Santé mentale en MG Repérer · évaluer · traiter · orienter

Aide à la décision · médecine générale

Santé mentale : repérer, évaluer, traiter, orienter

Guide de santé mentale pour le médecin généraliste : repérage et diagnostic, risque suicidaire, prise en charge et orientation, antidépresseurs (doses optimales, arrêt progressif, patient cardiaque) et benzodiazépines, arrêt de travail, situations particulières. Onze échelles se remplissent ici, avec le seuil publié ; deux outils préparent un changement d'antidépresseur et un calendrier d'arrêt progressif. Urgence : 3114.

Pour les médecins généralistes et internesRecommandations françaises (HAS, ANSM, ameli) · sources en bas de chaque ficheDernière révision : 28 septembre 2026

01 — Repérer & diagnostiquer

Portes d'entrée en consultation

Le trouble psychique arrive rarement étiqueté. Il se cache souvent derrière un motif banal : on part du motif, on pose deux questions, on choisit l'outil.

« Je suis fatigué »

Penser EDC (la perte d'énergie est un symptôme principal de la CIM-10)1. Ne pas oublier l'examen clinique et le bilan orienté.

Outil : PHQ-2, puis PHQ-9.

Insomnie

Symptôme de l'EDC et du TAG ; rechercher aussi alcool, cauchemars de TSPT, hypersomnie (bipolarité, formes atypiques)2.

Outils : PHQ-9, GAD-7 ; page Insomnie du site.

Plaintes somatiques répétées

Douleurs, troubles digestifs, palpitations sans cause : anxiété, dépression, psychotraumatisme. Rechercher un événement traumatique et des violences.

Outils : GAD-7, PC-PTSD-5.

Demande d'arrêt de travail

Évaluer le trouble sous-jacent (EDC, trouble anxieux, trouble de l'adaptation, TSPT) et le risque suicidaire avant de parler de durée3.

Voir : Burn-out, Prescrire l'arrêt.

Alcool, cannabis

Consommation fréquente chez l'anxieux et le déprimé ; elle aggrave le risque suicidaire. Repérage recommandé au moins une fois par an4.

Outil : FACE.

Sujet âgé qui « perd la mémoire »

Devant un trouble cognitif, penser dépression ; un EDC peut aussi inaugurer une maladie neurodégénérative1.

Outils : GDS-15, mini-GDS.

Adolescent

Irritabilité, chute scolaire, plaintes vagues. Au moins un temps seul avec lui. Chez plus de 12 ans, questionner le risque suicidaire même hors motif psychique5.

Outils : BITS, ADRS, ASQ.

Grossesse, post-partum

Rechercher un EDC avant et après la naissance ; le post-partum est aussi un indicateur de bipolarité16.

Outils : PHQ-2, EPDS.

QuestionRepérage courtPour aller plus loin
Dépression (adulte)PHQ-2 ≥ 3PHQ-9 (repérage ≥ 10, sévérité)
AnxiétéGAD-2 ≥ 3GAD-7 (≥ 10 : TAG probable)
Idées suicidairesASQ (4 + 1 questions)Entretien structuré (6 éléments)
PsychotraumatismePC-PTSD-5PCL-5
Sujet âgémini-GDS (4 questions)GDS-15
AdolescentBITS (suicide), ADRS (dépression)ASQ
AlcoolFACE (outil HAS)AUDIT
Hypomanie (avant un antidépresseur)Indicateurs de bipolaritéMDQ (adulte)

Les outils aident ; le jugement clinique prime (HAS 2017)1.

Références

  1. HAS. Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours. Fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. Patient avec un trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale en premier recours. Fiche mémo, 2015. has-sante.fr
  3. HAS. Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d'épuisement professionnel ou burn-out. Fiche mémo, 2017, mise à jour 2025. has-sante.fr
  4. HAS. Outil d'aide au repérage précoce et à l'intervention brève : alcool, cannabis, tabac chez l'adulte, mise à jour 2021. has-sante.fr
  5. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent. Synthèse pour la 1re ligne, 2021. has-sante.fr
  6. HAS. Fiche de synthèse Prise en charge et suivi de l'EDC de l'adulte, 2017. has-sante.fr
02 — Repérer & diagnostiquer

Épisode dépressif caractérisé

Diagnostic clinique. La HAS retient la CIM-10 comme classification de référence ; le DSM-5 est une alternative1.

Reconnaître

  • Symptômes présents au moins 2 semaines, presque tous les jours, en rupture avec l'état antérieur, avec une souffrance ou un retentissement nets1.
  • CIM-10 : au moins 2 symptômes principaux sur 3 (humeur dépressive ; perte d'intérêt ou de plaisir ; perte d'énergie ou fatigabilité) et au moins 2 autres sur 7 (concentration ; estime de soi ; culpabilité ; pessimisme ; idées ou gestes suicidaires ; sommeil ; appétit)1.
  • DSM-5 : au moins 5 symptômes sur 9 sur la même période de 2 semaines, dont l'humeur dépressive ou la perte d'intérêt ; jamais d'épisode maniaque ou hypomaniaque auparavant (sinon, trouble bipolaire)23.
  • Formes à connaître : mélancolique, avec caractéristiques psychotiques, atypique (hyperphagie, hypersomnie : indicateur de bipolarité)4.

Évaluer

Sévérité (CIM-10)Symptômes
Léger2 principaux + 2 autres
Modéré2 principaux + 3 à 4 autres
Sévère3 principaux + au moins 4 autres
  • Le retentissement doit correspondre au niveau retenu1.
  • Toujours : risque suicidaire (fiche), antécédents d'hypomanie ou de manie (indicateurs), alcool et substances.
  • Outils d'aide cités par la HAS : PHQ-2, PHQ-9, HADS, GDS-15, BDI-II, HDRS ; sévérité : PHQ-9, HDRS, MADRS, BDI-II1. Calculateurs : PHQ-9, GDS-15.
  • Examen clinique systématique ; examens biologiques selon l'examen, pas en routine1.

Conduite à tenir

  • Annoncer le diagnostic, expliquer, programmer un suivi rapproché : la consultation est le premier acte thérapeutique4.
  • Stratégie selon la sévérité : voir la fiche (pas d'antidépresseur dans l'EDC léger).
  • Réévaluer à 4 à 8 semaines4.

Orienter

  • Avis psychiatrique : EDC sévère, caractéristiques psychotiques, bipolarité suspectée, risque suicidaire élevé, échec de deux traitements bien conduits45.
  • Psychothérapie : Mon Soutien Psy si léger à modéré, sans critère d'exclusion.

Pièges

  • Le deuil n'est pas un EDC, mais il peut se compliquer d'un EDC1.
  • Traiter une dépression bipolaire par antidépresseur seul : chercher les antécédents d'hypomanie avant de prescrire5.
  • Un PHQ-9 bas ne l'exclut pas : la version française a une sensibilité faible (Carballeira 2007)6.
  • Oublier une cause somatique ou médicamenteuse : voir diagnostics différentiels.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. Définition de l'EDC selon le DSM-5 : proposition de traduction (annexe 4 de la recommandation adolescent), 2014. has-sante.fr
  3. American Psychiatric Association. DSM-5-TR, 2022. psychiatry.org
  4. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  5. HAS. Trouble bipolaire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr
  6. Carballeira Y et al. Criterion validity of the French version of the PHQ in a hospital department of internal medicine. Psychol Psychother 2007. doi.org

Aller plus loin : Psychiaclic, trouble dépressif

03 — Repérer & diagnostiquer

Troubles anxieux : TAG et trouble panique

Deux tableaux fréquents en soins primaires, souvent associés à la dépression. Critères résumés d'après le DSM-5-TR1.

Reconnaître

Trouble anxieux généralisé

  • Inquiétudes excessives, sur plusieurs thèmes, la plupart des jours depuis au moins 6 mois, difficiles à contrôler.
  • Au moins 3 signes sur 6 chez l'adulte : tension ou agitation, fatigabilité, difficultés de concentration, irritabilité, tension musculaire, troubles du sommeil.

Trouble panique

  • Attaques de panique répétées et inattendues : montée brutale en quelques minutes, au moins 4 symptômes (palpitations, oppression, sueurs, tremblements, vertige, peur de mourir ou de devenir fou…).
  • Puis, pendant au moins 1 mois, peur d'une nouvelle crise ou changement de comportement (évitement).
  • Une attaque de panique isolée n'est pas un trouble panique.

Évaluer

  • GAD-2 ≥ 3 puis GAD-7 : ≥ 10 = TAG probable ; le GAD-2 repère aussi trouble panique, anxiété sociale et TSPT23.
  • Rechercher un EDC associé, l'alcool, les benzodiazépines déjà prises, le risque suicidaire.
  • Éliminer une cause somatique ou toxique (hyperthyroïdie, trouble du rythme, caféine, sevrage) selon le tableau.

Conduite à tenir

  • Expliquer le mécanisme de l'anxiété et de la panique ; psychothérapie structurée (TCC en première ligne dans la pratique).
  • Les benzodiazépines ne sont pas un traitement de fond : durée maximale 12 semaines, arrêt compris (fiche).
  • Traitement de fond médicamenteux : certains ISRS et IRSNa ont l'AMM dans ces troubles (voir le RCP de chaque molécule dans le tableau).

Orienter

  • Mon Soutien Psy si intensité légère à modérée (GAD-7 entre 5 et 14).
  • Psychiatre si trouble sévère, résistant, comorbidités, risque suicidaire.

Pièges

  • Renouveler une benzodiazépine « le temps que ça passe » : dépendance, chutes chez l'âgé.
  • Prendre une attaque de panique pour une urgence cardiaque… ou l'inverse : l'examen et, si besoin, l'ECG tranchent.
  • Oublier le psychotraumatisme derrière une anxiété récente : poser la question d'un événement.

Références

  1. American Psychiatric Association. DSM-5-TR, 2022 (critères résumés, à lire dans la traduction française officielle). psychiatry.org
  2. Spitzer RL et al. A brief measure for assessing generalized anxiety disorder: the GAD-7. Arch Intern Med 2006. doi.org
  3. Kroenke K et al. Anxiety disorders in primary care: prevalence, impairment, comorbidity, and detection. Ann Intern Med 2007. doi.org

Aller plus loin : Psychiaclic, trouble anxieux généralisé

04 — Repérer & diagnostiquer

Diagnostics différentiels et comorbidités

Avant de conclure à un trouble psychique primaire, trois familles de causes à écarter ; puis quatre comorbidités à chercher systématiquement.

Causes à écarter (HAS 2017)1

  • Autres troubles psychiatriques : trouble bipolaire, trouble de l'adaptation, trouble anxieux, TSPT, troubles psychotiques.
  • Médicaments, surtout la polymédication du sujet âgé.
  • Substances psychoactives, y compris le sevrage tabagique.
  • Maladies somatiques, dont l'hypothyroïdie et les maladies neurodégénératives.

À chercher à chaque fois

Examen clinique complet. Examens complémentaires orientés par la clinique, sans bilan systématique1. Avant certains traitements : ECG (tricyclique après 50 ans ou si risque cardiaque ; citalopram et escitalopram si cardiopathie), natrémie chez le sujet âgé, transaminases avant l'agomélatine (voir Antidépresseurs).

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. Outil de repérage précoce alcool, cannabis, tabac (FACE, CAST), 2021. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, aide au diagnostic par motif de consultation

05 — Risque suicidaire

Évaluer le risque suicidaire

Poser la question directement, avec tact. En parler ne pousse pas au passage à l'acte13.

Reconnaître

  • À l'entrée dans les soins, puis régulièrement, chez tout patient déprimé1.
  • Repérage outillé : ASQ (4 questions + 1), item 9 du PHQ-9, BITS chez l'adolescent.
  • Signaux d'alarme : accalmie soudaine et inexpliquée, comportements « de départ » (dons, lettres, mise en ordre des affaires) : risque très élevé2.

Évaluer : 6 éléments2

  1. Niveau de souffrance psychique.
  2. Degré d'intentionnalité.
  3. Impulsivité (agitation, alcool, antécédents de passage à l'acte).
  4. Élément précipitant (perte, conflit, humiliation).
  5. Moyens létaux disponibles.
  6. Qualité du soutien de l'entourage.

Explorer les idées : début, fréquence, intensité, scénario (moyen, date, lieu), préparatifs, accès au moyen, facteurs de protection1. Cette grille est souvent résumée par « RUD » (risque, urgence, dangerosité) : c'est une démarche d'entretien, pas un score.

Facteurs à peser

Aggravent le risque

  • Antécédent personnel de tentative ; antécédents familiaux de suicide.
  • Trouble psychiatrique, addiction, maladie somatique chronique.
  • Isolement, événement de vie récent, entourage pathogène, contagion (suicide d'un proche).
  • Cumul de facteurs ; âge supérieur à 75 ans2.

Protègent

  • Relation de confiance avec un soignant, recherche d'aide.
  • Soutien familial et social ; enfants, animal, projets.
  • Croyances, capacité à résoudre les problèmes3.

Pièges

  • Se rassurer parce que le patient « n'en parle pas » : il faut poser la question.
  • Oublier le début d'un antidépresseur : informer le patient et l'entourage d'un risque accru, revoir à la fin de la 1re et de la 2e semaine4.
  • Évaluer une fois pour toutes : le risque fluctue, réévaluer à chaque consultation.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic (risque suicidaire, tableau 2), 2017. has-sante.fr
  2. ANAES. Conférence de consensus « La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge », 2000, texte court. has-sante.fr
  3. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, 2021. has-sante.fr
  4. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, évaluer l'urgence

06 — Risque suicidaire

Degré d'urgence et conduite à tenir

Trois niveaux, repris par la HAS de la conférence de consensus de 200012.

Urgence faible

Relation de confiance, cherche à parler et à trouver des solutions, idées sans scénario précis.

Conduite : vigilance, réévaluation rapprochée, traiter le trouble sous-jacent.

Urgence moyenne

Intention claire, scénario envisagé mais reporté, suicide vu comme seule issue, isolement, équilibre fragile.

Conduite : au cas par cas : hospitalisation, ou suivi renforcé avec contacts téléphoniques rapprochés, ou avis psychiatrique rapide.

Urgence élevée

Décision prise, passage à l'acte planifié dans les jours qui viennent, très agité ou coupé de ses émotions, moyen immédiatement accessible, très isolé.

Conduite : urgence. Hospitalisation, au besoin sans consentement. Ne pas laisser seul ; appeler le 15.

Dans tous les cas

  • Retirer ou sécuriser les moyens létaux avec l'entourage (médicaments, armes)3.
  • Donner un plan simple en cas d'aggravation : qui appeler, le 3114, le 15.
  • Informer l'entourage, avec l'accord du patient.
  • En cas de doute, le 3114 répond aussi aux professionnels de santé, 24 h/244.

Hospitaliser si1

  • Scénario construit et imminent ; risque immédiat d'auto-agression.
  • Potentiel de violence.
  • Dépression sévère avec symptômes psychotiques ou somatiques sévères.
  • Forte agitation anxieuse, impulsivité ; sevrage d'une substance.
  • Situation particulière (isolement majeur, entourage défaillant).

Tout faire pour obtenir le consentement ; sinon, soins sans consentement.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. ANAES. La crise suicidaire, conférence de consensus, 2000. has-sante.fr
  3. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, synthèse 1re ligne, 2021. has-sante.fr
  4. Numéro national de prévention du suicide 3114. 3114.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, urgence suicidaire

07 — Risque suicidaire

Hospitalisation et soins sans consentement

Quand le patient refuse des soins indispensables. Outil détaillé du site : Soins sans consentement.

ModalitéQui demandeCertificatsPoints clés
SDT (demande d'un tiers)Un tiers (famille, tuteur ou curateur, personne ayant un lien antérieur) : demande manuscrite2 certificats de moins de 15 jours ; le 1er par un médecin n'exerçant pas dans l'établissement d'accueilPériode d'observation de 72 h au plus1
SDT en urgenceUn tiers1 seul certificat, qui peut émaner d'un médecin de l'établissementRisque grave d'atteinte à l'intégrité du malade (CSP, art. L3212-3)2
Péril imminentAucun tiers joignable1 certificat d'un médecin extérieur à l'établissementObservation de 72 h au plus1
SDRELe préfet (le maire en cas de danger imminent)Certificat circonstancié d'un médecin extérieur à l'établissementSûreté des personnes, atteinte grave à l'ordre public (CSP, art. L3213-1 et L3213-2)2
Contrôle du juge——Au 12e jour d'hospitalisation complète, puis tous les 6 mois1

Hospitalisation à la demande des titulaires de l'autorité parentale. Si l'adolescent s'oppose à ce qu'on prévienne ses parents, chercher son accord ; s'il maintient son refus, le médecin peut agir pour sauvegarder sa santé ou sa sécurité, le mineur étant accompagné d'un majeur de son choix (CSP, art. L1111-5)3.

Références

  1. Service-public.fr. Soins psychiatriques sans consentement, mise à jour 03/10/2025. service-public.gouv.fr
  2. Code de la santé publique, articles L3212-1 et suivants (SDT) et L3213-1 et suivants (SDRE). legifrance.gouv.fr
  3. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, synthèse 1re ligne, 2021. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, soins psychiatriques sans consentement

08 — Risque suicidaire

Après une tentative de suicide

La période qui suit la sortie des urgences est à haut risque de récidive : garder le lien.

VigilanS

  • Dispositif de recontact des personnes après une tentative, proposé à la sortie des urgences ou de l'hôpital, pendant au moins 6 mois1.
  • Carte ressource avec un numéro gratuit ; appel entre J10 et J20 pour les récidivistes ; cartes postales ou SMS ; appel d'évaluation à 6 mois1.
  • Le médecin traitant reçoit un courrier d'inclusion, dispose d'un numéro dédié, et il est contacté si le patient ne répond plus2.

Au cabinet

  • Revoir vite après la sortie ; réévaluer le risque (6 éléments) et le trouble sous-jacent.
  • Sécuriser les moyens : ordonnances courtes, pas de stock de médicaments dangereux.
  • Adolescent ou adulte jeune : rechercher un trouble bipolaire3. Tout mineur après une tentative récente va aux urgences, quel que soit le niveau d'urgence actuel4.

Références

  1. Santé.fr. Le dispositif de recontact VigilanS. sante.fr
  2. Ministère de la Santé. Le dispositif de recontact VigilanS. sante.gouv.fr
  3. HAS. Trouble bipolaire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr
  4. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, synthèse 1re ligne, 2021. has-sante.fr
09 — Prise en charge & orientation

EDC : stratégie selon la sévérité

Décision partagée, selon les préférences du patient et l'accès à la psychothérapie. Suivi rapproché dès le début1.

Léger

  • Psychothérapie de soutien par le médecin généraliste, ou avis psy ± psychothérapie.
  • Pas d'antidépresseur.
  • Réévaluer à 4 à 8 semaines.

Modéré

  • Psychothérapie de soutien ± antidépresseur, ou avis psychiatrique ± psychothérapie structurée.
  • Réévaluer à 4 à 8 semaines ; sous antidépresseur, augmenter la dose ou changer si réponse insuffisante.

Sévère

  • Antidépresseur et avis psychiatrique, avec psychothérapie.
  • Rémission : poursuivre 6 mois à 1 an. Échec : reconsidérer avec le psychiatre, hospitalisation.

Ni pour des symptômes dépressifs isolés (subsyndromiques), ni pour un EDC léger1.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
10 — Prise en charge & orientation

Psychothérapies et mode de vie

Le médecin généraliste fait déjà de la psychothérapie de soutien ; il sait aussi vers quoi orienter.

Psychothérapies validées dans l'EDC1

  • Soutien, TCC, psychodynamiques, systémiques.
  • Autres : thérapie interpersonnelle (TIP), thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT).
  • Pas de hiérarchie établie faute de comparaisons directes.

Psychotraumatisme

  • Thérapies centrées sur le trauma (TCC centrée trauma, EMDR), par des professionnels formés : voir Psychotraumatisme.

Mode de vie1

  • Rythme veille-sommeil régulier.
  • Activité physique régulière ; activité physique adaptée sur ordonnance si besoin.
  • Éviter l'alcool et les toxiques.
  • Garder une activité sociale et des activités plaisantes.

Entourage

  • L'informer, avec l'accord du patient ; lui donner les signes d'alerte et le 31141.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, traitements non médicamenteux

11 — Prise en charge & orientation

Mon Soutien Psy

Séances remboursées chez un psychologue conventionné, pour les troubles d'intensité légère à modérée. État au 16 septembre 20261.

Pour qui

  • Dès 3 ans.
  • Adulte : troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés ; mésusage de tabac, d'alcool ou de cannabis sans dépendance ; trouble alimentaire sans signe de gravité.
  • Échelles facultatives : hors dispositif si PHQ-9 < 5 ou > 19, GAD-7 < 5 ou > 14. Autres outils cités : AUDIT, CUDIT, Fagerström, BITS, ADRS, SDQ.

Pas pour (→ psychiatre)

  • Risque suicidaire.
  • Troubles sévères ; trouble alimentaire avec signes de gravité ; dépendance ; troubles du neurodéveloppement sévères.
  • ALD ou invalidité pour motif psychiatrique (en cours ou dans les 2 ans).
  • Arrêt de travail de plus de 6 mois pour motif psychiatrique.

Modalités

  • Accès direct, sans prescription, depuis juin 2024 ; la consultation médicale préalable reste conseillée.
  • 12 séances au plus par année civile ; 50 € la séance ; 60 % Assurance maladie, 40 % complémentaire ; tiers payant pour CSS, AME, ALD, maternité, AT-MP.
  • Depuis le 12 juin 2026 : pas de plafond de séances pour les mineurs en ALD (hors ALD 23) si les séances entrent dans le protocole de soins.

Rôle du médecin

  • Vérifier l'éligibilité et l'absence d'exclusion.
  • Courrier d'accompagnement (modèle ameli).
  • Mineur : consentement des deux parents.
  • Réévaluer les psychotropes ; échanger avec le psychologue.

Références

  1. Assurance maladie (ameli, médecin). Accompagnement par un psychologue conventionné : Mon soutien psy, mise à jour 16/09/2026. ameli.fr
12 — Prise en charge & orientation

Quand et vers qui adresser

Repères nationaux ; chaque territoire a son annuaire (CMP de secteur, maisons des adolescents, centres ressources).

SituationVers quiDélai
Risque suicidaire élevé, agitation, symptômes psychotiques, épisode maniaqueUrgences, 15Immédiat
Épisode mixte, bipolarité suspectéePsychiatreUrgent (mixte) ; rapide sinon2
EDC sévère, échec de 2 traitements, doute diagnostiquePsychiatre libéral ou CMPRapide1
Trouble léger à modéré, besoin de psychothérapiePsychologue (Mon Soutien Psy)Programmé
Enfant, adolescentCMP infanto-juvénile, CMPP, pédopsychiatre, maison des adolescentsSelon l'urgence3
PsychotraumatismeCentre régional du psychotraumatisme, professionnels formés (CN2R)Programmé
Dépendance (alcool, substances)Consultation d'addictologie, CSAPAProgrammé4

Centre médico-psychologique : consultations publiques, gratuites, organisées par secteur selon l'adresse du patient. Préparer son carnet d'adresses avant d'en avoir besoin, comme le conseille la HAS pour le suicide de l'adolescent3.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. Trouble bipolaire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr
  3. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, synthèse 1re ligne, 2021. has-sante.fr
  4. HAS. Outil de repérage précoce alcool, cannabis, tabac, 2021. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, trouver un lieu de soins

13 — Prise en charge & orientation

Messages clés à donner au patient

Des phrases simples pour lever les idées reçues les plus fréquentes.

« C'est une maladie »

La dépression et les troubles anxieux sont des maladies fréquentes qui se soignent ; ce n'est ni une faiblesse ni un manque de volonté.

« Le traitement prend du temps »

Un antidépresseur agit en quelques semaines ; on juge l'effet entre 4 et 8 semaines. Les effets indésirables du début s'atténuent souvent.

« On ne l'arrête pas seul »

Le traitement se poursuit 6 mois à 1 an après la guérison ; l'arrêt se fait progressivement, avec le médecin1.

« Un antidépresseur ne rend pas dépendant »

Mais un arrêt brutal peut donner un syndrome d'arrêt passager : d'où la diminution progressive.

« Parler du suicide, c'est permis »

Idées noires : en parler au médecin, à un proche, ou appeler le 3114, 24 h/24.

« Bouger aide »

Activité physique, sommeil régulier, moins d'alcool : ils font partie du traitement1.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
14 — Pharmacologie · Antidépresseurs

Choisir, débuter, surveiller

Choisir le mieux toléré, le moins toxique en surdosage, le plus simple à prendre, à dose efficace1.

Rang (HAS 2017)MoléculesPourquoi
1re intention (EDC modéré à sévère)ISRS, IRSNa, « autres » (mirtazapine, miansérine, vortioxétine)Meilleure tolérance ; sauf tianeptine et agomélatine
2e intentionImipraminiques (tricycliques)Toxicité cardiovasculaire, létalité en surdosage
3e intentionTianeptine (abus, dépendance) ; agomélatine (toxicité hépatique)Profil de risque
Dernier recoursIMAOPrescription spécialisée

Débuter et suivre

  • Informer patient et entourage du risque suicidaire en début de traitement ; consultation en fin de 1re puis de 2e semaine (idées suicidaires, agitation, effets indésirables)1.
  • Anxiété, agitation ou insomnie invalidantes : benzodiazépine associée possible 2 semaines1.
  • Viser la dose optimale, souvent le bas de la fourchette de l'AMM. Évaluer l'efficacité à 4 à 8 semaines ; réponse insuffisante : augmenter la dose ou changer (outil)1.
  • Surveiller un virage de l'humeur (agitation, euphorie, réduction du sommeil) : penser bipolarité.

Effets à surveiller

  • Hyponatrémie (sujet âgé : confusion), saignements digestifs, chutes, troubles sexuels, syndrome sérotoninergique1.
  • QT long : citalopram 40 mg/j au plus (20 mg/j après 65 ans) ; escitalopram 20 mg/j au plus (10 mg/j après 65 ans) ; contre-indiqués si QT long connu ou association à un autre médicament qui allonge le QT2.
  • IRSNa : pression artérielle. Tricycliques : ECG après 50 ans ou si risque cardiaque. Agomélatine : transaminases (tableau).

Pièges

  • Associer deux sérotoninergiques, ou un tramadol, un triptan : syndrome sérotoninergique.
  • Fluoxétine et paroxétine : inhibiteurs puissants du CYP2D6 (tricycliques, vortioxétine ; tamoxifène à éviter). Fluvoxamine : CYP1A2 (agomélatine et duloxétine contre-indiquées)3.
  • Juger trop tôt : avant 4 semaines, l'effet n'est souvent pas encore visible.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  2. ANSM. Citalopram et escitalopram : rappel sur le risque d'allongement dose-dépendant de l'intervalle QT. ansm.sante.fr
  3. RCP des spécialités, base de données publique des médicaments (liens dans le tableau). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, prescription et surveillance des psychotropes

15 — Pharmacologie

Doses optimales des antidépresseurs

Pour les antidépresseurs les plus prescrits, le bas de la fourchette de l'AMM donne le meilleur équilibre : au-delà, l'efficacité plafonne alors que les arrêts pour effets indésirables augmentent1.

MoléculeDose optimaleRepère (équivalent fluoxétine)
Fluoxétine20 à 40 mg/jRéférence : plateau d'efficacité entre 20 et 40 mg d'équivalent fluoxétine pour tous les ISRS
Citalopram20 à 40 mg/j20 mg ≈ 20 mg de fluoxétine ; ne jamais dépasser 40 mg (20 mg après 65 ans)3
Escitalopram10 à 20 mg/j9 mg ≈ 20 mg de fluoxétine ; ne jamais dépasser 20 mg (10 mg après 65 ans)3
Paroxétine20 à 30 mg/j17 mg ≈ 20 mg de fluoxétine
Sertraline50 à 100 mg/j49,3 mg ≈ 20 mg de fluoxétine
Venlafaxine75 à 150 mg/jAu-delà, gain d'efficacité modeste et plus d'arrêts pour effets indésirables
Mirtazapine15 à 30 mg/jEfficacité maximale vers 30 mg, puis baisse

Doses converties pour ce site à partir du tableau 1 de la méta-analyse (équivalences de l'article), arrondies aux dosages disponibles en France. Les autres molécules (duloxétine, vortioxétine, tricycliques…) n'ont pas été étudiées : viser la dose usuelle de l'AMM. La colonne « Dose optimale » figure aussi dans le tableau des antidépresseurs.

En pratique

  • Débuter à la dose de départ du RCP (plus basse chez le sujet âgé : voir le tableau), puis viser la dose optimale.
  • Juger l'effet à 4 à 8 semaines de dose efficace2.
  • Réponse partielle à dose optimale : vérifier d'abord la prise réelle, la durée, le diagnostic (bipolarité, addiction, cause somatique) et les interactions.
  • Augmenter au-delà reste possible si le médicament est bien toléré, en sachant qu'en moyenne l'efficacité n'augmente plus et que les effets indésirables augmentent ; revoir le patient rapidement après chaque hausse4.

Limites

  • Moyennes d'essais de 4 à 12 semaines (77 essais, 19 364 adultes) dans l'épisode dépressif caractérisé, sans maladie somatique grave associée1.
  • Ne s'applique pas tel quel aux troubles anxieux, au TOC, à l'enfant ni au sujet très âgé.
  • Un patient donné peut répondre à une dose plus haute : c'est une moyenne, pas une règle individuelle.

Références

  1. Furukawa TA et al. Dose optimale des ISRS, de la venlafaxine et de la mirtazapine dans la dépression : revue systématique et méta-analyse dose-réponse. Lancet Psychiatry 2019;6(7):601-609 (résumé et tableau 1). doi ; texte intégral
  2. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  3. ANSM. Citalopram et escitalopram : risque d'allongement dose-dépendant de l'intervalle QT. ansm.sante.fr
  4. NICE. Dépression de l'adulte, NG222, 2022, recommandation 1.9.5. nice.org.uk

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16 — Pharmacologie

Durée, arrêt, syndrome d'arrêt

Traiter assez longtemps, arrêter lentement et par paliers de plus en plus petits, savoir distinguer un syndrome d'arrêt d'une rechute.

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Durée

  • 6 mois à 1 an après la rémission1 ; au moins 1 an chez le sujet âgé1.
  • Jamais d'arrêt à l'initiative seule du patient : le prévoir ensemble, en période stable.
  • Patients qui vont bien après au moins deux épisodes ou 2 ans de traitement : à 1 an, rechute chez 56 % de ceux qui arrêtent contre 39 % de ceux qui poursuivent (essai en médecine générale)5. L'arrêt se discute, il ne s'impose pas.

Arrêter

  • Décroissance progressive sur plusieurs semaines ou mois1.
  • Baisser par proportion de la dose en cours, pas par quantité fixe : par exemple 50 % de la dose précédente, puis des paliers plus petits (25 %, voire 10 %) quand la dose devient faible ; palier suivant seulement quand les symptômes d'arrêt ont disparu ou sont tolérables ; rythme décidé avec le patient ; cela peut prendre des semaines ou des mois3.
  • Pourquoi : l'occupation du transporteur de la sérotonine suit une courbe hyperbolique. Les petites doses gardent un effet important : la dernière marche (de la plus petite dose à zéro) est souvent la plus difficile. Descendre jusqu'à des doses bien inférieures à la dose minimale efficace avant d'arrêter4.
  • Molécules à demi-vie courte (paroxétine, venlafaxine, duloxétine) : décroissance plus lente3.
  • Traitement de moins de 4 semaines : une décroissance rapide (2 semaines ou moins) est possible ; la fluoxétine n'a pas besoin de décroissance (CANMAT 2023)2.
  • Risque de syndrome d'arrêt élevé : paroxétine, venlafaxine ; modéré : citalopram, escitalopram, sertraline, duloxétine, fluvoxamine, milnacipran, tricycliques, IMAO ; faible : fluoxétine, mirtazapine, agomélatine, vortioxétine2.

Petites doses : formes disponibles en France

MoléculeForme (BDPM, septembre 2026)Plus petit pas
EscitalopramSEROPLEX 20 mg/mL, solution buvable en gouttes1 goutte = 1 mg
CitalopramSEROPRAM 40 mg/mL, solution buvable, seringue de 1 mL graduée en 0,1 mL. Plus forte que le comprimé (biodisponibilité supérieure de 25 %) : comprimé 20 mg = solution 16 mg (0,4 mL) ; maximum 32 mg/j (0,8 mL), 16 mg/j (0,4 mL) après 65 ans0,1 mL = 4 mg
FluoxétineGénériques 20 mg/5 mL, solution buvable, seringue graduée à 5, 10, 15 et 20 mg5 mg
AmitriptylineLAROXYL et génériques 40 mg/mL, solution buvable en gouttes1 goutte = 1 mg
TrimipramineSURMONTIL 4 %, solution buvable en gouttes1 goutte = 1 mg
Sertraline, paroxétine, venlafaxine, duloxétine, vortioxétine, mirtazapineAucune forme buvable commercialisée (suspension de paroxétine abrogée)Comprimés sécables quand ils existent ; ne pas ouvrir les gélules à libération prolongée ou gastrorésistantes ; demander conseil au pharmacien

Sources : RCP de chaque spécialité, base de données publique des médicaments6.

Calendrier de décroissance proportionnelle

Je choisis la forme buvable, la dose actuelle, la baisse par palier et la durée de chaque palier : les paliers s'affichent, arrondis au plus petit pas mesurable.

Exemple de calendrier, pas une prescription : passer au palier suivant seulement si les symptômes d'arrêt ont disparu ou sont tolérables, ralentir ou revenir au palier précédent sinon3. Fluoxétine : pas besoin de décroissance en règle générale2.

Syndrome d'arrêt ou rechute ?

Syndrome d'arrêtRechute
DébutQuelques jours après la baisse ou l'arrêtPlus tardif (semaines)
SymptômesSurtout physiques, différents de l'épisode : vertiges, nausées, sensations de « décharges électriques », syndrome pseudo-grippal, insomnie, irritabilitéLes mêmes que l'épisode initial
Si l'on reprend la doseCède viteAmélioration lente

Conduite : rassurer ; si besoin revenir à la dose précédente, puis décroître plus lentement12. Le plus souvent résolutif en 2 semaines, parfois plus long (RCP).

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  2. Lam RW et al. CANMAT 2023 Update on Clinical Guidelines for Management of Major Depressive Disorder in Adults. Can J Psychiatry 2024 (question 6, tableau 6.3). pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  3. NICE. Dépression de l'adulte, NG222, 2022, recommandation 1.4.16 (arrêt des antidépresseurs). nice.org.uk
  4. Horowitz MA, Taylor D. Décroissance des ISRS pour limiter les symptômes de sevrage. Lancet Psychiatry 2019;6(6):538-546. doi ; schémas détaillés par molécule : Horowitz MA, Taylor DM. The Maudsley Deprescribing Guidelines. Wiley-Blackwell, 2024 (ouvrage de référence, non consultable en ligne).
  5. Lewis G et al. Maintenance or Discontinuation of Antidepressants in Primary Care (essai ANTLER). N Engl J Med 2021;385:1257-1267. doi
  6. RCP de SEROPLEX 20 mg/mL gouttes, SEROPRAM 40 mg/mL, FLUOXETINE 20 mg/5 mL, LAROXYL 40 mg/mL, SURMONTIL 4 %, base de données publique des médicaments, consultés le 28/09/2026. Seroplex · Seropram · fluoxétine · Laroxyl · Surmontil

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17 — Pharmacologie

Changer d'antidépresseur

Je choisis la molécule actuelle et la molécule visée, avec leur dose et le dosage du comprimé : stratégie, étapes datées en mg et en comprimés, précautions et sources s'affichent. Changer d'abord en cas d'absence de réponse ou d'effets indésirables gênants ; en cas de réponse partielle, augmenter la dose se discute d'abord12.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : le choix de la stratégie se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Ce qui a été recoupé, le 01/10/2026. Chaque paire proposée par psychiatrienet (306 paires entre 18 molécules commercialisées en France) a été relue sur sa page : jours, paliers, doses de départ, fenêtres. Chacune a été comparée à Psychopharma (application française, d'après les recommandations australiennes 2016, Maudsley et Gauthier 2018) : 270 concordent, 3 diffèrent peu, 33 s'écartent (surtout la fenêtre après la fluoxétine et les relais avec la clomipramine) et s'affichent « à vérifier » dans le résultat. Deux schémas de psychiatrienet ont été corrigés parce que le RCP et Psychopharma s'y opposent (amitriptyline → moclobémide, fluvoxamine → agomélatine). Depuis le 11/10/2026, les relais croisés citalopram ou escitalopram ↔ tricyclique, et miansérine ↔ citalopram ou escitalopram, ne sont plus proposés : association contre-indiquée par les RCP (allongement du QT) ; la molécule visée commence après l'arrêt. Dosages et sécabilité : base de données publique des médicaments et RCP (01/10/2026). Molécules proposées : les 23 antidépresseurs commercialisés en France (BDPM).

Ce qui n'est pas vérifié. Milnacipran, miansérine et trimipramine : Psychopharma seul ; tianeptine : aucune source de relais ; délais avec l'iproniazide : RCP français seuls. Doses cibles de psychiatrienet : repères néerlandais, pas des doses AMM. Le rythme des décroissances préalables (« ramener progressivement à… ») n'est fixé par aucune source. Pour aller plus loin : psychotropes.fr, psychiatrienet, Psychopharma, OMEDIT Pays de la Loire.

Les quatre stratégies

  • Switch direct : arrêt puis début le lendemain (agomélatine, citalopram ↔ escitalopram).
  • Relais croisé : on baisse l'une pendant qu'on monte l'autre (le plus courant).
  • Arrêt progressif puis fenêtre : obligatoire vers un IMAO.
  • Depuis la fluoxétine : arrêt sans décroissance, fenêtre de quelques jours (demi-vie longue).

Toujours

  • Revoir le patient en fin de 1re et de 2e semaine1.
  • Surveiller syndrome d'arrêt et syndrome sérotoninergique.
  • Moins de 20 % d'amélioration à 2-4 semaines prédit fortement la non-réponse (CANMAT)2.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, recommandations complètes, 2017 (§ 2.5). has-sante.fr
  2. Lam RW et al. CANMAT 2023, section sur le changement d'antidépresseur. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  3. psychiatrienet. Table de changement d'antidépresseur et pages par paire, consultées le 01/10/2026. wiki.psychiatrienet.nl
  4. Psychopharma (association P-Sciences). Switch d'antidépresseurs, d'après les recommandations australiennes (NPS 2016), les Maudsley Prescribing Guidelines (13e éd.) et Gauthier C et al., L'Encéphale 2018 ; consulté le 01/10/2026. psychopharma-front-prod.web.app
  5. Base de données publique des médicaments : dosages commercialisés et sécabilité (forme pharmaceutique et rubrique 3 du RCP), consultée le 01/10/2026. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  6. RCP des spécialités (BDPM) et EPAR Brintellix (EMA) : liens dans chaque résultat et dans le tableau.
18 — Pharmacologie

Antidépresseur chez le patient cardiaque

La dépression est fréquente après un événement cardiovasculaire et en aggrave le pronostic : la traiter, en choisissant une molécule sûre pour le cœur et en surveillant QT, saignement et interactions1.

À privilégier

Sertraline : pas d'effet sur la fraction d'éjection ni sur le QT après infarctus ou angor instable (essai contrôlé, 369 patients)2. Escitalopram : après syndrome coronarien aigu, moins d'événements cardiaques majeurs que le placebo à 8 ans (41 % contre 54 %, 300 patients)3, en respectant les plafonds de dose4. Le consensus européen place ces deux ISRS en premier1.

Avec prudence

Citalopram (QT, 40 mg au plus, 20 mg après 65 ans) ; IRSNa (pression artérielle, fréquence cardiaque ; prudence dans l'insuffisance cardiaque) ; mirtazapine (prise de poids)14.

À éviter

Tricycliques : contre-indiqués après un infarctus récent (RCP), allongent le QT, toxiques en surdosage46. Citalopram et escitalopram contre-indiqués si QT long ou avec un autre médicament qui allonge le QT4.

QT et ECG

  • ECG avant de débuter un médicament qui allonge le QT chez le patient cardiaque ; corriger d'abord une hypokaliémie ou une hypomagnésémie4.
  • QTc > 470 ms : demander un avis avant tout médicament qui allonge le QT ; QTc > 500 ms sous traitement : l'arrêter1.
  • ECG de contrôle après l'instauration et après chaque augmentation de dose (le consensus européen propose un calendrier dans son tableau 7)1.
  • Prudence avec citalopram et escitalopram en cas de bradycardie importante, d'infarctus récent ou d'insuffisance cardiaque non équilibrée4.

Saignement et interactions

  • Les ISRS diminuent l'agrégation plaquettaire : saignement accru avec un antiagrégant ou un anticoagulant ; prudence avec le clopidogrel (RCP)5. Discuter une protection gastrique selon le risque digestif.
  • Fluoxétine et fluvoxamine inhibent le CYP2C19 : association au clopidogrel déconseillée (activation diminuée)5.
  • Fluoxétine et paroxétine inhibent fortement le CYP2D6 : hausse des taux de métoprolol, carvédilol, flécaïnide, propafénone (RCP, tableau).
  • Hydroxyzine, certains antibiotiques (érythromycine IV, moxifloxacine), antiarythmiques de classe IA et III, antipsychotiques : ne pas les ajouter à un traitement qui allonge déjà le QT4.

Pièges

  • Ne pas traiter par crainte du cœur : une dépression non traitée pèse aussi sur le pronostic cardiaque1.
  • Oublier le mode de vie : activité physique, réadaptation cardiaque, arrêt du tabac, accompagnement psychologique font partie du traitement1.
  • Ajouter une benzodiazépine au long cours comme anxiolytique de première intention, surtout chez l'âgé : déconseillé1.

Texte intégral du consensus européen non consultable librement : seuils de QTc et préférence pour sertraline et escitalopram repris du résumé de l'éditeur et de revues citant le document ; calendrier précis des ECG à lire dans son tableau 7.

Références

  1. Bueno H et al. 2025 ESC Clinical Consensus Statement on mental health and cardiovascular disease. Eur Heart J 2025;46(41):4156-4225 (section 6.5, tableau 7). doi
  2. Glassman AH et al. Sertraline dans la dépression après infarctus ou angor instable (essai SADHART). JAMA 2002;288(6):701-709. doi
  3. Kim JM et al. Escitalopram contre placebo après syndrome coronarien aigu : événements cardiaques à long terme (essai EsDEPACS). JAMA 2018;320(4):350-358. doi
  4. ANSM. Citalopram et escitalopram : risque d'allongement dose-dépendant de l'intervalle QT (contre-indications, précautions). ansm.sante.fr
  5. RCP de PLAVIX (clopidogrel), rubriques 4.4 et 4.5 : ISRS et saignement ; inhibiteurs du CYP2C19 dont fluoxétine et fluvoxamine. ema.europa.eu
  6. RCP de LAROXYL (amitriptyline), rubrique 4.3. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, prescription et surveillance des psychotropes

19 — Pharmacologie

Benzodiazépines et hypnotiques

Utiles sur une courte durée ; l'arrêt se prévoit dès la première prescription3.

Hypnotiques

Durée la plus courte possible, en général quelques jours à 3 semaines ; 4 semaines au maximum, arrêt compris1. Zolpidem : ordonnance sécurisée, 28 jours (RCP).

Anxiolytiques

12 semaines au maximum, arrêt compris ; clorazépate 20 mg : 28 jours1.

Avec un antidépresseur

Association possible 2 semaines en début de traitement si anxiété, agitation ou insomnie invalidantes2.

Arrêter une benzodiazépine3

  • Proposer une stratégie d'arrêt à tout patient traité tous les jours depuis plus de 30 jours.
  • Décroissance progressive sur 4 à 10 semaines le plus souvent, parfois plusieurs mois ; suivi rapproché dans les 6 mois qui suivent.
  • Outils : échelle ECAB (dépendance), calendrier de décroissance, agenda du sommeil.
  • Relais par une molécule à demi-vie longue (diazépam) dans certains cas, après vérification de la fonction hépatique : dépendance forte, échec antérieur, molécule courte ou puissante, plusieurs benzodiazépines.

Choisir

  • Sujet âgé, insuffisant hépatique : préférer une molécule éliminée par glucuroconjugaison directe, sans métabolite actif (oxazépam, lorazépam, lormétazépam) (RCP).
  • Éviter les molécules passant par le desméthyldiazépam (diazépam, clorazépate, prazépam : demi-vie de 30 à 150 h) chez l'âgé (RCP).
  • Équivalences de dose : les sources divergent jusqu'à un facteur 2 : afficher une fourchette, convertir prudemment (tableau).
  • Insomnie : voir aussi la page Insomnie du site.

Références

  1. ANSM. Mémo « Choix d'une benzodiazépine », janvier 2025. ansm.sante.fr ; brochure bon usage des benzodiazépines
  2. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  3. HAS. Arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés : démarche du médecin traitant en ambulatoire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr ; échelle ECAB

Aller plus loin : Psychiaclic, addiction aux psychotropes

20 — Pharmacologie

Tableaux des molécules

Antidépresseurs et benzodiazépines commercialisés en France au 28/09/2026. Je tape une DCI, un nom commercial, une classe, un CYP ou un effet : le tableau se filtre.

Antidépresseurs

MoléculeClasseDosesDose optimaleDemi-vieMétabolismeEffets notablesInteractions majeuresPlus

Benzodiazépines et apparentés

MoléculeCatégorieDemi-viePic (Tmax)≈ 10 mg de diazépamÉliminationDurée max.InteractionsPlus

Lignes extraites des RCP le 28/09/2026 : vérifier le RCP (lien dans chaque ligne) avant de prescrire. Équivalences : fourchette entre psychiatrienet (CalcBenzo), le manuel Ashton, SPS/NHS (valeurs de type BNF) et Psychopharma (recoupé le 01/10/2026 : ses valeurs restent dans la fourchette des trois autres), qui divergent jusqu'à un facteur 2 : convertir à la dose basse, puis ajuster sur la clinique. Clotiazépam et loflazépate : aucune équivalence trouvée. Non commercialisés en France : amoxapine, nordazépam, tétrazépam (retiré en 2013) ; PROZAC et CYMBALTA : génériques seulement ; bupropion (ZYBAN) : AMM sevrage tabagique uniquement.

Références

  1. RCP des spécialités, base de données publique des médicaments (ANSM), consultés le 28/09/2026 (lien RCP dans chaque ligne). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
  2. Lam RW et al. CANMAT 2023, tableau 6.3 (risque de syndrome d'arrêt). pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  3. Équivalences : psychiatrienet CalcBenzo ; Ashton CH, manuel sur les benzodiazépines et leur sevrage, tableau 1 ; SPS NHS, 2025 ; Psychopharma, calculatrice d'équivalence (consultée le 01/10/2026).
  4. HAS. EDC de l'adulte, recommandations 2017, annexe 6.2 (effets de classe). has-sante.fr
  5. Colonne « Dose optimale » : Furukawa TA et al. Lancet Psychiatry 2019;6(7):601-609 (7 molécules étudiées). doi ; voir la fiche Doses optimales.
21 — Arrêt de travail & reprise

Prescrire l'arrêt de travail

L'arrêt peut soigner ou nuire : il se décide au cas par cas, se réévalue souvent, et prépare dès le début le retour1.

Faut-il arrêter ?

  • Bénéfice : repos, mise à distance d'un contexte délétère, temps pour la psychothérapie.
  • Risques d'un arrêt prolongé : anxiété croissante face au retour, désocialisation1.
  • Repères ameli : arrêt court de 1 à 2 semaines avec réévaluation à 3 à 7 jours ; dans les formes plus sévères, arrêt d'un mois avec réévaluations hebdomadaires1.
  • La HAS (avis de janvier 2026) insiste sur une durée individualisée, faute de consensus scientifique sur les durées4.

Règles depuis le 1er septembre 20262

  • Motif médical obligatoire sur l'avis d'arrêt.
  • Durée maximale : 31 jours pour un arrêt initial, 62 jours par prolongation.
  • Dépassement possible s'il est justifié au regard des recommandations de la HAS.

Leviers pendant l'arrêt

  • Traiter le trouble : psychothérapie (Mon Soutien Psy), psychiatre si sévère1.
  • Contact avec le médecin du travail, avec l'accord du patient ; le salarié peut le consulter à tout moment, même pendant l'arrêt3.
  • Arrêt de plus de 30 jours : visite de pré-reprise (fiche suivante).

Références

  1. Assurance maladie (ameli, médecin). Place de l'arrêt de travail dans le trouble anxiodépressif et la dépression, mise à jour 25/04/2025. ameli.fr
  2. Assurance maladie (ameli, assuré). Arrêts de travail pour maladie : ce qui change au 1er septembre 2026. ameli.fr
  3. HAS. Burn-out, fiche mémo, 2017, mise à jour octobre 2025. has-sante.fr
  4. HAS. Avis n° 2026.0009/AC/SBP du 21 janvier 2026 sur les référentiels de durée d'arrêt de travail (dépression) ; source secondaire consultée : egora.fr ; référentiels de durée : ameli.fr
22 — Arrêt de travail & reprise

Reprise et maintien en emploi

Préparer le retour tôt, avec le patient, le médecin du travail et le médecin-conseil.

Visite de pré-reprise

  • Dès que l'arrêt dépasse 30 jours (Code du travail, art. R4624-29 et R4624-30).
  • À l'initiative du patient, du médecin traitant ou du médecin-conseil ; renouvelable1.

Temps partiel thérapeutique

  • Reprise progressive, à voir avec le médecin-conseil2.

Aménagement, reclassement

  • Proposés par le médecin du travail : aménagement de poste, changement d'équipe, reclassement.

Maladie professionnelle

  • Pathologie psychique liée au travail : reconnaissance possible hors tableau. Outil du site : Maladie professionnelle.

Références

  1. HAS. Burn-out, fiche mémo, mise à jour octobre 2025. has-sante.fr
  2. Assurance maladie (ameli, médecin). Arrêt de travail, trouble anxiodépressif et dépression, 2025. ameli.fr
23 — Situations particulières

Sujet âgé

Dépression souvent masquée, risque suicidaire élevé, traitement à adapter12.

Reconnaître

  • Plaintes somatiques, troubles cognitifs, repli : la tristesse est parfois absente.
  • Devant tout trouble cognitif, penser dépression ; un EDC peut inaugurer une maladie neurodégénérative1.

Évaluer

  • GDS-15 (> 5 : entretien approfondi) ; mini-GDS en 4 questions.
  • Tout EDC du sujet âgé comporte un risque suicidaire élevé1.
  • Revoir les médicaments (polymédication).

Conduite à tenir2

  • Mêmes stratégies que l'adulte ; antidépresseur à faible risque d'interaction si polymédication.
  • Débuter bas, monter lentement ; juger l'effet 6 à 12 semaines après la dose minimale efficace.
  • Durée : au moins 1 an après la rémission ; imipraminiques exceptionnels.
  • Surveiller : hyponatrémie (confusion), chutes et fractures, saignements, hypotension orthostatique, effets anticholinergiques, QT long ; vigilance après 75 ans.
  • Doses maximales : citalopram 20 mg/j, escitalopram 10 mg/j après 65 ans ; agomélatine pas à partir de 75 ans (RCP).

Pièges

  • Mettre la plainte sur le compte de l'âge.
  • Prescrire une benzodiazépine à demi-vie longue : chutes, confusion.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  3. Clément JP, Nassif RF, Léger JM et al. Mise au point et contribution à la validation d'une version française brève de la GDS (mini-GDS). Encéphale 1997. pubmed
24 — Situations particulières

Périnatalité

Rechercher un EDC pendant la grossesse et après la naissance1.

Repérer

  • Outils : PHQ-2 ou EPDS (fiche dans Échelles)1.
  • Épisode du post-partum = indicateur de bipolarité de premier rang3.

Traiter2

  • Grossesse : psychothérapie privilégiée ; antidépresseur seulement si strictement nécessaire.
  • Utilisables quel que soit le terme (HAS 2017) : fluoxétine, sertraline, paroxétine, citalopram, escitalopram, venlafaxine, clomipramine, amitriptyline, imipramine.
  • Poursuivre un antidépresseur efficace avant la grossesse ; prévenir l'équipe obstétricale ; surveillance néonatale.
  • Allaitement : passage faible pour paroxétine, sertraline, clomipramine, amitriptyline, imipramine.

Pièges

  • Liste HAS de 2017 : vérifier les données actualisées sur le CRAT avant de prescrire4.
  • Arrêter brutalement un traitement efficace à l'annonce de la grossesse.
  • Oublier la bipolarité devant une dépression ou une agitation du post-partum.

Références

  1. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Diagnostic, 2017. has-sante.fr
  2. HAS. EDC de l'adulte, fiche de synthèse Prise en charge et suivi, 2017. has-sante.fr
  3. HAS. Trouble bipolaire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr
  4. Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT). lecrat.fr
25 — Situations particulières

Adolescent

Psychothérapie d'abord ; si un antidépresseur est nécessaire, la fluoxétine seule, jamais à la première consultation1.

Repérer

  • Dépression : ADRS (version patient, seuil 3)2.
  • Suicide : dans toute consultation, surtout après 12 ans, BITS ; si ≥ 3/8 ou motif psychique, ASQ3.
  • Au moins un entretien seul avec le jeune, puis l'entourage3.

Traiter1

  • Pas d'antidépresseur à la consultation où la dépression est repérée, ni en 1re intention même si l'EDC est modéré à sévère.
  • Antidépresseur seulement après 4 à 8 semaines de psychothérapie sans effet ou avec aggravation, ou si la gravité empêche le travail relationnel ; toujours avec une psychothérapie.
  • Seule la fluoxétine est recommandée en premier recours ; surveillance rapprochée (idées suicidaires, hostilité, agitation), croissance et puberté ; durée totale 6 mois à 1 an.
  • Anxiolytiques et hypnotiques : pas en 1re intention.

Urgence suicidaire3

  • Tentative récente : urgences, quel que soit le niveau d'urgence actuel.
  • Urgence élevée : urgences. Faible à moyenne : prise en charge ambulatoire de 2e ligne (CMP, CMPP, psychiatre, maison des adolescents), réévaluation possible à 2-3 jours.
  • Faire retirer les moyens létaux ; informer sur l'effet désinhibiteur de l'alcool ; au moindre doute, 3114.

Pièges

  • Banaliser des propos suicidaires (« crise d'ado »).
  • Utiliser le MDQ chez l'adolescent : non recommandé faute de données4.

Références

  1. HAS. Manifestations dépressives à l'adolescence, fiche de synthèse Prise en charge thérapeutique, 2014. has-sante.fr
  2. HAS 2014, annexe 5 : outils d'aide au repérage (ADRS, TSTS-CAFARD). has-sante.fr
  3. HAS. Idées et conduites suicidaires chez l'enfant et l'adolescent, synthèse 1re ligne, 2021. has-sante.fr
  4. HAS. Trouble bipolaire, fiche mémo, 2015. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent

26 — Situations particulières

Bipolarité à ne pas manquer

Début souvent entre 15 et 25 ans, environ 10 ans avant un traitement adapté : le chercher devant toute dépression, avant tout antidépresseur1.

Indicateurs de 1er rang1

  • Dépression avant 25 ans ; au moins 3 épisodes dépressifs.
  • Antécédent familial de trouble bipolaire.
  • Épisode du post-partum.
  • Caractéristiques atypiques (hyperphagie, hypersomnie) ou psychotiques congruentes à l'humeur.
  • Réponse atypique à un antidépresseur (inefficacité, aggravation, agitation, hypomanie brève).
  • Virage maniaque sous antidépresseur : il suffit au diagnostic.

Indicateurs de 2e rang1

  • Épisode avec agitation, hyperréactivité, irritabilité, début ou fin brutaux.
  • Passages à l'acte suicidaires répétés et violents.
  • Actes délictueux, conduites sexuelles à risque.

Outil : MDQ chez l'adulte pour rechercher une hypomanie (fiche dans Échelles).

Conduite à tenir1

  • Tout diagnostic envisagé : avis psychiatrique.
  • Épisode maniaque inaugural : urgence, hospitalisation.
  • Épisode mixte : avis psychiatrique urgent (risque suicidaire majeur).
  • Tentative de suicide chez l'adolescent ou l'adulte jeune : rechercher un trouble bipolaire.

Références

  1. HAS. Patient avec un trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale en premier recours, fiche mémo, 2015. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, trouble bipolaire

27 — Situations particulières

Psychotraumatisme (TSPT)

Pas de recommandation HAS publiée à ce jour sur le TSPT : travaux inscrits à la feuille de route 2026. Repères d'après le DSM-5-TR et le Centre national de ressources et de résilience (CN2R)12.

Reconnaître3

  • Exposition à la mort, à une blessure grave ou à des violences sexuelles : vécue, vue, apprise pour un proche, ou répétée dans le cadre du travail.
  • Depuis plus d'un mois : intrusions (souvenirs, cauchemars, reviviscences), évitement, altérations négatives des pensées et de l'humeur, hyperréactivité (sursauts, hypervigilance, sommeil).
  • Retentissement sur la vie quotidienne.

Évaluer

  • PC-PTSD-5 en dépistage (≥ 4, ou 3 plus sensible), puis PCL-5 (≥ 32 dans l'échantillon français)2.
  • Rechercher dépression, addictions, risque suicidaire, violences en cours.

Conduite à tenir et orientation

  • Expliquer les symptômes, sécuriser (violences en cours : fiche Violences).
  • Orienter vers une psychothérapie centrée sur le trauma (TCC centrée trauma, EMDR) par un professionnel formé ; centres régionaux du psychotraumatisme, annuaire du CN2R.

Références

  1. HAS. Feuille de route 2026 santé mentale et psychiatrie ; note de cadrage « Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques », 2020. feuille de route · note de cadrage
  2. CN2R. Dossier bonnes pratiques « Identifier un trouble de stress post-traumatique », avril 2025. cn2r.fr
  3. American Psychiatric Association. DSM-5-TR, 2022 ; National Center for PTSD, PCL-5. ptsd.va.gov

Aller plus loin : Psychiaclic, trouble stress post-traumatique

28 — Situations particulières

Violences

Violences au sein du couple : questionner systématiquement, même sans signe d'alerte1.

Repérer

  • Question simple et systématique, à toute patiente ; seule, sans le conjoint1.
  • Signes d'appel : plaintes répétées, anxiété, dépression, TSPT, consultations fréquentes, lésions mal expliquées.
  • Outils HAS : fiches « Comment repérer, évaluer » et « Comment agir »1.

Agir

  • Certificat de constatations (lésions, retentissement psychique), remis à la victime1.
  • Informer sur le droit de porter plainte ; orienter vers les associations et le 3919.
  • Signalement au procureur : avec l'accord de la victime majeure ; sans son accord si les violences mettent sa vie en danger immédiat et qu'elle est sous emprise (Code pénal, art. 226-14) : s'efforcer d'obtenir l'accord, sinon l'informer du signalement2.
  • Mineur ou personne vulnérable : l'accord n'est pas requis1. Enfant en danger : 119.

Numéros

  • 3919 Violences Femmes Info ; 119 enfance en danger ; 17 police-gendarmerie ; 114 par SMS ; 3133 maltraitance des adultes vulnérables (âgés, handicapés)3.

Références

  1. HAS. Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple, recommandation, juin 2019. has-sante.fr ; fiches Comment repérer, évaluer · Comment agir
  2. Conseil national de l'Ordre des médecins. Secret médical et violences au sein du couple : vade-mecum de la réforme (loi du 30 juillet 2020) et modèle de signalement. vade-mecum · modèle
  3. Ministère chargé des personnes handicapées. Victime ou témoin de maltraitances envers un adulte vulnérable : le 3133. handicap.gouv.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, mauvais traitements envers un adulte

29 — Situations particulières

Burn-out

Un syndrome, pas une maladie (ni dans la CIM-10 ni dans le DSM-5) : il impose de rechercher le trouble qu'il recouvre1.

Reconnaître1

  • Trois dimensions : épuisement émotionnel ; cynisme ou dépersonnalisation ; baisse de l'accomplissement personnel.
  • Manifestations émotionnelles, cognitives, comportementales, motivationnelles, physiques, d'installation progressive.

Évaluer1

  • Trouble sous-jacent : trouble de l'adaptation, trouble anxieux, EDC, TSPT.
  • Risque suicidaire, à évaluer particulièrement ; bilan somatique.
  • Conditions de travail : intensité et organisation, exigences émotionnelles, autonomie, relations, conflits de valeurs, insécurité de l'emploi.
  • MBI et CBI ne sont pas faits pour le diagnostic individuel ; ils peuvent guider l'entretien.

Conduite à tenir1

  • Arrêt de travail le plus souvent nécessaire, de durée adaptée (fiche).
  • Lien avec le médecin du travail, avec l'accord du patient ; visite de pré-reprise si arrêt de plus de 30 jours.
  • Antidépresseur seulement s'il existe un trouble anxieux ou dépressif qui le justifie.
  • Soignants : population exposée, voir les recommandations HAS sur la souffrance des professionnels de santé2.

Références

  1. HAS. Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d'épuisement professionnel ou burn-out, fiche mémo, 2017, mise à jour octobre 2025. has-sante.fr
  2. HAS. Souffrance des professionnels du monde de la santé : prévenir, repérer, orienter. has-sante.fr

Aller plus loin : Psychiaclic, épuisement professionnel

30 — Échelles

Échelles de santé mentale

Onze échelles libres de droits se remplissent ici : je coche, le score et son interprétation s'affichent avec le seuil publié et sa source. Les autres ont une fiche (population, cotation, seuils, droits) et un lien vers la version officielle. Le calcul se fait dans le navigateur : rien n'est enregistré ni envoyé.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : le calcul des scores se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Calculateurs

PHQ-9 questionnaire sur la santé du patient

CalculateurAuto-questionnaireLibre
Pour
Adulte ; dépression : repérage (≥ 10) et sévérité. 9 items, 2 dernières semaines, 0 à 27.
Seuils
5 / 10 / 15 / 20 : léger / modéré / modérément sévère / sévère. Item 9 > 0 : évaluer le risque suicidaire.
Remplir

PHQ-2 2 premiers items du PHQ-9

CalculateurAuto-questionnaireLibre
Pour
Repérage rapide de la dépression (cité par la HAS, y compris en périnatalité). 0 à 6.
Seuil
≥ 3 : positif, compléter par le PHQ-9.
Remplir

GAD-7 trouble anxieux généralisé

CalculateurAuto-questionnaireLibre
Pour
Adulte ; anxiété généralisée. 7 items, 0 à 21.
Seuils
5 / 10 / 15 : léger / modéré / sévère ; ≥ 10 : TAG probable.
Remplir

GAD-2 2 premiers items du GAD-7

CalculateurAuto-questionnaireLibre
Pour
Repérage rapide des troubles anxieux. 0 à 6.
Seuil
≥ 3 : positif (TAG, panique, anxiété sociale, TSPT).
Remplir

GDS-15 échelle de dépression gériatrique

CalculateurAuto-questionnaireDomaine public
Pour
Sujet âgé ; 15 questions oui/non, 0 à 15.
Seuil
> 5 : entretien approfondi.
Remplir

ASQ Ask Suicide-Screening Questions

CalculateurPosé par le soignantLibre
Pour
Dès 8 ans et adulte ; 4 questions oui/non + 1 question d'acuité.
Résultat
Négatif ; positif non aigu (évaluation de sécurité) ; positif aigu (risque imminent, urgence).
Remplir

PC-PTSD-5 dépistage du TSPT en soins primaires, DSM-5

CalculateurAuto-questionnaireDomaine public
Pour
Adulte ; question d'exposition puis 5 questions oui/non, 0 à 5.
Seuil
≥ 4 (3 plus sensible, à envisager chez la femme).
Remplir

PCL-5 liste des symptômes du TSPT, DSM-5

CalculateurAuto-questionnaireDomaine public
Pour
Adulte, adolescent dès 14 ans ; 20 items 0 à 4, dernier mois, 0 à 80.
Seuil
≥ 32 (version française) ; algorithme DSM-5.
Remplir

FACE Formule pour approcher la consommation d'alcool par entretien

CalculateurPosé par le soignantHAS
Pour
Adulte ; outil de repérage de la HAS, 5 questions, 0 à 20.
Seuils
Homme < 5, femme < 4 : faible ; 5 (H) ou 4 (F) à 8 : excessive probable ; > 8 : dépendance probable.
Remplir

ADRS échelle de dépression de l'adolescent, version patient

CalculateurAuto-questionnaireHAS
Pour
Adolescent ; 10 affirmations vrai/faux, 0 à 10.
Seuil
≥ 3 (sensibilité 79 %, spécificité 60 %).
Remplir

BITS Bullying, Insomnia, Tobacco, Stress

CalculateurPosé par le soignantHAS
Pour
Enfant, adolescent (surtout > 12 ans), toute consultation ; 4 thèmes cotés 0 à 2, 0 à 8.
Seuil
≥ 3 : questionner les idées suicidaires (ASQ).
Remplir

Fiches (sans calculateur)

C-SSRS, version de dépistage échelle de Columbia de sévérité du risque suicidaire, version de dépistage

FichePosé par le soignantLibre
Pour
Adolescent et adulte ; 6 questions oui/non sur le dernier mois : désir d'être mort, pensées suicidaires ; si oui, méthode, intention, scénario ; puis comportement suicidaire (précisé : dans les 3 derniers mois ?).
Triage
Questions 1-2 : risque faible ; question 3 : modéré ; questions 4 ou 5, ou comportement dans les 3 mois : élevé ; comportement plus ancien : modéré (version de dépistage publiée par les CMS).
Fiche seule
Version française officielle de l'écran court non trouvée. La HAS reproduit la version française longue (« Lifetime/Recent ») en annexe de sa recommandation 2021.
Liens
Columbia (versions et formation gratuite) · version de dépistage (CMS) · version française longue (HAS 2021, annexe) · Posner 2011 doi

EPDS échelle de dépression postnatale d'Édimbourg

FicheAuto-questionnaireRepublication soumise à autorisation
Pour
Grossesse et post-partum ; 10 items cotés 0 à 3 (certains inversés), 0 à 30.
Seuil
Version française : ≥ 11 (seuil 10,5 ; sensibilité 0,80, spécificité 0,92). Item 10 (auto-agression) positif : évaluer le risque suicidaire.
Droits
Photocopie autorisée pour le clinicien, en entier avec sa citation ; autorisation écrite du Royal College of Psychiatrists pour toute republication, y compris en ligne.
Sources
Cox 1987 doi · version française : Guedeney & Fermanian 1998 doi

HADS échelle hospitalière d'anxiété et de dépression

FicheAuto-questionnaireSous licence
Pour
Adulte, contexte somatique ; 14 items (7 anxiété, 7 dépression) cotés 0 à 3 ; deux sous-scores de 0 à 21.
Seuils
0-7 normal ; 8-10 douteux ; ≥ 11 cas probable (Zigmond et Snaith 1983). En soins primaires francophones : HADS-A ≥ 10, HADS-D ≥ 7 (Roberge 2013).
Droits
Copyright GL Assessment ; licence via Mapi Research Trust : pas de reproduction sans autorisation.
Sources
Mapi Research Trust · Zigmond 1983 · Roberge 2013

ISI Insomnia Severity Index

FicheAuto-questionnaireSous licence (usage clinique gratuit)
Pour
Adulte ; 7 items cotés 0 à 4, 0 à 28.
Seuils
0-7 pas d'insomnie ; 8-14 infraclinique ; 15-21 modérée ; 22-28 sévère (Bastien 2001) ; en population générale, 10 (Morin 2011).
Droits
Copyright C. M. Morin, distribué par Mapi Research Trust.
Sources
Mapi Research Trust · Bastien 2001 · Morin 2011 · page Insomnie du site

MBI inventaire d'épuisement professionnel de Maslach

FicheAuto-questionnaireSous licence (payant)
Pour
Trois dimensions : épuisement émotionnel, dépersonnalisation, accomplissement personnel.
Usage
Pas un outil de diagnostic individuel ; peut guider l'entretien (HAS).
Sources
Mind Garden · HAS burn-out

CBI inventaire d'épuisement de Copenhague

FicheAuto-questionnaireLibre
Pour
19 items, 3 sous-échelles (personnel, lié au travail, lié aux usagers) ; score moyen de 0 à 100 par sous-échelle.
Limites
Pas de validation française ni de seuil établi dans les sources consultées ; pas un outil de diagnostic individuel (HAS).
Source
Kristensen 2005 doi

Mini-GDS 4 questions (Clément 1997)

FichePosé par le soignant
Pour
Sujet âgé ; 4 questions oui/non (découragement et tristesse, vie vide, bonheur, situation désespérée).
Seuil
≥ 1 : forte suspicion de dépression ; 0 : dépression très peu probable (sensibilité 69 %, spécificité 80 %).
Fiche seule
Texte original non consulté (article de 1997) : items à reprendre de la publication.
Source
Encéphale 1997, PMID 9264935

MDQ questionnaire des troubles de l'humeur

FicheAuto-questionnaire
Pour
Adulte (pas l'adolescent) ; 13 questions oui/non sur des périodes d'hypomanie, + simultanéité + retentissement.
Positif
≥ 7 oui, plusieurs en même temps, retentissement modéré ou sérieux. Version française : bonne détection du type I, plus faible du type II (Weber Rouget 2005).
Sources
Hirschfeld 2000 · Weber Rouget 2005 · HAS 2015

AUDIT-C 3 premières questions de l'AUDIT (OMS)

FicheAuto-questionnaireLibre
Pour
Adulte ; fréquence, quantité, épisodes de forte consommation ; 0 à 12.
Seuils
≥ 4 chez l'homme, ≥ 3 chez la femme : mésusage probable (Bradley 2007) ; pas de seuil français propre trouvé.
Fiche seule
Version française officielle non retrouvée ; la HAS recommande FACE (à remplir ici).
Sources
Bradley 2007 · AUDIT en soins primaires francophones : Gache 2005

TSTS-CAFARD Dépistage du risque suicidaire de l'adolescent

FichePosé par le soignantHAS
Pour
Adolescent ; 4 questions d'ouverture (traumatologie, sommeil, tabac, stress) et une clé de gravité pour chaque réponse positive.
Seuil
3 réponses positives (sensibilité 79 %, spécificité 55 %). La HAS 2021 propose aujourd'hui le BITS (à remplir ici).
Source
HAS 2014, annexe 5

Hétéro-évaluations (cotées par le clinicien)

HDRS-17 Échelle de dépression de Hamilton

Hétéro-évaluation
Pour
Adulte ; cotée par le clinicien après un entretien : ce n'est pas un auto-questionnaire. 17 items, 0 à 52.
Seuils
0-7 pas de dépression ; 8-16 légère ; 17-23 modérée ; ≥ 24 sévère (Zimmerman 2013).
Cotation en ligne
Hamilton sur la page Scores : chaque item avec le libellé de ses niveaux, détail copiable et imprimable.
Sources
Hamilton 1960 · Zimmerman 2013

MADRS Montgomery-Åsberg

Hétéro-évaluation
Pour
Adulte ; cotée par le clinicien. 10 items cotés 0 à 6, 0 à 60. Citée par la HAS pour la sévérité.
Seuils
Souvent cités : 7-19 légère, 20-34 modérée, ≥ 35 sévère (Snaith 1986) ; meilleure séparation modérée/sévère à 31 (Müller 2003).
Sources
Montgomery 1979 · Snaith 1986 · Müller 2003

ADRS, version clinicien

Hétéro-évaluationHAS
Pour
Adolescent ; 10 items cotés 0 à 6 par le clinicien.
Seuil
15 (sensibilité 76 %, spécificité 80 %).
Source
HAS 2014, annexe 5

RUD Risque, urgence, dangerosité

Grille d'entretien
Pour
Structurer l'évaluation d'une crise suicidaire. Pas d'items ni de score.
Contenu
Les 6 éléments de la conférence de consensus et les 3 niveaux d'urgence : Évaluer, Conduite à tenir.
Source
ANAES 2000
31 — Ressources

Numéros

Numéros nationaux, gratuits.

NuméroPour
15 (ou 112)Urgence vitale, SAMU
3114Prévention du suicide, 24 h/24, 7 j/7 : personnes en détresse, entourage, endeuillés, professionnels de santé (avis)1
3919Violences Femmes Info
119Enfance en danger
17 ; 114 par SMSPolice-gendarmerie ; urgence par SMS
3133Maltraitance des adultes vulnérables (personnes âgées, handicapées)2

Références

  1. 3114, numéro national de prévention du suicide. 3114.fr
  2. Le 3133. handicap.gouv.fr
32 — Ressources

Dispositifs nationaux

VigilanS

Recontact après une tentative de suicide ; le médecin traitant reçoit un courrier et un numéro dédié. sante.fr

Mon Soutien Psy

Séances remboursées chez un psychologue conventionné. ameli.fr ; fiche

CMP

Consultations publiques gratuites, par secteur selon l'adresse du patient ; CMP infanto-juvénile pour l'enfant. Orienter

Psychotraumatisme

Centres régionaux du psychotraumatisme ; ressources et annuaire du CN2R. cn2r.fr

Santé mentale en soins primaires

Pages ameli pour le médecin : trouble anxiodépressif, dépression, arrêt de travail. ameli.fr

33 — Ressources

Recommandations

ThèmeDocument
Dépression de l'adulteHAS 2017, EDC de l'adulte en premier recours
AdolescentHAS 2014, manifestations dépressives à l'adolescence
BipolaritéHAS 2015, trouble bipolaire en premier recours
Crise suicidaireANAES 2000, conférence de consensus ; dossier HAS prévention du suicide
Suicide de l'enfant et de l'adolescentHAS 2021
Burn-outHAS 2017, mise à jour 2025
BenzodiazépinesANSM 2025, choix d'une BZD ; HAS 2015, arrêt des BZD
Alcool, cannabis, tabacHAS 2021, repérage précoce et intervention brève
Violences conjugalesHAS 2019
PsychotraumatismePas de recommandation HAS publiée : note de cadrage 2020 ; CN2R 2025
Soins sans consentementservice-public.fr ; outil du site Soins sans consentement
34 — Ressources

Sites d'appui

psychotropes.fr

Aide à la prescription des psychotropes en soins primaires (DUMG Toulouse). psychotropes.fr

Psycom

Information publique en santé mentale, à conseiller aux patients. psycom.org

CRAT

Médicaments, grossesse et allaitement. lecrat.fr

CN2R

Psychotraumatisme : outils, annuaire, formations. cn2r.fr

Échelles

phqscreeners.com (PHQ, GAD) ; NIMH ASQ ; ptsd.va.gov