Maladie pro Toutes maladies professionnelles, dont les cancers

Santé au travail · toutes maladies professionnelles

Et si c'était une maladie pro ?TMS, surdité, peau, poumon, infections, toxiques, cancers, souffrance psychique

Beaucoup de maladies vues en consultation viennent du travail — TMS d'abord, mais aussi surdité, eczéma, asthme, et des cancers (un sur vingt à un sur douze a une cause professionnelle) — et la plupart ne sont jamais déclarées. Le déclic se joue au cabinet : reconstituer le parcours de travail, reconnaître l'exposition derrière un métier, et rédiger le certificat qui ouvre des droits.

Première version (cancers) : 2026-07-04Extension à toutes les maladies professionnelles : 2026-09-07Adaptation : 2026-10-01

Aide au repérage pour MG et internes. Ne remplace pas le tableau réglementaire à jour, ni l'avis d'un médecin du travail ou d'une consultation de pathologie professionnelle.

01 — OUTIL

Pathologie + métier → est-ce déclarable ?

Un générateur dans tous les sens : partez d'une pathologie (dont un cancer), d'un métier ou d'une exposition — ou saisissez votre parcours (plusieurs métiers) et votre pathologie pour savoir si une maladie professionnelle est possible et pré-rédiger le certificat.

Cas fréquents :

Générateur pathologie ⇄ métier ⇄ exposition

Outil pédagogique d'orientation — il ne remplace pas la lecture du tableau à jour ni l'avis d'une consultation de pathologie professionnelle. Il couvre les situations les plus fréquentes ; pour le reste, voir l'index des 182 tableaux.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet (métiers, relevé de carrière). Tout reste sur votre appareil.

Fondé sur la base des tableaux de maladies professionnelles de l'INRS.4 « RG » = régime général ; « RA » = régime agricole. Le délai indiqué est le délai de prise en charge (temps maximal entre la fin de l'exposition et la constatation de la maladie). Le résultat s'affiche dans le panneau « Résultat » (à droite sur grand écran, sous l'outil sur téléphone).

02 — LE RÉFLEXE

« Et si cette maladie venait du travail ? »

Une question à poser devant une épaule douloureuse, un canal carpien, une surdité, un eczéma des mains, un asthme, une hépatite, un cancer, un épuisement — parce que la reconnaissance ouvre des droits, et parce que personne d'autre ne la posera à la place du médecin.

Environ 50 000 maladies professionnelles sont reconnues chaque année au régime général (50 598 en 2024) — dont près de 9 sur 10 sont des troubles musculo-squelettiques (88,4 % en 2024 : tableaux 57, 97, 98…).14 Mais ce chiffre est la partie émergée : la sous-déclaration est massive — la commission chargée de l'évaluer (art. L. 176-2) la chiffre à 2 à 3,8 milliards d'euros par an supportés à tort par l'assurance maladie (rapport 2024 ; 1,2 à 2,1 milliards dans le rapport 2021).15 Pour les cancers, on estime que 4 à 8,5 % sont d'origine professionnelle (15 000 à 33 000 cas/an), alors qu'à peine 1 500 à 1 800 sont reconnus chaque année (1 514 cancers reconnus en tableau en 2024).12 Les causes : latence longue, exposition oubliée, procédure méconnue… et surtout, l'origine professionnelle n'est pas évoquée en consultation.3

Le réflexe. Devant toute pathologie chronique ou inexpliquée, reconstituer le parcours de travail (le « curriculum laboris ») : quels métiers, quels gestes, quels produits, quelles années. Déclarer ne coûte rien au patient, n'est pas une accusation de l'employeur, et peut ouvrir une indemnisation (soins à 100 %, indemnités journalières majorées, rente ou capital) — y compris pour ses ayants droit.

Quand y penser en priorité

  • Une pathologie qui suit le rythme du travail : asthme, rhinite ou eczéma qui s'améliorent le week-end et en vacances ; douleur d'épaule ou de coude qui suit les gestes répétés du poste.
  • Un TMS chez un travailleur de force ou de gestes répétés : coiffe des rotateurs, épicondylite, canal carpien, hygroma, ménisque, lombosciatique — ce sont près de 9 maladies professionnelles reconnues sur 10 (88,4 % en 2024).14
  • Une maladie « rare » ou « inattendue » chez quelqu'un qui a exercé un métier manuel ou industriel (mésothéliome, cancer de l'ethmoïde, angiosarcome du foie, surdité bilatérale précoce…).
  • Une maladie fréquente chez un sujet exposé — même s'il fume, même s'il est âgé : l'origine professionnelle peut coexister avec les facteurs personnels.
  • Un patient à la retraite : pour les cancers et les pathologies à latence longue, c'est la règle, pas l'exception.
03 — COMMENT ÇA MARCHE

Deux voies : le tableau, ou le hors-tableau

Comprendre la mécanique évite de renoncer à tort (« le délai est dépassé », « ce n'est pas dans un tableau »).

Voie 1 — Le tableau (présomption d'origine)

Une maladie est reconnue automatiquement d'origine professionnelle, sans avoir à prouver le lien, si les trois conditions d'un tableau sont réunies.5 C'est la présomption d'origine : c'est à la caisse de prouver une autre cause, pas au patient de prouver le lien.

Les 3 conditions d'un tableau :
1. La maladie correspond exactement à l'intitulé (ex. « rupture partielle ou transfixiante de la coiffe des rotateurs », « syndrome du canal carpien », « mésothéliome », « cancer primitif du rein »).
2. Le délai de prise en charge est respecté (de quelques jours pour un eczéma à 40-50 ans pour un cancer).
3. Un travail figurant sur la liste du tableau (limitative ou indicative) et, quand elle est exigée, une durée d'exposition minimale.

La liste des travaux peut être limitative (seuls ces travaux ouvrent droit) ou indicative (exemples non exhaustifs) — à vérifier tableau par tableau. Le diagnostic doit être objectivé (imagerie pour la coiffe, EMG utile pour le canal carpien, audiométrie dans des conditions définies pour la surdité).

Les examens imposés par les tableaux ne sont plus une condition formelle. Le décret n° 2026-901 du 24 septembre 2026 (en vigueur pour les certificats médicaux initiaux établis à partir du 30/09/2026) retire de 34 tableaux — dont les tableaux 16 bis, 30, 57, 65, 66 et 79 — l'exigence d'un examen nommément désigné (IRM, ENMG, échographie, tests épicutanés, EFR, scanner, histologie) : le diagnostic s'établit désormais selon les données acquises de la science (art. L. 461-1 modifié ; recommandations HAS et sociétés savantes). Les examens cités dans cette page restent utiles pour objectiver le diagnostic ; certaines fiches INRS ne sont pas encore à jour.20

Voie 2 — Hors tableau : le CRRMP

Quand la présomption ne joue pas, le dossier passe devant le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), qui recherche un lien direct.5 C'est la caisse (CPAM/MSA) qui saisit le CRRMP ; son avis motivé s'impose à elle.

  • Alinéa 6 — la maladie est dans un tableau mais une condition manque (délai dépassé, durée insuffisante, travail hors liste). Le CRRMP cherche un lien direct. Pas de seuil d'incapacité.
  • Alinéa 7 — la maladie n'est dans aucun tableau. Reconnaissance possible si lien direct et essentiel et taux d'incapacité prévisible ≥ 25 % (seuil fixé par décret, art. R. 461-8) ou décès. C'est la voie des pathologies psychiques (dépression d'épuisement, stress post-traumatique) et des maladies sans tableau (cancer du sein et travail de nuit, BPCO hors mines…). Pour un cancer, ce taux est le plus souvent considéré comme atteint — mais c'est le CRRMP qui l'apprécie.
À retenir. « Délai dépassé » ou « pas dans un tableau » ne veut pas dire « impossible » : cela veut dire « passage par le CRRMP ». On déclare quand même.
À côté de la MP : le signalement MCP. Toute maladie que le médecin estime liée au travail mais qui n'est pas déclarée (ou pas reconnaissable) peut être signalée comme maladie à caractère professionnel (art. L. 461-6) au médecin inspecteur du travail — sans effet indemnitaire, mais utile à la veille sanitaire et à l'évolution des tableaux.3
04 — PANORAMA

Les grandes familles, tableau par tableau

Ce que le généraliste voit réellement passer : TMS d'abord (près de 90 % des reconnaissances), puis rachis, audition, peau, respiratoire, infections, toxiques — et la souffrance psychique, sans tableau mais pas sans voie.14 Délais à confirmer sur le tableau à jour (liens dans l'index des tableaux).

Troubles musculo-squelettiques — RG 57 (RA 39)

Le tableau le plus utilisé de tout le système. Chaque localisation exige un diagnostic précis (objectivé selon les données acquises de la science : imagerie le plus souvent — l'examen nommé par le tableau n'est plus une condition formelle depuis le 30/09/2026) et des gestes définis — la liste des travaux est limitative.

LocalisationPathologie (intitulé à respecter)TableauDélaiConditions clés
ÉpauleTendinopathie aiguë de la coiffe, non rompue non calcifianteRG 57 A30 joursmouvements bras décollés du corps
Tendinopathie chronique de la coiffe (objectivée, ex. IRM/échographie)RG 57 A6 moisexposition 6 mois
Rupture partielle ou transfixiante de la coiffe (objectivée, ex. IRM)RG 57 A1 anexposition 1 an
CoudeTendinopathie d'insertion (épicondyliens / épitrochléens)RG 57 B14 joursgestes répétés de préhension/extension
Hygroma (bursite) aigu · chroniqueRG 57 B7 j · 90 jappui prolongé sur le coude
Syndrome canalaire du nerf ulnaire (objectivé, ex. EMG)RG 57 B90 joursappui/flexion-extension répétées
Poignet / mainSyndrome du canal carpienRG 57 C30 joursgestes répétés, appui carpien, vibrations
Tendinite / ténosynovite (dont De Quervain)RG 57 C7 joursgestes répétés du poignet
GenouHygroma aigu · chroniqueRG 57 D7 j · 90 jtravail à genoux (carreleur, plombier…)
Tendinite rotulienne / de la patte d'oieRG 57 D14 jours—
Compression du nerf fibulaire commun (SPE)RG 57 D7 joursposition accroupie prolongée
Cheville / piedTendinopathie d'AchilleRG 57 E14 joursappuis prolongés sur l'avant-pied

Autres TMS : ménisque (lésion chronique dégénérative, travail à genoux ou accroupi) — RG 79 / RA 53, délai 2 ans ; vibrations main-bras (troubles angioneurotiques, ostéonécroses) — RG 69 / RA 29.

Rachis lombaire — RG 97 & 98 (RA 57 & 57 bis)

  • RG 97 — sciatique ou radiculalgie crurale par hernie discale (niveau concordant : L4-L5 ou L5-S1 pour la sciatique) provoquée par les vibrations du corps entier (conducteurs d'engins, caristes, chauffeurs poids lourd). Délai 6 mois, exposition 5 ans, liste limitative.
  • RG 98 — même intitulé, provoqué par la manutention manuelle de charges lourdes (BTP, soins aux patients, déménagement, abattoirs…). Délai 6 mois, exposition 5 ans, liste limitative.
  • Le piège : la lombalgie simple sans hernie concordante n'entre pas dans le tableau — mais un dossier CRRMP (alinéa 6/7) ou un signalement MCP restent possibles.

Audition — RG 42 (RA 46)

Surdité de perception cochléaire irréversible par bruits lésionnels : déficit moyen ≥ 35 dB sur la meilleure oreille (moyenne 500-1000-2000-4000 Hz), audiométrie dans des conditions définies (à distance de l'exposition). Délai 1 an, exposition 1 an (métallurgie, BTP, bois, textile, abattage…). L'appareillage ne « répare » pas : le déficit s'apprécie avant appareillage.

Peau — eczémas et dermatoses

  • RG 65 — lésions eczématiformes de mécanisme allergique : le tableau-balai des eczémas de contact professionnels (coiffure, soins, nettoyage, BTP, mécanique). Délai 15 jours ; récidive après réexposition ou test positif.
  • RG 8 — ciments (dermites, ulcérations) ; RG 36 — huiles et graisses (boutons d'huile, dermites) ; RG 51 — résines époxy ; RG 95 — latex.
  • Le signe qui oriente : amélioration pendant les congés, atteinte des mains, amélioration après changement de poste.

Respiratoire — asthme, PHS, pneumoconioses, BPCO

  • RG 66 — rhinite et asthme de mécanisme allergique (farine, isocyanates, persulfates de coiffure, latex, bois, aldéhydes…). Délai 7 jours (1 an pour l'insuffisance respiratoire chronique obstructive secondaire). Y penser devant tout asthme de l'adulte : ~1 asthme adulte sur 6 a une composante professionnelle.
  • RG 66 bis — pneumopathie d'hypersensibilité (poumon de fermier, éleveurs d'oiseaux, fromagers…). Délai 30 jours.
  • RG 25 — silicose (mineurs, tailleurs de pierre, fonderie, prothésistes… et plans de travail en quartz reconstitué) ; RG 30 — asbestose et plaques pleurales (amiante, délais jusqu'à 40 ans) ; RG 91 / 94 — BPCO du mineur (charbon, fer).
  • La BPCO hors mines (fumées de soudage, poussières agricoles…) n'a pas de tableau RG → CRRMP.

Infections

  • RG 45 / RA 33 — hépatites virales A à E (soins, eaux usées) ; RG 40 / RA 16 — tuberculose (soignants, laboratoires, contact d'animaux) ; RG 76 — infections contractées en milieu de soins (le tableau-balai des soignants) ; RG 100 / RA 60 — COVID-19 (forme avec oxygénothérapie, soignants — sinon comité national dédié).
  • Monde agricole et animalier : RA 5 leptospirose, RA 5 bis maladie de Lyme (forestiers, agriculteurs — y penser devant toute Lyme chez un professionnel des bois ; au régime général : RG 19 B, liste limitative), RA 6 brucellose, RG 86/RG 88 pasteurellose et rouget du porc, RG 96 hantavirus.

Toxiques et neurologie

  • RG 1 / RA 18 — plomb (saturnisme : rénovation de bâtiments anciens, recyclage de batteries) ; RG 64 — CO ; RG 84 / RA 48 — solvants organiques (encéphalopathie chronique : peintres, imprimeurs, nettoyage à sec).
  • RA 58 — maladie de Parkinson et pesticides : délai porté à 20 ans (décret du 17/12/2025), exposition 10 ans ; RA 59 — hémopathies malignes et pesticides (lymphome non hodgkinien dont LLC, myélome) : délai porté à 30 ans, exposition 10 ans. Y penser systématiquement devant un Parkinson chez un (ancien) agriculteur, viticulteur, jardinier.17

Souffrance psychique — pas de tableau, mais une voie

Dépression d'épuisement (burn-out), stress post-traumatique, anxiété généralisée : aucun tableau, donc passage obligé par le CRRMP alinéa 7 — lien direct et essentiel avec le travail habituel et IPP prévisible ≥ 25 % (appréciée par le médecin-conseil). Près de 2 000 affections psychiques sont ainsi reconnues chaque année (1 805 en 2024), en forte hausse.14 Le certificat doit décrire précisément les symptômes, leur chronologie par rapport aux faits de travail, et les soins engagés. Alternative souvent plus rapide quand un événement précis a déclenché les troubles : la déclaration en accident du travail.
05 — INDEX

Les 182 tableaux, cherchables

Tous les tableaux en vigueur : 120 au régime général (RG) et 62 au régime agricole (RA).4 Chaque ligne ouvre la fiche INRS du tableau — liste des travaux, délai de prise en charge, désignation exacte des maladies.

    Titres officiels des tableaux, base INRS consultée le 7 septembre 2026. Les liens s'ouvrent sur inrs.fr : c'est la fiche du tableau qui fait foi (liste des travaux, délais, conditions), pas cette page.

    06 — CANCERS

    Cancers professionnels : cancer ↔ exposition ↔ tableau

    « Et si ce cancer était d'origine professionnelle ? » Une question simple à poser devant tout cancer — parce que la reconnaissance ouvre des droits, et parce que personne d'autre ne la posera à la place du médecin.

    On estime que 4 à 8,5 % des cancers sont d'origine professionnelle en France, soit de l'ordre de 15 000 à 33 000 nouveaux cas par an.1 Or à peine 1 500 à 1 800 cancers sont reconnus chaque année en maladie professionnelle, en grande majorité liés à l'amiante (plus de 85 % selon l'INRS ; en 2024, 1 202 des 1 514 cancers reconnus en tableau).214 L'écart — une sous-déclaration massive — tient à la longue latence (20 à 50 ans), à l'exposition oubliée ou méconnue du patient, à la méconnaissance de la procédure… et, souvent, au fait que l'origine professionnelle n'est pas évoquée en consultation.3

    Devant tout cancer, reconstituer le parcours de travail (le « curriculum laboris ») : quels métiers, quels produits, quelles années. Y penser en priorité devant un cancer « rare » ou « inattendu » chez quelqu'un qui a exercé un métier manuel ou industriel (mésothéliome, cancer de l'ethmoïde, angiosarcome du foie…) ; devant un cancer fréquent (poumon, vessie, rein, prostate, hémopathie) chez un sujet exposé — même s'il fume ou a d'autres facteurs : l'origine professionnelle peut coexister ; et chez un patient à la retraite : c'est la règle, pas l'exception — les délais de latence font que la plupart des cancers professionnels se déclarent après la vie active.

    Le tableau récapitulatif

    Les principaux cancers reconnus, avec le n° de tableau, le délai de prise en charge et la durée d'exposition exigée. Sauf mention, régime général (RG). Pour partir d'un cancer, utilisez aussi le mode « un cancer » du générateur.

    CancerAgent / expositionTableauDélaiDurée expo.
    Poumon (bronchopulmonaire)AmianteRG 30 bis / RA 47 bis40 ansselon critères
    Chrome (chromates)RG 10 ter30 ans5 ans
    NickelRG 37 ter40 ans—
    ArsenicRG 20 bis / 20 ter40 ans— / 10 ans
    Goudrons, HAP (houille)RG 16 bis30 ans10 ans
    Rayonnements ionisantsRG 630 ans—
    CadmiumRG 61 bis40 ans10 ans
    Cobalt (carbure de tungstène)RG 70 ter35 ans5 ans
    Oxyde de fer (mines de fer)RG 44 bis40 ans10 ans
    Silice (cancer associé à une silicose)RG 2535 ans5 ans
    Plèvre / péritoine (mésothéliome)AmianteRG 30 / RA 4740 ans—
    Fosses nasales, ethmoïde, sinusPoussières de boisRG 47 B / RA 36 C40 ans5 ans (RG)
    NickelRG 37 ter40 ans—
    Chrome (cavités nasales)RG 10 ter30 ans10 ans
    NasopharynxFormaldéhydeRG 43 bis40 ans5 ans
    LarynxAmianteRG 30 ter / RA 47 ter35 ans5 ans
    OvaireAmianteRG 30 ter / RA 47 ter35 ans5 ans
    Vessie / voies urinairesAmines aromatiquesRG 15 ter30 ans5 ans
    Goudrons, HAP (houille)RG 16 bis30 ans10 ans
    ReinTrichloréthylèneRG 10140 ans10 ans
    ProstatePesticidesRG 102 / RA 6140 ans10 ans
    Foie (angiosarcome ; CHC : 52 bis)Chlorure de vinyleRG 52 / 52 bis30 ans6 mois
    ArsenicRG 2040 ans—
    Peau (épithélioma, Bowen)ArsenicRG 2040 ans—
    Goudrons, HAP (houille)RG 16 bis20 ans10 ans
    Sang (leucémie, SMD, SMP)BenzèneRG 420 ans · 3 ans (SMD)6 mois
    Rayonnements ionisantsRG 630 ans—
    1,3-butadièneRG 9920 ans5 ans
    Ganglions / moelle (LNH, LLC, myélome)PesticidesRA 5930 ans10 ans
    Os (sarcome)Rayonnements ionisantsRG 650 ans—

    Sources : base des tableaux INRS4 ; évolutions récentes — trichloréthylène → rein (tableau 101, décret 2021-636)6, pesticides → prostate (RA 61, décret 2021-1724, puis RG 102, décret 2022-573)7, amiante → larynx & ovaire (RG 30 ter, décret 2023-946 ; RA 47 ter, décret 2023-773)8, HAP de la houille (RG 16 bis, délais par localisation)9, benzène (RG 4 : leucémies aiguës & syndromes myéloprolifératifs à 20 ans, myélodysplasies à 3 ans)10, silice (classée cancérogène certain ; cancer du poumon reconnu au tableau 25 lorsqu'il s'associe à des signes de silicose — délai 35 ans, exposition 5 ans)11, pesticides → hémopathies (RA 59, délai porté à 30 ans en 12/2025)17. Le décret n° 2025-1349 a par ailleurs ajouté la lutte contre l'incendie (sapeurs-pompiers) aux travaux des tableaux 16 bis (tumeurs urinaires) et 30.16 Le béryllium n'a pas de tableau « cancer » → voie CRRMP. Vérifiez toujours l'intitulé et les délais exacts sur le tableau à jour.

    Cancérogènes certains sans tableau dédié → voie CRRMP. Des liens reconnus par le CIRC n'ont pas (ou pas encore) de tableau : émissions de moteurs diesel → poumon (cancérogène certain, aucun tableau à ce jour — chauffeurs, mécaniciens, dockers : dossier CRRMP alinéa 7) ; formaldéhyde → leucémies myéloïdes ; poussières de cuir (chaussure) → ethmoïde/sinus ; travail de nuit posté → sein (lien probable, CIRC 2A) ; béryllium → poumon.
    07 — CANCERS : MÉTIERS ET SIGNAUX

    Cancers : l'exposition derrière le métier

    Le patient dit rarement « j'ai été exposé aux amines aromatiques ». Il dit « j'étais coiffeur », « je faisais les routes ». À nous de traduire.2 Version « cancers » de la table Du métier vers la maladie.

    Métier (mots du patient)Exposition cancérogèneCancer(s) à évoquer
    Menuisier, ébéniste, charpentier, parqueteurPoussières de boisEthmoïde / sinus
    Couvreur, étancheur, ouvrier routier (enrobés), ramoneur, cokerieGoudrons, bitumes, suies, HAPPeau, poumon, vessie
    Plombier, chauffagiste, électricien, plaquiste, calorifugeur, BTP, chantiers navals, désamiantageAmianteMésothéliome, poumon, larynx, ovaire
    Garagiste, mécanicien (freins/embrayages anciens)Amiante (garnitures) + solvantsIdem amiante
    Soudeur, chromage, nickelage, tannerieChrome, nickel, fumées métalliquesPoumon, sinus
    CoiffeurAmines aromatiques (teintures)Vessie
    Travailleur du caoutchouc, imprimeur, colorantsAmines aromatiques, benzèneVessie, hémopathies
    Agriculteur, viticulteur, applicateur phyto, espaces vertsPesticides ; arsenic (vigne, historique)Prostate, lymphome/myélome ; peau, poumon
    Anatomopathologie, thanatopraxie, laboratoireFormaldéhydeNasopharynx
    Radiologie, médecine nucléaire, industrie nucléaireRayonnements ionisantsLeucémies, poumon, os
    Plasturgie / PVC (polymérisation)Chlorure de vinyleAngiosarcome du foie
    Mineur (charbon, fer), tailleur de pierre, fonderieSilice, oxyde de fer, radonPoumon (cadres particuliers)
    Dégraissage de pièces, solvants (avant ~1995)TrichloréthylèneRein

    Les cancers « quasi pathognomoniques »

    Devant ces diagnostics, poser systématiquement la question de l'exposition et proposer un certificat — l'origine professionnelle y est la règle.2

    • Mésothéliome (pleural, mais aussi péritonéal) → amiante dans la quasi-totalité des cas. Déclaration + orientation FIVA quasi systématiques.
    • Cancer du poumon avec plaques pleurales ou asbestose → forte présomption d'exposition à l'amiante, même chez un fumeur.
    • Adénocarcinome de l'ethmoïde / des sinus → poussières de bois jusqu'à preuve du contraire (association très forte et spécifique).
    • Angiosarcome du foie → chlorure de vinyle ou arsenic (cancers rarissimes hors exposition).
    • Cancer de la vessie chez un coiffeur, un ouvrier du caoutchouc, de l'imprimerie ou des colorants → amines aromatiques.
    • Cancer du rein chez un métier de dégraissage / solvants avant 1995 → trichloréthylène.
    • Lymphome ou myélome chez un agriculteur → pesticides.
    Mnémotechnique. Un cancer rare ou « bizarre » chez un patient au parcours manuel / industriel = interroger l'exposition.
    08 — MÉTIERS

    Du métier vers la maladie

    Les expositions qu'on oublie de chercher, métier par métier. La question qui les fait toutes remonter : « Décrivez-moi une journée de travail type — et vos métiers d'avant. »

    Métier / secteurExpositions à évoquerMaladies et tableaux à connaître
    BTP, second œuvre, plombier, électricienAmiante, silice, ciment, bruit, vibrations, port de chargesPlèvre-poumon RG 30/30 bis · silicose RG 25 · eczéma ciment RG 8 · surdité RG 42 · TMS RG 57/69/79 · lombalgies RG 97/98
    Métallurgie, soudeur, usineurFumées de soudage, huiles de coupe, chrome, nickel, bruitPoumon RG 30 bis/10 ter/37 ter · peau RG 36/36 bis · asthme RG 66 · surdité RG 42
    Agriculteur, viticulteur, éleveur, forestierPesticides, zoonoses, poussières organiques, engins vibrants, chargesParkinson RA 58 · lymphomes-myélome RA 59 · prostate RA 61 · Lyme RA 5 bis (RG 19 B) · leptospirose RA 5 · poumon de fermier RA 45 · TMS RA 39/29/57/57 bis
    Coiffeur, esthéticiennePersulfates, teintures (amines aromatiques), gestes répétésAsthme RG 66 · eczéma RG 65 · vessie RG 15 ter (anciennes teintures) · TMS épaule-coude RG 57
    Soignants, aides à domicile, EHPADAgents infectieux, manutention de patients, travail de nuitHépatites RG 45 · tuberculose RG 40 · COVID RG 100 · infections en milieu de soins RG 76 · lombalgies RG 98 · TMS RG 57 · sein (nuit) : hors tableau → CRRMP
    Nettoyage, entretienProduits de nettoyage, désinfectants, latex, gestes répétés, posturesAsthme RG 66 · eczéma RG 65 · latex RG 95 · TMS RG 57 · lombalgies RG 98
    Boulanger, pâtissierFarine, enzymes (amylases), horaires atypiquesAsthme et rhinite du boulanger RG 66 · eczéma RG 65 · enzymes RG 63
    Bois : menuisier, ébéniste, parqueteurPoussières de bois, vernis, colles (formaldéhyde)Cancer de l'ethmoïde RG 47 B / RA 36 C · asthme RG 66 · eczéma RG 65 · formaldéhyde RG 43/43 bis
    Garagiste, mécanicienAmiante (freins anciens), huiles usagées, gaz d'échappement, solvants, bruitPlèvre-poumon RG 30/30 bis · peau RG 36/36 bis · benzène RG 4 · surdité RG 42 · diesel : pas de tableau → CRRMP
    Peintre, carrossierSolvants, isocyanates (peintures polyuréthanes), amines, silice (ponçage)Asthme RG 62/66 · solvants RG 84 · vessie RG 15 ter · encéphalopathie RG 84
    Caissier, préparateur de commandes, chaîneGestes répétés, port de charges, cadences, posturesTMS RG 57 (épaule, coude, canal carpien) · lombalgies RG 98 · ménisque RG 79
    Chauffeur routier, conducteur d'enginsVibrations corps entier, manutention, gaz d'échappement, bruitLombalgies RG 97 · TMS RG 57 · surdité RG 42 · diesel : pas de tableau → CRRMP
    Imprimerie, chimie, plasturgieSolvants, amines aromatiques, benzène, chlorure de vinyleVessie RG 15 ter · hémopathies RG 4 · foie RG 52/52 bis · solvants RG 84
    Sapeur-pompierSuies, HAP, benzène, fumées d'incendieVessie et voies urinaires RG 16 bis (C) · amiante RG 30 (lutte contre l'incendie ajoutée aux travaux fin 202516) · hémopathies RG 4
    Fonderie, verrerie, céramiqueSilice, chaleur, plomb, rayonnement thermiqueSilicose RG 25 (y compris quartz reconstitué des plans de travail) · cataracte RG 71 · plomb RG 1
    Égoutier, station d'épuration, déchetsLeptospires, hépatite A, brouillards, produitsLeptospirose RG 19 · hépatite A RG 45 · eczéma-asthme RG 65/66
    Abattoir, boucherie, équarrissageZoonoses, froid, gestes répétésBrucellose RG 24 · rouget du porc RG 88 · Streptococcus suis RG 92 · TMS RG 57

    Table indicative construite à partir des listes de travaux des tableaux INRS.4 Un métier absent de cette table n'exclut rien : c'est l'exposition réelle qui compte, pas l'intitulé du poste.

    09 — SIGNAUX

    Les situations qui doivent faire tiquer

    Des associations pathologie-terrain où la question professionnelle devrait être posée systématiquement.

    • Pathologie rythmée par le travail — s'améliore le week-end et en congés, rechute à la reprise : asthme, rhinite, eczéma des mains, céphalées (CO, solvants). C'est le signe le plus fiable d'une origine professionnelle.
    • Épaule, coude ou canal carpien chez un travailleur de force, une caissière, un ouvrier de chaîne — le réflexe manque surtout quand la personne a changé de poste ou est retraitée (RG 57).
    • Surdité bilatérale symétrique chez un ancien de l'industrie, du BTP ou de l'armée : audiogramme avant appareillage, RG 42 — le délai de prise en charge n'est que d'1 an après la fin de l'exposition.
    • Asthme apparu à l'âge adulte : environ 1 sur 6 est d'origine professionnelle. Boulangerie, coiffure, peinture, nettoyage, santé (RG 66, RG 62).
    • Cancer du poumon ou de la vessie, même chez un fumeur : le tabac n'éteint pas la présomption d'origine. Amiante, silice, chrome, HAP, amines aromatiques — reconstituer le parcours entier.
    • Mésothéliome = amiante jusqu'à preuve du contraire, même exposition brève et ancienne (RG 30, délai 40 ans) — et indemnisation FIVA en parallèle.13
    • Cancer de l'ethmoïde ou des sinus = poussières de bois jusqu'à preuve du contraire (RG 47 B).
    • Syndrome parkinsonien chez un agriculteur ou un applicateur de pesticides : RA 58, délai de prise en charge porté à 20 ans (décret du 17/12/2025).17
    • Hémopathie chez un agriculteur (lymphome, myélome, leucémie) : RA 59 (délai 30 ans) · chez un mécanicien ou un imprimeur : benzène, RG 4.
    • Érythème migrant ou Lyme chez un forestier, un paysagiste, un agent d'espaces verts : RA 5 bis au régime agricole, RG 19 B au régime général (délai 1 mois pour l'érythème migrant, 6 mois pour les formes secondaires, 10 ans pour les formes tertiaires).
    • Eczéma des mains persistant chez un coiffeur, un soignant, un maçon, un agent de nettoyage : tests épicutanés et RG 65 (délai court : 15 jours après la dernière exposition).
    • Fibrose pulmonaire ou pneumopathie interstitielle : avant de conclure « idiopathique », chercher amiante, silice, métaux durs, oiseaux, foin moisi (RG 30, 25, 70 bis, 66 bis).
    • Toute pathologie grave chez un retraité du BTP, de la métallurgie, de la chimie ou de l'agriculture : la retraite ne ferme aucun droit, et beaucoup de délais de prise en charge courent sur des décennies.

    Le repérage n'engage à rien : il ouvre une discussion. La décision de déclarer appartient toujours au patient (la démarche).

    10 — LA DÉMARCHE

    Concrètement, comment déclarer

    Le rôle du médecin se résume à trois gestes — le reste appartient au patient et à sa caisse.

    Les 3 gestes du médecin :
    1. Reconstituer le curriculum laboris (métiers, produits, années).
    2. Rédiger le certificat médical initial (CMI) — décrire la maladie et le lien avec l'exposition ou les gestes du travail.
    3. Le remettre au patient, qui déclare à sa caisse.
    Sur quels documents ?
    Certificat médical initial : certificat médical AT/MP, Cerfa n° 11138 (S6909) — en ligne (espace pro ameli, télétransmis directement) ou papier.
    Déclaration par le patient : formulaire « déclaration de maladie professionnelle » (Cerfa n° 16130, S6100 ; anciennement 60-3950), sur ameli.fr ou msa.fr, envoyé à la caisse avec les volets du certificat. (Références relues sur service-public.fr le 2026-10-01 : certificat, déclaration.)
    Le curriculum laboris en 4 questions (2 min) :
    1. Tous vos métiers, du premier au dernier ?  2. Pour chacun, quelles matières, produits, gestes (poussières, fumées, solvants, port de charges, gestes répétés, bruit) ?  3. Sur quelles années ?  4. En atelier fermé, avec ou sans protection ?
    Noter les mots du patient (« je faisais les freins », « je ponçais », « je portais les caisses ») — la traduction en exposition se fait avec le générateur, l'index des tableaux et, pour les cancers, la table métier → cancer.
    Formuler le lien dans le certificat (exemple) : « Je constate chez M. X un [diagnostic + date, + n° d'anatomopathologie s'il y a lieu]. A exercé comme [métier] de [année] à [année], exposé à [agent / gestes]. Pathologie susceptible d'être d'origine professionnelle, pouvant relever du tableau n° __. » Joindre les examens qui objectivent (anatomopathologie, audiogramme, EMG, imagerie).
    • Qui rédige ? Tout médecin — le généraliste n'a pas besoin d'être médecin du travail.12
    • Qui déclare ? Le patient (ou l'ayant droit) auprès de sa caisse : CPAM (régime général) ou MSA (régime agricole).1
    • Dans quel délai ? Un délai de prescription de 2 ans (art. L. 461-5) — à ne pas confondre avec le « délai de prise en charge » du tableau. Il court à partir du certificat établissant le lien possible maladie ↔ travail (ou de la date où le patient est informé de ce lien) : concrètement, à partir de maintenant.12
    • Besoin d'aide ? Les consultations de pathologie professionnelle (CCPP), en CHU, documentent l'exposition et aident à rédiger.2
    • Preuves d'exposition ? Rechercher l'attestation d'exposition (fin de carrière), les fiches de poste, le suivi médical post-professionnel (droit des ex-salariés exposés à un cancérogène, pris en charge par la caisse) et le dossier du médecin du travail : ils objectivent l'exposition.
    • Médecin du travail ou CCPP ? Le médecin du travail suit le salarié en activité et fournit l'attestation d'exposition, mais ne rédige pas le certificat de reconnaissance ; pour un cancer (souvent chez un retraité) ou un cas complexe, l'interlocuteur expert est la CCPP. L'instruction est faite par le médecin-conseil de la caisse.
    • Pendant l'instruction ? La caisse a 120 jours pour statuer (davantage si CRRMP). En cas de refus, contestation possible : commission médicale de recours amiable, puis tribunal.
    • Aller plus loin. Une fois la maladie reconnue, si l'employeur avait conscience du danger sans agir, le patient peut engager une action en faute inexcusable (majoration de rente + indemnisation des préjudices) — démarche distincte, avec un conseil ou un avocat.
    Amiante : le FIVA. En plus de la reconnaissance en maladie professionnelle, toute victime d'une pathologie liée à l'amiante (dont mésothéliome et cancer du poumon) peut saisir le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), que l'exposition soit professionnelle ou non (environnementale, domestique). Saisine dans les 10 ans suivant le certificat ; cumulable avec la reconnaissance en maladie professionnelle (le FIVA déduit les prestations déjà versées).13
    11 — DROITS & SANTÉ AU TRAVAIL

    Pendant et après : les démarches liées au travail

    La déclaration de maladie professionnelle n'est qu'une pièce du puzzle. Arrêt, reprise, aménagement du poste, inaptitude, souffrance psychique : repères juridiques pour orienter le patient au bon endroit.19

    Pour tout le parcours (arbre « je fais quoi aujourd'hui ? », frise de la reprise, calculateurs d'IJ, d'invalidité et d'indemnité de départ, inaptitude, courriers au médecin du travail) : l'outil « Le monde du travail ».

    Le médecin du travail, l'allié à activer tôt :
    • Visite à la demande — le salarié peut la demander à tout moment, sans passer par l'employeur ni lui en donner le motif. Gratuite, confidentielle : c'est le bon canal pour parler d'un poste qui abîme.
    • Visite de pré-reprise — pendant un arrêt de plus de 30 jours, à l'initiative du patient, du médecin traitant ou du médecin-conseil. Elle prépare le retour (aménagement, reclassement, formation) avant la fin de l'arrêt : c'est celle qu'on oublie le plus.
    • Visite de reprise — obligatoire après ≥ 60 jours d'arrêt maladie, ≥ 30 jours après accident du travail, après congé maternité, et après toute absence pour maladie professionnelle. Organisée par l'employeur le jour de la reprise et au plus tard dans les 8 jours (art. R. 4624-31 ; pré-reprise : R. 4624-29).23
    Le médecin du travail ne prescrit pas et ne « dénonce » pas : il est soumis au secret médical et ne peut transmettre à l'employeur que des propositions d'aménagement.
    • Arrêt AT/MP : mieux indemnisé qu'un arrêt maladie. Pas de jour de carence ; indemnités journalières à 60 % du salaire de référence puis 80 % à partir du 29ᵉ jour (dans la limite d'un plafond, abaissé pour les sinistres à partir du 1er novembre 2026)21 ; soins liés à la maladie pris en charge à 100 % sans avance de frais (feuille AT/MP remise par la caisse). D'où l'intérêt de déclarer avant les longs arrêts.
    • Temps partiel thérapeutique (TPT). Prescrit par le médecin traitant, il ne nécessite plus d'arrêt de travail préalable (depuis 2019) et il est possible aussi après un AT/MP. Il exige l'accord de la caisse et de l'employeur — le médecin du travail aide à le mettre en musique.
    • Essai encadré. Pendant un arrêt, le patient peut tester un poste (le sien aménagé, ou un autre) jusqu'à 14 jours ouvrables renouvelables une fois, sans perdre ses indemnités journalières. Précieux avant une reprise incertaine.
    • Invalidité ≠ inaptitude — deux médecins, deux logiques. L'invalidité (catégories 1, 2, 3) est décidée par le médecin-conseil de la caisse : c'est une pension, compatible avec un travail selon la catégorie. L'inaptitude est prononcée par le médecin du travail : elle oblige l'employeur à chercher un reclassement ; à défaut, licenciement pour inaptitude — avec indemnité spéciale doublée si l'inaptitude a une origine professionnelle (AT/MP). Contestation de l'avis : 15 jours devant le conseil de prud'hommes (procédure accélérée au fond, art. R. 4624-45 du code du travail).
    • RQTH. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (dossier MDPH) ouvre aménagements de poste, appui de Cap emploi et protection du maintien dans l'emploi — cumulable avec tout le reste, et sans que l'employeur en soit informé si le patient ne le souhaite pas.
    • Suivi post-professionnel. Après une exposition à un cancérogène (amiante, poussières de bois, benzène…), l'ex-salarié ou retraité a droit à un suivi médical pris en charge par la caisse — demande à faire auprès de la CPAM/MSA avec l'attestation d'exposition.

    Estimer en consultation : les calculateurs

    Des ordres de grandeur à montrer au patient — souvent, c'est le chiffre qui déclenche la démarche. Le montant exact est notifié par la caisse ; les résultats s'exportent pour être remis au patient. Tout ce qui est saisi (parcours du générateur, estimations, mémos « ➕ Au dossier ») est conservé localement sur cet ordinateur — rien n'est envoyé sur internet — et regroupé dans le cadre 🗂️ Dossier de consultation, sous les mémos : « Tout exporter » produit le document unique à remettre en fin de consultation.

    💶 Indemnités journalières AT/MP (arrêt de travail)

    Pas de jour de carence · 60 % du salaire journalier de référence (salaire brut du mois précédent ÷ 30,42) du 1ᵉʳ au 28ᵉ jour · 80 % à partir du 29ᵉ jour. Montants bruts, avant CSG-CRDS (6,7 %), plafonnés.21
    EstimationRenseignez le salaire brut mensuel.

    🦺 Rente ou capital après consolidation (taux d'IPP)

    Le médecin-conseil fixe un taux d'incapacité permanente (IPP) : capital forfaitaire en dessous de 10 % (barème au 1er avril 2026), rente viagère à partir de 10 %. Taux « utile » de la rente : moitié du taux jusqu'à 50 %, puis la part au-delà de 50 % comptée une fois et demie. Salaire de référence : au moins le salaire minimum des rentes (21 498,47 € au 1er avril 2026), compté en entier jusqu'à 2 fois ce minimum, pour un tiers entre 2 et 8 fois, au-delà rien. En cas de faute inexcusable de l'employeur, la rente peut être majorée.22
    EstimationRenseignez le salaire annuel et le taux d'IPP.

    Formules réglementaires (code de la sécurité sociale, art. R. 433-1 s. et R. 434-1 s.) et montants lus sur ameli.fr et service-public.fr le 1er octobre 2026 : estimation indicative, hors cas particuliers (temps partiel, rechute, salaire variable…) — le calcul opposable est celui de la CPAM/MSA. Deux réformes à venir : pour les victimes consolidées à partir du 1er novembre 2026, rente et capital comprennent en plus une part fonctionnelle (décret n° 2026-354 du 7 mai 2026) que ce calcul n'estime pas ; pour les accidents et maladies survenus à partir du 1er janvier 2027, les IJ AT/MP sont limitées à 4 ans (décret n° 2026-501).2122

    Souffrance psychique au travail : pas de tableau, mais pas d'impasse. Burn-out, dépression d'épuisement, anxiété liée à un harcèlement : aucune n'est « dans un tableau », donc pas de présomption — mais la voie du CRRMP (alinéa 7) reste ouverte si l'IPP atteint 25 %, et un événement datable (altercation, humiliation publique) peut relever de l'accident du travail, déclarable en ce sens. En pratique : 1) décrire les symptômes constatés dans le certificat sans imputer de faute à l'employeur ni relater des faits non constatés (motif classique de plainte ordinale) ; 2) conseiller au patient de consigner les faits par écrit (dates, témoins, courriels) ; 3) activer le médecin du travail (visite à la demande) et, selon le cas, le référent harcèlement du CSE, l'inspection du travail (DREETS) ou le Défenseur des droits. Appuis : 3114 (souffrance psychique, 24 h/24), dispositif Mon soutien psy, psychologue du travail, et l'annuaire des consultations « souffrance et travail » avec le guide pratique dédié aux généralistes.18

    Mémos juridiques à remettre au patient

    Quatre fiches en langage clair, à copier dans le dossier ou à imprimer pour le patient. Information générale : elle ne remplace ni un avocat, ni une assistante sociale, ni un syndicat — elle sert à ne pas laisser passer un délai.

    ⚖️ Contester un refus de la caisse
    Recours amiable dans les 2 mois (CRA / commission médicale de recours amiable), puis tribunal judiciaire, pôle social. Gratuit, sans avocat obligatoire.
    🔨 Faute inexcusable de l'employeur
    Après reconnaissance de la MP, si l'employeur connaissait le danger : majoration de la rente + réparation des préjudices. Délai : 2 ans.
    🛡️ Souffrance au travail : documenter et se protéger
    Journal daté des faits, preuves conservées, bons interlocuteurs (médecin du travail, référent CSE, DREETS, Défenseur des droits, 3114).
    ✉️ Modèle de courrier : demande de visite de pré-reprise
    Lettre prête à compléter, à adresser au service de prévention et de santé au travail pendant un arrêt de plus de 30 jours.
    🗂️ Dossier de consultation

    Parcours saisi dans le générateur, estimations et mémos « ➕ Au dossier » sont regroupés ici, gardés sur cet appareil seulement (rien n'est envoyé sur internet) — à vider en fin de consultation sur un poste partagé.

    Pour approfondir : l'outil médecin « Le monde du travail » et le guide patient « Santé au travail » du site (arrêt, reprise, accident du travail, invalidité, harcèlement, reconversion), le guide Souffrance & Travail pour médecins généralistes et la base INRS des tableaux.

    12 — IDÉES REÇUES

    Ce qui fait renoncer à tort

    • « Il est à la retraite, c'est trop tard. » — Faux. Les délais de prise en charge vont jusqu'à 40-50 ans : pour les cancers, la retraite est le cas habituel.
    • « Il est décédé, ça ne sert plus à rien. » — Faux. La reconnaissance profite aux ayants droit (rente, capital) ; l'alinéa 7 s'ouvre justement en cas de décès.
    • « Ce n'est pas au généraliste de faire ça. » — Faux. Tout médecin peut rédiger le certificat médical initial.
    • « Sans preuve d'exposition, c'est impossible. » — Faux. Dans un tableau, la présomption dispense de prouver le lien ; l'interrogatoire du parcours suffit souvent à ouvrir le dossier.
    • « Il fume, donc c'est le tabac, pas le travail. » — Faux. Un facteur personnel n'exclut pas l'origine professionnelle : les deux peuvent coexister (ex. amiante + tabac).
    • « C'est de l'arthrose, c'est l'âge. » — Pas si vite. Une épaule, un coude, un canal carpien chez quelqu'un qui a répété les mêmes gestes pendant des années relèvent du tableau 57 — l'âge n'éteint pas la présomption.
    • « La maladie est déjà soignée, à quoi bon ? » — La reconnaissance ouvre des droits même après guérison : indemnisation des séquelles (IPP), suivi post-professionnel, et protection si récidive.
    • « Ça va accuser / coûter à l'employeur. » — La démarche indemnise le patient ; ce n'est pas une plainte, et elle ne doit pas être un frein.
    13 — FICHE PATIENT

    À expliquer (et à remettre) au patient

    Un mémo simple, en langage courant — imprimable pour le patient.

    Votre maladie et votre travail — ce qu'il faut savoir. Prenez votre temps pour lire ceci et parlez-en à votre médecin : il n'y a rien de compliqué à faire tout de suite, et vous serez accompagné.

    Votre maladie peut être liée à votre travail, actuel ou passé. Si c'est le cas, elle peut être reconnue comme « maladie professionnelle » : vos soins sont pris en charge à 100 % sans avance de frais, vos arrêts de travail sont mieux indemnisés, et selon votre état vous pouvez recevoir une rente (versée régulièrement) ou un capital (une somme d'argent). Pour l'amiante, un fonds spécial (le FIVA) indemnise aussi.

    C'est gratuit, et ce n'est pas une plainte. La démarche ne vous coûte rien. Vous n'attaquez pas votre employeur : vous faites seulement reconnaître que votre maladie vient de votre travail.

    Même si c'était il y a longtemps — et même en cas de décès. Certaines maladies apparaissent 30 ou 40 ans après : il n'est pas trop tard. Et si la personne décède, son conjoint ou ses enfants (les « proches ayants droit ») peuvent recevoir une indemnité : cela vaut donc le coup, aussi pour eux.

    Ce que vous pouvez préparer : la liste de vos métiers et employeurs, les produits et gestes de chaque poste — même sans en connaître le nom : dites-le avec vos mots (poussières, fumées, colles, peintures, « je portais des caisses toute la journée », « ça sentait fort »), et les années. Vos bulletins de salaire et votre relevé de carrière (info-retraite.fr) aident à dater ; c'est le médecin qui « traduit » en exposition.

    Comment faire, en 3 étapes : 1) votre médecin (n'importe lequel) rédige un certificat ; 2) vous demandez le formulaire de déclaration de maladie professionnelle (sur ameli.fr, ou msa.fr si vous relevez du régime agricole) ; 3) vous l'envoyez à votre caisse avec le certificat. Gardez une copie de tout.

    Vous n'êtes pas seul pour les papiers. Peuvent vous aider gratuitement : votre médecin, une assistante sociale (hôpital, mairie/CCAS), une association de patients (France Assos Santé — Santé Info Droits 01 53 62 40 30), et pour l'amiante l'ANDEVA. Vous pouvez venir accompagné d'un proche.

    Le dossier et le certificat reprennent automatiquement les éléments pré-remplis si vous avez utilisé le mode « mon parcours » du générateur ; sinon un modèle vierge à compléter est imprimé.

    14 — SOURCES

    Références & méthode

    Méthode. Numéros de tableaux, intitulés, délais et durées d'exposition vérifiés sur la base des tableaux de maladies professionnelles de l'INRS (reproduction du texte réglementaire, consultée le 7 septembre 2026 et revérifiée le 1er octobre 2026 : 182 tableaux, 120 RG + 62 RA) et Légifrance. Cadre juridique : Code de la sécurité sociale, art. L. 461-1 (présomption ; CRRMP ; alinéas 6 et 7) ; le seuil de 25 % d'incapacité est fixé par l'art. R. 461-8 et le délai de prescription de 2 ans par les art. L. 461-1 et L. 431-2 (déclaration : L. 461-5). Montants (IJ, rente, capital) : barèmes lus sur ameli.fr et service-public.fr le 1er octobre 2026, avec leur date d'effet. Honnêteté : les tableaux évoluent en permanence (créations récentes : rein/trichloréthylène 2021, prostate/pesticides 2021 au régime agricole puis 2022 au régime général, larynx-ovaire/amiante 2023 ; révisions : sapeurs-pompiers 12/2025, Parkinson et hémopathies-pesticides 12/2025, diagnostic selon les données acquises de la science 09/2026) ; les délais de prise en charge cités dans cette page — en particulier ceux qui varient par localisation (HAP, arsenic, rayonnements) et ceux notés « voir tableau » — doivent être relus sur le tableau exact avant tout usage opposable. Cette fiche oriente le repérage ; elle ne se substitue ni au tableau à jour ni à une consultation de pathologie professionnelle.
    1. Institut national du cancer (INCa). Cancers d'origine professionnelle : reconnaissance et démarches (estimation 4–8,5 % des cancers ; certificat médical initial ; déclaration par le patient). e-cancer.fr
    2. INRS. Cancers professionnels — reconnaissance et réparation (~1 800 cancers reconnus/an, > 85 % amiante ; métiers et expositions ; CCPP). inrs.fr
    3. Santé publique France. Maladies liées au travail — pathologies attribuables et sous-déclaration ; programme de surveillance des maladies à caractère professionnel (MCP) et projet Sicapro de surveillance des cancers professionnels (registres des cancers × carrières Cnav). santepubliquefrance.fr
    4. INRS. Base des tableaux de maladies professionnelles (RG et RA) — intitulés, délais de prise en charge, durées d'exposition, listes de travaux. 182 tableaux en vigueur. inrs.fr/publications/bdd/mp
    5. Légifrance — Code de la sécurité sociale, art. L. 461-1. Présomption d'origine (tableaux) ; reconnaissance hors tableau par le CRRMP (alinéa 6 ; alinéa 7 : IPP ≥ 25 % ou décès). legifrance.gouv.fr
    6. Décret n° 2021-636 du 20/05/2021. Création du tableau RG 101 : cancer primitif du rein et trichloréthylène (délai 40 ans, durée 10 ans). Légifrance JORF
    7. Décret n° 2021-1724 du 20/12/2021 (RA 61) puis décret n° 2022-573 du 19/04/2022 (RG 102). Cancer de la prostate et pesticides — régime agricole puis régime général (délai 40 ans, durée 10 ans). Légifrance JORF (RA 61) · Légifrance JORF (RG 102)
    8. INRS (tableau RG 30 ter) ; décret n° 2023-946 du 14/10/2023 ; RA 47 ter : décret n° 2023-773 du 11/08/2023. Amiante : cancers du larynx et de l'ovaire (délai 35 ans, durée 5 ans). inrs.fr
    9. INRS — Tableau RG 16 bis. HAP (houille) : peau (délai 20 ans), poumon et vessie (30 ans), durée 10 ans, liste limitative. inrs.fr
    10. INRS — Tableau RG 4. Benzène : leucémies aiguës et syndromes myéloprolifératifs (délai 20 ans), syndromes myélodysplasiques (3 ans), durée 6 mois. inrs.fr
    11. INRS. Silice cristalline : cancérogène avéré (CIRC groupe 1) ; cancer bronchopulmonaire reconnu associé à la silicose (tableau 25 RG / 22 RA), sinon voie CRRMP. Inclut le quartz reconstitué des plans de travail. inrs.fr
    12. Assurance Maladie (Ameli). Reconnaissance d'une maladie professionnelle : certificat médical initial rédigé par tout médecin ; déclaration par l'assuré ; délai de prescription de 2 ans ; instruction en 120 jours. ameli.fr · ameli.fr (maladies dues à l'amiante)
    13. FIVA. Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante : indemnisation des pathologies liées à l'amiante, cumulable avec la reconnaissance en maladie professionnelle. fiva.fr
    14. Assurance Maladie — Risques professionnels. Rapport annuel 2024 (publié en novembre 2025, lu le 2026-10-01) : 50 598 maladies professionnelles en 1er règlement, dont 44 723 TMS (88,4 %) ; cancers en tableau : 1 202 liés à l'amiante, 312 hors amiante. assurance-maladie.ameli.fr
    15. Commission L. 176-2 (sous-déclaration AT/MP). Rapport triennal 2024 : coût de la sous-déclaration des AT/MP évalué entre 2 et 3,8 milliards d'euros par an (1,2 à 2,1 milliards en 2021), supporté par la branche maladie. securite-sociale.fr
    16. Décret n° 2025-1349 du 26/12/2025. Révision des tableaux RG 16 bis et 30 : la lutte contre les incendies (urbains, ruraux, espaces naturels ; formation, déblai, nettoyage du matériel) entre dans la liste des travaux — au 16 bis pour la seule partie C (tumeurs de l'épithélium urinaire) ; au 30, s'y ajoutent le sauvetage-déblaiement lors d'effondrements. Aucune maladie nouvelle. En vigueur le 29/12/2025. Légifrance JORF
    17. INRS — Tableaux RA 58 et RA 59 (décrets n° 2025-1237 et 2025-1238 du 17/12/2025). Maladie de Parkinson et pesticides : délai de prise en charge porté à 20 ans, durée d'exposition 10 ans. Lymphome non hodgkinien (dont LLC) et myélome multiple : délai 30 ans, durée d'exposition 10 ans. Lus le 2026-10-01. inrs.fr (RA 58) · inrs.fr (RA 59)
    18. Souffrance et Travail. Guides pratiques (dont le guide dédié aux médecins généralistes) et annuaire national des consultations « souffrance au travail ». souffrance-et-travail.com
    19. au-cabinet.fr — guide patient « Santé au travail ». Visites du médecin du travail (dont la pré-reprise), arrêt et reprise, temps partiel thérapeutique, essai encadré, indemnisation AT/MP, invalidité et inaptitude, RQTH, harcèlement, reconversion. au-cabinet.fr/sante-travail
    20. Décret n° 2026-901 du 24/09/2026 (JO du 29/09/2026) ; Légifrance — art. L. 461-1 CSS (version en vigueur au 30/09/2026). Diagnostic des maladies des tableaux établi selon les données acquises de la science ; suppression des examens nommément exigés dans 34 tableaux. Lu le 2026-10-01. legifrance.gouv.fr (L. 461-1) · JORF du 29/09/2026
    21. Ameli — IJ, montants maximum (mise à jour du 01/06/2026) ; Service-public.fr F175. 60 % puis 80 % à partir du 29e jour ; salaire journalier plafonné à 0,834 % du PASS (400,82 €), IJ max 240,49 € puis 320,66 € ; durée des IJ limitée à 4 ans pour les sinistres à partir du 01/01/2027 (décret n° 2026-501). Plafond abaissé à ≈ 1,8 SMIC pour les sinistres à partir du 01/11/2026 (décret n° 2026-909 du 30/09/2026, JO du 01/10/2026 : lu dans la presse spécialisée, texte à confirmer sur Légifrance). Arrêt maladie ordinaire : ameli.fr. Lus le 2026-10-01. ameli.fr · service-public.gouv.fr · tpeactu.fr (décret 2026-909)
    22. Ameli — Incapacité permanente (mise à jour du 07/04/2026) ; Légifrance — art. R. 434-28 CSS ; décret n° 2026-354 du 07/05/2026. Capital si IPP < 10 % (barème au 01/04/2026 : 483,38 € à 1 % … 4 833,18 € à 9 % ; montants intermédiaires relevés sur un site secondaire, bornes confirmées par ameli) ; rente si IPP ≥ 10 % : taux utile (moitié jusqu'à 50 %, ×1,5 au-delà), salaire minimum des rentes 21 498,47 €, prise en compte entière jusqu'à 2 fois ce minimum, pour un tiers de 2 à 8 fois ; part fonctionnelle ajoutée pour les consolidations à partir du 01/11/2026. Lus le 2026-10-01. ameli.fr · Légifrance (R. 434-28) · Légifrance (décret 2026-354)
    23. Légifrance — Code du travail, art. R. 4624-29 à R. 4624-31 et R. 4624-45 ; Ameli — essai encadré. Pré-reprise pendant un arrêt de plus de 30 jours ; reprise après congé maternité, toute absence pour maladie professionnelle, ≥ 30 jours pour accident du travail, ≥ 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, au plus tard dans les 8 jours ; essai encadré de 14 jours ouvrables renouvelable une fois ; contestation d'un avis d'inaptitude en 15 jours devant le conseil de prud'hommes. Lus le 2026-10-01. legifrance.gouv.fr · ameli.fr (essai encadré)