TIAC Toxi-infection alimentaire collective · signalement à l'ARS

Aide au signalement · médecine générale

Signaler une TIAC : le Cerfa rempli, la bonne ARS

Deux personnes malades après le même repas : c'est une toxi-infection alimentaire collective, et elle se signale sans délai à l'agence régionale de santé, sans attendre les analyses. L'outil remplit le Cerfa officiel, prépare à part la page des coordonnées des malades, et vous dit par quelle voie les transmettre à votre ARS : son numéro, son adresse et, quand elle en publie un, son dépôt sécurisé.

Outil d'aide au signalement pour les médecins ; l'enquête appartient à l'ARS, qui peut vous demander d'autres informations.

Pour les médecins qui voient deux malades après le même repasCerfa 12211*02 · 18 ARS vérifiées le 25/09/2026 · sources numérotéesPremière version : 2026-09-25 · Dernière révision : 2026-09-29 · Adaptation : 28 septembre 2026

01 — Signaler

Signaler une TIAC

Remplissez ce que vous savez, pas plus : l'ARS vous rappellera pour le reste. L'outil produit deux documents : le Cerfa 12211*02 officiel rempli1, sans aucune identité ; et une page confidentielle avec les initiales et les coordonnées des malades. Puis il vous dit comment les transmettre à votre ARS.

Rien n'est envoyé sur internet : les deux PDF sont fabriqués sur votre appareil. Seules vos coordonnées de déclarant peuvent être mémorisées, et seulement si vous cochez la case.

Pourquoi deux documents, et pas de mél ordinaire ? Pour une maladie qui nécessite une intervention urgente, dont la TIAC, le signalement peut contenir « les données d'identité et de contact de la personne atteinte », mais il est réalisé « par tout moyen sécurisé »2 — tout le signalement, pas seulement les noms. Les ARS qui publient un dépôt sécurisé le demandent dès qu'il y a des données de santé : Bourgogne-Franche-Comté (dépôt « à utiliser si données à caractère personnel ou de santé », mél « non sécurisé »), Île-de-France (« données de santé et/ou nominatives »), Corse (éléments « nominatifs et/ou de santé » « uniquement via Bluefiles »), PACA (Cerfa et fiche de données personnelles par dépôt ou messagerie sécurisée)3. Le Cerfa contient des données de santé : il suit donc le même chemin que la page confidentielle. Le séparer sert à autre chose : il n'a aucune case pour le nom1, et c'est lui seul qui peut partir si une ARS sans dépôt vous renvoie vers son mél.
02 — Quand, à qui, comment

Deux malades, un repas : on signale

Une TIAC est « l'apparition d'au moins 2 cas d'une symptomatologie similaire, en général gastro-intestinale, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire »4. Deux cas, pas deux patients vus par vous : le convive malade resté chez lui compte.

Ce que disent les textes

  • C'est une maladie à intervention urgente. Les TIAC figurent (item 28) sur la liste des maladies « qui justifient une intervention urgente locale, nationale ou internationale »5, que les médecins signalent « à l'agence régionale de santé »6.
  • Sans délai, par un moyen sécurisé. Le signalement est adressé « sans délai » aux personnels habilités de l'ARS, « par tout moyen sécurisé »2. Le Cerfa demande de signaler « par tout moyen approprié (téléphone, télécopie…) au médecin de l'ARS avant même confirmation par le CNR ou envoi de cette fiche »1 ; l'ARS Centre-Val de Loire : « ne pas attendre les résultats d'analyses »7.
  • Ce que vous pouvez transmettre. Vos coordonnées ; le sexe, l'âge et le code postal des malades ; et, pour les maladies urgentes, leur identité et leurs coordonnées ; les données cliniques ; « les lieux et circonstances de l'exposition ». L'ARS peut ensuite vous demander « l'identité et les coordonnées des personnes contacts et des cas secondaires »2.
  • Pas de formulaire en ligne. Depuis avril 2026, le portail des signalements accueille cinq maladies (rougeole, chikungunya, dengue, Zika, West Nile) ; la TIAC n'en fait pas partie : son Cerfa est « à transmettre à l'ARS », selon les modalités sécurisées que celle-ci définit8.

À quelle ARS ?

L'outil propose celle de votre lieu d'exercice. C'est la règle écrite par Santé publique France pour le botulisme (« au médecin de l'ARS de leur lieu d'exercice »)9 ; pour la TIAC, aucun des textes lus ne le précise. Si le repas a eu lieu dans une autre région, dites-le au téléphone et dans le mél : l'outil reporte de toute façon le département du repas sur le Cerfa.

Le restaurant déclare aussi — cela ne vous dispense pas

L'exploitant d'une restauration collective qui ne déclare pas « la survenue d'un effet indésirable inhabituel pouvant être lié à la consommation d'aliments dans son établissement, chez au moins deux consommateurs » commet une contravention10. Santé publique France résume : la déclaration « est obligatoire pour les médecins et les responsables d'établissements de restauration collective ou à caractère social »4. Les deux obligations coexistent.

Ce qui se signale en plus, sur sa propre fiche

Le botulisme, la fièvre typhoïde et les fièvres paratyphoïdes, l'hépatite A aiguë et la listériose sont sur la même liste des maladies urgentes5, chacune avec son Cerfa8. « Toute suspicion clinique de botulisme doit être signalée sans délai à l'ARS »9, même pour un cas isolé. Aucun texte lu ne dit en toutes lettres qu'une TIAC à salmonelle typhique donne deux signalements ; c'est la lecture de la liste, maladie par maladie.

03 — Au cabinet

Appeler, prélever, faire garder

Trois gestes dans l'ordre. L'enquête elle-même appartient à l'ARS (côté malades) et aux services vétérinaires de la DDPP (côté aliments et établissements)11, qui mènent des « investigations conjointes »4.

1. Téléphoner au point focal : plusieurs ARS demandent que le signalement écrit d'une TIAC soit précédé ou doublé d'un appel (Bourgogne-Franche-Comté, Corse, Grand Est, Hauts-de-France, Occitanie, Pays de la Loire, La Réunion)3.
2. Prélever : « des échantillons de selles (en cas de diarrhée) et/ou rejets gastriques (en cas de vomissements), si possible sur plusieurs malades »12. En 2023, 242 des 407 TIAC à agent confirmé (59 %) l'ont été par ces seuls prélèvements humains13 : la coproculture que vous prescrivez est souvent la seule preuve. Demandez au point focal quelles recherches prescrire (toxines, virus) quand l'incubation est courte.
3. Faire garder les aliments suspects « dans des boîtes hermétiques ou leur emballage »7, et leurs étiquettes12.

En restauration collective : les plats témoins

Les exploitants conservent des plats témoins, « échantillons représentatifs des différents plats distribués », « pendant au moins cinq jours en froid positif (entre 0 et + 3 °C) après leur présentation au consommateur », à la disposition exclusive des agents du contrôle officiel14. Ne pas les conserver est une contravention10. D'où l'intérêt de signaler vite : au-delà de cinq jours, la preuve peut avoir été jetée légalement.

Ce que l'ARS vous demandera

  • Le nombre de malades, d'hospitalisés et de décès ; pour chacun : âge, sexe, code postal, date et heure des premiers signes, signes (nausées, diarrhée, fièvre, vomissements, douleurs abdominales), analyses, complications1.
  • Le repas : date, heure, département, nombre de convives, type de lieu, aliments suspectés et leur origine1.
  • Les coordonnées des malades et des contacts, pour l'enquête2 — c'est la page confidentielle de l'outil.
04 — L'incubation oriente

L'heure du repas et l'heure des premiers vomissements

Le Cerfa demande « les agents suspectés (le ou les 2 plus probables) » quand les analyses manquent1. L'incubation les oriente : c'est ce que l'outil calcule dès que l'heure du repas et le début des signes sont remplis. Une orientation, pas un diagnostic.

AgentIncubation (Anses)Ce qui oriente
Histamine (poisson)1 h (quelques minutes à quelques heures)rougeur du visage et du cou, goût de poivre dans la bouche ; thon surtout
S. aureus30 min à 8 h (3 h en moyenne)nausées puis vomissements incoercibles « en fusée », parfois fièvre modérée ; 18 à 24 h
B. cereus (émétique)30 min à 5 hnausées, vomissements ; moins de 24 h
B. cereus (diarrhéique)6 à 24 hdiarrhée aqueuse, douleurs abdominales ; 24 h
C. perfringens6 à 24 h (généralement 10 à 12 h)diarrhée, violentes douleurs abdominales, peu de vomissements ni de fièvre ; 1 à 3 jours
Salmonella6 à 72 h (le plus souvent 12 à 36 h)fièvre à 39-40 °C, diarrhée, douleurs, vomissements ; 5 à 7 jours
Norovirus10 à 50 hvomissements brutaux, souvent en jet, diarrhée ; 2 à 3 jours ; transmission de personne à personne
Botulisme5 h à 8 jours (12 à 48 h le plus souvent)vision floue, diplopie, troubles de la déglutition et de l'élocution, paralysies flasques symétriques : urgence, fiche de signalement propre
Listeria (forme digestive)6 h à 4 jours (médiane 24 h) pour la forme gastro-entériquegastro-entérite fébrile ; formes invasives bien plus tardives : listériose à signaler à part
Campylobacter2 à 5 jours (1 à 8 jours)diarrhée, parfois sanglante (15 %), fièvre (50 %) ; syndrome de Guillain-Barré possible
E. coli STEC3 à 4 jours (1 à 12 jours)diarrhée aqueuse puis sanglante, peu ou pas de fièvre ; SHU dans 5 à 8 % des cas, dans les 10 jours
Hépatite A30 jours (15 à 50 jours)ictère, transaminases élevées : hépatite A à signaler à part

Source des incubations et des signes : fiches de description de danger de l'Anses15. Pour l'histamine, l'Anses écrit « quelques minutes à quelques heures » : l'outil retient 3 h comme borne haute, choix de l'auteur. Le botulisme, dont l'incubation va de 5 h à 8 jours, n'est jamais proposé par le calcul : il se reconnaît à ses signes neurologiques.

Quand l'incubation ne s'applique pas. Champignons cueillis, poisson des mers tropicales, coquillages, signes neurologiques, suspicion de produit chimique : appelez le 15 ou un centre antipoison, puis signalez. En 2023, parmi les TIAC à agent suspecté, 6 évoquaient une ciguatera (poisson tropical), 28 une toxine diarrhéique des coquillages et 2 des champignons13 ; aucun ne figure dans le tableau ci-dessus.

Ce que l'on trouve en France

En 2023, 2 231 TIAC ont été déclarées, touchant 22 282 personnes ; 549 (2 %) sont allées à l'hôpital et 19 sont mortes, dont 13 en institut médico-social. L'agent a été confirmé dans 407 TIAC et seulement suspecté dans 1 566. Parmi les confirmées, Salmonella vient en tête (126 TIAC, 31 %) ; parmi les suspectées, les trois toxinogènes B. cereus, S. aureus et C. perfringens font environ 70 %. 42 % des TIAC sont liées à un restaurant commercial et 28 % à un repas familial, mais les deux tiers des malades (66 %) ont mangé en restauration collective. Les virus entériques pèsent lourd : 19 % des TIAC confirmées, et 46 % des TIAC déclarées en décembre13 — pensez-y en hiver, et aux cas secondaires qui s'ajoutent de personne à personne et allongent l'incubation apparente.

05 — Idées reçues

Six phrases à ne plus dire

« J'attends la coproculture pour être sûr. »
Le Cerfa demande de signaler « avant même confirmation »1, et « même une suspicion suffit »7. Attendre, c'est laisser passer les cinq jours des plats témoins14.
« Je n'ai vu qu'un malade, ce n'est pas une TIAC. »
La définition compte les cas, pas les consultations4 : demandez toujours « d'autres personnes du repas sont-elles malades ? ». En 2023, une TIAC familiale comptait en médiane trois malades13.
« J'envoie tout par mél à l'ARS, c'est plus simple. »
Le signalement se fait « par tout moyen sécurisé »2 ; un mél ordinaire ne l'est pas, et les ARS qui ont un dépôt sécurisé y renvoient toute donnée de santé3. Les deux PDF passent par le dépôt ; sans dépôt publié, demandez au point focal comment il veut les recevoir.
« Le restaurant va déclarer, pas moi. »
Deux obligations distinctes : le médecin signale à l'ARS6, l'exploitant de restauration collective déclare de son côté10. L'un ne sait pas si l'autre l'a fait.
« C'est une maladie à déclaration obligatoire. »
Le code parle aujourd'hui de signalement (rédaction issue de l'ordonnance de 2020)6, et Santé publique France de « maladies à signalement obligatoire »8. Le Cerfa de 2011, toujours en service, dit encore « maladie à déclaration obligatoire »1. Santé publique France emploie encore les deux mots13 : l'obligation est la même, c'est « signalement » qui dit qu'elle est urgente.
« Des vomissements deux heures après le repas : ce repas-là ne peut pas être en cause. »
L'entérotoxine staphylococcique fait vomir de 30 minutes à 8 heures après le repas (3 h en moyenne), la forme émétique de B. cereus de 30 minutes à 5 heures15. Tous les repas des huit heures précédentes restent candidats ; le bon suspect est celui que tous les malades ont partagé.
06 — Ce que je dis aux malades

Vous êtes plusieurs à être malades après le même repas

À dire ou à imprimer. Langage simple.

1. Pourquoi votre médecin prévient l'agence régionale de santé

  • Quand plusieurs personnes tombent malades après le même repas, la loi demande au médecin de prévenir l'ARS6.
  • Le but : trouver l'aliment en cause et éviter que d'autres personnes tombent malades4. Ce n'est pas une plainte contre quelqu'un.
  • L'ARS peut vous appeler pour vous poser des questions sur ce que vous avez mangé. Les informations sont conservées de façon confidentielle2.
  • Si d'autres personnes du repas sont malades et n'ont pas vu de médecin, elles peuvent aussi le signaler elles-mêmes (le site SignalConso est cité par l'ARS)7.

2. Gardez les restes

  • Ne jetez pas les restes du repas : mettez-les dans une boîte fermée ou laissez-les dans leur emballage7.
  • Gardez aussi les étiquettes, les tickets de caisse, le nom du traiteur ou du magasin12.

3. Revenez me voir aujourd'hui si…

  • Fièvre élevée, sang dans les selles, signes de déshydratation (bouche sèche, très peu d'urine, grande fatigue)7.
  • Les bébés et jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes dont les défenses sont affaiblies par une maladie ou un traitement, et celles qui ont une maladie du foie risquent davantage une forme grave : consultez plus tôt16.

4. Appelez le 15 si…

  • Vision floue ou double, difficulté à avaler ou à parler15.

5. Pour ne pas contaminer les autres

  • Lavez-vous les mains à l'eau et au savon après être allé aux toilettes, et avant de préparer à manger16.
  • Si vous travaillez en cuisine, dans une crèche, un hôpital ou une maison de retraite, dites-le à votre médecin.

Fiche remise par votre médecin. Source : au-cabinet.fr.

07 — Les 18 ars

Qui appeler, où écrire

Point focal régional de chaque ARS : téléphone, mél, fax, dépôt sécurisé quand l'ARS en publie un. Relevés le 25 septembre 2026 sur les pages officielles3 ; un test automatique vérifie que chaque adresse et chaque numéro figurent bien dans la page citée.

ARSTéléphoneMélFaxVoie sécuriséeSource
Auvergne-Rhône-Alpes0 800 32 42 62ars69-alerte@ars.sante.fr04 72 34 41 27dépôt sécurisépage, 31 juillet 2026
Bourgogne-Franche-Comté0 809 404 900ars-bfc-alerte@ars.sante.fr03 81 65 58 65dépôt sécurisépage, 20 juillet 2026
Bretagne09 74 50 00 09ars35-alerte@ars.sante.fr——page, non datée
Centre-Val de Loire02 38 77 32 10ars45-alerte@ars.sante.fr02 34 00 02 58dépôt sécurisépage, 9 septembre 2026
Corse04 95 51 99 88ars2a-alerte@ars.sante.fr04 95 51 99 12dépôt sécurisépage, 8 juin 2026
Grand Est09 69 39 89 89ars-grandest-alerte@ars.sante.fr03 10 01 01 61—page, 27 juillet 2026
Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy0590 410 200ars971-alerte@ars.sante.fr——page, février 2024 (plaquette du point focal)
Guyane0594 25 72 37ars973-alerte@ars.sante.fr——page, 23 juin 2026 (téléphone : courrier de l'ARS, février 2026)
Hauts-de-France03 62 72 77 77ars-hdf-signal@ars.sante.fr03 62 72 88 75—page, 22 avril 2026
La Réunion0262 93 94 15ars-reunion-signal@ars.sante.fr0262 93 94 56—page, 21 mai 2026
Martinique0820 202 752ars972-alerte@ars.sante.fr0596 39 44 26—page, 16 juillet 2025
Mayotte0269 63 47 91ars976-alerte@ars.sante.fr0269 61 83 47—page, 12 février 2025
Normandie0809 400 660ars14-alerte@ars.sante.fr02 34 00 02 83—page, 23 avril 2026
Nouvelle-Aquitaine0 809 400 004ars33-alerte@ars.sante.fr05 67 76 70 12—page, 6 septembre 2023
Occitanie0800 301 301ars-oc-alerte@ars.sante.fr05 34 30 25 86—page, 5 août 2026
Pays de la Loire0800 277 303ars44-alerte@ars.sante.fr02 34 00 02 89—page, 24 avril 2026
Provence-Alpes-Côte d'Azur04 13 55 80 00ars-paca-alerte@ars.sante.fr
+ ars13-alerte@ars.sante.fr
04 13 55 83 44dépôt sécurisé
MSSanté : ars-paca-alerte@arspaca.mssante.fr
page, 30 avril 2026
Île-de-France0 800 811 411ars75-alerte@ars.sante.fr01 44 02 06 76dépôt sécurisépage, 11 août 2026

Trois particularités

  • Hauts-de-France : l'adresse publiée par le point focal est ars-hdf-signal@ars.sante.fr. L'adresse « ars-hdf-veillesanitaire@ars.sante.fr » ne figure sur aucune des pages du point focal consultées.
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur : la page affiche ars-paca-alerte@ars.sante.fr, mais le lien cliquable pointe vers ars13-alerte@ars.sante.fr ; l'outil écrit aux deux. Pour la TIAC, l'ARS demande le dépôt sécurisé ou la messagerie sécurisée de santé.
  • Douze ARS ne publient pas de dépôt sécurisé sur les pages consultées. Pour elles, l'outil conseille de demander au point focal, au téléphone, comment il veut recevoir les documents. S'il renvoie vers son mél ordinaire, n'y joindre que le Cerfa : c'est un compromis, pas un « moyen sécurisé ».
08 — En savoir plus

Histoire et angles morts

Histoire : quarante ans de déclaration

Les TIAC sont à déclaration obligatoire en France depuis 19874, et 2023 a battu le record de toute la série, avec 2 231 foyers déclarés13 — plus de déclarations ne veut pas forcément dire plus de TIAC. Le vocabulaire a changé en route : le code parle aujourd'hui de « signalement » (rédaction de 2020)6, la liste des maladies a été renumérotée en 2023 (article D3113-8)5. Le formulaire, lui, date de 2011 : il cite encore l'article D3113-7, l'Institut de veille sanitaire et la loi de 1978 sur le droit d'accès1.

Les angles morts

  • Un formulaire qui ne se remplit pas à l'écran. Le Cerfa est un formulaire XFA sans case remplissable dans la plupart des lecteurs : l'outil écrit par-dessus la page, faute de mieux.
  • Une obligation de sécurité sans canal commun. Le code exige un moyen sécurisé2, mais chaque ARS a son canal, et douze n'en publient pas3. Un médecin qui exerce à cheval sur deux régions doit connaître deux procédures.
  • Une confirmation qui dépend des selles. Moins d'une TIAC déclarée sur cinq a un agent confirmé (407 sur 2 231 en 2023)13 ; sans coproculture prescrite tôt, l'enquête s'appuie sur l'interrogatoire.
  • Les malades qui ne consultent pas. Une TIAC familiale bénigne, sans médecin, n'est signalée par personne ; la déclaration « peut également être faite par des consommateurs »4, et l'ARS Centre-Val de Loire leur indique SignalConso7, mais aucune source lue ne dit combien le savent.
  • Un formulaire en retard sur le code. Le code prévoit, pour chaque malade, « un numéro non signifiant créé par codage informatique irréversible »2 ; le Cerfa de 2011 n'a pas de case pour lui.
09 — Sources

Méthode et bibliographie

Méthode. Le formulaire rempli est le Cerfa 12211*02 téléchargé sur service-public le 25 septembre 2026, non modifié : la position de chaque case a été relevée sur un rendu à 4×, et le résultat contrôlé dans le moteur d'Aperçu (PDFKit). Les coordonnées des 18 points focaux ont été relevées sur les pages officielles des ARS, archivées ; un test relit chaque adresse, chaque numéro et chaque lien dans la page archivée citée, et un contrôle négatif vérifie qu'une adresse fausse le fait échouer. La correspondance département → ARS vient du code officiel géographique de l'Insee (2025). Les articles du code de la santé publique et du code rural ont été lus sur l'export de la base LEGI (mise à jour du 19 septembre 2026). Les incubations viennent des fiches de l'Anses. Les traités de l'EMC ont servi de carte vers les sources ; ils ne sont pas cités.

Réserves honnêtes. (1) Les coordonnées des ARS changent sans préavis : trois pages datent de 2023 à 2025 (Nouvelle-Aquitaine, Martinique, Mayotte), et le téléphone de la Guyane vient d'un courrier de l'ARS, pas de sa page web. (2) L'ARS de Mayotte affiche aussi une seconde adresse (ars-oi-cvags-mayotte@ars.sante.fr) dans l'encadré contact ; l'outil retient celle du corps de la page. (3) Aucun texte national répartissant les rôles de l'ARS et de la DDPP n'a été trouvé ; la page préfectorale citée date de 2013. (4) Aucune source officielle ne dit « au réfrigérateur » pour les restes gardés par un particulier : la fiche dit « boîte fermée », comme l'ARS. (5) Le choix de l'ARS du lieu d'exercice repose sur la règle écrite pour le botulisme, pas sur un texte propre à la TIAC. (6) Le bulletin 2023 donne 70 % puis 68 % pour la part des toxinogènes : la fiche écrit « environ 70 % ». (7) Pour les ARS sans dépôt sécurisé publié, l'envoi du Cerfa par mél ordinaire reste un compromis de fait, non conforme à la lettre de l'article R3113-3 ; l'outil le dit à l'écran. (8) La ciguatera, les toxines des coquillages et les champignons ne sont pas dans le tableau d'incubation, faute de fiche Anses lue ; ils sont couverts par un drapeau d'alerte. (9) Une relecture automatisée (IA), à contexte frais, sous sept angles a été intégrée avant publication (circuit d'envoi revu, drapeaux cliniques, fiche malades) ; elle ne remplace pas la relecture de l'auteur.

  1. Ministère chargé de la santé ; Institut de veille sanitaire. Toxi-infection alimentaire collective : fiche de notification, Cerfa n° 12211*02 (formulaire de 2011, toujours diffusé en 2026). formulaires.service-public.gouv.fr · téléchargé le 2026-09-25
  2. Code de la santé publique, art. R3113-1 à R3113-3. Modalités du signalement : données transmises, délai, « tout moyen sécurisé ». Version issue du décret n° 2023-700 du 31 juillet 2023. legifrance.gouv.fr · texte lu sur l'export de la base LEGI (codes.droit.org, mise à jour du 19 septembre 2026)
  3. Agences régionales de santé (18). Pages « alerter, signaler, déclarer » et « point focal régional » de chaque ARS ; plaquettes des ARS Guadeloupe (2024), Guyane (2026) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (2024). Adresses, dates et liens dans le tableau de la section 06. consulté le 2026-09-25 ; pages archivées et contrôlées par un test automatique
  4. Santé publique France. Toxi-infections alimentaires collectives : la maladie ; notre action. Mises à jour le 20 mars 2026. santepubliquefrance.fr · notre action · consulté le 2026-09-25
  5. Code de la santé publique, art. D3113-8. Liste des maladies justifiant une intervention urgente (item 28 : toxi-infections alimentaires collectives). Version issue du décret n° 2023-716 du 2 août 2023. legifrance.gouv.fr · texte lu sur l'export de la base LEGI (codes.droit.org, mise à jour du 19 septembre 2026)
  6. Code de la santé publique, art. L3113-1. Signalement des maladies nécessitant une intervention urgente. Version issue de l'ordonnance n° 2020-1407 du 18 novembre 2020. legifrance.gouv.fr · texte lu sur l'export de la base LEGI (codes.droit.org, mise à jour du 19 septembre 2026)
  7. Agence régionale de santé Centre-Val de Loire. Toxi-infections alimentaires collectives (TIAC). Article du 26 août 2026. centre-val-de-loire.ars.sante.fr · consulté le 2026-09-25
  8. Santé publique France. Liste des maladies à signalement obligatoire. Mise à jour le 22 avril 2026. santepubliquefrance.fr · consulté le 2026-09-25
  9. Santé publique France. Botulisme : notre action. Mise à jour le 30 juillet 2025. santepubliquefrance.fr · consulté le 2026-09-25
  10. Code rural et de la pêche maritime, art. R237-6. Contraventions : plats témoins et déclaration par les exploitants de restauration collective. Version issue du décret n° 2011-1866 du 12 décembre 2011. legifrance.gouv.fr · texte lu sur l'export de la base LEGI (codes.droit.org, mise à jour du 19 septembre 2026)
  11. Préfecture de la Haute-Garonne. Les toxi-infections alimentaires. Mise à jour le 16 mai 2013. haute-garonne.gouv.fr · consulté le 2026-09-25Page ancienne ; aucun texte national répartissant les rôles ARS et DDPP n'a été trouvé.
  12. Préfecture de la Meuse. Conduite à tenir en cas de TIAC (toxi-infection alimentaire collective). Mise à jour le 27 mars 2025. meuse.gouv.fr · consulté le 2026-09-25
  13. Fournier L, Horrigue I, Laurent E, Billecoq I, Jones G, Tourdjman M, Chereau F, Jourdan Da Silva N, de Valk H. Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) : données de la déclaration obligatoire, 2023. Bulletin, édition nationale. Saint-Maurice : Santé publique France ; 20 mars 2026. santepubliquefrance.fr · consulté le 2026-09-25
  14. Arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, d'entreposage et de transport de produits d'origine animale et denrées alimentaires en contenant, annexe IV. Version issue de l'arrêté du 7 mai 2020. legifrance.gouv.fr · consulté le 2026-09-25Légifrance bloquant les requêtes automatiques, la phrase citée a été recoupée sur une reproduction du texte (paquethygiene.pro).
  15. Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Fiches de description de danger biologique transmissible par les aliments : Staphylococcus aureus et entérotoxines (mars 2022) ; Bacillus cereus (mars 2021) ; Clostridium perfringens (mai 2017) ; Salmonella spp. (juin 2021) ; norovirus (juin 2022) ; Clostridium botulinum (août 2019) ; Listeria monocytogenes (avril 2020) ; Campylobacter spp. (juin 2020) ; E. coli entérohémorragiques (juillet 2024) ; histamine (mars 2021) ; virus de l'hépatite A (janvier 2011). anses.fr · consulté le 2026-09-25
  16. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Intoxication alimentaire : comment se protéger et réagir en cas de symptômes ? Article du 28 août 2025. auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr · consulté le 2026-09-25

Outil d'aide au signalement des toxi-infections alimentaires collectives, destiné aux médecins. Il ne remplace pas l'appel au point focal de l'ARS, qui conduit l'enquête et peut demander d'autres informations. Le formulaire rempli est le Cerfa 12211*02 officiel, non modifié.

TIAC = 2 cas, même repas · sans délai, sans attendre les analyses · appeler le point focal · Cerfa et coordonnées par dépôt sécurisé · sans dépôt : demander au point focal · coproculture sur plusieurs malades · garder les restes · plats témoins 5 jours