même réglementation de composition que les autres. |
| Lait de chèvre (formule infantile) | Protéines de lait de chèvre, autorisées en Europe | Pas d'avantage démontré | Pas en cas d'APLV (allergie croisée). À ne pas confondre avec le lait de chèvre du commerce, interdit avant 1 an. |
| Sans lactose | Lactose remplacé par d'autres sucres | Utile après une diarrhée qui dure plus de 7 jours | Temporaire. L'intolérance primaire au lactose est exceptionnelle. |
| Liquide prêt à l'emploi | Même lait, déjà reconstitué, stérile | Pas de différence nutritionnelle | Pratique (voyage, maternité, nuit), plus cher. Ouvert : 48 h au réfrigérateur. |
- Changer de lait ne règle ni les pleurs, ni les gaz, ni les régurgitations simples. Chaque changement trouble la flore intestinale pendant environ 15 jours : selles de couleur et de consistance différentes, parfois plus de gaz.
- Avant de conclure, laisser au moins 2 semaines au même lait.
- Vérifier d'abord : la ration (suralimentation fréquente), la reconstitution (1 mesurette rase pour 30 mL), le rythme des biberons, la croissance.
- Penser à l'APLV devant des signes digestifs avec eczéma, sang dans les selles ou stagnation du poids : voir APLV.
- Débit adapté à l'âge : tétine à débit lent pour le nouveau-né. Retourné, le biberon doit goutter, pas couler en jet.
- Débit trop rapide : bébé s'étouffe, tousse, laisse couler du lait, avale de l'air, régurgite. Trop lent : il s'énerve, s'épuise, biberon de plus de 20 à 30 minutes.
- Biberon tenu presque à l'horizontale, bébé assez droit, pauses pour le rot : réduit l'air avalé.
- Biberons et tétines « anti-coliques » : efficacité non démontrée.
- Un repas de plus de 20 minutes au biberon de façon habituelle est un signe d'alerte de difficulté alimentaire.
Tous les laits 1er âge vendus en France respectent les mêmes règles : la marque, le prix ou le bio ne changent pas la qualité. Changer de lait ne soulage ni les pleurs, ni les gaz, ni les petits rejets. Chaque changement perturbe le ventre de bébé pendant environ 15 jours. Gardez le même lait au moins 2 semaines avant de juger. Vérifiez la préparation : 1 mesurette rase pour 30 mL d'eau, l'eau d'abord. Ne forcez pas bébé à finir son biberon. Tétine : le lait doit goutter, pas couler en jet. Si bébé s'étouffe ou avale de l'air, prenez une tétine à débit plus lent.
Sources : ; ; ; ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Préparer le biberon
- Se laver les mains. Biberon et tétine lavés à l'eau chaude et au liquide vaisselle, avec un goupillon, bien rincés et séchés.
- L'eau d'abord : eau du robinet froide (laisser couler quelques secondes), ou eau en bouteille portant la mention « convient pour la préparation des aliments des nourrissons ». Jamais d'eau gazeuse, filtrée ou adoucie ; prudence si canalisations en plomb (logement d'avant 1949).
- Puis la poudre : 1 mesurette rase pour 30 mL d'eau, sans tasser. Une erreur de dosage explique bien des régurgitations, des constipations ou des stagnations de poids.
- Donner dans l'heure à température ambiante ; réchauffé, dans la demi-heure ; le reste se jette. Pas de micro-ondes (brûlures).
- Boîte de lait ouverte : 1 mois ; bouteille d'eau entamée : 24 h ; lait liquide ouvert : 48 h au réfrigérateur.
- Ne jamais laisser le bébé boire seul un biberon calé.
Lavez-vous les mains. Mettez d'abord l'eau : eau du robinet froide, ou eau en bouteille marquée « convient pour les nourrissons ». Jamais d'eau gazeuse. Ajoutez ensuite la poudre : 1 mesurette rase pour 30 mL d'eau, sans tasser. Donnez le biberon dans l'heure. Ce qui reste se jette. Pas de micro-ondes. Une boîte ouverte se garde 1 mois ; une bouteille d'eau ouverte, 24 heures.
Sources : ; .
Combien de lait ?
Des repères, pas une prescription : on ne force pas, on suit les signes de faim et de satiété, et la courbe prime.
Renseignez le poids et l'âge.
| Âge | Biberons par jour | Par biberon | Total par jour |
|---|
Les deux premières semaines, pas de règle d'Appert : les volumes montent chaque jour (2 à 10 mL par biberon le 1er jour, 30 à 60 mL du 4e au 7e jour, puis 60 à 90 mL). Ensuite, avant la diversification : poids en grammes ÷ 10 + 250 mL par jour (± 100 mL), sans dépasser 180 mL/kg/j (petits poids) ni 1 000 mL. Ne s'applique pas au prématuré (ration fixée par le suivi néonatal). Même calcul dans Scores · Quantité de lait.
Sources : ; ; ; ; .
Les pièges
La « valse des laits »
Changer de lait pour des pleurs, des gaz ou des régurgitations ne marche pas et trouble la flore pendant environ 15 jours. Ne pas passer un enfant allaité au biberon pour ces motifs. Voir marques et allégations.
La suralimentation
Première cause de régurgitations gênantes. Comparer la ration réelle à la ration attendue avant tout traitement.
Le dosage
Faire décrire la préparation (eau, nombre de mesurettes) : trop concentré, le lait constipe et fait trop grossir ; trop dilué, il fait stagner le poids.
La farine dans le biberon
Pour faire dormir : inefficace. Elle n'a d'intérêt que si la croissance est médiocre.
Le biberon de nuit
Disparaît souvent vers 2 à 3 mois, selon le rythme jour-nuit : ne pas réveiller l'enfant pour le nourrir s'il prend bien du poids. Après les premières dents, pas de biberon de lait pour s'endormir (caries).
La tétine
Débit trop rapide (étouffement, air avalé, rejets) ou trop lent (biberon interminable) : adapter avant d'accuser le lait.
Sources : ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Commencer la diversification : quand et comment ?
Entre 4 et 6 mois
Jamais avant 4 mois révolus ; après 6 mois révolus, le lait seul ne suffit plus (fer, énergie). Dans cette fenêtre, le moment est celui des parents et de l'enfant, au repas qui convient à la famille, même le soir. Prématuré : raisonner en âge corrigé et en développement.
Signes qu'il est prêt
Tient sa tête et son dos, s'intéresse aux repas, porte les objets à la bouche, ouvre la bouche quand la cuillère approche ; le réflexe d'extrusion de la langue s'estompe. Les dents ne comptent pas.
Toutes les familles, sans ordre
Légumes, fruits, féculents (gluten compris, même si antécédent familial de maladie cœliaque), légumes secs en purée lisse, viande, poisson, œuf bien cuit, laitages nature, allergènes compris. Un aliment nouveau à la fois, seul, puis mélangé.
Proposer sans forcer
Quelques cuillerées au début, cuillère présentée par en dessous. 8 à 10 présentations peuvent être nécessaires pour qu'un aliment soit accepté. Repérer les signes de satiété (tourne la tête, ferme la bouche, repousse) ; pas d'écran au repas.
Le lait
Il reste l'aliment principal jusqu'à 1 an. Au biberon : 2e âge dès qu'un repas complet par jour est pris sans lait, au moins 500 mL de lait par jour jusqu'à 1 an. Allaitement : se poursuit aussi longtemps que souhaité ; solides d'abord après la tétée.
Eau, sel, sucre
L'eau est la seule boisson, au verre dès 6 mois. Pas de sel ni de sucre ajoutés, pas de jus de fruits. Petits pots : possibles, en variant marques et recettes ; ajouter la matière grasse s'ils n'en contiennent pas.
- Pas un calendrier strict : les âges sont des repères, l'enfant avance à son rythme.
- Pas une raison d'arrêter l'allaitement.
- Pas un moyen de faire dormir : la farine dans le biberon n'allonge pas les nuits.
- Pas un régime « spécial bébé » : laitages et aliments ordinaires conviennent, sans sel ni sucre.
Sources : ; ; .
Étape par étape : lait, aliments, textures, quantités
| Âge | Lait | Aliments | Textures | Viande, poisson, œuf | Matières grasses | Repas |
|---|
- Poisson 2 fois par semaine, dont 1 gras (sardine, maquereau, saumon) ; varier les espèces.
- Légumes secs (lentilles, pois chiches) : dès 4-6 mois en purée lisse, puis souvent.
- Laitages : yaourt, petit-suisse, fromage blanc nature et entiers, fromage râpé dès le début ; inutile de prendre « spécial bébé ».
- Fer : viande, poisson, œuf, légumes secs, avec un fruit riche en vitamine C ; lait de croissance plutôt que lait de vache si l'alimentation est peu variée.
- Lait : au moins 500 mL par jour de 6 mois à 3 ans, jamais plus de 800 mL avec les laitages après 1 an (excès de protéines, manque de fer, petit appétit).
- Goûter après 1 an : tartine et fruit, ou laitage ; un seul goûter.
Sources : ; . Ration de lait au biberon : Combien de lait ?
Allergènes : ne pas les retarder
Retarder l'arachide, l'œuf, les fruits à coque ou le gluten ne protège pas de l'allergie : les introduire entre 4 et 6 mois, puis en redonner régulièrement, favorise la tolérance (essai LEAP : environ 80 % d'allergies à l'arachide en moins chez les nourrissons à risque). Le lait « HA » ne prévient pas l'allergie.
Pas d'eczéma, ou eczéma léger
- Introduire à la maison, entre 4 et 6 mois, comme les autres aliments
- Arachide : pâte d'arachide 100 % lisse, une petite quantité délayée dans la purée, jamais de cacahuète entière
- Œuf : bien cuit (dur), écrasé
- Fruits à coque : en poudre (amande, noisette), une demi-cuillère à café
- Puis plusieurs fois par semaine : c'est l'exposition régulière qui entretient la tolérance
Eczéma modéré, frère ou sœur allergique
- Ne pas retarder ; introduire à la maison, un allergène à la fois, un jour où l'enfant va bien
- Traiter l'eczéma (émollients, dermocorticoïdes) : la peau abîmée favorise la sensibilisation
- Pas d'émollients à base de protéines alimentaires (arachide, avoine, lait)
- Avis allergologique si les parents sont inquiets, plutôt que de repousser
Avis allergologique d'abord
- Eczéma sévère malgré un traitement bien conduit, ou précoce et étendu
- Allergie alimentaire déjà connue (œuf, lait de vache)
- Réaction après un premier contact
- Avis rapide, sans attendre des mois : la fenêtre utile est avant 6 mois
- Dans les minutes à 2 heures : plaques rouges, urticaire, gonflement des lèvres ou des paupières, vomissements répétés → arrêter l'aliment, consulter, avis allergologique.
- Gêne respiratoire, toux, voix rauque, malaise, pâleur, enfant mou → 15 (anaphylaxie).
- Rougeur autour de la bouche au contact d'un fruit acide (tomate, agrumes) : irritation, pas une allergie.
- Vomissements répétés 1 à 4 heures après un aliment (riz, lait, poisson), pâleur, enfant mou : penser au SEIPA (entérocolite induite par les protéines alimentaires) → avis spécialisé.
Entre 4 et 6 mois, votre bébé peut goûter les aliments qui donnent parfois des allergies. Les retarder ne le protège pas : au contraire. Arachide : une petite quantité de pâte d'arachide 100 % lisse (beurre de cacahuète sans sel ni sucre), délayée dans la purée. Jamais de cacahuète entière avant 5 ans. Œuf : bien cuit (dur), écrasé dans la purée. Amande, noisette : en poudre, une demi-cuillère à café dans la purée. Un nouvel aliment à la fois, un jour où bébé va bien, à la maison. Ensuite, redonnez-les plusieurs fois par semaine. Arrêtez et consultez si : plaques rouges, gonflement du visage, vomissements. Appelez le 15 si bébé a du mal à respirer, devient pâle ou mou.
Allergie aux protéines de lait de vache (APLV) : diagnostic, laits de substitution et fiche parents à la rubrique APLV.
Sources : ; ; ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Sécurité : ce qu'on ne donne pas, et jusqu'à quand
| À ne pas donner | Jusqu'à | Pourquoi |
|---|
- L'enfant tousse, pleure, respire : le laisser tousser, ne pas taper dans le dos, ne pas mettre les doigts dans la bouche.
- Il ne peut plus tousser, ni crier, ni respirer : appeler le 15 et, chez le nourrisson, 5 claques dans le dos (à plat ventre sur l'avant-bras, tête plus basse), puis 5 compressions thoraciques (sur le dos, deux doigts au milieu de la poitrine) ; alterner.
- Après 1 an : 5 claques dans le dos, puis 5 compressions abdominales (Heimlich).
- Conseiller aux parents une formation aux premiers secours.
Haut-le-cœur avec les nouvelles textures : réflexe de protection normal, il recule avec l'habitude ; à distinguer de la fausse route (l'enfant ne respire plus).
Sources : ; ; ; .
Textures, morceaux et diversification menée par l'enfant
Lisse
Purées et compotes bien lisses, à la cuillère, présentée par en dessous.
Écrasé
Haché ou écrasé à la fourchette ; pâtes alphabet, semoule, œuf dur haché dans la purée. Une seule texture nouvelle par repas.
Morceaux mous
Qui s'écrasent entre la langue et le palais (banane, légumes fondants). Même sans dents, il mâchonne.
À croquer
Aliments cuits, fruits crus, crudités en petits morceaux ; quignon de pain pour la mâchoire.
- Avale sans difficulté les purées lisses et épaisses
- Tient sa tête et son dos droits dans sa chaise
- Fait des mouvements de mâchonnement, déplace la langue sur les côtés
- Attrape un aliment et le porte à la bouche, cherche à se nourrir seul
- Ne pas attendre les dents. Passer aux morceaux avant 10 mois : un retard d'introduction est associé à plus de difficultés alimentaires ensuite.
- Morceaux bien cuits d'emblée, pris avec les mains, sans purée : possible vers 6 mois, si l'enfant tient assis seul et porte à la bouche.
- Découverte accompagnée : enfant assis droit, adulte à côté pendant tout le repas.
- Vigilance sur le fer (viande, œuf, légumes secs à chaque jour) et l'énergie ; suivre la courbe.
- Pas d'aliments petits, durs et ronds ; pommes et carottes crues râpées ou cuites fondantes.
- Mixte possible : cuillère et morceaux au même repas.
Vers 6 à 8 mois, proposez des aliments écrasés à la fourchette. Une seule nouvelle texture par repas. Vers 8 mois : des petits morceaux très mous, qui s'écrasent entre les doigts. Vers 10 mois : des morceaux à croquer. Votre enfant n'a pas besoin de dents pour mâcher des aliments fondants. Il mange toujours assis bien droit, sous votre regard, sans écran. Des haut-le-cœur au début sont normaux : c'est un réflexe qui le protège. Continuez doucement. Coupez en 4 les raisins et les tomates cerises. Pas de cacahuètes entières avant 5 ans.
Sources : ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Refus, petit mangeur, néophobie : normal ou pas ?
Rassurant
- Courbe de poids et de taille régulière, enfant actif et éveillé
- Appétit variable d'un repas ou d'un jour à l'autre
- Néophobie vers 18 mois - 2 ans : refuse le nouveau, mange ses aliments connus
- Après 1 an, la croissance ralentit : il mange moins qu'on ne l'attend
- → Rassurer, partage des rôles (encadré), conseils à copier
À revoir, à accompagner
- Repas de plus de 30 minutes, conflits, distraction ou écran pour faire manger
- Plus de 800 mL de lait par jour, grignotage, jus : l'appétit est coupé
- Refus des morceaux après 10-12 mois, haut-le-cœur persistants
- Choix très restreint mais croissance correcte
- Constipation, carence en fer (pâleur) à rechercher
- → Revoir dans 1 à 2 mois avec la courbe ; orthophonie si trouble de la mastication
Avis spécialisé
- Cassure de la courbe de poids, ou de taille
- Toux, étouffements, fausses routes répétées ; repas douloureux, pleurs dès la vue du repas
- Vomissements répétés, diarrhée, sang dans les selles
- Retard de développement, signes neurologiques, pathologie cardiaque ou respiratoire
- Refus total d'un coup après un épisode d'étouffement ; haut-le-cœur à l'approche du repas ; moins de 15 à 20 aliments acceptés avec détresse (ARFID)
- → Pédiatre, gastro-pédiatre ; équipe de l'oralité (orthophonie, psychologue)
- Les parents décident quoi, quand, où : 3 repas, 1 goûter, à table, en famille.
- L'enfant décide s'il mange et combien.
- Pas de menu à la carte ; toujours un aliment qu'il aime dans l'assiette, à côté du nouveau.
- Pas de chantage, de récompense, ni de compensation par le dessert ou un biberon après un repas refusé.
- Repas de 20 à 30 minutes au plus ; rien entre les repas sauf l'eau.
Votre enfant grandit bien : sa courbe est rassurante. Vous décidez ce qu'il y a dans l'assiette, quand et où l'on mange. Lui décide s'il mange et combien. 3 repas et 1 goûter par jour, à table, sans écran. Rien entre les repas, sauf de l'eau. Servez de petites quantités. Mettez toujours un aliment qu'il aime, à côté d'un aliment nouveau. Un aliment nouveau peut demander 10 à 15 essais avant d'être accepté : continuez à le proposer, sans forcer. Pas de chantage, pas de récompense. Si le repas est refusé, on ne le remplace pas par un biberon ou un dessert. Le repas dure 20 à 30 minutes au plus. Pas plus de 500 à 800 mL de lait par jour, laitages compris.
Sources : ; ; formation de pédiatrie générale 2023. La courbe se trace à l'onglet Mon patient.
Situations particulières
Enfant allaité
Diversifier entre 4 et 6 mois comme les autres ; l'allaitement continue autant que souhaité. Pas de lait infantile nécessaire si la diversification est bien conduite ; si un relais est pris, 2e âge puis croissance. Fer : viande, œuf, légumes secs dès le début.
Fer
Réserves épuisées vers 6 mois. Risque : prématuré, allaitement sans aliments riches en fer, lait de vache avant 1 an ou plus de 800 mL de lait après 1 an, végétarisme. Lait de croissance ou aliments riches en fer avec de la vitamine C.
Végétarien (œufs et laitages)
Possible avec vigilance : fer, oméga-3 (huile de colza, noix), zinc, iode. Œuf et légumes secs chaque jour ; lait infantile jusqu'à 3 ans ; surveiller la courbe.
Végétalien (aucun produit animal)
Non adapté avant 3 ans (SPF, GFHGNP). Si les parents le maintiennent : vitamine B12 obligatoire, préparation infantile adaptée (protéines de riz) jusqu'à 3 ans, jamais de boisson végétale, suivi diététique et de la courbe rapproché ; risque neurologique grave par carence en B12.
Vitamine D
Chaque jour de 0 à 18 ans, médicament (pas de complément alimentaire) : 400 à 800 UI/j avant 2 ans. Le lait de croissance n'en apporte pas assez. Doses et produits : outil Vitamine D.
Prématuré
Âge corrigé et développement : souvent vers 4 à 6 mois d'âge corrigé ; avis du suivi néonatal. Vigilance fer et vitamine D ; textures parfois plus lentes (oralité).
Sources : ; ; ; .
Ce qui ne peut pas attendre
À éliminer avant de parler de coliques, de reflux ou de constipation : chez le nourrisson, l'urgence chirurgicale se cache derrière des signes banals.
Urgences, 15
- Vomissements verts (bilieux) : occlusion, volvulus jusqu'à preuve du contraire
- Crises de pleurs avec accès de pâleur ou d'hypotonie, refus du biberon, selles glairo-sanglantes : invagination (3 mois - 3 ans), échographie sans attendre les vomissements
- Malaise : pâleur, cyanose, hypotonie ; palper les pouls fémoraux
- Déshydratation ≥ 10 %, enfant geignard, marbrures, temps de recoloration allongé
- Fontanelle bombée ; fièvre avant 3 mois, même bien tolérée (voir Fièvre)
- Diarrhée sanglante avec pâleur et urines rares : syndrome hémolytique et urémique
Le jour même
- Vomissements en jet après chaque repas entre 2 et 8 semaines, faim conservée : sténose du pylore
- Selles décolorées (carte du carnet) ou ictère au-delà de 14 jours : bilirubine conjuguée, atrésie des voies biliaires
- Sang dans les selles sans fissure évidente
- Méconium au-delà de 48 h, ventre distendu
- Toujours examiner orifices herniaires et testicules devant des pleurs
Ensuite seulement
- Croissance régulière, examen normal, enfant tonique entre les épisodes
- Penser aux troubles fonctionnels (Rome IV) : régurgitations, coliques, dyschésie, constipation fonctionnelle
- Chercher une erreur de ration ou de reconstitution, une APLV
Déshydratation : Clinical Dehydration Scale · fièvre : rubrique Fièvre, score de Yale après 3 mois · courbe : onglet Mon patient.
Sources : ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023 et revues de pédiatrie ambulatoire.
Pleurs et coliques
Définition (Rome IV)
Nourrisson de moins de 5 mois, pleurs prolongés, difficiles à calmer, sans cause, chez un enfant qui grossit bien, sans fièvre ni maladie. Début vers 2-3 semaines, pic vers 6 semaines, fin vers 3-4 mois. Pleurer n'est pas avoir mal.
Examen avant de conclure
Courbe, examen complet (hernie, testicules, fontanelle, fractures), pas d'accès de pâleur. Penser : infection urinaire, otite, APLV (avec eczéma, sang dans les selles, vomissements), reflux avec œsophagite (pleurs pendant le repas qui limitent les prises), réflexe d'éjection fort.
Ce qui aide
Écouter, expliquer, déculpabiliser : c'est la mesure la plus efficace. Portage, bercement, bruit blanc, peau à peau, environnement calme ; relais entre parents. Vérifier ration et préparation au biberon.
Ce qui ne marche pas
Siméticone, antispasmodiques, IPP, tisanes, changements de lait répétés, laits « confort ». L. reuteri DSM 17938 : effet modeste chez l'enfant allaité. Éviction des PLV chez la mère : seulement si APLV suspectée sur d'autres signes.
Les pleurs sont le premier déclencheur du syndrome du bébé secoué. À chaque consultation pour pleurs : demander comment les parents tiennent, et dire la règle : si vous êtes à bout, posez le bébé sur le dos dans son lit, sortez de la pièce, appelez quelqu'un. Ne jamais secouer, même quelques secondes.
Votre bébé grandit bien et l'examen est normal : ces pleurs sont des « coliques ». Elles passent seules, en général vers 3 à 4 mois. Pleurer n'est pas avoir mal. Aucun médicament ni changement de lait ne les fait disparaître. Ce qui aide : le porter contre vous, le bercer, une promenade, un bruit régulier, une pièce calme. Relayez-vous et acceptez l'aide. Dormez quand il dort. Si vous êtes à bout : posez-le sur le dos dans son lit, sortez de la pièce quelques minutes, appelez quelqu'un. Ne le secouez jamais. Consultez s'il a de la fièvre, vomit, a du sang dans les selles, devient pâle ou mou, ou ne prend plus de poids.
Sources : ; ; ; ; Cochrane 2016 (traitements des coliques) ; formation de pédiatrie générale 2023.
Régurgitations et reflux (HAS 2024)
Régurgitations simples
- Jusqu'à 7 nourrissons sur 10 vers 4 mois ; disparaissent avant 12-18 mois
- Bonne croissance, enfant bien
- Aucun examen, aucun médicament, pas d'IPP
- Rassurer ; vérifier ration et reconstitution ; rots ; fractionner en 2e intention
- Au biberon, si gênantes : lait épaissi (AR)
- Couchage toujours sur le dos, à plat (pas de proclive)
Gênantes ou échec à 2-4 semaines
- Revoir l'allaitement (prise du sein, éjection forte)
- Penser à l'APLV : épreuve d'éviction 2 à 4 semaines (hydrolysat poussé, ou régime de la mère)
- Pas d'IPP pour des pleurs ou une irritabilité seuls
RGO compliqué : avis pédiatrique
- Refus des repas, pleurs pendant le repas qui limitent les prises, stagnation pondérale
- Hématémèse, anémie
- Toux, pneumopathies répétées, malaise
- Hyperextension (Sandifer)
- Œsophagite suspectée : endoscopie avant IPP ; IPP 4 à 8 semaines
Votre bébé régurgite mais grandit bien : c'est normal à cet âge, cela passe seul avant 1 an le plus souvent. Aucun examen ni médicament n'est utile. Les médicaments contre l'acidité ne soulagent ni les rejets ni les pleurs. Vérifiez la préparation : 1 mesurette rase pour 30 mL d'eau. Ne forcez pas à finir le biberon. Faites faire le rot pendant et après le repas. Couchez toujours votre bébé sur le dos, à plat, même s'il régurgite. Ne changez pas de lait sans avis. Consultez s'il refuse de manger, ne prend plus de poids, vomit vert ou du sang, ou fait un malaise.
Régurgitations gênantes chez l'enfant allaité, malgré un allaitement vérifié : l'arbre décisionnel le plus récent (, d'après l'ESPGHAN) admet d'épaissir le lait maternel tiré, avec le pédiatre. La HAS (2024) ne le retenait pas. Ne pas passer l'enfant au biberon pour ce motif.
Sources : ; ; .
Vomissements : régurgitation ou vomissement ?
| Ce qu'on voit | Penser à | Conduite |
|---|---|---|
| Rejet sans effort, enfant bien, bonne croissance | Régurgitations | Rassurer (rubrique précédente) |
| Vomissements en jet après chaque repas, 2 à 8 semaines, faim conservée, perte de poids | Sténose du pylore | Échographie le jour même |
| Vomissements verts | Occlusion, volvulus | Urgences chirurgicales |
| Crises de pleurs, pâleur, refus du biberon, ± sang dans les selles | Invagination intestinale | Urgences, échographie |
| Avec diarrhée, fièvre modérée | Gastro-entérite | Réhydratation (rubrique diarrhée) |
| Avec fièvre, sans diarrhée | Infection urinaire, méningite, otite | Examen, bandelette, ECBU avant 3 mois |
| Répétés 1 à 4 h après un aliment, pâleur, enfant mou | SEIPA (entérocolite aux protéines alimentaires) | Éviction, avis spécialisé |
| Fontanelle bombée, somnolence, macrocrânie | Hypertension intracrânienne | Urgences |
Pas d'antiémétique en ville chez le nourrisson (dompéridone, métoclopramide, métopimazine) ; ondansétron seulement à l'hôpital.
Sources : ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Constipation
Ce qui est normal
Chez l'allaité, après 6 semaines, une selle molle tous les quelques jours, voire une par semaine, chez un enfant qui va bien. Dyschésie (avant 9 mois) : pousse et pleure plus de 10 minutes avant une selle molle : apprentissage, rassurer, ne pas stimuler l'anus.
Constipation fonctionnelle
Selles dures, douloureuses, rares (2 par semaine ou moins), rétention, grosses selles, depuis au moins 1 mois. Elle se juge à la consistance, pas à la fréquence. Fréquente à la diversification et au passage au lait de vache.
Drapeaux rouges
Début avant 1 mois, méconium après 48 h, ventre distendu, vomissements, selles rubanées, sang sans fissure, cassure de courbe, fièvre, anus anormal ou antéposé, anomalie sacrée (fossette, touffe de poils), déficit neurologique, débâcle au toucher, eczéma (APLV). Pas de radiographie d'abdomen sans préparation.
Traitement
Vérifier la reconstitution (poudre en excès), apports d'eau ; après la diversification : fruits, légumes, eau. Laxatif osmotique : lactulose dès la naissance ; macrogol 4 g à partir de 6 mois, à dose suffisante, sans arrêt trop tôt. Pas d'eau riche en magnésium (Hépar), de paraffine, de lavements répétés ni de stimulation anale. Suppositoire de glycérine : ponctuel.
Vérifiez la préparation du biberon : 1 mesurette rase pour 30 mL d'eau, jamais plus de poudre. Proposez de l'eau entre les repas. Après le début de la diversification : légumes, fruits (poires, pruneaux en compote), eau. Massez doucement le ventre dans le sens des aiguilles d'une montre ; faites-lui faire « le vélo » avec les jambes. Ne stimulez pas l'anus avec un thermomètre ou un coton-tige. Pas d'eau très minéralisée (type Hépar) pour les biberons. Si un traitement est prescrit, donnez-le chaque jour pour obtenir des selles molles, et ne l'arrêtez pas trop tôt. Consultez si le ventre gonfle, s'il vomit, s'il y a du sang dans les selles ou s'il ne prend plus de poids.
Sources : ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Diarrhée aiguë et déshydratation
À domicile
- Perte de poids < 5 %, enfant alerte, boit
- SRO à volonté, par petites quantités fréquentes ; avant 6 mois, SRO proposé avant le lait
- Allaitement poursuivi ; lait habituel repris dans les 4 h, non dilué ; alimentation normale dès que l'envie revient
- Peser à J1-J2 si moins de 6 mois
Revoir le jour même ou le lendemain
- Perte de 5 à 10 % ou score de déshydratation modéré
- Moins de 6 mois, plus de 6 selles par jour, vomissements répétés
- Fièvre élevée, sang ou glaires dans les selles
- Parents peu disponibles pour la surveillance
Hospitalisation
- Perte ≥ 10 %, signes de choc
- Somnolence, convulsions
- Vomissements bilieux ou incoercibles, échec du SRO
- Diarrhée sanglante avec pâleur et urines rares (SHU)
- Surveillance impossible
- Aucun médicament ne remplace le SRO.
- Diosmectite (Smecta) : ne plus utiliser avant 2 ans (ANSM, plomb).
- Lopéramide : contre-indiqué avant 2 ans. Antiémétiques : pas en ville.
- Racécadotril et certains probiotiques (L. rhamnosus GG, S. boulardii) : effet modeste sur la durée, possibles en complément.
- Pas d'AINS si déshydratation. Antibiotiques rarement utiles. Coproculture : sang, retour de voyage, immunodépression, diarrhée prolongée.
- Lait sans lactose : seulement si la diarrhée dure plus de 7 jours.
- Coca, jus, eau seule en grande quantité : non (trop sucrés, pas assez salés, hyponatrémie).
Score de déshydratation : Clinical Dehydration Scale. Prévention : lavage des mains, vaccin contre le rotavirus (dès 6 semaines).
Sources : ; ; recommandations du GFHGNP (2017) ; formation de pédiatrie générale 2023.
Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)
Forme immédiate (IgE)
Dans les minutes à 2 heures après le lait : urticaire, œdème, vomissements, toux, sifflement, malaise. Souvent au premier biberon chez l'allaité. Anaphylaxie → 15. Avis allergologique (prick-test, IgE spécifiques) ; pas de réintroduction à domicile.
Forme retardée (non IgE)
Heures à jours : régurgitations et vomissements, diarrhée, sang dans les selles, constipation rebelle, pleurs, eczéma précoce, stagnation pondérale. Tests allergiques négatifs : le diagnostic repose sur éviction puis réintroduction.
Formes particulières
Proctocolite : filets de sang chez un nourrisson en bonne santé, souvent allaité, bénigne. SEIPA : vomissements répétés 1 à 4 h après le lait, pâleur, hypotonie, sans signe cutané : éviction, avis spécialisé.
Pièges
Surdiagnostic fréquent : coliques, régurgitations simples et selles vertes ne suffisent pas. Le score CoMiSS sensibilise, il ne diagnostique pas. Laits HA, de chèvre, de brebis, boissons végétales : pas pour l'APLV.
La démarche (ESPGHAN 2024)
- Suspicion sur des signes compatibles, après avoir écarté les autres causes. Formes sévères (anaphylaxie, SEIPA, cassure de courbe, rectorragies abondantes) : avis spécialisé d'emblée.
- Éviction diagnostique 2 à 4 semaines. Allaité : poursuivre l'allaitement, régime sans lait de vache chez la mère, avec calcium et vitamine D. Biberon : hydrolysat poussé de protéines de lait de vache (ou hydrolysat de riz) ; préparation d'acides aminés si forme sévère ou échec. Soja : pas avant 6 mois.
- Pas d'amélioration malgré une éviction bien conduite : ce n'est probablement pas une APLV, reprendre le lait habituel.
- Amélioration : réintroduction pour confirmer (à domicile si forme retardée légère à modérée ; en milieu hospitalier si forme immédiate ou SEIPA). Retour des symptômes = APLV confirmée.
- Éviction de 6 mois au moins, et jusqu'à 9-12 mois d'âge, puis nouvel essai de réintroduction, souvent par paliers (« échelle du lait » : produits cuits d'abord) dans les formes non IgE. La majorité guérit avant 3 ans.
Sources : ; ; ; note de formation « APLV, recommandations 2024 » ; formation de pédiatrie générale 2023.
Sang dans les selles, selles décolorées, ictère
- Filets de sang sur des selles dures : fissure anale (la chercher en déplissant la marge) ; lésion par thermomètre.
- Filets de sang, selles glaireuses, nourrisson en bonne santé souvent allaité : proctocolite allergique, bénigne.
- Sang avec crises de pleurs et pâleur : invagination → urgences.
- Diarrhée sanglante fébrile : infection bactérienne (coproculture) ; avec pâleur et oligurie : SHU.
- Sang abondant, méléna, enfant pâle, ou allaité sans vitamine K : urgence (maladie hémorragique tardive).
- Sang dégluti au sein (crevasse) : examen de la mère.
- Des selles blanches, mastic ou jaune très pâle sont toujours anormales : comparer à la carte colorimétrique du carnet de santé.
- Avec ou sans ictère, urines foncées : bilirubine totale et conjuguée le jour même, avis hépatologie pédiatrique.
- Atrésie des voies biliaires : le pronostic dépend de l'opération, idéalement avant 45 jours de vie.
- Ictère au-delà de 14 jours (21 jours chez le prématuré) : bilirubine conjuguée, même si l'enfant va bien.
- Selles vertes, jaunes, ocre, marron : toutes normales.
Sources : ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Ictère du nouveau-né
Urgence (maternité, urgences pédiatriques)
- Ictère avant 24 heures de vie : toujours pathologique (hémolyse)
- Signes neurologiques : somnolence, refus de téter, hypotonie ou hypertonie, cri aigu, opisthotonos
- Ictère intense, étendu aux jambes et aux pieds, qui s'aggrave vite
- Fièvre, teint gris, mauvais état général
- Selles décolorées, urines foncées
Bilirubine le jour même
- Ictère visible après la sortie de maternité, sans signe de gravité : bilirubine transcutanée ou sanguine, à reporter sur la courbe selon l'âge en heures
- Facteurs de risque : terme 35-37 SA, hémolyse (incompatibilité, frère ou sœur photothérapé), déficit en G6PD, céphalhématome, perte de poids importante, allaitement qui démarre mal
- Seuils de photothérapie : calculateurs de l'AAP 2022 (PediTools, BiliTool) ou protocole de la maternité
Rassurant, surveiller
- Apparu après 24 h, pic vers J3-J5, enfant tonique qui tète bien, selles colorées, urines claires
- Bilirubine sous le seuil, loin de la courbe de photothérapie
- Revoir l'enfant à 24-48 h si la sortie a eu lieu avant J3 ou si l'ictère augmente
- Ictère de l'allaitement (J2-J5) : apports insuffisants, peu de selles et de couches mouillées, perte de poids : optimiser les tétées (8 à 12 par jour), voir tétées efficaces. Ne pas donner d'eau ni de soluté sucré.
- Ictère au lait de mère : prolongé (jusqu'à 2-3 mois), modéré, enfant en pleine forme qui grossit bien : bénin, on continue l'allaitement.
- Le soleil derrière une vitre ne traite pas l'ictère : ne pas le conseiller.
- Au-delà de 14 jours chez l'enfant à terme (21 jours chez le prématuré) : bilirubine totale et conjuguée, même s'il va bien.
- Bilirubine conjuguée élevée, selles pâles : cholestase, atrésie des voies biliaires à éliminer en urgence (voir selles décolorées).
- Bilirubine libre isolée : ictère au lait de mère le plus souvent ; penser hypothyroïdie (dépistage néonatal), hémolyse, infection urinaire.
Votre bébé est un peu jaune : c'est fréquent les premiers jours et le plus souvent sans gravité. Proposez le sein souvent, 8 à 12 fois par 24 heures, ou les biberons habituels. Surveillez : il doit bien téter, être tonique, avoir des couches bien mouillées et des selles jaunes ou vertes. Regardez la couleur des selles avec la carte du carnet de santé. Ne l'exposez pas au soleil pour le « soigner ». Reconsultez le jour même s'il devient de plus en plus jaune, s'il dort beaucoup et tète mal, ou si les selles sont pâles. S'il est encore jaune après 2 semaines, une prise de sang est nécessaire.
Sources : ; ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023. Les seuils chiffrés ne sont pas recopiés ici : ils dépendent de l'âge en heures, du terme et des facteurs de risque, et les calculateurs cités reproduisent les courbes de l'AAP.
Muguet
- Plaques blanches qui ne s'enlèvent pas en frottant (le lait s'enlève), parfois gêne à la succion, érythème fessier associé.
- Nystatine en badigeonnage, 4 à 6 fois par jour, jusqu'à 48 h après la guérison.
- Miconazole gel : contre-indiqué avant 4 mois (5 à 6 mois chez le prématuré) : risque de fausse route ; interaction avec les anticoagulants AVK. Ne jamais l'appliquer au fond de la gorge.
- Allaitement : traiter aussi les mamelons de la mère ; vérifier la prise du sein.
- Ébouillanter tétines, sucettes et pièces du tire-lait.
- Muguet récidivant ou étendu, après l'âge de 1 an : chercher une cause (antibiotiques, corticoïdes inhalés, immunodépression).
Sources : ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Cassure de courbe, dénutrition
Reconnaître
Jamais sur un point isolé : la courbe traverse les couloirs (baisse de 1 DS : vigilance ; de 2 DS : bilan). Dénutrition (HAS 2019) : IMC sous le 3e percentile, ou stagnation, ou perte de poids. Après 6 mois, une stagnation de quelques semaines peut être normale. L'onglet Mon patient calcule ces baisses.
Orienter
Le poids casse avant la taille : apports insuffisants (ration, difficultés alimentaires, négligence), malabsorption (maladie cœliaque, mucoviscidose, APLV), maladie chronique. La taille casse, poids conservé : cause endocrinienne (hypothyroïdie, déficit en hormone de croissance), syndrome de Turner chez la fille.
Interroger et examiner
Journal alimentaire de 3 jours (quantité de lait, préparation, grignotage), selles, vomissements, infections, développement, contexte familial et social ; taille des parents (taille cible). Examen complet, état d'hydratation, signes de carence.
Bilan de première intention
NFS, ferritine, CRP, ionogramme, urée, créatinine, calcium, phosphore, albumine, bilan hépatique, TSH et T4, IgA anti-transglutaminase avec IgA totales (sous gluten), bandelette urinaire, ± test de la sueur. Avis pédiatrique si cassure franche, bilan anormal ou dénutrition sévère.
Sources : ; ; ; formation de pédiatrie générale 2023.
Eczéma atopique du nourrisson
Urgences le jour même
- Aggravation brutale avec vésicules groupées, érosions arrondies « à l'emporte-pièce », fièvre : surinfection herpétique (Kaposi-Juliusberg) : aciclovir sans attendre, en hospitalisation le plus souvent ; suspendre les dermocorticoïdes
- Rougeur généralisée, mauvais état général, fièvre élevée
Traiter la poussée
- Dermocorticoïde d'activité modérée, 1 fois par jour sur les plaques, jusqu'à disparition de la rougeur, puis arrêt
- Croûtes jaunes « mélicériques », suintement : impétiginisation, à traiter
- Réévaluer si pas de mieux après 1 à 2 semaines bien conduites : quantités, observance, corticophobie
Entretien
- Émollient tous les jours sur tout le corps, même peau nette
- Toilette courte, tiède, sans savon
- Poussées fréquentes : traitement proactif, dermocorticoïde 2 fois par semaine sur les zones habituelles
- Avant 2 ans, et sur visage, paupières, plis et siège : activité modérée (désonide). Activité forte en cures courtes sur le corps de l'enfant plus grand. Pas d'activité très forte chez le nourrisson.
- Quantité : 1 unité phalangette (0,5 g, de l'embout au premier pli de l'index) couvre 2 paumes d'adulte. Prescrire assez de tubes.
- On arrête quand la peau est nette, sans décroissance (position de la SFD reprise par le guide MSP), et on reprend l'émollient seul.
- La peur de la cortisone est la première cause d'échec : l'expliquer à chaque consultation.
- Tacrolimus pommade 0,03 % : pas avant 2 ans (AMM).
| Activité (groupe) | Exemples | Chez le nourrisson |
|---|---|---|
| Modérée (II) | Désonide (Tridésonit) ; butyrate d'hydrocortisone (Locoid) | Choix habituel, en cures courtes, sans occlusion (les notices appellent à la prudence). Locoid : à partir de 3 mois, 7 jours en général |
| Forte (III) | Bétaméthasone (Betneval, Diprosone) ; acéponate d'hydrocortisone (Efficort) | À éviter (notices) ; cures courtes sur le corps de l'enfant plus grand |
| Très forte (IV) | Clobétasol (Dermoval) | Contre-indiqué |
Locapred (désonide) n'est plus commercialisé (autorisation archivée le 25/09/2026). Classes et âges relevés sur les notices officielles.
- Pas de régime d'éviction sans allergie prouvée ; diversification habituelle, sans retarder œuf ni arachide (voir Allergènes). Eczéma sévère et précoce : avis allergologique avant l'arachide.
- Eczéma avec troubles digestifs ou cassure de courbe : penser à l'APLV.
- L'émollient dès la naissance ne prévient pas l'eczéma, même dans les familles atopiques (BEEP, PreventADALL, Cochrane 2022), et augmente un peu les infections cutanées.
- Avis dermatologique ou pédiatrique : échec d'un traitement bien conduit, sommeil très perturbé, eczéma étendu ou sévère, doute diagnostique.
Toilette courte (5 à 10 minutes), tiède, avec un produit lavant sans savon. Séchez en tamponnant. Émollient chaque jour sur tout le corps, même quand la peau va bien. Pendant une poussée : crème à la cortisone 1 fois par jour, le soir, en couche fine sur les plaques rouges seulement, jusqu'à ce que la rougeur disparaisse. Puis on revient à l'émollient seul. Quantité : une « phalangette » de crème (du bout du tube au premier pli de l'index) pour une surface de 2 paumes de main. La crème à la cortisone est sûre à ces doses : bien utilisée, elle ne passe pas dans le sang et ne freine pas la croissance. Vêtements en coton, ongles courts, pas de tabac à la maison. Pas de régime sans avis médical. Consultez en urgence si l'eczéma s'aggrave brutalement avec des petites bulles, des plaies arrondies ou de la fièvre. Pas de bisou de quelqu'un qui a un bouton de fièvre.
Produits de soin, marques et niveau de preuve : Magistrales en dermato. Guide complet pour les parents : Peau atopique et eczéma du bébé (MSP du Triolo).
Sources : ; ; ; ; ; ; guide MSP « Peau atopique et eczéma du bébé » (SFD 2024-2025).
Fesses rouges et croûtes de lait
Érythème fessier (irritation)
Rouge vif sur les convexités en contact avec la couche (en W : fesses, face interne des cuisses, pubis), fond des plis épargné. Plus fréquent entre 6 et 12 mois, favorisé par la diarrhée. Soins : change fréquent (6 fois par jour au moins, et après chaque selle), eau et nettoyant sans savon, séchage en tamponnant, pâte à l'eau ou crème au zinc, fesses à l'air. Ni talc ni lingettes parfumées. Guérit en 3 à 4 jours.
Candidose du siège
Plis atteints, rouge vif, enduit blanchâtre, petites pustules en périphérie, extension rapide par les bords. Regarder la bouche (muguet). Imidazolé en crème (miconazole, éconazole, kétoconazole…) après chaque toilette, avec les mêmes soins de change.
Consulter, chercher autre chose
Avant 6 semaines de vie, fièvre, perte de poids, bulles ou pustules étendues, extension au ventre ou au dos, échec après 3 jours de soins. Autres causes : eczéma atopique ou de contact, dermite séborrhéique, psoriasis, impétigo, gale.
Croûtes de lait (dermite séborrhéique)
Squames grasses, jaunâtres, cuir chevelu, sourcils, plis, siège, dès les premières semaines ; ne démange pas (l'eczéma atopique gratte, débute plutôt vers 2-3 mois et épargne le siège). Bénin, disparaît seul en quelques semaines ou mois. Aucun traitement n'a fait ses preuves (Cochrane 2019) : ramollir avec de la vaseline ou un émollient avant le bain, shampooing doux, brosse souple, ne pas arracher. Pas d'acide salicylique chez le nourrisson (passage transcutané). Rougeur diffuse du corps : avis rapide.
Changez la couche souvent (au moins 6 fois par jour) et après chaque selle. Lavez les fesses à l'eau avec un nettoyant sans savon, rincez, séchez bien en tamponnant, surtout dans les plis. Mettez une pâte à l'eau ou une crème au zinc à chaque change. Laissez les fesses à l'air le plus souvent possible. Ne serrez pas la couche. Pas de talc, pas de lingettes parfumées ou alcoolisées. Les fesses doivent guérir en 3 à 4 jours. Reconsultez si ce n'est pas le cas, si les plis deviennent très rouges avec des petits boutons, s'il a de la fièvre ou des bulles.
Crèmes de change, croûtes de lait : produits et niveau de preuve dans Magistrales en dermato.
Sources : ; ; .
Les fiches à imprimer
Une page A4 en noir et blanc par situation, en phrases courtes et en mots simples, avec ce qu'il faut faire et quand appeler. Les fiches « Combien de lait » et « Le poids de mon bébé » reprennent les données saisies.
Sources et méthode
Recommandations françaises d'abord (HAS, HCSP, Santé publique France, ANSES, SFP), puis européennes (ESPGHAN) et protocoles de l'Academy of Breastfeeding Medicine ; confrontées à une formation de pédiatrie générale (2023) et à la littérature de pédiatrie ambulatoire. Quand deux sources divergent, la page suit le texte officiel le plus récent et le signale. Les arbres décisionnels de Pas à Pas en Pédiatrie (Société française de pédiatrie) sont cités dans les étapes suivantes.