Cancers Prévention et dépistage des cancers

Guides santé · Prévention et dépistage des cancers

Cancers : prévenir, dépister, décider ensemble

Près d'un cancer sur deux pourrait être évité. Ce guide pour les patients et les médecins aide à estimer son profil de risque, savoir quels dépistages faire et quand, et en voir les bénéfices et les inconvénients pour 1 000 personnes. Pour les médecins : quand faire et refaire la coloscopie, et le suivi après un dépistage anormal du col.

Guide pour les patients et les médecins16 chapitresPanorama des cancers en France, édition 2026Corrections et ajouts au-cabinet.fr : 2026-09-28

L'essentiel en 5 points

  1. Près d'un cancer sur deux pourrait être évité. Le tabac est le premier facteur de risque évitable (20 % des cancers), devant l'alcool (8 %).
  2. Pour l'alcool, il n'y a pas de seuil sans risque : le risque augmente dès le premier verre. Repères : maximum 2 verres par jour, pas plus de 10 par semaine, au moins 2 jours sans alcool.
  3. Trois dépistages organisés, pris en charge à 100 % : sein (mammographie tous les 2 ans, femmes 50 à 74 ans), côlon-rectum (test immunologique tous les 2 ans, 50 à 74 ans), col de l'utérus (femmes 25 à 65 ans).
  4. Prostate : pas de dépistage organisé. Le dosage PSA se décide au cas par cas avec le médecin.
  5. Un symptôme (grosseur, saignement inhabituel, toux qui dure, tache de peau qui change, perte de poids inexpliquée) : consultez un médecin sans attendre.

Les 16 chapitres

Touchez un chapitre pour l'ouvrir, ou .

1Estimer mon risqueRépondez à quelques questions (moins de 5 minutes) : vos leviers de prévention et vos dépistages.OutilConfidentiel2Calculateurs ciblésDes mini-tests, dépistage par dépistage, pour préciser la conduite adaptée à votre situation.OutilsDépistage3Facteurs de risquePrès de la moitié des cancers pourraient être évités en limitant les facteurs de risque externes.ComprendrePrévention4Tabac et alcoolLe tabac est le premier facteur de risque évitable ; pour l'alcool, le risque augmente dès le premier verre.20 %8 %5Poids et alimentationSurpoids, obésité et alimentation pauvre en fibres mais riche en viande rouge et charcuterie.5,4 %Fibres6UV, infections, autresSoleil et cabines UV, HPV et hépatites, expositions professionnelles, radiations, hormones…UVHPV7Les cancersChiffres 2023 (incidence, mortalité, survie), facteurs de risque et dépistage pour les principales localisations.Chiffres 2023Comprendre8Sein, col, ovaireLe cancer du sein, 1er cancer chez la femme ; le col de l'utérus, 90 % évitable ; l'ovaire, souvent diagnostiqué tard.FemmesDépistage9Prostate1er cancer et 2e cause de décès par cancer chez l'homme.HommesPSA10Poumon1re cause de décès par cancer chez l'homme, en hausse chez la femme.TabacIMPULSION11Côlon, pancréas, foieLes cancers digestifs : côlon-rectum, pancréas et foie.DigestifDépistage12MélanomeBon pronostic si détecté tôt, fort potentiel métastatique sinon.PeauUV13Dépistages & NNTLe dépistage cherche un cancer avant les symptômes, quand il se soigne le mieux.Sein · côlon · colPoumon14Côlon : calendrier et surveillancePour les médecins : quand commencer et quand refaire la coloscopie selon le niveau de risque, et délai après polypectomie (France et Europe).MédecinsOutil15Col : suivi après un dépistage anormalPour les médecins : conduite après un test HPV ou un frottis anormal, puis après la colposcopie ou la conisation (INCa, HAS).MédecinsOutil16Sources & méthodeDonnées du Panorama des cancers en France, édition 2026 (INCa).Références
Chapitre 1 sur 16

Estimez votre risque et vos dépistages

Étape 1 · Mon profil de prévention

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune réponse n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Répondez à quelques questions (moins de 5 minutes). Vos réponses restent sur votre téléphone — rien n'est envoyé ni enregistré. Vous obtenez une orientation personnalisée, à imprimer ou à partager à votre médecin.

Confidentiel. Cet outil fonctionne entièrement dans votre navigateur. Il donne une orientation qualitative, pas un pourcentage de risque, et ne remplace pas un avis médical.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Mon profil de prévention

Questionnaire qui donne vos leviers de prévention, vos dépistages recommandés, vos prochaines actions et un calendrier de dépistage, avec export PDF et résumé à copier pour le médecin.

Mon questionnaire

Les champs marqués d'un * servent aux recommandations de dépistage.

Vous
Vos habitudes
IMC—
Vos antécédents
Vos dépistages

Avez-vous fait ces examens dans les délais recommandés ? (Les questions s'adaptent à votre âge et votre sexe une fois renseignés.)

Renseignez d'abord votre âge et votre sexe ci-dessus.

Un symptôme ? Grosseur, saignement inhabituel, toux qui dure, tache de peau qui change, perte de poids inexpliquée… ne l'attribuez pas à cet outil : consultez un médecin sans attendre. Cette page ne pose aucun diagnostic.

Chapitre 2 sur 16

Mes conseils de dépistage personnalisés

Étape 2 · Dépistages personnalisés

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune réponse n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Ces mini-tests reprennent les scores et recommandations des médecins (HAS, INCa, AFU, score d'Eisinger, SAMScore) pour préciser, dépistage par dépistage, la conduite adaptée à votre situation. Touchez les points i pour les explications. Rien n'est enregistré.

Repris de « Mon profil de prévention » s'il est rempli.

Peau — risque de mélanome

Score SAMScore (validé, Quéreux-Dréno)7 · Test ~2 min

Cochez ce qui vous concerne. Ce score, validé en France, indique s'il est utile de faire surveiller votre peau par un dermatologue.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Peau — risque de mélanome (SAMScore)

Auto-questionnaire SAMScore : indique s'il est utile de faire surveiller sa peau par un dermatologue.

Règle ABCDE : Asymétrie · Bords irréguliers · Couleur non homogène · Diamètre > 6 mm · Évolution. Pensez aussi au « vilain petit canard » (Le grain de beauté qui ne ressemble pas aux autres (forme, couleur, taille) doit attirer l'attention, même s'il n'a pas tous les critères ABCDE.) : le grain de beauté qui ne ressemble pas aux autres.

Poumon — éligibilité au dépistage

Critères du programme pilote IMPULSION · Test ~1 min

Le dépistage par scanner faible dose s'adresse aux gros fumeurs (actuels ou récents) de 50 à 74 ans.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Poumon — éligibilité au dépistage

Vérifie les critères du programme pilote IMPULSION (âge, paquets-années, arrêt du tabac).

Côlon-rectum — quel dépistage ?

Niveaux de risque HAS : test, coloscopie ou suivi spécialisé · Test ~1 min

Selon vos antécédents, l'examen recommandé n'est pas le même (test à domicile, coloscopie, ou suivi spécialisé).

Outil interactif · rien n'est enregistré

Côlon-rectum — quel dépistage ?

Situe le niveau de risque HAS (moyen, élevé, très élevé) et l'examen adapté.

Sein — niveau de risque & score d'Eisinger

Indication d'oncogénétique et surveillance (HAS) · Test ~2 min

Ce test combine le score d'Eisinger (Score validé qui, à partir des cancers du sein et de l'ovaire dans la famille, indique s'il faut consulter en oncogénétique. Seuil : 3.) (indication d'oncogénétique (L'oncogénétique est une consultation spécialisée qui recherche une prédisposition héréditaire au cancer (par un test génétique) et organise la surveillance de la personne concernée et de sa famille.)) et les situations à haut risque de la HAS.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Sein — niveau de risque & score d'Eisinger

Combine le score d'Eisinger et les situations à haut risque de la HAS pour orienter la surveillance ou l'oncogénétique.

Votre situation personnelle

Antécédents familiaux

Dans une seule branche (maternelle OU paternelle). Indiquez le nombre de cas.

Cotation de l'INCa (fiche « Cancer du sein : quelles modalités de dépistage, pour quelles femmes ? », 2018, p. 3) : cancer de l'ovaire avant 70 ans = 4 points. La HAS (2015, d'après Eisinger 2004) le cotait 3.

Prostate — faut-il parler du PSA ?

Détection précoce : recommandations AFU / EAU · Test ~1 min

Il n'y a pas de dépistage organisé de la prostate. Cet outil situe l'âge à partir duquel la question du dosage PSA (Le PSA n'est pas un test de certitude : un taux élevé (souvent > 4 ng/mL pour l'AFU) conduit à des examens complémentaires (toucher rectal, IRM, avis urologique).) se pose, à décider avec le médecin.

Outil interactif · rien n'est enregistré

Prostate — faut-il parler du PSA ?

Situe l'âge à partir duquel la question du dosage PSA se pose (AFU / EAU).

Col de l'utérus — quel test ?

Algorithme HAS selon l'âge (frottis / test HPV) · Test ~30 s

Le test recommandé dépend de votre âge. (25–30 ans : examen cytologique (frottis). 30–65 ans : test HPV tous les 5 ans. La vaccination HPV ne remplace pas le dépistage.)

Outil interactif · rien n'est enregistré

Col de l'utérus — quel test ?

Indique le test de dépistage recommandé selon l'âge (algorithme HAS).

Chapitre 3 sur 16

Les facteurs de risque

Étape 3 · Comprendre

433 136nouveaux cas en France en 2023
~40 %des cancers évitables
68 ansâge médian au diagnostic

Près de la moitié des cancers pourraient être évités en limitant les facteurs de risque externes (comportements, environnement). Dépliez chaque tuile pour voir son poids, les cancers concernés et par quels mécanismes il agit.1

Dans les tableaux « Risque relatif » de cette partie : risque comparé à celui d'une personne non exposée (×2 = risque doublé).

FacteurPart des cancersEn bref
Tabac20 % des cancers1er facteur de risque · 17 localisations
Alcool8 % des cancersLe risque augmente dès le 1er verre · 8 localisations
Surpoids & obésité5,4 % des cancers14 localisations
Alimentation déséquilibrée5,4 % des cancersFibres, viande rouge, charcuterie
Rayonnements UV3 % des cancers1re cause de mélanome
Certaines infections4 % des cancersHPV, hépatites B et C…
Autres facteurs≈ 7 % cumulésExpositions pro., radiations, activité, hormones…
Chapitre 4 sur 16

Tabac et alcool

Étape 3 · Comprendre

Tabac

68 000cas/an attribuables (2015)
17localisations touchées
18 %de fumeurs quotidiens (2024)
−28 %de fumeurs entre 2021 et 2024

Le tabac est le premier facteur de risque évitable. Toutes les formes sont concernées : cigarettes, cigares, cigarillos, narguilé, cannabis. Le tabagisme passif augmente aussi le risque. À lui seul, il explique 80 % des cancers du poumon.

Cancers liés : Poumon ; Bouche · pharynx · larynx ; Œsophage ; Vessie ; Pancréas ; Foie ; Rein ; Estomac ; Col de l'utérus ; Côlon-rectum ; …

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Poumon×15–30
Larynx×10
Bouche · pharynx×7
Œsophage×4
Vessie×3
Pancréas×2
Col de l'utérus×1,8
Estomac×1,6
Côlon-rectum×1,2

Comment ce facteur agit

  • Contact direct — poumon, larynx, bouche, pharynx, œsophage : la fumée baigne l'épithélium respiratoire et digestif haut, où les goudrons forment des adduits sur l'ADN.
  • Voie sanguine — pancréas, rein, foie : les cancérogènes absorbés circulent et atteignent des organes jamais exposés à la fumée.
  • Concentration urinaire — vessie : les amines aromatiques sont éliminées par les reins et stagnent au contact de l'urothélium.
  • Immunité locale — col de l'utérus : le tabac affaiblit les défenses de la muqueuse et favorise la persistance du HPV.
  • Réversibilité — le risque décroît dès l'arrêt, d'autant plus vite que le sevrage est précoce — mais l'ADN déjà muté ne se répare pas entièrement.

Le bon geste

Arrêter réduit le risque à tout âge, et le bénéfice grandit avec les années. Un accompagnement double les chances de réussite : Tabac info service, 39 89 (gratuit).

Alcool

28 000cas/an attribuables (2015)
8localisations touchées
22 %des adultes dépassent les repères (2021)

Il n'y a pas de seuil sans risque : le risque augmente dès le premier verre. Le cancer du sein est le cancer lié à l'alcool le plus fréquent ; 21 % des cancers colorectaux lui sont directement liés.

Cancers liés : Bouche · pharynx · larynx ; Œsophage ; Sein ; Foie ; Estomac ; Côlon-rectum

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Bouche · pharynx×5
Œsophage×4,5
Larynx×2,6
Foie×2
Sein×1,5
Côlon-rectum×1,4
Estomac×1,2

Comment ce facteur agit

  • Acétaldéhyde — l'éthanol est oxydé en acétaldéhyde, cancérogène qui se lie à l'ADN ; certaines personnes (variant ALDH2) l'accumulent davantage.
  • Effet solvant — bouche, pharynx, œsophage : l'alcool augmente la pénétration des cancérogènes du tabac dans la muqueuse — d'où une association multiplicative.
  • Œstrogènes — sein : l'alcool élève les taux d'œstrogènes circulants, ce qui explique un risque mesurable dès de faibles doses.
  • Cirrhose — foie : la toxicité chronique conduit à la fibrose puis à la cirrhose, terrain de l'hépatocarcinome.
  • Folates — côlon-rectum : l'alcool perturbe le métabolisme des folates, nécessaires à la synthèse et à la réparation de l'ADN.

Les repères de consommation à moindre risque

  • Maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ;
  • Pas plus de 10 verres par semaine ;
  • Au moins 2 jours sans alcool par semaine.
Chapitre 5 sur 16

Surpoids, obésité et alimentation

Étape 3 · Comprendre

Surpoids & obésité

18 600cas/an attribuables (2015)
14localisations touchées

Surpoids = IMC entre 25 et 29,9 ; obésité = IMC ≥ 30. Les prévalences se stabilisent chez l'adulte mais augmentent chez l'enfant et l'adolescent, ce qui est préoccupant.

Cancers liés : Sein ; Côlon-rectum ; Foie ; Pancréas ; Rein ; Endomètre ; Œsophage ; Ovaire ; …

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Endomètre×4
Œsophage (adénocarcinome)×2,7
Rein×1,8
Foie×1,8
Pancréas×1,5
Côlon-rectum×1,3
Sein (après ménopause)×1,3
Ovaire×1,1

Comment ce facteur agit

  • Aromatase — sein après la ménopause, endomètre : le tissu adipeux convertit les androgènes en œstrogènes et devient la principale source hormonale.
  • Insuline et IGF-1 — côlon, rein, pancréas : l'insulinorésistance élève l'insuline et l'IGF-1, deux facteurs de croissance qui stimulent la prolifération et freinent l'apoptose.
  • Inflammation chronique — le tissu adipeux sécrète des cytokines (TNF-α, IL-6) et de la leptine, avec une baisse de l'adiponectine protectrice.
  • Reflux — œsophage : l'excès de graisse abdominale favorise le reflux, l'endobrachyœsophage puis l'adénocarcinome.
  • Stéatose — foie : la surcharge graisseuse évolue vers la NASH, la fibrose, puis le cancer.

Le bon geste

Agir sur le poids passe surtout par l'activité physique régulière et une alimentation équilibrée. Un accompagnement par un professionnel peut aider — parlez-en au médecin.

Alimentation déséquilibrée

25 % / 18 %des femmes / hommes mangent 5 fruits & légumes par jour

Une alimentation pauvre en fibres mais riche en viande rouge et charcuterie augmente notamment le risque de cancer colorectal.

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Estomac — alimentation salée×1,7
Côlon — apport faible en fibres×1,25
Côlon — charcuterie (50 g/j)×1,18
Côlon — viande rouge (100 g/j)×1,17

Comment ce facteur agit

  • Composés N-nitrosés — charcuterie : nitrites et nitrates se transforment dans le côlon en composés alkylants de l'ADN — d'où un classement en cancérogène certain (groupe 1).
  • Fer héminique — viande rouge : il catalyse la peroxydation lipidique et la formation de radicaux libres dans la lumière colique (groupe 2A).
  • Cuisson à haute température — grillades et fritures produisent amines hétérocycliques et hydrocarbures aromatiques polycycliques.
  • Fibres (protectrices) — elles accélèrent le transit, diluent les cancérogènes et nourrissent un microbiote producteur de butyrate, protecteur de la muqueuse.
  • Sel — estomac : il lèse la muqueuse gastrique et facilite la colonisation par Helicobacter pylori.

Le bon geste

  • Plus de fruits, légumes, légumes secs, féculents complets ;
  • Moins de charcuterie, de viande rouge et d'aliments ultra-transformés.
Chapitre 6 sur 16

Rayonnements UV, infections et autres facteurs

Étape 3 · Comprendre

Rayonnements UV

Les rayonnements UV (soleil et cabines de bronzage) sont la première cause des cancers de la peau, en particulier des mélanomes. Les coups de soleil de l'enfance comptent particulièrement.

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Mélanome — plus de 100 nævus×7
Mélanome — phototype I×2,5
Carcinome épidermoïde — dose cumulée×2,5
Mélanome — coups de soleil sévères×2
Mélanome — cabines UV avant 35 ans×1,7

Comment ce facteur agit

  • Dimères de pyrimidine — les UVB soudent deux bases voisines de l'ADN ; mal réparées, ces lésions donnent les mutations « signature UV » de TP53 et CDKN2A.
  • Stress oxydatif — les UVA, plus pénétrants, produisent des radicaux libres qui endommagent indirectement l'ADN et le collagène.
  • Immunosuppression cutanée — les UV inhibent les cellules de Langerhans, ce qui laisse survivre des cellules déjà transformées.
  • Deux profils d'exposition — les expositions intenses et intermittentes (coups de soleil) font surtout le mélanome ; la dose cumulée chronique fait surtout les carcinomes.
  • Mémoire de l'enfance — la peau garde la trace des coups de soleil précoces : le risque se construit des décennies avant le diagnostic.

Le bon geste

  • Éviter le soleil aux heures les plus chaudes (12 h–16 h) ;
  • Protéger surtout les enfants ; chapeau, vêtements, crème indice élevé ;
  • Pas de cabine UV.

Faites le point sur votre peau avec le calculateur « Peau » du chapitre Mes conseils de dépistage personnalisés.

Certaines infections

Plusieurs infections chroniques favorisent des cancers : les papillomavirus (HPV) (col de l'utérus, gorge, anus), les hépatites B et C (foie), ou encore Helicobacter pylori (estomac).

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Col de l'utérus — HPV persistantcause nécessaire
Foie — hépatite B chronique×20
Foie — hépatite C chronique×15
Oropharynx — HPV 16×5
Estomac — Helicobacter pylori×3

Comment ce facteur agit

  • HPV — E6 et E7 — ces protéines virales dégradent p53 et inactivent Rb, levant les deux principaux freins du cycle cellulaire (col, anus, oropharynx).
  • Hépatite B — intégration — le virus insère son ADN dans le génome de l'hépatocyte et peut provoquer un cancer même sans cirrhose.
  • Hépatite C — inflammation — pas d'intégration virale, mais une inflammation chronique et une fibrose qui aboutissent à la cirrhose.
  • Helicobacter pylori — gastrite chronique → atrophie → métaplasie intestinale → dysplasie : une séquence lente, interruptible par l'éradication.
  • Point commun — toutes agissent par une inflammation persistante ou une dérégulation directe du cycle cellulaire — d'où l'efficacité de la vaccination et des traitements antiviraux.

Le bon geste

  • Vaccination HPV des filles et des garçons dès 11–14 ans ;
  • Vaccination hépatite B ;
  • Dépistage et traitement des hépatites virales.

Autres facteurs

  • Expositions professionnelles (3 %) — amiante, certains produits chimiques…
  • Radiations ionisantes (1,8 %)
  • Manque d'activité physique (0,9 %)
  • Traitements hormonaux de la ménopause (0,6 %)
  • Ne pas avoir allaité (0,5 %)
  • Particules fines / pollution de l'air (0,4 %)

Risque relatif, localisation par localisation

LocalisationRisque relatif
Mésothéliome — amiantetrès élevé
Poumon — amiante×5
Thyroïde — radiations dans l'enfance×5
Sein — traitement hormonal ménopause×1,3
Côlon — sédentarité×1,25
Poumon — particules fines (10 µg/m³)×1,1

Comment ce facteur agit

  • Amiante — les fibres inhalées, trop longues pour être éliminées, entretiennent une inflammation et des lésions chromosomiques pendant des décennies (mésothéliome, poumon).
  • Radiations ionisantes — elles provoquent des cassures double-brin de l'ADN ; les tissus en division rapide et l'enfance sont les plus sensibles (thyroïde, sein, moelle).
  • Sédentarité — indépendamment du poids, elle élève l'insuline, ralentit le transit intestinal et entretient une inflammation de bas grade.
  • Traitements hormonaux — les œstroprogestatifs prolongés stimulent la prolifération des épithéliums mammaire et endométrial.
  • Particules fines — déposées dans l'alvéole, elles génèrent un stress oxydatif chronique et des mutations comparables à celles du tabac, à bien plus faible intensité.
  • Âge (non modifiable) — le temps multiplie les divisions cellulaires et donc les erreurs de réplication : c'est le premier déterminant du risque.

Et les facteurs non modifiables ?

L'âge reste le premier facteur de risque, et 5 à 10 % des cancers sont liés à une prédisposition génétique héréditaire. On ne peut pas agir dessus, mais on peut adapter la surveillance (voir le simulateur et les dépistages).

Chapitre 7 sur 16

Les cancers, localisation par localisation

Étape 3 · Comprendre

Chiffres 2023 (incidence, mortalité, survie), facteurs de risque et dépistage pour les principales localisations. Dépliez une tuile pour tout voir.1

Comment lire les chiffres et les « risques relatifs »

Comment lire les chiffres : l'incidence = nombre de nouveaux cas par an ; la mortalité = nombre de décès par an ; l'âge médian au diagnostic = âge en dessous et au-dessus duquel se répartit la moitié des malades ; la survie nette à 5 ans = proportion de personnes encore en vie 5 ans après le diagnostic (indicateur de gravité de la maladie, et non un pronostic individuel).

Comment lire les « risques relatifs » ? Un risque relatif de ×2 veut dire « deux fois le risque de départ », pas « 2 chances sur… ». Comme ce risque de départ est souvent faible, un facteur ×2 laisse le plus souvent une probabilité individuelle basse. Ces chiffres servent à hiérarchiser les facteurs, pas à inquiéter : la grande majorité des personnes ayant un facteur de risque ne développeront jamais ce cancer.

Dans les tableaux « Risque relatif » : risque comparé à celui d'une personne non exposée (×2 = risque doublé).

CancerChiffre cléEn bref
Cancer du sein61 214 cas en 20231er cancer et 1re cause de décès par cancer chez la femme
Cancer de la prostate59 885 cas (2018)1er cancer et 2e cause de décès par cancer chez l'homme
Cancers du poumon52 777 cas en 20231re cause de décès par cancer chez l'homme · en hausse chez la femme
Cancers colorectaux47 582 cas en 20232e cancer (F), 3e (H) · 3e cause de décès par cancer
Mélanomes cutanés17 922 cas en 2023Bon pronostic si détecté tôt · fort potentiel métastatique sinon
Cancer du pancréas15 991 cas en 2023Incidence en hausse · pronostic difficile
Cancer du foie11 658 cas en 2023Souvent sur un foie déjà fragilisé
Cancer du col de l'utérus3 159 cas en 202390 % évitable par le dépistage et la vaccination
Cancer de l'ovaire5 348 cas en 2023Souvent diagnostiqué à un stade avancé
Chapitre 8 sur 16

Cancers du sein, du col de l'utérus et de l'ovaire

Étape 3 · Comprendre

Cancer du sein

1er cancer et 1re cause de décès par cancer chez la femme

61 214nouveaux cas (2023)
12 765décès (2023)
64 ansâge médian au diagnostic

La moitié des personnes touchées ont moins que cet âge, l'autre moitié plus. Ce n'est pas l'âge le plus fréquent, mais le « milieu ».

88 %survie nette à 5 ans

Proportion de personnes encore en vie 5 ans après le diagnostic si le cancer était la seule cause possible de décès. C'est un indicateur de gravité de la maladie, pas une prédiction pour une personne donnée.

60 % des cancers du sein sont détectés à un stade précoce, 7,3 % à un stade métastatique. On estime que ~20 000 cancers du sein pourraient être évités chaque année (soit un tiers des cas).

Facteurs de risque : Âge (80 % après 50 ans) ; Antécédents perso./familiaux ; Alcool & tabac ; Surpoids · inactivité ; Traitements hormonaux (ménopause) ; Prédisposition (BRCA) ; Ne pas avoir allaité

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Mutation BRCA1/2×5–10
Antécédent familial 1er degré×2
Alcool (≈3 verres/jour)×1,3
Surpoids après ménopause×1,2–1,4
Traitement hormonal ménopause×1,2–1,3
Tabac×1,1–1,2

Comment ces facteurs agissent

  • Œstrogènes — la plupart des tumeurs sont hormonodépendantes : tout ce qui allonge l'exposition cumulée aux œstrogènes (règles précoces, ménopause tardive, absence de grossesse) augmente le risque.
  • Alcool — il élève les œstrogènes circulants, et son métabolite l'acétaldéhyde lèse directement l'ADN — d'où un risque qui monte dès le premier verre.
  • Surpoids après la ménopause — le tissu adipeux devient la principale source d'œstrogènes via l'aromatase ; s'y ajoutent hyperinsulinémie et inflammation chronique.
  • BRCA1/2 — ces gènes réparent les cassures double-brin de l'ADN ; leur perte laisse les mutations s'accumuler dans l'épithélium mammaire.
  • Traitement hormonal de la ménopause — les œstroprogestatifs prolongés stimulent la prolifération de l'épithélium ; le risque décroît après l'arrêt.
  • Allaitement (protecteur) — il différencie définitivement l'épithélium et suspend les cycles ovulatoires.

L'âge reste le 1er facteur. Une mutation BRCA1/2 fait à part : risque vie entière de 45 à 72 %. La plupart des cancers surviennent sans antécédent familial.

Dépistage & détection

Examen clinique conseillé chaque année dès 25 ans ; mammographie tous les 2 ans entre 50 et 74 ans (100 % prise en charge). Après 74 ans, le dépistage est individualisé. Suivi spécifique en cas d'antécédents ou de prédisposition génétique.

Cancer du col de l'utérus

90 % évitable par le dépistage et la vaccination

3 159nouveaux cas (2023)
755décès (2023)
55 ansâge médian au diagnostic
63 %survie nette à 5 ans

9 cancers du col sur 10 pourraient être évités grâce au dépistage des lésions précancéreuses, associé à la vaccination contre les papillomavirus (HPV) dès 11 ans.

Facteurs de risque : Papillomavirus (HPV) ; Rapports sexuels précoces ; Partenaires multiples ; Multiparité ; Tabagisme ; Contraception orale prolongée ; Immunosuppression (VIH)

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Infection HPV persistantecause nécessaire
Immunodépression (VIH)×5
Tabac×2

Comment ces facteurs agissent

  • HPV 16 et 18 — les protéines virales E6 et E7 inactivent p53 et Rb, les deux principaux freins du cycle cellulaire : l'infection persistante est la cause nécessaire du cancer du col.
  • Persistance — la plupart des infections à HPV guérissent seules en 1 à 2 ans ; c'est leur persistance qui conduit aux lésions précancéreuses (CIN2+), sur 10 à 15 ans.
  • Tabac — il réduit l'immunité locale du col (cellules de Langerhans) et favorise la persistance virale.
  • Immunodépression (VIH) — clairance virale moindre et progression nettement plus rapide des lésions, d'où un rythme de dépistage rapproché.
  • Contraception orale prolongée — cofacteur d'effet modeste, qui s'atténue après l'arrêt.

L'HPV est présent dans la quasi-totalité des cas : c'est un cancer largement évitable par la vaccination et le dépistage.

Dépistage

Et si le résultat est anormal ? Test HPV positif avec cytologie normale : nouveau test HPV à 1 an. Cytologie anormale (ASC-US ou plus) : colposcopie, avec biopsie si besoin. Après le traitement d'une lésion (conisation) : test HPV 6 mois après, puis un suivi régulier, à vie après une lésion de haut grade. Détail pour les médecins : outil « Anomalie du dépistage du col » (HAS 2019 ; INCa 2019 ; CNGOF/SFCPCV 2025).

25–30 ans : examen cytologique (frottis). 30–65 ans : test HPV tous les 5 ans. La vaccination HPV concerne filles et garçons, dès 11 ans, avec un rattrapage pour toutes et tous jusqu'à 26 ans révolus (HAS 2025).

Cancer de l'ovaire

Souvent diagnostiqué à un stade avancé

5 348nouveaux cas (2023)
3 420décès (2023)
70 ansâge médian au diagnostic
43 %survie nette à 5 ans

Il provoque peu de symptômes : la majorité des patientes sont diagnostiquées tardivement. Certains facteurs sont protecteurs : contraception orale, grossesse, ligature ou ablation des trompes.

Facteurs de risque : Antécédents perso./familiaux (BRCA) ; Nulliparité ; Surpoids / obésité ; Règles précoces · ménopause tardive ; Âge

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Mutation BRCA1/215–45 % vie entière
Antécédent familial×2–3
Nulliparité · ménopause tardive×1,3
Surpoids / obésité×1,1

Comment ces facteurs agissent

  • BRCA1/2 — réparation par recombinaison homologue déficiente ; le risque vie entière atteint 15 à 45 % selon le gène, ce qui justifie une consultation d'oncogénétique.
  • Ovulations répétées — chaque ovulation blesse l'épithélium et impose une réparation : nulliparité et ménopause tardive augmentent le risque, grossesses et contraception orale le diminuent.
  • Origine tubaire — la plupart des carcinomes séreux de haut grade naissent en réalité du pavillon de la trompe (lésions STIC), d'où l'intérêt de la salpingectomie chez les femmes à risque.
  • Surpoids — inflammation chronique et hyperœstrogénie relative, d'effet modeste.
  • Absence de dépistage efficace — échographie et CA 125 n'ont pas démontré de réduction de mortalité en population générale : les symptômes sont tardifs et peu spécifiques.

Protecteurs : contraception orale, grossesse, ligature/ablation des trompes.

Dépistage

Pas de dépistage organisé. En cas d'antécédents familiaux ou de mutation BRCA, une surveillance spécialisée et un avis oncogénétique sont recommandés.

Chapitre 9 sur 16

Cancer de la prostate

Étape 3 · Comprendre

Cancer de la prostate

1er cancer et 2e cause de décès par cancer chez l'homme

59 885nouveaux cas (2018)
9 002décès (2023)
69 ansâge médian au diagnostic
93 %survie nette à 5 ans

80 % des cancers sont diagnostiqués alors qu'ils sont encore localisés. Le test PSA (PSA = antigène prostatique spécifique, une protéine mesurée par prise de sang. Un taux élevé n'est pas synonyme de cancer (il monte aussi avec l'âge ou quand la prostate grossit), mais peut faire proposer d'autres examens.) n'est pas assez fiable pour diagnostiquer à lui seul, mais un taux élevé peut conduire à des examens complémentaires.

Facteurs de risque : Antécédents familiaux ; Prédisposition (population afro-antillaise) ; Âge

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Mutation BRCA2×2–4
Antécédent familial 1er degré×2–2,5
Origine africaine / afro-caribéenne×1,7

Comment ces facteurs agissent

  • Androgènes — la prolifération de l'épithélium prostatique dépend de la testostérone et de la DHT — ce qui explique l'efficacité des traitements anti-androgéniques.
  • BRCA2 / HOXB13 — défaut de réparation de l'ADN : tumeurs plus précoces et plus agressives, d'où un suivi proposé dès 40 ans.
  • Antécédent familial — combinaison de nombreux variants à faible effet (risque polygénique) et d'expositions partagées.
  • Origine africaine ou afro-caribéenne — incidence plus élevée et tumeurs souvent plus agressives, en partie d'origine constitutionnelle — d'où une discussion dès 45 ans.
  • Âge — facteur dominant : la majorité des hommes âgés portent des foyers tumoraux latents, souvent sans conséquence clinique — c'est la source du surdiagnostic.

L'âge est le facteur majeur ; aucun facteur modifiable n'est clairement établi.

Dépistage

Pas de dépistage organisé en France : la décision de doser le PSA se prend au cas par cas avec le médecin (voir les NNT plus bas). Options de prise en charge : surveillance active, chirurgie, radiothérapie, curiethérapie, hormonothérapie.

Chapitre 10 sur 16

Cancers du poumon

Étape 3 · Comprendre

Cancers du poumon

1re cause de décès par cancer chez l'homme · en hausse chez la femme

52 777nouveaux cas (2023)
31 167décès (2023)
66 / 68 ansâge médian (F / H)
20 %survie nette à 5 ans

Chez la femme, l'incidence augmente fortement (+3,6 %/an). Souvent diagnostiqué à un stade avancé car les symptômes sont peu spécifiques. 80 % des cas sont attribuables au tabac.

Facteurs de risque : Tabagisme actif & passif ; Expositions professionnelles ; Pollutions environnementales ; Antécédents perso./familiaux

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Tabac — fumeur actuel×15–30
Amiante (exposition pro.)×5
Tabagisme passif×1,2–1,3

Comment ces facteurs agissent

  • Goudrons et nitrosamines — la fumée contient une soixantaine de cancérogènes (benzo[a]pyrène, NNK) qui forment des adduits sur l'ADN bronchique → mutations de TP53 et KRAS.
  • La durée avant la quantité — le risque croît surtout avec le nombre d'années de tabagisme, davantage qu'avec le nombre de cigarettes par jour.
  • Après l'arrêt — le risque décroît progressivement mais ne rejoint jamais tout à fait celui d'un non-fumeur — d'où un dépistage proposé jusqu'à 15 ans après le sevrage.
  • Tabagisme passif — mêmes cancérogènes à dose plus faible, sur un épithélium non préparé.
  • Amiante et radon — fibres inhalées et rayonnement α entretiennent des lésions chroniques ; l'association au tabac est multiplicative, non additive.

Le tabac est de très loin le facteur dominant (jusqu'à ×50 chez les gros fumeurs). Après l'arrêt, le risque baisse et rejoint presque celui d'un non-fumeur au bout de ~15 ans.

Dépistage & prévention

Programme pilote IMPULSION (scanner faible dose) pour les gros fumeurs de 50–74 ans : premières inclusions en mai 2026 dans 5 régions, informations au 34 33. Arrêter de fumer reste la meilleure protection.

Chapitre 11 sur 16

Cancers colorectaux, du pancréas et du foie

Étape 3 · Comprendre

Cancers colorectaux

2e cancer (F), 3e (H) · 3e cause de décès par cancer

47 582nouveaux cas (2023)
16 930décès (2023)
72 / 71 ansâge médian (F / H)
63 %survie nette à 5 ans

Détecté tôt, il se guérit dans 9 cas sur 10. En 2015, 21 % des cancers colorectaux étaient directement liés à l'alcool.

Facteurs de risque : Âge ; Alcool · tabac ; Alimentation · surpoids · inactivité ; Polypes ; Antécédents perso./familiaux ; Syndrome de Lynch (HNPCC) ; Polypose familiale ; Maladies inflammatoires (MICI)

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Syndrome de Lynch50–80 % vie entière
Antécédent familial 1er degré×2
Surpoids / obésité×1,25–1,55
Charcuterie (par 50 g/jour)×1,18
Viande rouge (par 100 g/jour)×1,17
Alcool · tabac · sédentarité×1,1–1,2

Comment ces facteurs agissent

  • Séquence adénome-cancer — un polype accumule sur 10 à 15 ans des altérations successives (APC, KRAS, TP53) : c'est cette longue fenêtre qui rend le dépistage si efficace.
  • Syndrome de Lynch — déficit des gènes de réparation des mésappariements (MMR) → instabilité microsatellitaire et cancers nettement plus précoces.
  • Charcuterie et viande rouge — nitrites et fer héminique génèrent des composés N-nitrosés dans la lumière colique ; la cuisson à haute température y ajoute amines hétérocycliques et HAP.
  • Manque de fibres — transit ralenti = contact prolongé de la muqueuse avec les cancérogènes, et moins de butyrate protecteur produit par le microbiote.
  • Surpoids et sédentarité — hyperinsulinémie et IGF-1 stimulent la prolifération des cellules coliques et freinent l'apoptose.
  • Alcool — l'acétaldéhyde produit sur place par la flore intestinale lèse l'ADN de la muqueuse ; s'y ajoute un déficit en folates.

Le syndrome de Lynch fait à part (risque vie entière 50–80 %). Protecteurs : activité physique, fibres, fruits et légumes.

Dépistage

Test immunologique tous les 2 ans entre 50 et 74 ans — simple, à domicile (kit remis en pharmacie ou commandé en ligne). En cas d'antécédents ou de risque élevé : coloscopie et suivi spécialisé (âges et rythmes : calendrier selon le niveau de risque).

Cancer du pancréas

Incidence en hausse · pronostic difficile

15 991nouveaux cas (2023)
13 375décès (2023)
71 / 74 ansâge médian (F / H)
11 %survie nette à 5 ans

L'un des rares cancers dont l'incidence augmente dans les deux sexes. Longtemps asymptomatique : seuls 10 à 20 % des cas sont opérables au diagnostic.

Facteurs de risque : Tabagisme ; Surpoids & obésité ; Prédispositions / formes familiales

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Formes familiales / génétiquesélevé
Tabagisme×2
Diabète · pancréatite chronique×1,5–2
Surpoids / obésité×1,2–1,3

Comment ces facteurs agissent

  • Tabac — les cancérogènes atteignent le pancréas par voie sanguine et biliaire : c'est le principal facteur évitable, environ un cas sur quatre.
  • Diabète et obésité — l'insuline est un facteur de croissance pour l'épithélium canalaire ; un diabète récent peut aussi être le premier signe de la tumeur.
  • Pancréatite chronique — l'inflammation prolongée entretient des cycles destruction-régénération propices aux mutations, KRAS étant muté très tôt.
  • Formes familiales — BRCA2, PALB2, CDKN2A, syndrome de Peutz-Jeghers : réparation de l'ADN déficiente, justifiant parfois une surveillance spécialisée.
  • Diagnostic tardif — organe profond et tumeur longtemps muette : d'où une survie faible malgré des traitements qui progressent.

Le tabac est le principal facteur évitable.

Prévention

Pas de dépistage. La prévention repose sur l'arrêt du tabac (principal facteur), une alimentation équilibrée et l'activité physique.

Cancer du foie

Souvent sur un foie déjà fragilisé

11 658nouveaux cas (2023)
8 905décès (2023)
73 / 70 ansâge médian (F / H)
18 %survie nette à 5 ans

Il apparaît le plus souvent sur un foie fragilisé par une cirrhose alcoolique ou une hépatite virale, et est souvent découvert lors du suivi de ces maladies.

Facteurs de risque : Alcool & tabac ; Hépatites B et C ; Hémochromatose ; Stéatose hépatique ; Surpoids ; Sédentarité

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Cirrhose (toutes causes)très élevé
Hépatite B chronique×20
Hépatite C chronique×15
Alcool excessif×2–3

Comment ces facteurs agissent

  • Cirrhose — quelle qu'en soit la cause, les cycles nécrose-régénération multiplient les divisions et donc les erreurs de réplication : 80 à 90 % des carcinomes hépatocellulaires surviennent sur cirrhose.
  • Hépatite B — le virus intègre son ADN dans le génome de l'hépatocyte et peut provoquer un cancer même sans cirrhose — d'où l'intérêt majeur de la vaccination.
  • Hépatite C — agit surtout par l'inflammation chronique et la fibrose ; le traitement antiviral réduit fortement le risque sans l'annuler.
  • Alcool — acétaldéhyde et stress oxydatif entretiennent la fibrose ; l'association à une hépatite virale est synergique.
  • Stéatose métabolique (NASH) — surpoids et diabète créent une inflammation chronique du foie pouvant évoluer vers la fibrose puis le cancer, parfois sans cirrhose constituée.

Prévention : vaccination hépatite B, dépistage et traitement des hépatites, limiter l'alcool.

Prévention

Limiter l'alcool (≤ 10 verres/semaine, 2 jours sans), se faire vacciner/dépister pour les hépatites, et surveiller régulièrement un foie fragilisé.

Chapitre 12 sur 16

Mélanomes cutanés

Étape 3 · Comprendre

Mélanomes cutanés

Bon pronostic si détecté tôt · fort potentiel métastatique sinon

17 922nouveaux cas (2023)
1 904décès (2023)
62 / 68 ansâge médian (F / H)
93 %survie nette à 5 ans

De bon pronostic s'il est détecté tôt ; un diagnostic tardif réduit nettement les chances de guérison. Les rayonnements UV en sont la première cause.

Facteurs de risque : Soleil / UV artificiels ; Coups de soleil (enfance) ; Phototype clair ; Nombreux grains de beauté (>50) ; Antécédents perso./familiaux ; Immunodépression

Risques relatifs

LocalisationRisque relatif
Plus de 100 grains de beauté×7
≥ 5 nævus atypiques×6
Phototype clair / coups de soleil×2
Antécédent familial 1er degré×1,7–2
Cabines UV (avant 35 ans)×1,6–1,8

Comment ces facteurs agissent

  • UVB — ils créent des dimères de pyrimidine, à l'origine des mutations « signature UV » retrouvées dans TP53 et CDKN2A.
  • UVA — stress oxydatif et immunosuppression cutanée locale, qui laisse échapper les cellules déjà transformées.
  • Expositions intermittentes — ce sont les coups de soleil intenses — surtout dans l'enfance — plus que la dose cumulée, qui font le risque de mélanome.
  • Nombre de nævus — chaque nævus est un clone de mélanocytes souvent porteur d'une mutation BRAF : plus ils sont nombreux, plus la probabilité qu'un clone franchisse l'étape suivante augmente.
  • Phototype clair — peu d'eumélanine protectrice : les UV atteignent directement le noyau des mélanocytes.

Un antécédent personnel de mélanome ou un syndrome des nævus atypiques place à part (risque très élevé). Les UV sont le seul facteur vraiment modifiable.

Dépistage & détection

Pour les personnes à risque : auto-examen tous les 3 mois et examen par un dermatologue une fois par an. Consultez pour toute tache brune nouvelle, évolutive ou dont l'aspect change. → Évaluez votre risque avec le calculateur « Peau ».

Chapitre 13 sur 16

Les dépistages : ce qui existe, et ce que ça apporte

Passer à l'action · dépistages

Le dépistage cherche un cancer avant les symptômes, quand il se soigne le mieux. Trois programmes organisés existent : sein (généralisé en 2004), côlon-rectum (généralisé en 2008-2009) et col de l'utérus (le plus récent) ; pour le poumon, le programme pilote IMPULSION inclut ses premiers volontaires depuis mai 2026.

DépistageQui, quel test, quel rythmeEn FranceBénéfice pour 1 000Inconvénients pour 1 000
Sein — mammographieFemmes 50 à 74 ans : mammographie tous les 2 ans, 100 % prise en charge. Suivi personnalisé avant 50 ans ou en cas d'antécédent / BRCA.Participation 46,3 % (2023-2024) + 11 % de dépistage individuel ; 41 759 cancers détectés (2021-2022).≈ 4 décès évités sur 20 ans (1 pour 235 invitées)≈ 13 surdiagnostics ; faux positifs : ≈ 24 par campagne (Allemagne) graphique
Côlon-rectum — test immunologique50 à 74 ans sans risque particulier : test immunologique tous les 2 ans (kit en pharmacie ou en ligne) ; coloscopie si positif.Participation 30,7 % (2024-2025), sous le seuil européen de 45 %. Guéri 9 fois sur 10 si détecté tôt.5 décès évités sur 15 ans (modèle, risque de départ 3 %)250 ont au moins une coloscopie ; hémorragie grave ≈ 0,4 ; perforation ≈ 0,1 graphique
Col de l'utérus — frottis / test HPVFemmes 25 à 65 ans : 25–30 ans, cytologie ; 30–65 ans, test HPV tous les 5 ans.Participation 59,5 % (2020-2022) ; 32 000 lésions précancéreuses détectées/an.Test HPV : 40 % de cancers en moins qu'avec le frottis ; 90 % des cancers évitables avec la vaccination HPVdonnée non disponible détails
Poumon — scanner faible doseProgramme pilote IMPULSION : fumeurs/ex-fumeurs de 50 à 74 ans (≥ 20 paquets-années, arrêt < 15 ans), 5 régions pilotes, couplé à l'aide au sevrage ; 2 scanners à 1 an d'intervalle, puis tous les 2 ans.Premières inclusions en mai 2026 ; objectif 20 000 volontaires. Informations : 34 33.Réduction de mortalité de 20 à 25 % ; ≈ 8 décès évités sur 10 ans (NELSON, calcul)92 scanners supplémentaires, dont 21 orientés pour nodule suspect ; surdiagnostic ≈ 18 % des cancers dépistés graphique
Prostate — dosage PSAPas de dépistage organisé : décision partagée avec le médecin (dès 50 ans ; 45 ans si antécédent familial ou origine africaine ; 40 ans si mutation BRCA2).—3 décès évités sur 16 ans ; ERSPC, 23 ans : 1 pour 456 invités35 à 60 surdiagnostics ; 223 à 261 faux positifs ; 5 à 6 complications de biopsie graphique

Bénéfice attendu : les chiffres (NNT / NNS)

Le NNS (« nombre nécessaire à dépister ») est le nombre de personnes à dépister régulièrement pour éviter un décès par ce cancer. Ces estimations issues de grands essais varient selon l'âge et la durée de suivi ; elles se lisent avec les limites (fausses alertes, surdiagnostic). Le surdiagnostic est un cancer réel, trouvé par le dépistage, qui n'aurait jamais causé de symptôme ni de décès : il est traité pour rien.

Chaque case est une personne. Couleurs et marques blanches (lisibles aussi en noir et blanc) : décès évités · décès malgré le dépistage · surdiagnostics · faux positifs · examens complémentaires · examens invasifs · orientés vers un spécialiste · complications. Case vide : rien de tout cela. Attention : les populations et les durées (10 à 20 ans) diffèrent d'un graphique à l'autre, et les essais comptent souvent les personnes invitées (le bénéfice chez celles qui se font vraiment dépister est plus grand) : ne comparez pas les cancers entre eux.

Côlon-rectum : test immunologique tous les 2 ans

1 000 adultes de 50 à 79 ans dont le risque de cancer colorectal à 15 ans est de 3 %, suivis 15 ans. Modélisation (microsimulation), certitude faible.

Côlon-rectum : test immunologique tous les 2 ans — 1 000 adultes de 50 à 79 ans dont le risque de cancer colorectal à 15 ans est de 3 %, suivis 15 ans. Modélisation (microsimulation), certitude faible. 5 décès par cancer colorectal évités (9 sans dépistage → 4 avec) ; 4 décès par cancer colorectal malgré le dépistage ; 250 personnes ont au moins une coloscopie ; Hémorragie grave ≈ 0,4 et perforation ≈ 0,1 (calcul) : moins de 1 pour 1 000, trop rare pour apparaître ; Nouveaux cancers colorectaux : 30 → 29 ; Surdiagnostics : donnée non disponible. NNS ≈ 200 : dépister 200 personnes pendant 15 ans évite 1 décès (calcul : 1 000 ÷ 5).
  • 5 décès par cancer colorectal évités (9 sans dépistage → 4 avec)
  • 4 décès par cancer colorectal malgré le dépistage
  • 250 personnes ont au moins une coloscopie
  • Hémorragie grave ≈ 0,4 et perforation ≈ 0,1 (calcul) : moins de 1 pour 1 000, trop rare pour apparaître
  • Nouveaux cancers colorectaux : 30 → 29
  • Surdiagnostics : donnée non disponible

NNS ≈ 200 : dépister 200 personnes pendant 15 ans évite 1 décès (calcul : 1 000 ÷ 5).

Les personnes des décès évités ont aussi eu une coloscopie : les catégories ne s'additionnent pas.

Complications : 17,5 hémorragies graves et 5,4 perforations pour 10 000 coloscopies (synthèse AAFP de la recommandation BMJ), ramenées aux 250 coloscopiés (calcul).

Essais du test au gaïac : mortalité par cancer colorectal réduite de 16 % (RR 0,84 ; Cochrane 2007).

Sources : Helsingen LM et al., BMJ Rapid Recommendation, BMJ 2019 ; 367:l5515 (doi) ; synthèse AAFP 2020 (lien) ; Hewitson P et al., Cochrane 2007 (doi).

Sein : mammographie

1 000 femmes invitées au dépistage à partir de 50 ans pendant 20 ans (rythme britannique : tous les 3 ans).

Sein : mammographie — 1 000 femmes invitées au dépistage à partir de 50 ans pendant 20 ans (rythme britannique : tous les 3 ans). ≈ 4 décès par cancer du sein évités (4,3 exactement) ; ≈ 13 surdiagnostics, cancers invasifs et in situ (12,9 exactement) : environ 3 par décès évité ; Décès par cancer du sein malgré le dépistage : donnée non disponible pour cette population ; Faux positifs cumulés sur 20 ans : donnée non disponible ; en Allemagne, ≈ 24 pour 1 000 participantes à chaque campagne. NNS ≈ 235 : inviter 235 femmes pendant 20 ans évite 1 décès (10 000 ÷ 43).
  • ≈ 4 décès par cancer du sein évités (4,3 exactement)
  • ≈ 13 surdiagnostics, cancers invasifs et in situ (12,9 exactement) : environ 3 par décès évité
  • Décès par cancer du sein malgré le dépistage : donnée non disponible pour cette population
  • Faux positifs cumulés sur 20 ans : donnée non disponible ; en Allemagne, ≈ 24 pour 1 000 participantes à chaque campagne

NNS ≈ 235 : inviter 235 femmes pendant 20 ans évite 1 décès (10 000 ÷ 43).

Autre lecture (femmes de 50 à 69 ans, environ 11 ans) : décès par cancer du sein 5 → 4 pour 1 000 ; décès toutes causes 84 → 84 (Harding Center, d'après Cochrane 2013).

Hypothèse Cochrane (invitées pendant 10 ans) : 0,5 décès évité, 5 surtraitements et plus de 100 femmes en détresse après un faux positif, pour 1 000.

Sources : Independent UK Panel on Breast Cancer Screening (Marmot), Lancet 2012 ; 380:1778 (doi) ; IQWiG P14-02, cité dans IQWiG S19-01 p. 17 ; Harding Center, fact box mammographie (2021) ; Gøtzsche & Jørgensen, Cochrane 2013 (doi).

Col de l'utérus : test HPV

176 464 femmes de 20 à 64 ans, 4 essais européens, suivi médian 6,5 ans : test HPV comparé au frottis (cytologie).

Pas de graphique de 1 000 personnes : les cancers du col sont trop rares à cette échelle (moins de 1 pour 1 000). Les chiffres :

  • 40 % de cancers invasifs en moins avec le test HPV qu'avec le frottis (RR 0,60 ; RR 0,30 si le premier test est négatif)
  • Après un premier test négatif : 9 cancers pour 100 000 femmes en 5 ans et demi avec le test HPV, contre 36 avec le frottis (8,7 contre 36,0)
  • Faux positifs, colposcopies, conisations pour 1 000 femmes : donnée non disponible

NNS (décès évités) : donnée non disponible. Avec la vaccination HPV, jusqu'à 90 % des cancers du col sont évitables (INCa / OMS).

Sources : Ronco G et al., Lancet 2014 (doi) ; HAS 2019, dépistage primaire par test HPV (lien).

Poumon : scanner faible dose

1 000 hommes de 50 à 74 ans, fumeurs ou anciens fumeurs, 4 scanners (inclusion, 1 an, 3 ans, 5 ans et demi), suivis 10 ans (essai NELSON).

Poumon : scanner faible dose — 1 000 hommes de 50 à 74 ans, fumeurs ou anciens fumeurs, 4 scanners (inclusion, 1 an, 3 ans, 5 ans et demi), suivis 10 ans (essai NELSON). ≈ 8 décès par cancer du poumon évités (calcul approché : 3,30 → 2,50 pour 1 000 personnes-années, sur 10 ans) ; ≈ 25 décès par cancer du poumon malgré le dépistage (calcul approché : 2,50 pour 1 000 personnes-années × 10 ans) ; 92 ont au moins un scanner supplémentaire ; 21 orientés vers un spécialiste pour un nodule suspect (recoupement possible avec les 92) ; Surdiagnostics : donnée non disponible pour 1 000 ; ≈ 18 % des cancers dépistés (méta-analyse, certitude faible). NNS ≈ 125 sur 10 ans (NELSON, calcul : 1 000 ÷ 8) ; NNS 320 dans l'essai NLST (3 scanners annuels, suivi ≈ 6,5 ans).
  • ≈ 8 décès par cancer du poumon évités (calcul approché : 3,30 → 2,50 pour 1 000 personnes-années, sur 10 ans)
  • ≈ 25 décès par cancer du poumon malgré le dépistage (calcul approché : 2,50 pour 1 000 personnes-années × 10 ans)
  • 92 ont au moins un scanner supplémentaire
  • 21 orientés vers un spécialiste pour un nodule suspect (recoupement possible avec les 92)
  • Surdiagnostics : donnée non disponible pour 1 000 ; ≈ 18 % des cancers dépistés (méta-analyse, certitude faible)

NNS ≈ 125 sur 10 ans (NELSON, calcul : 1 000 ÷ 8) ; NNS 320 dans l'essai NLST (3 scanners annuels, suivi ≈ 6,5 ans).

NLST (gros fumeurs de 55 à 74 ans, au moins 30 paquets-années) : 24,2 % des scanners positifs sur 3 campagnes, dont 96,4 % de faux positifs.

Méta-analyse de 11 essais : mortalité par cancer du poumon RR 0,79 (−21 %) ; toutes causes RR 0,95 ; examens invasifs multipliés par 2,6, sans différence de mortalité postopératoire à 60 jours.

Sources : de Koning HJ et al. (NELSON), NEJM 2020 (doi) ; NLST, NEJM 2011 (doi) ; Bonney A et al., Cochrane 2022 (doi).

Prostate : dosage du PSA

1 000 hommes invités au dépistage par PSA (seuil de 4 ng/mL), suivis 16 ans. Faux positifs et complications : hommes qui ont participé, au moins 3 campagnes.

Prostate : dosage du PSA — 1 000 hommes invités au dépistage par PSA (seuil de 4 ng/mL), suivis 16 ans. Faux positifs et complications : hommes qui ont participé, au moins 3 campagnes. 3 décès par cancer de la prostate évités (intervalle 1 à 5) ; 6 décès par cancer de la prostate malgré le dépistage (calcul : 9 sans dépistage − 3) ; 5 à 6 complications de biopsie après un faux positif (environ 2 % des biopsiés, un tiers d'infections, aucun décès) ; 35 à 60 surdiagnostics ; 223 à 261 hommes avec au moins un faux positif ; Cases pâles : haut de la fourchette. Aussi : 3 métastases évitées (à 12 ans) ; incontinence ≈ 3 et impuissance ≈ 25 permanentes pour 1 000 participants (modélisation).. NNS ≈ 333 sur 16 ans (calcul : 1 000 ÷ 3). Essai ERSPC, 23 ans de suivi : inviter 456 hommes évite 1 décès, avec 12 diagnostics de plus par décès évité.
  • 3 décès par cancer de la prostate évités (intervalle 1 à 5)
  • 6 décès par cancer de la prostate malgré le dépistage (calcul : 9 sans dépistage − 3)
  • 5 à 6 complications de biopsie après un faux positif (environ 2 % des biopsiés, un tiers d'infections, aucun décès)
  • 35 à 60 surdiagnostics
  • 223 à 261 hommes avec au moins un faux positif
  • Cases pâles : haut de la fourchette. Aussi : 3 métastases évitées (à 12 ans) ; incontinence ≈ 3 et impuissance ≈ 25 permanentes pour 1 000 participants (modélisation).

NNS ≈ 333 sur 16 ans (calcul : 1 000 ÷ 3). Essai ERSPC, 23 ans de suivi : inviter 456 hommes évite 1 décès, avec 12 diagnostics de plus par décès évité.

ERSPC (162 236 hommes de 55 à 69 ans, 23 ans) : mortalité par cancer de la prostate réduite de 13 % (RR 0,87), soit 0,22 % en absolu ; mortalité toutes causes inchangée.

Sources : IQWiG, rapport S19-01 (2020), tableau 4 p. 13 et p. 11-16 (pdf) ; Roobol MJ et al. (ERSPC), NEJM 2025 ; 393:1669-80 (doi) ; Harding Center, fact box PSA (2020).

En parler à son médecin traitant, et où se faire dépister

Un doute, un dépistage à organiser, ou l'envie de faire le point ? Parlez-en à votre médecin traitant, et apportez le résumé de vos réponses (bouton d'export du questionnaire « Mon profil de prévention »).

  • Sein : avec l'invitation de l'Assurance maladie, chez un radiologue agréé de votre choix.
  • Côlon-rectum : kit de test remis en pharmacie ou par le médecin, ou commandé en ligne.
  • Col de l'utérus : médecin traitant, gynécologue ou sage-femme.
  • Poumon (programme IMPULSION) : 34 33 ou depistage-cancer-poumon.fr.
  • Mon bilan prévention : rendez-vous gratuit aux âges clés (18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans), sur monbilanprevention.sante.gouv.fr.
  • Tout savoir sur les dépistages organisés : jefaismondepistage.cancer.fr.

Prostate — une décision partagée (Décision partagée = un choix pris ensemble, vous et votre médecin, après information sur les bénéfices et les limites — plutôt qu'un dépistage systématique appliqué à tous.). Il n'existe pas de dépistage organisé du cancer de la prostate en France : le bénéfice du PSA est réel mais modeste, et s'accompagne d'un risque de surdiagnostic. La décision se prend au cas par cas avec le médecin, surtout en cas d'antécédent familial ou d'origine afro-antillaise.

Chapitre 14 sur 16

Côlon-rectum : quand faire la coloscopie, quand la refaire

Pour les médecins · calendrier selon le risque et surveillance après coloscopie

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Deux repères pour la consultation : l'âge de début et le rythme du dépistage selon le niveau de risque (HAS 2017), puis le délai de la coloscopie suivante selon les lésions retirées (CNP-HGE/SFED 2021, avec la position européenne de l'ESGE 2020 quand elle diffère).

Calendrier selon le niveau de risque

0102030405060708090
Risque moyensans symptôme ni antécédent
50 → 74 ans · Test immunologique tous les 2 ans ; coloscopie si le test est positif. (HAS 2017, p. 3)
Parent au 1er degrécancer colorectal ou adénome avancé (plus de 1 cm)
dès 45 ans* · Coloscopie tous les 5 ans. *Ou 10 ans avant l'âge du parent au diagnostic. (HAS 2017, p. 4)
Syndrome de Lynchmutation ou suspicion familiale
dès 20-25 ans* · Chromoendoscopie tous les 1 à 2 ans ; gastroscopie avec recherche d'H. pylori ; recherche des autres localisations (endomètre, ovaire, intestin grêle, voies urinaires). *Ou 5 ans avant le cas le plus jeune. Apparenté non porteur : risque moyen. (HAS 2017, p. 5)
Polypose adénomateuse familialegène APC
dès 10-12 ans · Chromoendoscopie tous les 1 à 2 ans jusqu'à la chirurgie ; gastroscopie tous les 3 ans. (HAS 2017, p. 5)
Polypose MUTYHbiallélique
dès 20-30 ans · Une première coloscopie, puis un rythme selon le contexte. (HAS 2017, p. 5)

Barre pleine : âges recommandés. Barre hachurée : suite de la surveillance, à arrêter quand l'espérance de vie est limitée (pas d'âge fixe ; bénéfice probablement plus limité au-delà de 80 ans, CNP-HGE/SFED 2021, p. 13).

SituationPremière coloscopiePuisSource
Cancer colorectal opéréDans les 6 mois après la chirurgie si le côlon n'a pas été exploré en entier avant ; sinon 1 an après la chirurgie3 ans plus tard, puis 5 ans plus tard ; plus tôt si des polypes à risque sont trouvésCNP-HGE/SFED 2021, p. 11 ; HAS 2017, p. 4 (1 an, puis tous les 5 ans)
MICI colique (Crohn colique, rectocolite)6 à 8 ans après le début des symptômesRisque élevé (cholangite sclérosante, dysplasie, colite étendue à plus de 50 %, activité persistante, cancer colorectal familial, pseudopolypes, sténose) : chromoendoscopie tous les 1 à 2 ans. Risque intermédiaire : tous les 3 à 4 ans. Risque faible (rectite, Crohn sur moins de 30 % du côlon) : pas de suivi spécifique.HAS 2017, p. 4
Polype retiré—Délai selon les lésions retirées : outil ci-dessous. Petits polypes hyperplasiques du recto-sigmoïde (moins de 10 mm) : pas de surveillance.CNP-HGE/SFED 2021 ; HAS 2017, p. 3-4
  • Symptômes (rectorragies, douleurs abdominales qui durent, troubles du transit, amaigrissement) : pas de test immunologique, mais une coloscopie diagnostique (INCa 2026).
  • Oncogénétique à envisager : cancer colorectal chez un parent avant 50 ans, 2 parents au 1er degré atteints, ou 2 cancers du spectre de Lynch chez une même personne (HAS 2017, p. 6).
  • Âge du parent au diagnostic : voir le tableau comparatif ci-dessous. La France (HAS 2017) ne tient pas compte de l'âge du parent ; la plupart des recommandations étrangères, si.

Antécédent familial : âge du parent, comparaison des recommandations

Référentiel1 parent au 1er degré < 50 ans≥ 2 parents au 1er degré1 parent 50-59 ans1 parent ≥ 60 ans2e degré seul
Tous (point commun)ColoscopieColoscopie———
France · HAS 2017 (fiche mémo p. 4)Coloscopie dès 45 ans ou 10 ans avant, tous les 5 ansIdemIdemIdemNon traité
États-Unis · USMSTF 2017 ; ACG 2021 (rec. 9-12)Coloscopie dès 40 ans ou 10 ans avant, tous les 5 ansIdemIdemDépistage du risque moyen, dès 40 ansRisque moyen (ACG)
Royaume-Uni · BSG/ACPGBI/UKCGG 2019Une coloscopie à 55 ansUne coloscopie à 55 ans (2 parents liés) ; tous les 5 ans de 40 à 75 ans si ≥ 3 parentsProgramme national (test)Programme nationalPas un critère
Europe · ESGE 2019Coloscopie (âge et rythme non vérifiés)IdemHors risque familialHors risque familialNon traité
Canada · CAG 2018Coloscopie dès 40-50 ans ou 10 ans avant, tous les 5 à 10 ansColoscopie tous les 5 ansDétail non vérifiéDétail non vérifiéRisque moyen
Australie · Cancer Council 2023Coloscopie tous les 5 ans dès 50 ans ou 10 ans avantIdem ; ≥ 3 parents : dès 40 ansColoscopie tous les 5 ans (seuil < 60 ans)Test tous les 2 ans, 45-74 ansNon explicite

Règle appliquée dans ce guide : ≥ 2 parents au 1er degré, ou 1 parent atteint avant 60 ans → coloscopie tous les 5 ans (dès 45 ans en France, 40 ans aux États-Unis, ou 10 ans avant le plus jeune cas). 1 seul parent atteint à 60 ans ou plus → la plupart des recommandations étrangères proposent le dépistage du risque moyen ; la France (HAS 2017) maintient la coloscopie dès 45 ans tous les 5 ans : les deux sont affichés. Un adénome avancé chez un parent compte comme un cancer (États-Unis, Canada, France). Sources : Rex DK et al., Am J Gastroenterol 2017 (doi) ; Shaukat A et al., Am J Gastroenterol 2021 (doi) ; USPSTF, JAMA 2021 (risque moyen seulement) ; Monahan KJ et al., Gut 2020 (doi) ; van Leerdam ME et al., Endoscopy 2019 (doi) ; Leddin D et al., Gastroenterology 2018 (doi) ; Cancer Council Australia 2023 ; HAS 2017, fiche mémo p. 4 et rapport d'élaboration p. 45.

Surveillance après coloscopie

Le délai est normalement écrit sur le compte rendu ; la recommandation française demande de le remettre par écrit au patient (CNP-HGE/SFED 2021, p. 5). L'outil sert à le vérifier ou à le retrouver.

Outil pour les médecins · rien n'est enregistré

Surveillance après coloscopie

Cochez ce qui a été retiré (d'après le compte rendu d'endoscopie et d'anatomopathologie) : délai de la prochaine coloscopie selon la recommandation française, avec la position européenne quand elle diffère.

Le patient et la coloscopie
Lésions retirées

Rien de coché = coloscopie normale ou polypes hyperplasiques de moins de 10 mm seulement. Le contingent villeux ne change rien : seules la taille et la dysplasie comptent (CNP-HGE/SFED 2021, p. 6).

Orientation en oncogénétique
Le tableau complet France / Europe (17 situations)

Ces délais supposent une coloscopie initiale de qualité (complète jusqu'au cæcum, préparation avec un score de Boston ≥ 7 en France, ≥ 6 pour l'ESGE, tous les polypes retirés) ; sinon, refaire la coloscopie dans l'année (CNP-HGE/SFED 2021, p. 2). Pages : texte CNP-HGE/SFED 2021 ; « rec. » : recommandation de l'ESGE 2020.

Lésions retirées (résection complète)France : CNP-HGE/SFED 2021Europe : ESGE 2020
Coloscopie normale, ou polypes hyperplasiques de moins de 10 mmConsultation de prévention à 5 ans, puis au choix : coloscopie à 10 ans, ou reprise du test immunologique tous les 2 ans dès 5 ans (p. 8)Retour au dépistage organisé ; sans programme organisé, coloscopie à 10 ans
1 à 2 adénomes de moins de 10 mm, dysplasie de bas gradeConsultation de prévention à 5 ans, puis coloscopie entre 7 et 10 ans OU test immunologique dès 5 ans (p. 7 ; recommandation faible)Pas de surveillance : retour au dépistage ; sinon coloscopie à 10 ans (rec. 1)
3 à 4 adénomes de moins de 10 mm, dysplasie de bas gradeColoscopie à 5 ans (p. 7)Pas de surveillance : retour au dépistage (rec. 1)
Polype(s) festonné(s) de moins de 10 mm sans dysplasieColoscopie à 5 ans (p. 7)Pas de surveillance (rec. 1)
Au moins 5 adénomes3 ans3 ans (rec. 2)
Au moins 1 adénome de 10 mm ou plus3 ans3 ans (rec. 2)
Adénome en dysplasie de haut grade (y compris pTis)3 ans3 ans (rec. 2)
Polype festonné (y compris hyperplasique) de 10 mm ou plus, ou avec dysplasie3 ans3 ans (rec. 2)
Résection fragmentée d'un polype de 20 mm ou plusContrôle à 3-6 mois, puis 12 mois après ; si normal, contrôle suivant 3 ans plus tard (p. 10-11)3-6 mois, puis 12 mois après (rec. 3)
Résection fragmentée d'un polype de moins de 20 mmContrôle précoce « peut se discuter » si l'exérèse était complexeNon traité
Exérèse macroscopiquement incomplète (hors cancer)Adresser à un centre expert, avec photos—
Au moins 10 adénomes cumulésOncogénétique si : 15 ou plus à tout âge ; 10 ou plus avant 60 ans ; 5 ou plus avec un critère associé (avant 40 ans ; cancer colorectal MSS avant 60 ans ; tous avancés ; adénomes duodénaux ; atteinte sébacée) (p. 6-7). Adénomes comptés sur toutes les coloscopies successives.Conseil génétique évoqué (texte intégral non relu)
1re surveillance sans lésion à risque (après un risque élevé)2e coloscopie à 5 ans ; puis, si normale ou seulement des lésions à faible risque, consultation de prévention à 5 ans : coloscopie entre 7 et 10 ans ou test immunologique (p. 6)5 ans, puis retour au dépistage (rec. 4)
Surveillance qui trouve de nouveau une lésion à risque élevé3 ans3 ans (rec. 5, recommandation faible)
Antécédent familial de cancer colorectal (hors syndrome génétique)Ne pas raccourcir les délais de surveillance après polypectomie, quel que soit l'âge du cas index (p. 13)—
Test immunologique positif entre deux coloscopiesColoscopie proposée (p. 14)—
Âge d'arrêtPas d'âge fixe : arrêter quand l'espérance de vie est limitée (âge, comorbidités) ; bénéfice « probablement plus limité » au-delà de 80 ans (p. 13)Arrêt vers 80 ans ou plus tôt selon l'espérance de vie (texte intégral non relu)

Pourquoi la France garde une surveillance là où l'ESGE n'en met plus (petits adénomes, festonnés de moins de 10 mm, coloscopie normale) : participation faible au dépistage organisé du côlon (30,5 % en 2018-2019) et seuil de positivité du test immunologique plus élevé qu'ailleurs en Europe (CNP-HGE/SFED 2021, préambule p. 2 et annexe 1).

Sources : HAS, fiche mémo « Cancer colorectal : modalités de dépistage et de prévention chez les sujets à risque élevé et très élevé », mai 2017 ; CNP-HGE / SFED, « Modalités de surveillance après polypectomie colique », recommandations 2021 ; Hassan C et al. (ESGE), Post-polypectomy colonoscopy surveillance, Endoscopy 2020 ; 52:687-700 ; INCa, « Niveaux de risque chez les patients » (cancer colorectal), mise à jour du 28/05/2026.

Chapitre 15 sur 16

Col de l'utérus : après un dépistage anormal

Pour les médecins · conduite à tenir, colposcopie, surveillance après traitement

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Depuis 2019, le test HPV est le test de dépistage de 30 à 65 ans, avec une cytologie « réflexe » si le test est positif ; de 25 à 29 ans, la cytologie reste le premier test. Les arbres de conduite à tenir de l'INCa (2016) ont été actualisés en 2024-2025 par un consensus d'experts (CNGOF, SFCPCV) pour tenir compte du test HPV ; la surveillance après traitement suit l'INCa (2019).

Outil pour les médecins · rien n'est enregistré

Anomalie du dépistage du col

Choisissez l'âge et le résultat : conduite à tenir (colposcopie ou contrôle, et quand). Second volet : après la colposcopie, la biopsie ou le traitement.

La patiente
1. Résultat du dépistage
2. Après la colposcopie ou le traitement
Le résumé des 17 situations, avec leurs sources
SituationConduiteSource
HPV négatif (30-65 ans)Test HPV 5 ans plus tardHAS 2019, p. 3-4
HPV positif, cytologie réflexe normaleTest HPV à 1 an : positif → colposcopie ; négatif → test HPV à 5 ansHAS 2019, p. 3-4
HPV positif, ASC-US ou LSILColposcopie ; normale, jonction vue → test HPV à 1 an (négatif → 5 ans)GOFS 2025, arbres 2 et 4
HPV positif, ASC-HColposcopie ; normale, jonction vue → test HPV à 1 an (négatif → 3 ans) ; jonction non vue → arbre 7GOFS 2025, arbres 6-7
HPV positif, AGCColposcopie + curetage endocervical ; après 45 ans, exploration de l'endomètre ; normaux → HPV à 1 an (négatif → 3 ans)GOFS 2025, arbre 9
HSIL (tout âge)Colposcopie, biopsie ; jonction non vue après contrôle → conisation diagnostiqueGOFS 2025, arbre 10
25-29 ans, ASC-USTest HPV réflexe : négatif → HPV à 5 ans ; positif → colposcopieGOFS 2025, arbre 1
25-29 ans, LSILColposcopie (option p16/Ki67) ; normale → contrôle à 1 anGOFS 2025, arbre 3
25-29 ans, ASC-HColposcopie ; normale → contrôle à 1 an (HPV négatif → 3 ans)GOFS 2025, arbre 5
25-29 ans, AGCTest HPV : négatif → contrôle à 3 ans ; positif → colposcopie + curetageGOFS 2025, arbre 8
CIN1 / colposcopie normale après ASC-US ou LSILContrôle à 1 an ; traitement seulement si persistance au-delà de 24 moisGOFS 2025, arbre 14
≤ bas grade après ASC-H, AGC ou HSILCytologie + colposcopie + examen du vagin à 6 moisGOFS 2025, arbre 15
CIN2 / CIN3Électrorésection à l'anse ; option < 30 ans : destruction ou surveillance tous les 6 mois, 2 ans au plusGOFS 2025, arbre 16
AISÉlectrorésection + curetage ; marges saines → hystérectomie (ou surveillance si projet parental)GOFS 2025, arbre 17
Après traitement d'un haut gradeHPV à 6 mois ; négatif → HPV à 3 ans, puis 3 ans, puis surveillance à vieINCa 2019, arbre 2
Après traitement d'un bas gradeHPV à 6 mois ; négatif → retour au dépistage organiséINCa 2019, arbre 1
Après traitement conservateur d'un AISHPV à 6 mois ; négatif → suivi annuelINCa 2019, arbre 3

Cas particuliers

  • Grossesse : ASC-US ou LSIL → contrôle 3 à 6 mois après l'accouchement ; ASC-H, AGC ou HSIL → colposcopie dès que possible, contrôle 3 mois plus tard puis 3 à 6 mois après l'accouchement (GOFS 2025, arbres 11-13).
  • Immunodépression : hors du champ des arbres INCa 2016 et 2019. Dépistage propre : hors VIH, cytologie annuelle de 25 à 29 ans puis test HPV tous les 3 ans (HAS, octobre 2025) ; VIH, cytologie annuelle de 25 à 29 ans, test HPV au rythme habituel dès 30 ans sauf immunodépression marquée (ANRS-MIE/CNS 2024, rec. 62-68). Anomalie : avec un spécialiste.
  • Après 65 ans : le dépistage s'arrête, mais pas la surveillance après traitement d'une lésion de haut grade, qui dure toute la vie (INCa 2019, arbre 2).
  • Hystérectomie totale : hors du dépistage (HAS 2019, p. 3) ; mais après une hystérectomie pour lésion de haut grade ou AIS, même surveillance par test HPV que les autres traitements (INCa 2019, arbres 2 et 4).
  • Femmes vaccinées : même conduite (HAS 2019 ; INCa 2019).
  • Auto-prélèvement vaginal : proposé dès 30 ans aux femmes pas ou mal dépistées (HAS 2019, p. 3) ; s'il est positif, pas de cytologie réflexe possible : prélèvement cervico-utérin par un professionnel (INCa, référentiel auto-prélèvements, avril 2022, § 5.2).

Aux États-Unis, l'ASCCP (2019) fixe la conduite selon un risque calculé de CIN3+ plutôt que par arbres (Perkins RB et al., J Low Genit Tract Dis 2020 ; 24:102-31) : non repris ici.

Sources : Brun JL et al., « Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale : actualisation des recommandations INCa après la mise en place du dépistage par le test HPV », consensus d'experts CNGOF/SFCPCV, Gynécol Obstét Fertil Sénol 2025 ; 53:54-75 ; HAS, « Évaluation de la recherche des HPV en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus », synthèse, juillet 2019 ; INCa, « Surveillance post-thérapeutique des lésions précancéreuses du col de l'utérus », synthèse, septembre 2019 ; INCa, « Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale », thésaurus, décembre 2016.

Chapitre 16 sur 16

Sources & méthode

Les données chiffrées (incidence, mortalité, survie, facteurs de risque, dépistages) proviennent du Panorama des cancers en France, édition 2026 de l'Institut national du cancer (INCa), reproduites avec mention de la source. Les pictogrammes sont recréés dans la charte du site.

  1. 1 INCa, Panorama des cancers en France — Édition 2026 (incidence et mortalité 2023, survie nette 2010-2015, facteurs de risque 2015, dépistages).
  2. 2 sante.fr / monbilanprevention.sante.gouv.fr — Mon Bilan Prévention.
  3. 3 INCa / Assurance Maladie — jefaismondepistage.cancer.fr.
  4. 4 National Lung Screening Trial (NLST), NEJM 2011 ; étude NELSON, NEJM 2020 ; méta-analyse Cochrane (Bonney 2022) ; INCa, programme IMPULSION (mise à jour du 27/05/2026).
  5. 5 Essais de dépistage mammographique : Independent UK Panel (Marmot), Lancet 2012 ; Cochrane (Gøtzsche & Jørgensen 2013) ; Harding Center (2021) ; IQWiG. (Les modélisations USPSTF / CISNET, source de l'ancienne fourchette « 500 à 1 300 », ne sont plus citées.)
  6. 6 Essais de dépistage colorectal (test au sang occulte / sigmoïdoscopie / coloscopie) : Cochrane (Hewitson 2007) ; BMJ Rapid Recommendation (Helsingen 2019) ; NordICC (NEJM 2022) ; COLONPREV (Lancet 2025).
  7. 7 Quéreux G, Nguyen JM, Dréno B et al. — SAMScore, auto-questionnaire de risque de mélanome (Eur J Cancer Prev 2010 ; essai contrôlé Ann Fam Med 2014).
  8. 8 ERSPC — dépistage du cancer de la prostate par PSA : Roobol et al., NEJM 2025 (suivi de 23 ans : 456 hommes à inviter et 12 diagnostics supplémentaires pour 1 décès évité ; le « 18 » du suivi à 16 ans était déjà ce nombre de diagnostics supplémentaires, pas un nombre de surdiagnostics) ; IQWiG S19-01 (2020).
  9. 9 HAS, fiche mémo « Cancer colorectal : modalités de dépistage et de prévention chez les sujets à risque élevé et très élevé » (2017) ; INCa, « Niveaux de risque » (2026) ; CNP-HGE / SFED, surveillance après polypectomie (2021) ; ESGE (Hassan 2020).
  10. 10 INCa, « Orienter vos patientes » (sein) ; HAS, modalités de dépistage des femmes à haut risque (2014) ; score d'Eisinger.
  11. 11 HAS, test HPV en dépistage primaire (2019) ; HAS, rattrapage de la vaccination HPV jusqu'à 26 ans révolus (13 mai 2025) ; Ronco et al., Lancet 2014.

Avertissement. Ces informations ont une vocation pédagogique et ne remplacent ni une consultation, ni un avis médical spécialisé. Les estimations de risque sont qualitatives. En cas de symptôme, consultez un professionnel de santé. Vos réponses ne sont ni enregistrées, ni transmises : elles restent dans votre navigateur (conforme RGPD).

En savoir plus

Contenus d'après l'INCa (Panorama des cancers 2026), sante.fr et la HAS. Outil d'information — ne remplace pas un avis médical.

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