Parkinson Examen guidé · critères MDS 2015

Aide à la décision · Maladies chroniques · Neurologie · Sémiologie

Syndrome parkinsonien : examen clinique et critères MDS

Cochez chaque signe recherché : présent, absent ou non évalué. Les critères cliniques de la Movement Disorder Society (2015) s'appliquent tout seuls, les pistes d'un syndrome atypique ou secondaire s'affichent, et le compte rendu s'écrit en direct. Rien n'est enregistré ni envoyé.

MDS 2015 · HAS 2016 (parcours)Vérifié le 28/09/2026

Contexte · 1

Patient et mode de début

Le temps est décisif : plusieurs drapeaux rouges se définissent par leur précocité (chutes avant 3 ans, dysautonomie sévère avant 5 ans).

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Contexte

ans
ans
Sexe
Côté prédominant

Une atteinte nettement asymétrique au début oriente vers une maladie de Parkinson (Hughes 1992) ; d'emblée bilatérale et symétrique, elle doit faire chercher une autre cause.

Mode de début

Insidieux et d'un côté : maladie de Parkinson. Bilatéral symétrique : atypique ou secondaire. Brutal : vasculaire, médicamenteux, toxique. Chutes précoces : PSP. Démence précoce : démence à corps de Lewy.

Correction au-cabinet 2026-09-28 : les stades 1,5 et 2,5 appartiennent à une version modifiée de l'échelle de Hoehn et Yahr, dont la validation n'a pas été faite (Goetz 2004, groupe de travail MDS) ; ils sont gardés mais signalés.

Contexte · 2

Interrogatoire et prodromes

Ce que le patient ou son entourage rapporte. Le « i » explique chaque signe.

Examen · 1

L'examen moteur pas à pas

Une trame d'examen en dix minutes, décrite avec nos mots. Elle recoupe les domaines de l'échelle motrice MDS-UPDRS (partie III), dont les items et la cotation ne sont pas reproduits ici (échelle protégée, voir « Validité & sources »).

Lenteur et décrément

  • Pouce contre index, le plus vite et le plus amplement possible, une dizaine de fois ; puis ouvrir et fermer le poing ; puis tourner la main paume en haut, paume en bas.
  • Pied : taper la pointe au sol, talon posé, puis lever la jambe entière.
  • Ce qui compte : la lenteur et la diminution progressive de l'amplitude ou de la vitesse, les hésitations, les arrêts. Chaque côté séparément, pour voir l'asymétrie.

Rigidité

  • Mobiliser lentement le cou, les poignets, les coudes, les genoux, patient détendu.
  • Résistance égale dans tout le mouvement (tuyau de plomb), avec ou sans ressauts (roue dentée).
  • Si doute : faire ouvrir et fermer la main opposée pendant la mobilisation (manœuvre d'activation).

Tremblements

  • Au repos, mains posées sur les cuisses, pendant un calcul mental à rebours : c'est celui de la maladie de Parkinson.
  • En posture, bras tendus : un tremblement qui réapparaît après quelques secondes est un tremblement de repos « réémergent ».
  • À l'action (doigt-nez, écriture, verre d'eau) : plutôt un tremblement essentiel s'il domine.
  • Regarder aussi le menton, les lèvres et les jambes.

Axe, marche, équilibre

  • Se lever d'une chaise bras croisés.
  • Marcher une dizaine de mètres, faire demi-tour : longueur du pas, ballant des bras, enrayages, festination.
  • Posture debout : antéflexion du tronc ou du cou.
  • Test de rétropulsion : prévenir le patient, se placer derrière lui, tirer brièvement vers l'arrière par les épaules ; plus de 2 pas de recul est anormal.

Face et parole

  • Expression du visage, fréquence des clignements, bouche entrouverte.
  • Parole spontanée : volume, intonation, articulation.
  • Mouvements oculaires : poursuite et saccades, surtout verticales vers le bas.

À ne pas oublier

  • Pression artérielle couché puis debout à 1, 2 et 3 minutes.
  • Réflexes, signe de Babinski, examen cérébelleux.
  • Écriture (spirale d'Archimède), odorat, sommeil, cognition.
  • La liste des médicaments (onglet « Pièges & orientation »).

Correction au-cabinet 2026-09-28 : la page d'origine reproduisait les 18 items et la cotation de 0 à 4 de la partie III de la MDS-UPDRS, avec un score sur 132. Cette échelle appartient à la Movement Disorder Society, qui en soumet la reproduction à autorisation : le calculateur est retiré, remplacé par cette trame décrite en propres mots.

Examen · 2

Signes cardinaux

Bradykinésie obligatoire, plus un tremblement de repos et/ou une rigidité (MDS 2015).

Examen · 3

Posture, marche et équilibre

Examen · 4

Visage, parole, oculomotricité

Examen · 5

Signes associés

Cérébelleux, pyramidaux, corticaux, dysautonomiques, cognitifs : ce qui oriente ailleurs.

Critères MDS · 1

Drapeaux rouges

Chacun doit être contrebalancé par un critère de soutien ; au-delà de 2, la maladie de Parkinson n'est pas retenue. Les drapeaux « pyramidaux » (R9) et « dysautonomie sévère » (R5) sont dans l'examen.

Correction au-cabinet 2026-09-28 : il manquait le drapeau rouge R7 (antécolis disproportionné ou rétractions dans les 10 ans), ajouté. Le seuil d'hypotension orthostatique du drapeau R5 est de 30 mmHg de systolique ou 15 de diastolique (MDS 2015), et non 20/10 comme l'indiquait la page d'origine.

Critères MDS · 2

Critères d'exclusion absolus

Un seul suffit à écarter la maladie de Parkinson.

Critères MDS · 3

Critères de soutien et examens

Quatre critères de soutien : S1 réponse dopaminergique, S2 dyskinésies, S3 tremblement de repos constaté (coché dans « Signes cardinaux »), S4 perte de l'odorat objectivée ou scintigraphie MIBG anormale.

Synthèse · 1

Conclusion selon les critères MDS 2015

Cochez au moins la bradykinésie et un tremblement de repos ou une rigidité.

Conduite proposée

    Synthèse · 2

    Compte rendu d'examen

    Signes présents et signes recherchés absents ; les signes « non évalués » n'y figurent pas.

    …
    Pièges · 1

    Syndromes parkinsoniens médicamenteux

    Cause secondaire la plus fréquente : toujours relire l'ordonnance, y compris les traitements « digestifs », « anti-vertige » et anciens.

    FamilleExemples (DCI)À retenir
    Antipsychotiques classiqueshalopéridol, chlorpromazine, cyamémazine, loxapine, lévomépromazineRisque le plus élevé
    Antipsychotiques « atypiques »rispéridone, olanzapine, aripiprazole, amisulprideRisque réel ; clozapine et quétiapine en donnent le moins
    Antiémétiques, « digestifs »métoclopramide, métopimazine, alizaprideSouvent oubliés ; la dompéridone passe peu dans le cerveau
    Benzamidessulpiride, tiapride, amisulpridePrescrits pour l'anxiété, l'agitation, l'alcool
    Anti-vertigineuxflunarizine, cinnarizineBloqueurs calciques à effet antidopaminergique
    Déplétants de la dopaminetétrabénazineTraitement des mouvements anormaux
    TrimétazidinetrimétazidineUsage restreint en Europe depuis 2012 à cause de ce risque ; contre-indiquée en cas de maladie de Parkinson
    Autres, plus rarementvalproate, lithium, amiodarone, certains antidépresseursY penser si la chronologie concorde

    Ce qui l'évoque : apparition dans les jours ou mois qui suivent l'introduction ou l'augmentation du médicament, atteinte souvent bilatérale et symétrique (mais parfois asymétrique), tremblement fréquent. Ce qu'on fait : arrêter ou remplacer le médicament si possible ; la régression prend des semaines à des mois. Un syndrome qui persiste ou s'aggrave après l'arrêt fait suspecter une maladie de Parkinson démasquée : avis neurologique.

    Sources : critère d'exclusion E5 (MDS 2015) ; Shin HW, Chung SJ. Drug-induced parkinsonism. J Clin Neurol 2012;8:15-21 ; Agence européenne du médicament, réévaluation de la trimétazidine (2012).

    Pièges · 2

    Ce qui ressemble à une maladie de Parkinson

    DiagnosticCe qui l'évoque
    Tremblement essentielTremblement d'action et postural des deux mains, souvent la tête ou la voix, antécédents familiaux, amélioré par l'alcool ; pas de bradykinésie avec décrément
    PSPChutes en arrière dans les 3 premières années, regard vertical vers le bas limité ou ralenti, rigidité axiale, apathie, réponse faible à la lévodopa
    AMSDysautonomie sévère précoce (hypotension orthostatique, troubles urinaires), syndrome cérébelleux, stridor, antécolis, évolution rapide
    Démence à corps de LewyTroubles cognitifs avant ou dans l'année des signes moteurs, fluctuations, hallucinations visuelles, hypersensibilité aux neuroleptiques
    Dégénérescence corticobasaleAtteinte très asymétrique, apraxie, main « étrangère », myoclonies, troubles sensitifs corticaux
    VasculaireMarche à petits pas, atteinte prédominant aux membres inférieurs, facteurs de risque vasculaire, lésions à l'imagerie, peu de tremblement
    Hydrocéphalie à pression normaleMarche « aimantée », troubles urinaires, ralentissement cognitif ; ventricules dilatés à l'imagerie
    MédicamenteuxVoir le chapitre précédent

    Source : critères MDS 2015 (exclusions et drapeaux rouges) ; les orientations reprennent la page d'origine (Williams 2005 pour la PSP, Gilman 2008 pour l'AMS, McKeith 2017 pour la démence à corps de Lewy).

    Pièges · 3

    Orienter et suivre (HAS)

    Au moment du doute

    • Le médecin traitant adresse au neurologue avant tout traitement, pour évaluation et, si besoin, confirmation du diagnostic.
    • Le diagnostic clinique est peu spécifique au début : en tenir compte dans ce qu'on dit au patient.
    • Avis rapide si drapeau rouge, critère d'exclusion, chutes précoces, évolution rapide ou doute avec une cause secondaire.
    • Le DaTscan n'est pas un examen de routine : il se discute avec le neurologue en cas de doute (tremblement essentiel, médicamenteux, fonctionnel).

    Annonce et droits

    • Le médecin traitant participe à l'annonce, pensée en trois temps : avant, pendant, après.
    • Demande d'affection de longue durée (ALD) pour maladie de Parkinson.
    • Associer l'entourage ; proposer l'éducation thérapeutique et les associations de patients.

    Suivi partagé

    • Neurologue au moins une fois par an, plus si complications motrices ou non motrices.
    • Kinésithérapie (marche, équilibre, prévention des chutes), orthophonie (parole, déglutition), activité physique régulière.
    • Surveiller les signes non moteurs : sommeil, humeur, cognition, hypotension orthostatique, constipation, douleurs, troubles du contrôle des impulsions sous agonistes dopaminergiques.
    • Revoir l'ordonnance à chaque renouvellement (médicaments antidopaminergiques).

    Jamais d'arrêt brutal

    Ne jamais arrêter brutalement un traitement antiparkinsonien (hospitalisation, jeûne, chirurgie, troubles de la déglutition) : risque de syndrome sévère avec rigidité, fièvre et confusion. Prévoir la poursuite du traitement, au besoin par une autre voie, avec le neurologue.

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : la conduite proposée d'origine recommandait un « test thérapeutique à la lévodopa » en première ligne ; le guide HAS demande d'adresser au neurologue avant tout traitement. Le test à la lévodopa et le DaTscan sont présentés comme des décisions du neurologue.

    Source : HAS. Guide du parcours de soins : maladie de Parkinson, 2016 (rôle du médecin généraliste, annonce, suivi).

    Validité · 1

    Validité et utilité des outils

    Critères cliniques MDS 2015

    Validité et utilité
    À quoi ils servent
    Dire si un syndrome parkinsonien est dû à une maladie de Parkinson, avec deux niveaux de certitude : cliniquement établie (spécificité maximale) et cliniquement probable (équilibre sensibilité-spécificité).
    Valide chez
    Patients atteints d'un syndrome parkinsonien, en neurologie. Validation : 626 patients de 8 centres (434 maladies de Parkinson, 192 autres), diagnostic de l'expert comme référence (Postuma 2018).
    Performance
    « Probable » : sensibilité 94,5 %, spécificité 88,5 %, exactitude 92,6 %, meilleures que les critères de la UK Brain Bank. « Établie » : remplie par 59,3 % des maladies de Parkinson et 1,6 % des autres. Revue de séries autopsiques (2025) : critères de soutien plus fréquents dans la maladie de Parkinson, exclusions et drapeaux rouges dans les syndromes atypiques, mais certains drapeaux rouges (regard vertical, fauteuil roulant précoce, symétrie) présents chez plus de 5 % des maladies de Parkinson prouvées.
    Limites
    Conçus pour des neurologues ; validés contre l'avis d'un expert, pas contre l'autopsie ; précision plus faible au tout début de la maladie ; plusieurs critères demandent un recul de 3 à 10 ans ou des examens (lévodopa, DaTscan, MIBG, test olfactif).
    Recommandé par
    Movement Disorder Society (critères officiels). HAS 2016 : diagnostic clinique, confirmé par le neurologue.

    Échelle de Hoehn et Yahr

    Validité et utilité
    À quoi elle sert
    Situer globalement le stade de la maladie (d'un côté, des deux côtés, instabilité posturale, dépendance).
    Valide chez
    Maladie de Parkinson ; échelle d'origine (1967) en 5 stades.
    Performance
    Corrélée aux mesures de handicap et d'imagerie dopaminergique (revue du groupe MDS, Goetz 2004) ; chiffres de reproductibilité : voir la revue.
    Limites
    Grossière, centrée sur l'équilibre ; ne décrit ni les signes non moteurs ni les fluctuations. Les stades 1,5 et 2,5 (version modifiée) n'ont pas été validés.
    Recommandé par
    Groupe de travail MDS (Goetz 2004) : garder la version d'origine, avec des consignes précises.

    MDS-UPDRS, partie III

    Fiche seule, sans calculateur : échelle protégée par la Movement Disorder Society (autorisation nécessaire pour la reproduire).

    Validité et utilité
    À quoi elle sert
    Coter l'examen moteur (parole, mimique, rigidité, mouvements alternés des mains et des pieds, lever, marche, équilibre, posture, tremblements) pour suivre l'évolution et l'effet des traitements.
    Valide chez
    Maladie de Parkinson ; validation clinimétrique de la version révisée par la MDS (Goetz 2008) ; version française officielle diffusée par la MDS.
    Performance
    Voir Goetz 2008 (cohérence interne élevée, validité concurrente avec l'UPDRS d'origine) : chiffres non repris ici.
    Limites
    Longue ; demande une formation ; outil de spécialiste et de recherche plus que de dépistage.
    Recommandé par
    Movement Disorder Society.
    Validité · 2

    Sources

    Vérifiées le 28 septembre 2026.

    1. Postuma RB et al. MDS clinical diagnostic criteria for Parkinson's disease. Mov Disord 2015;30:1591-601 (tableau 1 : critères).
    2. Postuma RB et al. Validation of the MDS clinical diagnostic criteria for Parkinson's disease. Mov Disord 2018;33:1601-8.
    3. Revisiting the 2015 MDS diagnostic criteria for Parkinson disease: insights from autopsy-confirmed cases. npj Parkinsons Dis 2025.
    4. HAS. Guide du parcours de soins : maladie de Parkinson. 2016.
    5. Williams DR et al. Characteristics of two distinct clinical phenotypes in pathologically proven PSP. Brain 2005;128:1247-58. Gilman S et al. Second consensus statement on the diagnosis of multiple system atrophy. Neurology 2008;71:670-6. McKeith IG et al. Diagnosis and management of dementia with Lewy bodies: fourth consensus report. Neurology 2017;89:88-100.
    6. Hughes AJ et al. Accuracy of clinical diagnosis of idiopathic Parkinson's disease. J Neurol Neurosurg Psychiatry 1992;55:181-4. Litvan I et al. Clinical research criteria for PSP. Neurology 1996;47:1-9. Abbott RD et al. Frequency of bowel movements and the future risk of Parkinson's disease. Neurology 2001;57:456-62.
    7. Shin HW, Chung SJ. Drug-induced parkinsonism. J Clin Neurol 2012;8:15-21. EMA : trimétazidine, 2012.
    8. Hoehn MM, Yahr MD. Parkinsonism: onset, progression and mortality. Neurology 1967;17:427-42. Goetz CG et al. MDS Task Force report on the Hoehn and Yahr staging scale. Mov Disord 2004;19:1020-8.

    Contenu clinique repris d'un guide d'examen de médecine générale antérieur, vérifié et corrigé le 28/09/2026 (corrections signalées dans la page). Aide à la décision sémiologique : ne remplace ni le jugement clinique ni l'avis du neurologue.