Risque cardiovasculaire SCORE2 · cible LDL · statine

Aide à la décision · médecine générale

Risque cardiovasculaire : je classe, je fixe la cible LDL, je traite

L'équation est choisie selon le terrain (SCORE2, SCORE2-OP ou SCORE2-Diabetes) ; l'outil pose la catégorie ESC/EAS 2025, la cible de LDL du consensus français 2026 et une proposition de statine par paliers, avec le NNT et une synthèse à copier dans le dossier.

Le bilan biologique se dépose en PDF : il est lu sur votre appareil, et chaque valeur est vérifiée avant de remplir le formulaire. Trois fiches aident ensuite à décider : la statine qui a fait ses preuves pour ce profil, 100 personnes sur 10 ans pour montrer le bénéfice en risque absolu, et les cibles des recommandations qui se contredisent.

Les onglets suivants reprennent le dépistage, les catégories et les cibles, le traitement (statines, ézétimibe, anti-PCSK9, pression artérielle, aspirine) et la validité des outils, source par source.

Pour les médecins généralistes et internesESC/EAS 2025 · consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026 · ESC 2021, 2023, 2024 · ESH 2023Dernière révision : 2 octobre 2026

01 · Calculer

Risque cardiovasculaire et cible de LDL

L'outil choisit l'équation selon le terrain, pose la catégorie de risque, la cible de LDL et une proposition de traitement par paliers. Les calculs se font dans votre navigateur : rien n'est envoyé ni enregistré.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

0 Importer le bilan biologique PDF ou texte · facultatif

Déposez le compte rendu du laboratoire en PDF (celui reçu par messagerie ou téléchargé) : l'outil y lit le cholestérol total, le HDL, le LDL (calculé ou mesuré), les triglycérides, la glycémie, l'HbA1c, la créatinine et le DFG, la Lp(a) et l'apoB, convertit les unités et vous montre ce qu'il a lu, ligne par ligne, avant de remplir quoi que ce soit. Le fichier est lu sur cet appareil : rien n'est envoyé ni gardé, et l'identité du patient n'est pas lue.

Déposez le PDF ici

PDF « texte » des laboratoires. Un PDF scanné ou photographié (image) ne peut pas être lu : saisie manuelle.

Ou coller le texte du compte rendu

Copiez le texte (pas un lien) et collez-le ici ; même lecture, même vérification.

1 Patient

* indispensable pour calculer le risque ; ce qui manque est listé sous la biologie, dans le résultat et surligné ici. Les questions « diabète », « maladie athéromateuse » et « traitement en cours » laissées sans réponse valent « non » : c'est affiché comme hypothèse, modifiable.

Sexe *
Tabagisme actuel *

SCORE2 est validé de 40 à 69 ans, SCORE2-OP de 70 à 89 ans. « Tabagisme actuel » = fumeur au moment de l'évaluation ; un sevrage récent réduit le risque sans être pris en compte par l'équation. SCORE2 utilise la PA systolique (idéalement moyennée, hors poussée) ; une PA ≥ 180/110 mmHg classe à elle seule en risque élevé. Le tour de taille (≥ 102 cm chez l'homme, ≥ 88 cm chez la femme, critère NCEP du syndrome métabolique) n'entre pas dans SCORE2 mais oriente le dépistage du diabète.

2 Biologie
Unité des lipides

SCORE2 utilise le cholestérol total et le HDL. Le LDL est calculé par Friedewald (en g/L : CT − HDL − TG/5) si les triglycérides sont ≤ 3,4 g/L (3,8 mmol/L) ; au-delà, ou sous traitement très intensif, il faut un LDL mesuré. Le jeûne n'est plus systématique, sauf hypertriglycéridémie (consensus 2026). Conversion : 1 mmol/L de cholestérol ≈ 0,387 g/L ≈ 38,7 mg/dL.

Unité de la Lp(a)

Unité du glucose
Albuminurie (rapport albumine/créatinine urinaire)

Glycémie à jeun : normale < 1,10 g/L ; hyperglycémie modérée à jeun 1,10–1,25 g/L ; diabète si ≥ 1,26 g/L à deux reprises, ou ≥ 2 g/L avec symptômes, ou HbA1c ≥ 6,5 %. Chez le diabétique, l'HbA1c entre dans SCORE2-Diabetes (convertie en mmol/mol). Le DFG du compte-rendu est prioritaire ; sinon il est estimé par CKD-EPI 2009, comme sur la page Scores et dans la publication de SCORE2-Diabetes. A1/A2/A3 : < 30, 30–300, > 300 mg/g.

3 Terrain et antécédents

Maladie athéromateuse documentée (prévention secondaire)

Infarctus, AVC ischémique, artériopathie, revascularisation… sans réponse : non

Les AVC hémorragiques et les AVC cardio-emboliques sur fibrillation atriale ne comptent pas comme athérosclérose. Un épaississement intima-média isolé ne suffit pas (il n'est plus recommandé pour stratifier le risque, consensus 2026).

Score calcique coronaire (Agatston)

Diabète

Diabète sans réponse : non

Autres situations

Score Dutch Lipid Clinic (suspicion d'hypercholestérolémie familiale) : 0 point(s)

Un seul item par groupe : le plus élevé. LDL sans traitement (repris des champs Biologie : LDL avant traitement, sinon LDL actuel). Précoce = avant 55 ans chez l'homme, avant 60 ans chez la femme. Même barème que la page Scores.

Antécédents familiaux (1er degré)

Antécédents personnels

Examen clinique

Modificateurs de risque (ESC/EAS 2025, encadré 1 ; consensus 2026)

Obésité (IMC ≥ 30) et Lp(a) > 50 mg/dL sont repris automatiquement. Ces situations ne changent pas le calcul : elles font proposer la catégorie supérieure, surtout près d'un seuil. La précarité justifie aussi de faciliter l'accès au bilan et d'adapter le rythme de suivi et le choix du traitement à l'observance.

4 Traitement actuel et sécurité
Traitement hypolipémiant en cours sans réponse : non

Intolérance avérée : symptômes musculaires reproductibles à l'arrêt puis à la reprise, après essai d'au moins deux statines dont une à faible dose, CPK contrôlées. L'effet nocebo est fréquent : dans les essais N-of-1, environ 60 % des patients « intolérants » ont autant de douleurs sous placebo (consensus 2026).

Médicaments et comorbidités

5 Recommandation appliquée

La catégorie de risque suit toujours SCORE2 et le tableau 3 de l'ESC/EAS 2025 (seuils repris par le consensus français 2026). L'outil choisit d'emblée la recommandation la plus récente adaptée au patient : consensus français 2026 en général (la HAS n'a plus de texte en vigueur), ESO 2022 après un AVC ou un AIT. Choisissez-en une autre pour voir ce qu'elle conduit à faire : le résultat, les fiches 02 à 04 et la synthèse suivent ; tant que vous n'avez rien choisi, le choix automatique suit le profil.

Synthèse pour le dossier

La synthèse se construit à mesure que vous remplissez.

Aide à la décision : elle ne remplace ni le jugement clinique ni la décision partagée. Vérifiez disponibilité et conditions de remboursement (base de données publique des médicaments, ameli, avis de la HAS) avant de prescrire.

Mêmes équations, avec leurs cas publiés : SCORE2 / SCORE2-OP, SCORE2-Diabetes, Dutch Lipid Clinic sur la page Scores.

02 · Calculer

Quelle statine, à quelle dose ?

La molécule et la dose qui ont fait leurs preuves dans les essais, pour le profil saisi dans le calculateur, avec leur niveau de preuve ; ce que disent les recommandations est donné en regard, et l'écart est signalé.

Le raisonnement

Le billet « Les statines sont mes copines ! » du blog Médicalement Geek (synthèse de @DocTotoscope, mise à jour du 16/12/2023) part d'un constat : toutes les statines ne se valent pas sur les critères qui comptent pour le patient. Il propose de prescrire la molécule, à la dose, qui a réduit les événements ou la mortalité dans des essais randomisés chez des patients comparables, plutôt que de choisir une intensité pour atteindre une valeur de LDL.

  • Prévention primaire : pravastatine 40 mg ou simvastatine 40 mg, sans cible de LDL ; diabète : simvastatine 40 mg ou atorvastatine 10 mg.
  • Prévention secondaire : simvastatine 40 mg (la plus éprouvée), ou atorvastatine 80 mg pour un gain possible sur les événements ; pravastatine 40 mg si la simvastatine n'est pas tolérée ; ézétimibe en option, de préférence avec la simvastatine.
  • Interactions (CYP3A4) : simvastatine et atorvastatine y passent, pas la pravastatine ni la rosuvastatine.
  • Après 75 ans en prévention primaire : pas de bénéfice démontré chez le non-diabétique.

Vérification au-cabinet 2026-10-01 : les essais cités par le billet ont été relus. WOSCOPS montre une baisse de la mortalité totale à la limite de la significativité à 5 ans (p = 0,051), confirmée au suivi de 20 ans ; HPS est surtout un essai de patients déjà malades ou diabétiques ; le NNT de 42 de Treat Stroke to Target vaut pour 3,5 ans, non par an. La fiche HAS de 2012 cite aussi l'atorvastatine (CARDS, ASCOT) et la rosuvastatine (JUPITER) en prévention primaire, mais seulement simvastatine, pravastatine et fluvastatine en prévention secondaire.

Niveaux de preuve affichés

  • Mortalité ↓ essai randomisé contre placebo : baisse de la mortalité totale (4S, HPS, LIPID ; WOSCOPS au suivi de 20 ans).
  • Événements ↓ essai randomisé : moins d'infarctus ou d'AVC, sans effet démontré sur la mortalité totale (CARDS, SPARCL, TNT, PROVE-IT, IMPROVE-IT, SHARP, ALERT, CLEAR Outcomes).
  • Extrapolation pas d'essai clinique dans cette situation : choix guidé par la pharmacologie, les interactions ou un autre groupe de patients.

La rosuvastatine n'est pas proposée en première intention : JUPITER (prévention primaire) a été arrêté précocement et reste discuté, HOPE-3 ne réduit pas la mortalité, et LODESTAR retrouve plus de diabètes qu'avec l'atorvastatine pour les mêmes événements. Elle reste utile si une forte baisse du LDL est nécessaire avec un inhibiteur du CYP3A4.

Références

  1. Médicalement Geek (Dragi Webdo). Les statines sont mes copines ! Synthèse de @DocTotoscope, billet mis à jour le 16/12/2023. medicalement-geek.com ; rubrique « HTA, dyslipidémie et risque cardiovasculaire » medicalement-geek.com/p/hta-dyslipidemie.
  2. HAS. Prévention cardio-vasculaire : le choix de la statine la mieux adaptée dépend de son efficacité et de son efficience. Fiche bon usage, février 2012, mise à jour janvier 2013. has-sante.fr
  3. Shepherd J et al. (WOSCOPS). N Engl J Med 1995;333:1301–7, PMID 7566020 ; Ford I et al. Circulation 2016;133:1073–80, PMID 26864092.
  4. Heart Protection Study Collaborative Group (HPS). Lancet 2002;360:7–22, PMID 12114036 ; sous-groupe diabète, Lancet 2003;361:2005–16, PMID 12814710.
  5. Scandinavian Simvastatin Survival Study (4S). Lancet 1994;344:1383–9, PMID 7968073 ; LIPID Study Group. N Engl J Med 1998;339:1349–57, PMID 9841303.
  6. Colhoun HM et al. (CARDS). Lancet 2004;364:685–96, PMID 15325833.
  7. SPARCL investigators. N Engl J Med 2006;355:549–59, PMID 16899775 ; Amarenco P et al. (Treat Stroke to Target). N Engl J Med 2020;382:9–19, PMID 31738483 ; Tramacere I et al. BMC Med 2019;17:67, PMID 30914063.
  8. LaRosa JC et al. (TNT). N Engl J Med 2005;352:1425–35, PMID 15755765 ; Cannon CP et al. (PROVE-IT). N Engl J Med 2004;350:1495–504, PMID 15007110 ; SEARCH. Lancet 2010;376:1658–69, PMID 21067805 ; Cannon CP et al. (IMPROVE-IT). N Engl J Med 2015;372:2387–97, PMID 26039521.
  9. Baigent C et al. (SHARP). Lancet 2011;377:2181–92, PMID 21663949 ; Wanner C et al. (4D). N Engl J Med 2005;353:238–48 ; Fellström BC et al. (AURORA). N Engl J Med 2009;360:1395–407 ; Holdaas H et al. (ALERT). Lancet 2003;361:2024–31.
  10. Ramos R et al. Statins for primary prevention in old and very old adults with and without type 2 diabetes. BMJ 2018;362:k3359, PMID 30185425.
  11. Ridker PM et al. (JUPITER). N Engl J Med 2008;359:2195–207 ; Yusuf S et al. (HOPE-3). N Engl J Med 2016;374:2021–31 ; Lee YJ et al. (LODESTAR, analyse secondaire). BMJ 2023;383:e075837, PMID 37852649.
  12. Nissen SE et al. (CLEAR Outcomes). N Engl J Med 2023;388:1353–64.
03 · Calculer

100 personnes sur 10 ans : décider avec le patient

Le bénéfice de la statine en risque absolu, pour 100 personnes ayant le même risque que votre patient, et les effets indésirables à la même échelle. À montrer à l'écran, en plein écran ou imprimé.

Risque à 10 ans sans statine

—

calculé par la fiche 01
Saisir un risque à la main (facultatif)

Seulement si vous disposez d'une autre estimation (prévention secondaire, équation non disponible ici) ; le calcul de la fiche 01 reste prioritaire si vous effacez ce champ.

Comment les chiffres sont obtenus

  • Sans statine : le risque à 10 ans du calculateur (SCORE2, SCORE2-OP ou SCORE2-Diabetes), ou celui que vous saisissez (prévention secondaire : pas d'équation dans l'outil).
  • Avec la statine : réduction relative de la méta-analyse des essais CTT, 22 % d'événements vasculaires majeurs en moins par mmol/L (0,39 g/L) de LDL en moins, appliquée à la baisse attendue de la statine choisie à partir du LDL de départ.
  • Effets indésirables : chiffres absolus des essais en aveugle (CTT 2022 et 2024, Collins 2016, TNT).
  • Les pictogrammes sont arrondis à la personne ; les pourcentages exacts et le nombre de personnes à traiter sont affichés à côté.

Limites

  • Hypothèse d'un effet proportionnel à la baisse du LDL, constant sur 10 ans, avec une prise régulière. Le billet Médicalement Geek rappelle que l'effet observé tient aussi à la molécule : pour la simvastatine ou la pravastatine à dose fixe, les essais donnent des réductions comparables (environ 25 à 30 %).
  • SCORE2 compte les infarctus, les AVC et les décès cardiovasculaires ; les essais CTT, les « événements vasculaires majeurs » (dont les revascularisations).
  • Principe inspiré de l'aide à la décision « Statin Choice » de la Mayo Clinic (100 personnes, risque absolu), qui applique une réduction fixe de 25 % (dose standard) ou 40 % (forte dose) et affiche 5 douleurs musculaires sur 100, sans retrancher l'effet nocebo.

Références

  1. Cholesterol Treatment Trialists' (CTT) Collaboration. Efficacy and safety of more intensive lowering of LDL cholesterol. Lancet 2010;376:1670–81, PMID 21067804.
  2. CTT Collaboration. Effect of statin therapy on muscle symptoms: an individual participant data meta-analysis of large-scale, randomised, double-blind trials. Lancet 2022;400:832–45, PMID 36049498.
  3. CTT Collaboration (Reith C et al.). Effects of statin therapy on diagnoses of new-onset diabetes and worsening glycaemia. Lancet Diabetes Endocrinol 2024;12:306–19, PMID 38554713.
  4. Collins R et al. Interpretation of the evidence for the efficacy and safety of statin therapy. Lancet 2016;388:2532–61, PMID 27616593.
  5. Wood FA et al. (SAMSON). N-of-1 trial of a statin, placebo, or no treatment to assess side effects. N Engl J Med 2020;383:2182–4, PMID 33196154 ; Herrett E et al. (StatinWISE). BMJ 2021;372:n135, PMID 33627334.
  6. Mayo Clinic Shared Decision Making National Resource Center. Statin Choice decision aid. shareddecisions.mayoclinic.org
04 · Calculer

Cibles de LDL : ce que disent les recommandations

Sept textes en vigueur au 1er octobre 2026, qui ne s'accordent ni sur l'existence d'une cible, ni sur sa valeur. La ligne qui correspond au patient saisi est surlignée.

Où elles divergent

  • Cible ou pas : l'Europe (ESC/EAS), le consensus français et, depuis mars 2026, l'ACC/AHA fixent des cibles ; l'USPSTF, le NICE en prévention primaire, le CNGE et Médicalement Geek n'en fixent pas.
  • Risque faible : 1,16 g/L (ESC/EAS), 1,30 g/L (consensus français, « arbitraire »), pas de traitement ailleurs.
  • Prévention secondaire : 0,55 g/L (ESC/EAS, consensus, ACC/AHA au très haut risque), 0,70 g/L (ACC/AHA), 0,77 g/L (NICE), pas de cible (CNGE, billet ; HAS : objectif non chiffré, seuil de remboursement des anti-PCSK9 à 0,70 g/L).
  • Molécule : intensité choisie selon l'écart à la cible (ESC/EAS, consensus) ; atorvastatine 20 puis 80 mg (NICE) ; molécules éprouvées à dose fixe (HAS 2012, CNGE, billet).

Le niveau de preuve des cibles

Aucun essai n'a comparé, en prévention primaire, une stratégie par cible à une dose fixe. En prévention secondaire, seuls Treat Stroke to Target (après AVC : < 0,70 contre 0,90–1,10 g/L, moins d'événements) et LODESTAR (cible 0,50–0,70 g/L contre forte intensité : non inférieure) l'ont fait. Les cibles européennes reposent sur la relation entre baisse du LDL et événements (CTT, FOURIER, IMPROVE-IT) ; le consensus français classe ses cibles de prévention primaire en IIa C (avis d'experts).

Références

  1. Mach F et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J 2020;41:111–88, PMID 31504418 ; 2025 Focused Update. Eur Heart J 2025, doi:10.1093/eurheartj/ehaf190.
  2. Bouillet B et al. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC. Ann Endocrinol 2026;87:102471 ; Diabetes Metab 2026;52:101725. PubMed 41651737
  3. HAS. Choix de la statine (2012) ; Prévention vasculaire après un infarctus cérébral ou un AIT (2014) has-sante.fr ; Guide du parcours de soins, syndrome coronarien chronique (2021) has-sante.fr ; Principales dyslipidémies (2017, abrogée le 21/11/2018).
  4. Blumenthal RS, Morris PB et al. 2026 ACC/AHA/AACVPR/ABC/ACPM/ADA/AGS/APhA/ASPC/NLA/PCNA Guideline on the Management of Dyslipidemia. J Am Coll Cardiol 2026;87:2624–757, doi:10.1016/j.jacc.2025.11.016 (remplace Grundy SM et al. 2018, Circulation 2019;139:e1082).
  5. NICE. NG238, Cardiovascular disease: risk assessment and reduction, including lipid modification (14/12/2023). nice.org.uk
  6. US Preventive Services Task Force. JAMA 2022;328:746–53, PMID 35997723.
  7. CNGE. Patients hypercholestérolémiques, communiqué du 31/05/2017. cnge.fr ; Kolber MR et al. Simplified lipid guideline (PEER). Can Fam Physician 2023;69:675–86, PMID 37833089.
  8. Hong SJ et al. (LODESTAR). Treat-to-target or high-intensity statin in patients with coronary artery disease. JAMA 2023;329:1078–87.
05 · Dépister

Bilan lipidique : qui, quand, comment

Le consensus français 2026 gradue les indications de l'exploration d'une anomalie lipidique (EAL) et supprime le jeûne systématique.

SituationEALForce
Au moins un facteur de risque (tabac, HTA, diabète, dyslipidémie, obésité, maladie rénale chronique), antécédent familial de maladie CV précoce, hypercholestérolémie familiale connue dans la famille, VIH, maladie CV documentéeÀ faireI B
Sans facteur de risque : homme ≥ 40 ans, femme ≥ 50 ans ou ménopauséePeut être faitIIa B
Maladie inflammatoire chronique ou auto-immune ; avant un traitement qui modifie les lipides (corticoïdes, rétinoïdes, immunosuppresseurs…)Peut être faitIIa C
Cancer évolutif, BPCO, apnées du sommeil, dysfonction érectile, antécédent de trouble hypertensif de la grossessePeut être faitIIa C
Dyslipidémie sévère dans la familleDès l'enfance ou chez l'adulte jeuneIIa B
Avant une contraception œstroprogestativeEAL + glycémie à jeun, à recontrôler 3 à 6 mois après le débutHAS

Contenu et technique

  • Mesure du cholestérol total, du HDL et des triglycérides ; LDL calculé par Friedewald, mesuré si TG > 3,4 g/L ou valeurs très basses sous traitement intensif.
  • Jeûne non systématique : le non-HDL et l'apoB ont la même valeur prédictive à jeun ou non ; le jeûne reste utile en cas d'hypertriglycéridémie.
  • Non-HDL = CT − HDL : alternative robuste au LDL si hypertriglycéridémie (diabète, syndrome métabolique, insuffisance rénale) ; cibles 0,30 g/L au-dessus de celles du LDL.
  • Une anomalie nouvelle se confirme sur un second prélèvement avant toute décision.

Rythme

  • Risque faible ou modéré, bilan stable, sans événement intercurrent : réévaluer le risque tous les 5 ans (consensus 2026, IIb C).
  • Après instauration ou modification d'un hypolipémiant : EAL et transaminases 4 à 12 semaines après, jusqu'à la cible, puis une fois par an (consensus 2026). L'outil d'origine disait 4 à 8 semaines ; l'ESC/EAS dit 4 à 6 semaines.
  • Diabète : au moins une fois par an. VIH : au diagnostic, 1 à 3 mois après le début ou tout changement d'antirétroviral, puis tous les 6 à 12 mois s'il existe un facteur de risque.
  • Après 75 ans en prévention primaire : pas de données pour des cibles ; décision individuelle (espérance de vie, fragilité, préférences).

Éliminer une dyslipidémie secondaire

Bilan orienté par la clinique : TSH, glycémie à jeun, créatinine, protéinurie, bilan hépatique.

ProfilCauses à rechercher
Hypercholestérolémie prédominanteHypothyroïdie, cholestase (dont cholangite biliaire primitive), cytolyse hépatique, anorexie mentale
Hypertriglycéridémie prédominanteAlcool, diabète, obésité, sepsis, syndrome de Cushing, acromégalie
Hyperlipidémie mixteSyndrome néphrotique, insuffisance rénale chronique, gammapathie monoclonale ou myélome (électrophorèse des protéines)
MédicamentsŒstrogènes oraux, rétinoïdes, corticoïdes, antirétroviraux, antipsychotiques, immunosuppresseurs, inhibiteurs de mTOR, inhibiteurs de tyrosine kinase

Références

  1. Bouillet B, Boulestreau R, Aboyans V, et al. Management of dyslipidemia in adults. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC. Diabetes Metab 2026;52(2):101725 ; Ann Endocrinol 2026;87:102471 (§ 3.1–3.2, tableaux 2 et R1). PubMed 41651737
  2. Mach F, Koskinas KC, et al. 2025 Focused Update of the 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J 2025;46:4359. doi:10.1093/eurheartj/ehaf190
  3. HAS. Contraception chez la femme à risque cardiovasculaire. Fiche mémo, 2013, mise à jour 2019. has-sante.fr
06 · Dépister

Glycémie, rein et vaisseaux

Le diabète et la maladie rénale changent l'équation ou classent d'emblée : ils se dépistent avant de calculer.

Glycémie veineuse à jeun

  • Dépistage ciblé dès 45 ans avec au moins un facteur de risque : surpoids ou obésité, antécédent familial de diabète au 1er degré, HTA, dyslipidémie, antécédent de diabète gestationnel ou de macrosomie, traitement diabétogène, origine à risque, précarité. Aussi en cas de syndrome métabolique.
  • Normale (< 1,10 g/L) : contrôle à 3 ans ; facteurs multiples : tous les 1 à 3 ans ; hyperglycémie modérée à jeun (1,10–1,25 g/L) : contrôle annuel et mesures hygiéno-diététiques ; ≥ 1,26 g/L à deux reprises : diabète.
  • Une glycémie élevée à la phase aiguë d'un syndrome coronarien se recontrôle à distance (3 mois).

Maladie rénale chronique

  • Deux examens conjoints : créatinine avec DFG estimé (CKD-EPI) et rapport albumine/créatinine urinaire sur échantillon.
  • Une fois par an : diabète, HTA, maladie cardiovasculaire, obésité, âge > 60 ans, maladie de système.
  • Toute anomalie se confirme à 3 mois, hors épisode aigu, AINS ou produit de contraste récent. Avis néphrologique si DFG < 30 (ou < 45 selon le contexte), déclin rapide, albuminurie importante.
  • Stade G3a/A2, G3b à G5 et A3 : risque CV élevé ou très élevé (consensus 2026, I A). En dialyse sans maladie athéromateuse, ne pas débuter de statine (III A).

Index de pression systolique (IPS)

  • Asymptomatique à risque : plus de 50 ans avec facteur de risque, fumeur ou ancien fumeur, antécédent familial d'artériopathie ou d'anévrisme ; diabétique : une fois par an ; symptômes : immédiat.
  • 1,00–1,40 normal ; 0,91–0,99 limite ; ≤ 0,90 artériopathie (classe en très haut risque) ; > 1,40 artères incompressibles (médiacalcose : IPS au gros orteil, écho-doppler).
  • L'IPS aide peu à reclasser un risque (faux négatifs par médiacalcose) mais reste l'examen diagnostique de l'artériopathie (consensus 2026).

ECG et mesure de la pression

  • ECG de repos au diagnostic d'une HTA et d'un diabète (puis chaque année chez le diabétique), devant toute douleur thoracique ou palpitation. Un ECG normal n'exclut pas une coronaropathie.
  • Confirmer toute HTA suspectée au cabinet par automesure ou MAPA. Seuils de MAPA : jour ≥ 135/85, nuit ≥ 120/70, 24 h ≥ 130/80 mmHg ; automesure ≥ 135/85 mmHg.

Références

  1. ANAES/HAS. Principes de dépistage du diabète de type 2, 2003 ; HAS. Guide du parcours de soins, diabète de type 2 de l'adulte, 2025. has-sante.fr
  2. KDIGO 2024 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of CKD. Kidney Int 2024;105(4S):S117–S314. doi:10.1016/j.kint.2023.10.018
  3. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026 (voir réf. 1 de la fiche 05), § 3.5 et 8.2, tableau R5.
  4. McEvoy JW et al. 2024 ESC Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension. Eur Heart J 2024;45:3912–4018. doi:10.1093/eurheartj/ehae178
07 · Dépister

Lp(a) et apoB

Deux dosages qui corrigent ce que le LDL sous-estime.

Lp(a)

  • Facteur de risque causal, déterminé à plus de 90 % par la génétique, stable toute la vie (elle augmente d'environ 10 % après la ménopause : recontrôler si la valeur était limite). Non corrigée par les statines ; les anti-PCSK9 la baissent d'environ 20 %.
  • ESC/EAS 2025 : à doser au moins une fois chez tout adulte, au premier bilan ou au suivant ; > 50 mg/dL (105 nmol/L) = facteur de majoration du risque (IIa B).
  • Consensus 2026 : au moins une fois en cas de coronaropathie précoce, hypercholestérolémie familiale, antécédent familial précoce, récidive coronaire sous traitement optimal, diabète ou maladie rénale (IIa C) ; élevée si > 125 nmol/L (≈ 0,5 g/L) (I A) ; > 250 nmol/L (1 g/L) : intensifier la baisse du LDL (IIb B) et faire une imagerie (score calcique ou doppler carotidien).
  • Au-delà de 180 mg/dL (≈ 430 nmol/L), le surrisque est comparable à celui d'une hypercholestérolémie familiale hétérozygote (consensus EAS 2022).
  • Non remboursée ; ne pas doser en période inflammatoire. Les deux unités ne se convertissent qu'approximativement (1 mg/dL ≈ 2,15 nmol/L).
  • Le LDL calculé contient le cholestérol de la Lp(a) : LDL corrigé (mg/dL) = LDL − 0,30 × Lp(a) (mg/dL) (consensus 2026).

ApoB

  • Une apoB par particule athérogène (LDL, VLDL, IDL, Lp(a)) : reflète le nombre de particules, se dose non à jeun, sans calcul.
  • À doser quand le LDL sous-estime le risque : hypertriglycéridémie, diabète, syndrome métabolique, obésité, LDL bas avec risque élevé (consensus 2026, I A).
  • Cibles ESC/EAS : < 0,65 g/L (très élevé), < 0,80 g/L (élevé), < 1,00 g/L (modéré).

Références

  1. ESC/EAS 2025 (voir fiche 05), § 6, encadré 1 et tableau de recommandations 4.
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 3.1 et 8.8, tableau R5.
  3. Kronenberg F et al. Lipoprotein(a) in atherosclerotic cardiovascular disease and aortic stenosis: a European Atherosclerosis Society consensus statement. Eur Heart J 2022;43:3925–46. doi:10.1093/eurheartj/ehac361
08 · Dépister

Score calcique coronaire

Un scanner sans injection qui reclasse le risque. Il ne se prescrit pas en routine, ni « pour se rassurer ».

Quand le demander

  • Risque modéré, ou LDL proche d'un seuil de décision, chez un patient asymptomatique : reclasser vers le haut ou vers le bas (ESC/EAS 2025, IIa B ; consensus 2026).
  • Diabète de 35 à 75 ans resté « à haut risque » après les étapes cliniques de l'algorithme SFD/SFC.
  • Lp(a) > 250 nmol/L (consensus 2026).

Ne pas le demander

  • Risque déjà très élevé ou prévention secondaire ; avant 40 ans (athérome pas encore calcifié) ; sujet très âgé ou dont l'espérance de vie rend la prévention futile ; dans les 5 ans suivant un premier examen.
  • Devant des symptômes, ce n'est plus un dépistage : probabilité clinique (RF-CL) d'abord. Le score calcique sert seulement à reclasser une probabilité faible (> 5 à 15 %) (ESC 2024, IIa B) ; au-delà, coroscanner ou test fonctionnel, avec avis cardiologique. Il ne recherche pas l'ischémie.

Arbre « faut-il le demander ? », percentile MESA et lecture détaillée : outil Coronaires.

Lire le résultat

Score (UA)SignificationConduite
0Pas de calcification ; forte valeur prédictive négative (≈ 10 ans, ≈ 5 ans chez le diabétique)Au risque modéré, argument pour différer la statine en décision partagée. Ne suffit pas en cas de tabac actif, diabète ou antécédent familial de maladie cardiovasculaire précoce (ACC/AHA 2018), d'hypercholestérolémie familiale ou LDL ≥ 1,90 g/L, de Lp(a) > 250 nmol/L (consensus 2026). N'exclut pas une plaque non calcifiée.
1–99Athérome calcifié débutantLe percentile pour l'âge et le sexe tranche : au-delà du 75e, discuter la catégorie supérieure et la statine.
100–300Athérome constituéArgument pour la catégorie supérieure (ESC/EAS 2025 ; consensus 2026), donc au moins risque élevé chez un patient au risque modéré ; ACC/AHA 2018 : statine indiquée. Chez le diabétique de moins de 60 ans : très haut risque (SFD/SFC).
> 300Athérosclérose infraclinique documentée, équivalente à une prévention secondaireRisque très élevé : cible < 0,55 g/L et baisse ≥ 50 % (ESC/EAS 2025, tableau 3 ; consensus 2026).

Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine retenait « ≥ 400 = équivalent haut risque » et proposait de discuter l'aspirine dès 100 UA. L'ESC/EAS 2025 et le consensus 2026 placent le seuil du très haut risque à > 300 UA ; l'aspirine n'est pas recommandée en prévention primaire (voir fiche 17).

Limites

  • Aucun essai n'a montré qu'une stratégie guidée par le score calcique améliore le pronostic : il reclasse, il ne soigne pas.
  • Sous statine, les plaques se calcifient en se stabilisant : interpréter avec prudence chez un patient traité.
  • Irradiant (≈ 1 mSv). Remboursement en ville variable selon les sources : à vérifier, prévenir d'un reste à charge possible et conseiller de demander un devis.

Références

  1. ESC/EAS 2025, § 3 et tableau de recommandations 1.
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 3.5.1 et tableau 3.
  3. Valensi P et al. Cardiovascular risk stratification and screening for coronary artery disease in asymptomatic diabetic patients (SFD/SFC). Diabetes Metab 2021;47:101185. doi:10.1016/j.diabet.2020.08.002
09 · Classer

Catégories de risque

D'abord les situations qui classent d'emblée ; l'équation ne sert qu'à la personne apparemment saine (et au diabétique de type 2 de 40 à 69 ans).

Très élevé

  • Maladie athéromateuse documentée : syndrome coronarien aigu ou chronique, revascularisation, AVC ischémique, AIT, artériopathie, anévrisme aortique ; plaque > 50 % à l'imagerie ; score calcique > 300 UA.
  • Diabète avec atteinte d'organe cible (dont albuminurie A2 ou A3), ou ≥ 3 facteurs de risque majeurs, ou type 1 de début précoce évoluant depuis plus de 20 ans. Diabète avec A2 : très élevé pour l'ESC/EAS 2025 (microalbuminurie = atteinte d'organe), « au moins élevé » pour le consensus 2026 ; l'outil suit l'ESC/EAS 2025.
  • DFG < 30 ; DFG 30–44 avec albuminurie A2–A3 ; DFG 45–59 avec A3.
  • SCORE2 ou SCORE2-OP ≥ 20 %.
  • Hypercholestérolémie familiale avec maladie athéromateuse ou autre facteur majeur.

Élevé

  • Facteur isolé très élevé : CT > 8 mmol/L (3,10 g/L), LDL > 4,9 mmol/L (1,90 g/L), PA ≥ 180/110 mmHg ; HTA avec atteinte d'organe.
  • Hypercholestérolémie familiale sans autre facteur.
  • Diabète sans atteinte d'organe, évoluant depuis ≥ 10 ans ou avec un autre facteur.
  • DFG 30–59, quelle que soit l'albuminurie (ESC/EAS 2025) ; ≥ 60 avec A3.
  • SCORE2 ou SCORE2-OP de 10 à < 20 %.

Modéré / faible

  • Modéré : SCORE2 de 2 à < 10 % ; diabète du sujet jeune (type 1 < 35 ans, type 2 < 50 ans) de moins de 10 ans sans autre facteur ; DFG ≥ 60 avec A2 (hors diabète). La grille du consensus 2026 range aussi 45–59/A1 en modéré ; l'ESC/EAS 2025 le classe élevé : l'outil retient le plus élevé, pour qu'une donnée rénale ne fasse jamais baisser la catégorie. Tout diabétique est au moins à risque modéré (consensus 2026).
  • Faible : SCORE2 ou SCORE2-OP < 2 %.

Quelle équation ?

PopulationOutil
Apparemment saine, 40–69 ansSCORE2, région à bas risque (France métropolitaine)
Apparemment saine, 70–89 ansSCORE2-OP
Diabète de type 2, 40–69 ans, sans maladie athéromateuse ni atteinte d'organeSCORE2-Diabetes (ESC 2023, I B)
Diabète de type 1 ou 2, 35–75 ansAlgorithme SFD/SFC (consensus 2026, IIa C)
Hypercholestérolémie familiale, maladie athéromateusePas d'équation : classement d'emblée
Maladie rénale chroniqueClassement d'emblée ; SCORE2 (non validé ici) est calculé seulement pour ne pas sous-classer : l'outil retient la plus élevée des deux catégories

Ne pas utiliser SCORE2 sous hypolipémiant, ni pour « réévaluer » le risque après avoir traité (consensus 2026).

Pourquoi des seuils fixes ?

L'ESC 2021 (prévention) interprétait SCORE2 par tranche d'âge : < 2,5 / 7,5 % avant 50 ans, < 5 / 10 % de 50 à 69 ans, < 7,5 / 15 % après 70 ans. Pour fixer la cible de LDL, la mise à jour ESC/EAS 2025 et le consensus français 2026 ont adopté des seuils uniques (2, 10 et 20 %), obtenus en multipliant par deux les anciens seuils du SCORE (mortalité).

Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine et son protocole utilisaient les seuils par âge de 2021 pour choisir la cible de LDL. L'outil affiche désormais la catégorie 2025, et la lecture 2021 en information (elle reste celle du calculateur SCORE2 de la page Scores).

Modificateurs de risque

SCORE2 et SCORE2-OP sous-estiment souvent le risque individuel. Chez un patient à risque modéré ou proche d'un seuil, rechercher : antécédent familial précoce, origine à haut risque, stress psychosocial, précarité, obésité, sédentarité, maladie inflammatoire chronique (CRP ultrasensible > 2 mg/L persistante), trouble psychiatrique majeur, ménopause précoce, trouble hypertensif de la grossesse, VIH, apnées du sommeil, Lp(a) > 50 mg/dL. On ne sait pas chiffrer leur poids : ils font discuter la catégorie supérieure (IIa B), et l'imagerie peut trancher. Les modificateurs propres aux femmes (ménopause précoce, prééclampsie, diabète gestationnel) sont souvent oubliés. Les statines sont aussi efficaces chez la femme que chez l'homme (méta-analyse CTT) ; les effets musculaires y sont rapportés plus souvent.

Références

  1. ESC/EAS 2025, tableau 3 (catégories), encadré 1 (modificateurs), tableau de recommandations 1.
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 3.3–3.4, tableaux 3 et 4.
  3. Visseren FLJ et al. 2021 ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention in clinical practice. Eur Heart J 2021;42:3227–337. doi:10.1093/eurheartj/ehab484
  4. Marx N et al. 2023 ESC Guidelines for the management of cardiovascular disease in patients with diabetes. Eur Heart J 2023;44:4043–140. doi:10.1093/eurheartj/ehad192
10 · Classer

Cibles de LDL, non-HDL et apoB

Le consensus français ne distingue plus le seuil d'intervention de la cible : la cible est le seuil.

CatégorieLDL (consensus 2026)ESC/EASNon-HDLApoBEt
Faible< 1,30 g/L (3,4 mmol/L), IIa C< 1,16 g/L (3,0 mmol/L)< 1,60 g/L——
Modéré< 1,00 g/L (2,6 mmol/L) ; diabète I B, sinon IIa C< 1,00 g/L< 1,30 g/L< 1,00 g/L—
Élevé< 0,70 g/L (1,8 mmol/L)< 0,70 g/L< 1,00 g/L< 0,80 g/Lbaisse ≥ 50 %
Très élevé< 0,55 g/L (1,4 mmol/L) ; prévention secondaire I A, quel que soit l'âge< 0,55 g/L< 0,85 g/L< 0,65 g/Lbaisse ≥ 50 %
Récidive sous statine maximale, atteinte polyvasculaire—< 0,40 g/L (1,0 mmol/L) envisageable, IIb——

Qui traiter

  • Risque élevé ou très élevé : statine recommandée d'emblée avec les mesures hygiéno-diététiques, d'intensité adaptée à l'écart à la cible.
  • Risque faible ou modéré : aucun essai n'a défini de cible ; statine en décision partagée si le LDL reste au-dessus de la cible malgré des mesures hygiéno-diététiques bien conduites.
  • En prévention primaire, les cibles « élevé » et « très élevé » sont jugées raisonnables avant 75 ans ; au-delà, pas de cible fondée sur des preuves.
  • Si la cible n'est pas atteignable avec les moyens disponibles au risque élevé ou très élevé : obtenir au moins une baisse de 50 % du LDL initial.

Écarts avec l'outil d'origine

Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine appliquait les cibles ESC (1,16 g/L au risque faible) et une catégorie « extrême » (< 0,40 g/L). Le consensus français retient 1,30 g/L au risque faible (valeur qu'il qualifie lui-même d'arbitraire, calée sur le LDL moyen de l'adulte français) ; l'ESC/EAS 2025 ne crée pas de catégorie « extrême » : la cible < 0,40 g/L est une option de classe IIb pour la récidive sous statine maximale et l'atteinte polyvasculaire. Les deux valeurs sont affichées.

Références

  1. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 6.1, tableaux 7 et R3.
  2. ESC/EAS 2025, figure 1 et tableau 4 ; Mach F et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J 2020;41:111–88. doi:10.1093/eurheartj/ehz455
11 · Classer

Hypercholestérolémie familiale

Y penser devant un LDL > 1,90 g/L sans traitement, une coronaropathie précoce, des xanthomes ou une histoire familiale. Premier événement en France vers 47 ans en moyenne.

Démarche

  1. Confirmer sur un second prélèvement ; retenir le LDL le plus élevé connu, idéalement avant traitement.
  2. Éliminer une cause secondaire : TSH, protéinurie et albuminémie (syndrome néphrotique), bilan hépatique (cholestase), diabète déséquilibré, médicaments.
  3. Rechercher xanthomes tendineux, arc cornéen avant 45 ans, antécédents familiaux.
  4. Calculer le score Dutch Lipid Clinic (dans le calculateur ou sur la page Scores) : > 8 certaine, 6–8 probable, 3–5 possible.
  5. Score > 5 : avis spécialisé pour test génétique (LDLR ≈ 75 %, APOB ≈ 7 %, PCSK9 et APOE < 1 %) et dépistage familial en cascade des apparentés du 1er degré.
  6. Ne pas attendre pour traiter : statine dès 8 ans dans les formes familiales.

Cibles (consensus 2026)

  • < 0,55 g/L si autre facteur de risque (dont Lp(a) élevée ou traitement débuté tard : après 18 ans chez l'homme, 30 ans chez la femme).
  • < 0,70 g/L sans autre facteur ; < 1,00 g/L chez l'adulte traité tôt, sans facteur ni athérosclérose.
  • LDL ≥ 3,3 g/L, souvent ≥ 4 g/L avec dépôts extravasculaires et parents tous deux atteints : penser à une forme homozygote, centre expert (CEDRA) sans délai.

Références

  1. Nordestgaard BG et al. Familial hypercholesterolaemia is underdiagnosed and undertreated in the general population. EAS consensus. Eur Heart J 2013;34:3478–90. doi:10.1093/eurheartj/eht273
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 6.3.
12 · Traiter

Statines : molécule, dose, intensité

L'intensité se choisit selon l'écart entre le LDL et la cible ; en prévention primaire, on commence à la plus faible dose suffisante et on titre.

Intensité (baisse du LDL)Molécules et doses
Faible (20–30 %)Fluvastatine 20–40 mg ; pravastatine 10–20 mg ; simvastatine 10 mg
Modérée (30–50 %)Atorvastatine 10–20 mg ; fluvastatine 80 mg ; pravastatine 40 mg ; simvastatine 20–40 mg ; rosuvastatine 5 mg
Forte (≥ 50 %)Atorvastatine 40–80 mg ; rosuvastatine 10–20 mg
Baisse moyenne (STELLAR)10 mg20 mg40 mg80 mg
Rosuvastatine46 %52 %55 %—
Atorvastatine37 %43 %48 %51 %
Simvastatine28 %35 %39 %—
Pravastatine20 %24 %30 %—

Choisir

  • Prévention secondaire : forte intensité d'emblée (atorvastatine 40–80 mg, rosuvastatine 20 mg). Après un syndrome coronarien aigu sans traitement antérieur, l'association statine forte + ézétimibe dès l'hospitalisation est à envisager (ESC/EAS 2025, IIa B).
  • Interactions (CYP3A4) : préférer rosuvastatine ou pravastatine (pravastatine ou fluvastatine si DFG < 30).
  • DFG < 30 : atorvastatine (élimination hépatique) ; rosuvastatine contre-indiquée à tous les dosages (RCP). DFG < 30 avec un inhibiteur puissant du CYP3A4 : pravastatine (10 mg au départ, RCP) ou fluvastatine, à dose prudente, avis spécialisé.
  • DFG 30–59 : rosuvastatine à 5 mg au départ, 40 mg contre-indiqué (RCP, clairance de la créatinine 30–60 mL/min).
  • Rosuvastatine 40 mg : réservée par le RCP à l'hypercholestérolémie sévère à haut risque, sous surveillance ; contre-indiquée chez les patients d'origine asiatique. L'outil ne la propose pas d'emblée.
  • La baisse varie beaucoup d'un patient à l'autre : 75 % de l'effet est acquis en une semaine ; contrôler l'EAL après chaque changement.

Corrections au-cabinet 2026-09-28 : baisses moyennes reprises de STELLAR (l'outil d'origine donnait par exemple 55 % pour l'atorvastatine 80 mg au lieu de 51 %) ; rosuvastatine 10 mg classée « forte » comme dans le consensus 2026 (l'ESC la classe modérée) ; pitavastatine retirée des propositions, non disponible en France selon le consensus 2026.

Ce que les statines font (et ne font pas)

  • −21 % d'événements CV majeurs et −10 % de mortalité totale par mmol/L (0,39 g/L) de LDL en moins (CTT).
  • Myopathie vraie (CPK > 10 N) : ≈ 1 pour 10 000 patients par an ; rhabdomyolyse : 2 à 3 pour 100 000. Symptômes musculaires dans les essais en aveugle : 10 à 20 cas pour 10 000 par an.
  • Diabète induit : 5 à 10 cas pour 10 000 patients traités par an ; bénéfice CV environ trois fois supérieur.
  • Pas de lien retrouvé avec le cancer, le déclin cognitif ou l'insuffisance rénale.
  • Levure de riz rouge (monacoline K = lovastatine) et phytostérols : non recommandés (consensus 2026, III B ; ESC/EAS 2025, III B pour les compléments alimentaires).

Références

  1. Jones PH et al. Comparison of the efficacy and safety of rosuvastatin versus atorvastatin, simvastatin, and pravastatin across doses (STELLAR). Am J Cardiol 2003;92:152–60. doi:10.1016/S0002-9149(03)00530-7
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 5.1, tableau 5.
  3. Cholesterol Treatment Trialists' (CTT) Collaboration. Efficacy and safety of more intensive lowering of LDL cholesterol. Lancet 2010;376:1670–81. doi:10.1016/S0140-6736(10)61350-5
  4. Rosuvastatine : résumé des caractéristiques du produit. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
13 · Traiter

Au-delà des statines

Statine à la dose maximale tolérée, puis ézétimibe, puis anti-PCSK9 chez les patients éligibles ; acide bempédoïque si les statines ne sont pas possibles.

MédicamentBaisse du LDLPlacePrise en charge en France
Ézétimibe 10 mg (associations fixes avec atorvastatine ou rosuvastatine)15–22 %2e ligne si cible non atteinte sous statine maximale tolérée (I B) ; seul en cas de contre-indication ou d'intolérance aux statines. IMPROVE-IT : −7 % d'événements.Remboursé
Anti-PCSK9 (évolocumab, alirocumab)50–60 %Prévention secondaire avec LDL > 0,70 g/L sous statine + ézétimibe maximaux (I A) ; hypercholestérolémie familiale relevant de l'aphérèse (LDL > 3 g/L sous traitement oral maximal). Ne pas arrêter la statine.Médicament d'exception, prescription initiale spécialisée
Acide bempédoïque 180 mg (seul, ou associé à l'ézétimibe)17–28 % ; ≈ 38 % avec l'ézétimibeRecommandé si les statines ne sont pas possibles (ESC/EAS 2025, I B) ; en ajout à une statine au risque élevé ou très élevé (IIa C). CLEAR Outcomes : −13 % d'événements CV majeurs. Surveiller acide urique (goutte), fonction rénale, enzymes hépatiques.Remboursé seulement chez l'adulte à risque élevé ou très élevé avec intolérance ou contre-indication aux statines, LDL non à la cible
Inclisiran (ARN interférent, 2 injections par an après la phase d'initiation)≈ 50 %Pas encore de résultat sur les événements (essais attendus en 2026–2027).Avis favorable de la HAS (2024) uniquement dans l'hypercholestérolémie familiale hétérozygote en prévention primaire ; le consensus 2026 le dit non commercialisé en France : à vérifier
Icosapent d'éthyle 2 × 2 g/jTG −10 à −45 %Risque élevé ou très élevé avec TG 1,5–5 g/L malgré une statine (ESC/EAS 2025, IIa B). Surveiller fibrillation atriale et saignements. Les autres oméga-3 n'ont pas cette place.Avis favorable de la HAS en prévention secondaire ; prise en charge effective : non trouvée

Corrections au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine présentait les anti-PCSK9 comme remboursés dans toute hypercholestérolémie familiale hétérozygote en 3e ligne ; le consensus 2026 les limite, en prévention primaire, aux formes relevant de l'aphérèse. Il présentait l'inclisiran comme remboursé : seul l'avis favorable de la HAS est trouvé. L'aphérèse des LDL reste réservée aux formes familiales sévères, en centre spécialisé.

Références

  1. ESC/EAS 2025, § 4–5, tableau de recommandations 2 et 5, figure 2.
  2. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 5.2–5.4 et 6.1, tableau R3.
  3. HAS, Commission de la transparence : NILEMDO (acide bempédoïque), avis 2025 ; LEQVIO (inclisiran), avis août 2024 ; VAZKEPA (icosapent d'éthyle). Nilemdo, Leqvio, Vazkepa
  4. Nissen SE et al. Bempedoic acid and cardiovascular outcomes in statin-intolerant patients (CLEAR Outcomes). N Engl J Med 2023;388:1353–64. doi:10.1056/NEJMoa2215024
14 · Traiter

Surveillance et interactions

Avant et sous statine

  • Avant : transaminases (hépatopathie évolutive = contre-indication) ; CPK seulement chez les sujets à risque de myopathie (DFG < 60, hypothyroïdie, plus de 80 ans, myopathie connue, CPK élevées antérieures, association au fénofibrate), contre-indication si CPK > 5 N ; glycémie à jeun si risque de diabète.
  • Après : EAL et transaminases 4 à 12 semaines après chaque changement, puis une fois par an.
  • Transaminases > 3 N de façon persistante : baisser la dose ou arrêter.
  • CPK seulement en cas de symptômes : > 10 N, arrêt définitif ; 4 à 10 N, suspension jusqu'à normalisation puis reprise à dose plus faible.

Interactions

  • Simvastatine et atorvastatine passent par le CYP3A4 : azolés, macrolides, antiprotéases, cobicistat (simvastatine contre-indiquée), vérapamil, diltiazem, amlodipine, amiodarone, ranolazine, pamplemousse.
  • Pravastatine, rosuvastatine, fluvastatine : peu ou pas métabolisées par le CYP3A4. Les inhibiteurs d'intégrase du VIH n'interagissent pas (vérifier sur hiv-druginteractions.org).
  • Ciclosporine : augmente l'exposition à toutes les statines ; pas de rosuvastatine. Tacrolimus : moins d'interactions.
  • Gemfibrozil + statine : à éviter (préférer le fénofibrate si un fibrate est nécessaire). Acide fusidique : suspendre la statine pendant la cure.
  • Hypothyroïdie non traitée : la corriger avant d'instaurer ou d'augmenter la statine.

Adresser au cardiologue ou au lipidologue

  • LDL très élevé (≥ 3,3 g/L) : forme sévère ou homozygote possible, centre expert rapidement.
  • Hypercholestérolémie familiale suspectée ou confirmée : confirmation, génétique, dépistage familial.
  • Cible non atteinte malgré statine maximale tolérée + ézétimibe au risque élevé ou très élevé : discuter anti-PCSK9, acide bempédoïque.
  • Intolérance aux statines à confirmer ; Lp(a) très élevée ; triglycérides ≥ 5 g/L (risque de pancréatite, cause secondaire) ; insuffisance rénale sévère ; interaction majeure (ciclosporine).
  • Maladie athéromateuse : suivi cardiologique ; diabète avec maladie CV : discuter iSGLT2 ou agoniste du GLP-1 à bénéfice CV démontré.

Références

  1. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 5.1.3, 6.1 et 7, tableau 6.
  2. University of Liverpool. HIV drug interactions. hiv-druginteractions.org
15 · Traiter

Âge, grossesse, VIH, cancer

Après 75 ans

  • Prévention secondaire : même cible (< 0,55 g/L) que chez le plus jeune.
  • Prévention primaire : pas de cible fondée sur des preuves ; tenir compte de l'espérance de vie, de la fragilité, des comorbidités et du choix du patient. Il faut environ 2,5 ans de statine pour éviter un événement : ne pas débuter si l'espérance de vie est plus courte.
  • Chez les 75 ans et plus, −23 % d'événements par mmol/L de LDL en moins (méta-analyse citée par le consensus). Essais en cours en prévention primaire.

Grossesse et allaitement

  • Aucun hypolipémiant n'est indiqué pendant la grossesse, sauf la cholestyramine (non absorbée ; mal tolérée).
  • Les données sur l'exposition aux statines sont rassurantes. Dans l'hypercholestérolémie familiale sévère, après avis spécialisé, une statine peut se discuter (pravastatine de préférence, 2e et 3e trimestres) selon le CRAT.
  • Femme en âge de procréer sous traitement : contraception efficace ; arrêter avant la conception.
  • Contraception œstroprogestative : contre-indiquée en cas de maladie coronaire ou d'AVC, HTA non contrôlée, thrombophilie, tabac après 35 ans… Chez la femme dyslipidémique ou à risque CV, préférer une contraception non hormonale ou progestative seule (consensus 2026, IIa B).

Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine disait les statines, l'ézétimibe et les anti-PCSK9 « contre-indiqués » pendant la grossesse sans nuance ; le consensus 2026 et le CRAT (2025) admettent une exception encadrée dans l'hypercholestérolémie familiale sévère.

VIH

  • ESC/EAS 2025 : statine recommandée dès 40 ans en prévention primaire, quel que soit le risque estimé et le LDL (I B ; REPRIEVE, pitavastatine).
  • Consensus 2026 : raisonnable au risque modéré (IIa B), à envisager au risque faible (IIb B) ; atorvastatine 10 mg ou rosuvastatine 5 mg au risque modéré (European AIDS Clinical Society).
  • Choisir la statine selon les interactions avec les antirétroviraux.

Cancer

Une statine est à envisager chez l'adulte à risque élevé ou très élevé de cardiotoxicité des anthracyclines (ESC/EAS 2025, IIa B).

Références

  1. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 8.5–8.7, tableau R5.
  2. ESC/EAS 2025, § 8–9, tableaux de recommandations 6 et 7.
  3. CRAT, Centre de référence sur les agents tératogènes. Statines. lecrat.fr
16 · Traiter

Pression artérielle

La PA pèse dans SCORE2 et se traite avec la même logique de risque global. Deux sociétés européennes, deux lectures proches.

ESH 2023ESC 2024
Traiter par médicamentPA ≥ 140/90 de 18 à 79 ans ; PAS ≥ 160 à 80 ans et plusPA ≥ 140/90 ; PA « élevée » 120–139/70–89 et risque élevé (maladie CV, diabète, maladie rénale, hypercholestérolémie familiale, SCORE2 ≥ 10 %) : traiter si ≥ 130/80 après 3 mois de mesures hygiéno-diététiques
Cible18–64 ans : < 130/80 ; 65–79 ans : < 140/80, puis < 130/80 si bien toléré ; 80 ans et plus : PAS 140–150PAS 120–129 et PAD 70–79 chez la plupart des adultes si bien toléré ; sinon « aussi bas que raisonnablement possible » (≥ 85 ans, fragilité, hypotension orthostatique)
Premier traitementLe plus souvent bithérapie en un comprimé : IEC ou ARA2 + inhibiteur calcique ou diurétique thiazidique (ou apparenté)

Toujours confirmer par automesure ou MAPA avant de poser le diagnostic. Au cabinet, viser au moins < 140/90 pour tous, en tenant compte de l'âge, de la fragilité et de la tolérance.

Références

  1. Mancia G et al. 2023 ESH Guidelines for the management of arterial hypertension. J Hypertens 2023;41:1874–2071. doi:10.1097/HJH.0000000000003480
  2. McEvoy JW et al. 2024 ESC Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension. Eur Heart J 2024;45:3912–4018. doi:10.1093/eurheartj/ehae178
17 · Traiter

Aspirine, tabac, mode de vie

Antiagrégant

  • Prévention secondaire : aspirine 75–100 mg/j (ou clopidogrel selon le contexte).
  • Prévention primaire : non recommandée au risque faible ou modéré, le risque hémorragique l'emportant (ESC 2021, III A) ; chez le diabétique à risque élevé ou très élevé sans contre-indication, elle peut se discuter (IIb A).
  • Après 70 ans en prévention primaire, ASPREE : pas de bénéfice CV, plus d'hémorragies majeures.

Mesures pour tous

  • Tabac : arrêt prioritaire, bénéfice rapide ; conseil à chaque contact, substituts nicotiniques, accompagnement.
  • Alimentation : graisses saturées < 7 % de l'énergie, acides gras trans < 1 %, graisses insaturées, fibres 25 à 40 g/j dont 7 à 13 g solubles, 7 œufs par semaine au plus ; alimentation de type méditerranéen, sel < 5 g/j.
  • Activité physique : au moins 150 min par semaine d'intensité modérée, moins de temps assis.
  • Triglycérides : perte de poids ≥ 5 %, réduction forte de l'alcool, glucides 45–50 % de l'énergie en limitant les sucres simples.
  • Diabète : HbA1c individualisée (souvent ≤ 7 %) ; iSGLT2 ou agoniste du GLP-1 à bénéfice CV démontré selon le terrain.

Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine proposait de discuter une aspirine à faible dose en prévention primaire devant un score calcique ≥ 100 ; ce n'est pas une recommandation de l'ESC ni du consensus français.

Références

  1. ESC 2021 prévention (voir fiche 09), recommandations sur les antithrombotiques.
  2. McNeil JJ et al. Effect of aspirin on cardiovascular events and bleeding in the healthy elderly (ASPREE). N Engl J Med 2018;379:1509–18. doi:10.1056/NEJMoa1805819
  3. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC 2026, § 4, tableau R2.
18 · Validité & sources

Validité et utilité des outils

Mêmes fiches que sur la page Scores, mises à jour pour les recommandations de 2025–2026.

SCORE2 et SCORE2-OP
À quoi il sert
Estimer le risque à 10 ans d'événement cardiovasculaire fatal ou non (infarctus, AVC) chez la personne apparemment saine : SCORE2 de 40 à 69 ans, SCORE2-OP de 70 à 89 ans.
Validé chez
SCORE2 : dérivation sur 45 cohortes de 13 pays (677 684 personnes, 30 121 événements), recalibration sur quatre régions européennes, validation externe sur 25 cohortes de 15 pays (1 133 181 personnes). SCORE2-OP : dérivation dans la Cohort of Norway (28 503 personnes de plus de 65 ans), validation sur 6 populations (338 615 personnes). La France est dans la région à bas risque.
Performance
SCORE2 : C-index de 0,67 à 0,81 en validation externe. SCORE2-OP : 0,63 à 0,67.
Limites
Pas en prévention secondaire, ni chez le diabétique, l'insuffisant rénal, l'hypercholestérolémie familiale, ni sous hypolipémiant. Tend à sous-estimer le risque individuel (d'où les modificateurs). Discrimination plus faible après 70 ans.
Recommandé par
ESC 2021 (I B) ; ESC/EAS 2025 (I B, seuils fixes 2 / 10 / 20 %) ; consensus français 2026 (IIa B). HAS : pas de recommandation en vigueur (voir fiche 19).
Sources
SCORE2 working group, Eur Heart J 2021;42:2439–54 ; SCORE2-OP working group, Eur Heart J 2021;42:2455–67 ; ESC/EAS 2025.
SCORE2-Diabetes
À quoi il sert
Risque CV à 10 ans du diabétique de type 2 de 40 à 69 ans sans maladie athéromateuse ni atteinte d'organe sévère, en ajoutant l'âge au diagnostic, l'HbA1c et le DFG.
Validé chez
Dérivation : 229 460 diabétiques de type 2 (Écosse, Angleterre, UK Biobank, cohortes ERFC dont la France). Validation externe : 217 036 personnes (Suède, Espagne, 8 pays EUBIROD).
Performance
C-index 0,66 à 0,69 ; gain de 0,009 à 0,031 par rapport à SCORE2.
Limites
Discrimination modérée ; ne tient pas compte de l'albuminurie ; non applicable au diabète de type 1. Le consensus français propose aussi l'algorithme SFD/SFC (35–75 ans, types 1 et 2).
Recommandé par
ESC 2023 diabète (I B) ; cité par le consensus 2026. Catégories : < 5 % faible, 5–10 % modéré, 10–20 % élevé, ≥ 20 % très élevé ; l'outil remonte au moins à « modéré » tout diabétique (consensus 2026).
Sources
SCORE2-Diabetes working group, Eur Heart J 2023;44:2544–56 ; Marx N et al., Eur Heart J 2023;44:4043.
Dutch Lipid Clinic Network (DLCN)
À quoi il sert
Probabilité clinique d'hypercholestérolémie familiale hétérozygote, pour orienter vers la génétique et le dépistage familial.
Validé chez
Critères de consensus néerlandais ; validations contre la génétique au Brésil (753 cas index) et en Australie (907 cas index). Adulte.
Performance
AUC 0,74 pour prédire une mutation (0,73 pour le LDL seul).
Limites
Exige un LDL sans traitement et une histoire familiale fiable ; surestimé si Lp(a) élevée ; non valide chez l'enfant.
Recommandé par
ESC/EAS 2019 ; EAS 2013 ; consensus 2026. HAS : non trouvé.
Sources
Nordestgaard BG et al., Eur Heart J 2013 ; Silva PRS et al., Atherosclerosis 2017.
NNT individualisé (modèle CTT)
À quoi il sert
Donner un ordre de grandeur du bénéfice absolu attendu d'une baisse du LDL, pour la décision partagée.
Méthode
Réduction relative = 1 − 0,78ΔLDL (mmol/L) (CTT : −22 % d'événements vasculaires majeurs par mmol/L) ; risque à 5 ans pris égal à la moitié du risque à 10 ans ; NNT = 1 / (risque à 5 ans × réduction relative).
Limites
Hypothèses simplificatrices (proportionnalité, effet constant quel que soit le médicament qui baisse le LDL, observance parfaite) ; SCORE2 prédit des événements (infarctus, AVC, décès CV) un peu différents du critère CTT ; calculé seulement quand un risque chiffré existe.
Repères
Positions divergentes : environ 334 patients traités 5 ans pour éviter un événement CV en prévention primaire avant 70 ans, environ 100 en prévention secondaire (ordres de grandeur cités par des lectures critiques, à rapprocher du risque du patient).
Sources
CTT, Lancet 2010;376:1670–81 ; CTT, Lancet 2012;380:581–90.
DFG (CKD-EPI 2009) et LDL de Friedewald
À quoi ils servent
Estimer la fonction rénale (catégorie de risque, SCORE2-Diabetes) et le LDL quand il n'est pas mesuré.
Choix
CKD-EPI 2009 sans coefficient ethnique : équation utilisée par SCORE2-Diabetes et par la page Scores. L'outil d'origine utilisait CKD-EPI 2021 : écart de quelques mL/min, sans effet sur les classes KDIGO sauf près d'un seuil. Le DFG du compte-rendu reste prioritaire.
Limites
Friedewald n'est pas valide au-delà de 3,4 g/L de triglycérides et sous-estime les LDL très bas.
Sources
Levey AS et al. Ann Intern Med 2009;150:604–12 ; Friedewald WT et al. Clin Chem 1972;18:499–502 ; consensus 2026, § 3.1.
19 · Validité & sources

Positions divergentes

Les chiffres de l'outil suivent les sociétés savantes. D'autres lectures existent ; les connaître aide à décider avec le patient.

Pas de recommandation HAS en vigueur

La fiche mémo HAS « Principales dyslipidémies » de 2017 a été abrogée par la HAS le 21 novembre 2018. Une recommandation HAS sur le risque cardiovasculaire global en premier recours a fait l'objet d'une note de cadrage (2021) ; publication finale : non trouvée au 1er octobre 2026. Le consensus français de 2026 est un texte de sociétés savantes (méthode ESC, avis d'experts gradé), dont les auteurs déclarent des liens d'intérêts.

Traiter sans cible

Une lecture fondée sur les essais (position du CNGE et de lectures critiques en médecine générale) préfère des doses fixes de statines ayant fait leurs preuves (simvastatine 40 mg, pravastatine 40 mg, atorvastatine) sans cible de LDL en prévention primaire, faute d'essai ayant testé une stratégie par cible.

Score calcique chez le diabétique

Critique d'une lecture indépendante : aux seuils proposés, le score calcique conduit souvent à la même conclusion que l'évaluation clinique, après un scanner ; aucun essai n'a montré qu'une stratégie guidée par lui améliore le pronostic.

Après 75 ans

En prévention primaire, les données sont contradictoires ; l'Académie nationale de médecine (2025) et plusieurs listes de déprescription invitent à ne pas débuter, voire à arrêter, chez le sujet âgé sans indication formelle.

Références

  1. HAS. Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge — recommandation abrogée. has-sante.fr
  2. HAS. Risque cardiovasculaire global en prévention primaire et secondaire : évaluation et prise en charge en médecine de premier recours. Note de cadrage, 2021. has-sante.fr
  3. Médicalement Geek (Dragi Webdo). Les statines sont mes copines ! (16/12/2023) et rubrique « HTA, dyslipidémie et risque cardiovasculaire ». medicalement-geek.com ; positions détaillées dans les fiches 02 à 04, avec les essais vérifiés.
20 · Validité & sources

Méthode et références

  • Origine : outil « Risque cardiovasculaire global & cible LDL » et protocole de prévention cardiovasculaire écrits en médecine générale (version de juin–juillet 2026), repris le 28/09/2026 avec l'aide d'une IA (Claude).
  • Moteur : les équations (SCORE2, SCORE2-OP, SCORE2-Diabetes, CKD-EPI, DLCN) sont copiées du moteur de la page Scores et contrôlées par des cas tests (cas publiés, calculateur des auteurs de SCORE2-Diabetes). Catégories, cibles et paliers suivent l'ESC/EAS 2025 et le consensus français 2026 ; chaque écart avec l'outil d'origine est signalé par une mention « Correction au-cabinet ».
  • Ce qui a été retiré le 28/09/2026 : l'import de fichiers PDF ou photo par deux bibliothèques chargées depuis d'autres sites, et la fiche PDF patient ; la saisie des initiales.
  • Feuille pour le patient (02/10/2026, maquette validée par le Dr Favre) : synthèse imprimable A4 générée depuis le résultat (bouton dans le résultat, en fiches 02 et 03) : en résumé, situation et score utilisé, décision et cible selon la recommandation appliquée, 100 personnes avec la statine et, si l'ézétimibe est envisagé, avec l'association (NNT sur 10 ans), effets indésirables en absolu avec le NNH en toutes lettres, mesures d'hygiène de vie qui concernent le patient avec leur effet démontré, surveillance. Rien n'est enregistré ; nom et date restent à écrire à la main.
  • Avant 40 ans et après 89 ans (02/10/2026) : jamais sans résultat. Avant 40 ans, la catégorie vient des situations qui classent d'emblée (diabète, maladie rénale, hypercholestérolémie familiale, LDL > 1,90 g/L, PA ≥ 180/110) ; sans aucune d'elles, risque faible du fait de l'âge, « pas d'indication de traitement hypolipémiant », mesures hygiéno-diététiques selon les facteurs présents et surveillance (consensus 2026). Après 89 ans sans maladie athéromateuse : risque non estimable, pas d'instauration, poursuite d'une statine bien tolérée. Le risque « vie entière » (LIFE-CVD) n'est pas calculé.
  • Corrections du 02/10/2026 (suite) : le résultat s'affiche dès que l'âge, le sexe, le tabac, la PA systolique, le cholestérol total, le HDL et le LDL sont saisis ; diabète, maladie athéromateuse et traitement en cours sans réponse valent « non », affiché comme hypothèse modifiable (la question « diabète » redevient obligatoire si la glycémie ou l'HbA1c sont dans la zone du diabète) ; ce qui manque est affiché sous la biologie, en bas du formulaire, dans le résultat, en tête des fiches 02 à 04 et dans la barre du téléphone ; « LDL avant tout traitement » est rempli seul sans traitement ; la recommandation est choisie d'emblée selon le profil (consensus français 2026, ESO 2022 après AVC ou AIT), modifiable.
  • Corrections du 02/10/2026 : plus aucune proposition de statine tant que la catégorie de risque n'est pas calculée (liste cliquable de ce qui manque, champs indispensables marqués *) ; sexe, tabac, diabète, maladie athéromateuse et traitement en cours sont désormais des questions obligatoires sans réponse cochée d'avance ; au risque faible, et au risque modéré sans facteur aggravant, aucune statine n'est proposée ; « maintenir le traitement » seulement si un traitement est en cours ; recommandation appliquée au choix (consensus français 2026 par défaut), suivie par le résultat, la fiche 02 et la synthèse ; décimales avec virgule acceptées partout ; après 75 ans en prévention primaire, statine à discuter et non d'office.
  • Ajouts du 01/10/2026 : lecture du compte rendu de biologie en PDF par une copie de pdf.js (Mozilla, licence Apache 2.0) hébergée sur le site, dans le navigateur, sans reconnaissance de caractères (un PDF scanné se saisit à la main), contrôlée par cinq comptes rendus fictifs de mises en page différentes ; fiche « Quelle statine ? » d'après le billet « Les statines sont mes copines ! » (Médicalement Geek), essais primaires relus ; pictogramme « 100 personnes sur 10 ans » ; tableau des recommandations vérifiées en ligne au 1er octobre 2026.
  • À revoir : chaque semestre, et à toute nouvelle recommandation (ESC/EAS, HAS), nouvelle recalibration de SCORE2 ou nouvelle décision de remboursement.

Références principales

  1. Mach F, Koskinas KC, et al. 2025 Focused Update of the 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J 2025;46:4359. doi:10.1093/eurheartj/ehaf190
  2. Bouillet B et al. Management of dyslipidemia in adults. Consensus SFE/SFD/NSFA/SFC. Diabetes Metab 2026;52(2):101725 ; Ann Endocrinol 2026;87:102471. PubMed 41651737
  3. Visseren FLJ et al. 2021 ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention. Eur Heart J 2021;42:3227–337. doi:10.1093/eurheartj/ehab484
  4. SCORE2 working group. Eur Heart J 2021;42:2439–54 ; SCORE2-OP working group. Eur Heart J 2021;42:2455–67 ; SCORE2-Diabetes working group. Eur Heart J 2023;44:2544–56.
  5. Marx N et al. 2023 ESC Guidelines for the management of cardiovascular disease in patients with diabetes. Eur Heart J 2023;44:4043–140.
  6. Mancia G et al. 2023 ESH Guidelines. J Hypertens 2023;41:1874–2071 ; McEvoy JW et al. 2024 ESC Guidelines on hypertension. Eur Heart J 2024;45:3912–4018.
  7. Cholesterol Treatment Trialists' Collaboration. Lancet 2010;376:1670–81 ; Lancet 2012;380:581–90.
  8. HAS, Commission de la transparence : avis sur l'acide bempédoïque, l'inclisiran, l'icosapent d'éthyle ; bases de données publiques des médicaments (RCP).