Aide à la décision · médecine générale
Easy PAI :
la bonne fiche, remplie,
ou le bon refus
On vous demande un « PAI ». Deux questions, dans cet ordre : est-ce que ça relève vraiment d'un projet d'accueil individualisé — ou d'un PAP, d'une simple ordonnance, du règlement intérieur de l'école ? Et si oui, quelle fiche officielle remplir, avec quelles doses. L'outil trie la demande, puis remplit directement le formulaire Eduscol « Conduite à tenir en cas d'urgence » que vous n'avez plus qu'à signer.
Faut-il un PAI ?
Le critère réglementaire tient en une ligne : un PAI est élaboré lorsque la scolarité d'un élève, « notamment en raison d'un trouble de la santé invalidant, nécessite un aménagement »1. Choisissez ce qu'on vous demande : l'outil dit si c'est un PAI, ce que vous avez à remplir, et, sinon, vers quoi orienter — avec un courrier de réponse prêt à copier.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet — tout se passe sur votre appareil, et rien n'est enregistré.
Le médecin traitant ne « fait » pas le PAI
Il fournit trois pièces. Le PAI lui-même est examiné, validé, rédigé et signé par le médecin de l'Éducation nationale, de PMI ou de la structure7 — qui peut donc aussi le refuser.
| Partie du PAI | Qui la remplit | Contenu |
|---|---|---|
| Partie 1 — renseignements administratifs | La famille, l'école | Identité, responsables légaux, référents, vérification annuelle des pièces2. |
| Partie 2 — aménagements et adaptations | Médecin de l'Éducation nationale, de PMI ou de la structure | Temps partiel, repos, sorties de classe (toilettes, boissons, infirmerie), place dans la classe, casier, double jeu de livres, restauration, soins quotidiens, trousse d'urgence, sorties scolaires2. |
| Partie 3 — conduite à tenir en cas d'urgence | Le médecin qui suit l'enfant (ou le médecin de l'Éducation nationale ou de PMI)7 | Une fiche standard ou l'une des 7 fiches spécifiques élaborées avec les sociétés savantes8. C'est celle que l'outil ci-dessous remplit. |
Les trois pièces du médecin qui suit l'enfant
- La fiche « Conduite à tenir en cas d'urgence », actualisée chaque année si le traitement change7. Elle décrit des signes et des gestes, jamais le diagnostic : « seules les conséquences de la maladie utiles à la mise en œuvre du PAI (et non le diagnostic) doivent être connues »7. Les fiches officielles ne nomment pas la maladie (seule la fiche 02 demande l'allergène), même si leur numéro la révèle à qui connaît la table.
- L'ordonnance : dénomination, doses, horaires. Sans ordonnance valide, les personnels ne peuvent légalement rien administrer, et la partie soins du PAI est suspendue jusqu'à sa fourniture7.
- Au besoin, une fiche de liaison ou un courrier, sous pli confidentiel, pour le médecin de l'Éducation nationale7. Des modèles existent pour la fiche standard et les fiches 1, 2, 3a et 3b8. C'est là que se demandent les aménagements (boire, sortir, EPS, restauration), pas sur la fiche d'urgence.
Hors de l'école, le cadre change
- Crèche, micro-crèche, assistant maternel. Un traitement prescrit s'administre sans PAI ni certificat : il suffit de l'ordonnance (ou sa copie), d'une autorisation écrite des parents et du médicament fourni par eux ; chaque geste est inscrit dans un registre9. Le PAI reste utile pour une maladie chronique — et, piège, en établissement d'accueil du jeune enfant le texte dit que le PAI est « élaboré par le médecin traitant de l'enfant en accord avec sa famille », le référent santé et accueil inclusif aidant l'équipe à le mettre en œuvre10.
- Centre de loisirs, colonie (accueil collectif de mineurs). Aucun texte n'impose de PAI. La famille fournit des renseignements médicaux ; pour un traitement « à ne prendre qu'en cas de crise, les conditions et les modalités d'utilisation des produits devront être décrites », médicaments dans leur emballage d'origine au nom de l'enfant11. La circulaire prévoit que les parents peuvent transmettre le PAI à l'organisateur7 : la fiche remplie ici sert donc aussi là.
- Cantine et périscolaire. Le PAI s'y applique lorsqu'il est aussi signé par l'organisateur (souvent la mairie)7.
Générer le PAI : la fiche officielle, remplie, prête à signer
Choisissez la situation, saisissez l'âge et le poids : l'outil pré-remplit tout ce qui peut se justifier, et sous chaque case explique la valeur proposée, avec ses sources et les autres valeurs défendables, à retenir d'un clic. Corrigez, téléchargez. Le fichier produit est le PDF Eduscol en vigueur lui-même (version 2023 ; 2021 pour les deux fiches diabète), cases remplies et encore modifiables — pas une copie. Il reste à le signer et à le remettre à la famille, avec l'ordonnance.
🔒 Rien n'est envoyé sur internet. Le formulaire vierge est chargé depuis ce site, puis rempli sur votre appareil : le nom de l'enfant ne quitte jamais votre navigateur.
Quelle fiche, quelles doses, quels pièges
Huit fiches officielles couvrent tout : sept spécifiques et une fiche standard pour « tout autre type de pathologie »8. L'asthme et l'allergie sont à l'origine de 63 % des PAI demandés, suivis du diabète et de l'épilepsie — un chiffre de 2013-2014, le dernier publié, sur 99 744 élèves12.
Réaction allergique — fiche n° 02
- Dose d'adrénaline selon le poids (AMM). 0,15 mg de 15 à 30 kg ; 0,30 mg au-delà de 30 kg ; sous 15 kg, décision au cas par cas (Epipen : non recommandé sous 7,5 kg sauf risque vital)13. Le groupe de travail anaphylaxie de la Société française d'allergologie propose des seuils plus bas (0,15 mg de 7,5 à 25 kg, 0,30 mg au-delà de 25 kg) ; nous ne l'avons lu que rapporté par une synthèse14. L'outil affiche les deux quand le poids tombe entre 25 et 30 kg.
- Deux stylos. Les trois RCP recommandent de prescrire deux stylos que le patient garde sur lui ; la seconde injection se fait 5 à 15 minutes après la première13. La fiche 02 dit « 5 à 10 minutes »8.
- Emerade n'est plus commercialisé en France13, même si l'annexe de la fiche 02 décrit encore son mode d'emploi. Restent Anapen, Epipen et Jext. L'adrénaline nasale (EURneffy) a une AMM européenne depuis 2024 (1 mg de 15 à 30 kg, 2 mg au-delà, à partir de 4 ans)15, mais elle n'apparaît pas dans la base publique française des médicaments et la fiche 02 ne la prévoit pas.
- L'antihistaminique (réaction modérée seulement) : une prise à la dose du RCP selon l'âge — desloratadine 0,5 mg/mL, 2,5 mL de 1 à 5 ans, 5 mL de 6 à 11 ans, 10 mL à partir de 12 ans16 ; ou cétirizine 10 mg/mL, 5 gouttes de 2 à 6 ans, 10 gouttes de 6 à 12 ans, 20 gouttes au-delà17.
- La case « traces ». La fiche demande si les produits portant « peut contenir des traces de… » sont autorisés : c'est une décision de l'allergologue, pas une formalité. Laissez-la vide si vous ne savez pas, plutôt que de cocher « oui » par défaut.
- Quelle allergie justifie un PAI ? Selon la position de la Société française d'allergologie (texte intégral non lu, rapportée par une synthèse), les indications du PAI de l'enfant allergique sont les mêmes que celles de l'adrénaline auto-injectable18. Pour une allergie sans stylo, l'utilité de la fiche 02 (qui garde une branche « réaction modérée » avec antihistaminique) se décide avec l'allergologue ; un régime peut relever de la partie 2.
- L'enjeu est réel. Dans le réseau d'allergovigilance français (2002-2023), 157 anaphylaxies alimentaires sont survenues à l'école ; parmi les enfants dont l'allergie était connue, moins de la moitié avaient un PAI (52 sur 112), et l'adrénaline n'a été injectée à l'école que dans 14 % des cas19. La fiche ne sert que si elle dit clairement d'injecter.
Asthme — fiche n° 01
- Salbutamol 100 µg par bouffée, toujours avec la chambre, une bouffée à la fois, 5 respirations après chacune (consigne imprimée sur la fiche)8.
- Combien de bouffées. GINA 2026 : chez l'enfant de 5 ans et moins, 2 bouffées, renouvelables deux fois à 20 minutes d'intervalle ; à partir de 6 ans, 4 bouffées pour une crise légère, répétées si besoin pendant la première heure20. En crise grave, en attendant les secours, le RCP de la Ventoline prévoit 2 à 6 bouffées toutes les 5 à 10 minutes21. L'outil propose donc : première inhalation de 2 ou 4 bouffées selon l'âge ; sans amélioration à 20 minutes, appel du 15 (GINA demande un avis immédiat quand le soulagement n'est pas rapide) et inhalations toutes les 10 minutes jusqu'aux secours, à 4 bouffées jusqu'à 5 ans et 6 au-delà. La recommandation pédiatrique française de 2007 raisonne, elle, au poids : 50 µg/kg, soit 1 bouffée pour 2 kg, de 4 à 15 bouffées (rapportée par une synthèse, texte intégral non lu)22 ; l'outil l'affiche comme option sous la case.
- Piège de la fiche : le nombre de bouffées « à refaire » et celui « à continuer jusqu'aux secours » sont la même case dans le PDF, de même que le délai « persistent plus de… minutes » et « pas d'amélioration dans les… minutes ». On ne peut pas y inscrire deux valeurs différentes : l'outil y met la dose de crise sévère, et un seul délai d'appel, pour qu'aucune ligne ne laisse attendre une heure.
Crise convulsive — fiche n° 04
- Le traitement se donne à 5 minutes, pas avant. La benzodiazépine ne s'administre qu'en cas d'état de mal ou de suspicion : plus de 5 minutes de convulsions, ou plus de deux crises sans retour à une conscience normale ; jamais pendant la phase post-critique23. La moitié des premières crises de l'enfant durent au moins 5 minutes, et au-delà de 5 à 10 minutes elles ont peu de chances de s'arrêter seules24.
- Midazolam buccal (Buccolam), dose selon l'âge : 2,5 mg de 6 mois à moins d'1 an ; 5 mg de 1 à moins de 5 ans ; 7,5 mg de 5 à moins de 10 ans ; 10 mg à partir de 10 ans. Entre 3 et 6 mois, uniquement à l'hôpital. Une seule dose par l'accompagnant ; si la crise n'a pas cessé 10 minutes après, appeler les secours25.
- Pourquoi le buccal plutôt que le rectal : dans l'essai de référence, succès thérapeutique de 56 % avec le midazolam buccal contre 27 % avec le diazépam intrarectal26. Le diazépam intrarectal se prépare à partir d'une ampoule injectable, à 0,5 mg/kg sans dépasser 10 mg27 : ce n'est pas un geste simple pour un non-soignant.
- Qui peut le donner. La circulaire autorise le personnel à administrer les traitements oraux, inhalés, auto-injectés « ou toute autre forme d'administration simple telle que cutanée, oculaire ou nasale »7 ; la voie buccale n'y est pas nommée. Le guide HAS de 2023 prévoit que l'infirmier et le médecin de l'Éducation nationale forment les personnels « à la manipulation du Buccolam »28.
Diabète de type 1 — fiches n° 03a (stylos) et 03b (pompe)
- En pratique, c'est l'équipe de diabétologie pédiatrique qui la fournit, et son protocole prime. L'outil propose d'emblée ce qui se justifie : le nombre de sucres, le glucagon, et la dose de correction en cétose selon la règle imprimée sur la fiche (1/10ᵉ du poids).
- Glucagon. GlucaGen : ½ ampoule (0,5 mg) sous 25 kg, 1 ampoule (1 mg) au-delà, en sous-cutané ou intramusculaire, par un personnel habilité29. Baqsimi : 3 mg dans une narine dès l'âge d'1 an30, que la fiche 03a dit administrable « par toute personne présente à ses côtés »8. La base publique signale une tension d'approvisionnement du Baqsimi depuis 202230 : vérifiez que la famille en dispose avant de cocher la case.
- Resucrage : l'ISPAD retient environ 0,3 g/kg de glucose, soit 9 g pour un enfant de 30 kg et 15 g au-delà de 50 kg31. Un sucre n°4 pesant 5 g, l'AJD donne le repère « 1 sucre pour 20 kg »32 : pour 30 kg, 9 g, soit 2 sucres. Sous pompe à boucle fermée, l'ISPAD propose moins (5 à 10 g), pour éviter le rebond31.
- Unités : les fiches et les capteurs parlent en mg/dL. 70 mg/dL = 0,70 g/L = 3,9 mmol/L ; 250 mg/dL = 2,50 g/L = 13,9 mmol/L (diviser par 18 pour les mmol/L).
Drépanocytose — fiche n° 06
- Paracétamol : 15 mg/kg toutes les 6 heures — la seringue de la suspension à 2,4 % délivre exactement cette dose, graduée par demi-kilo jusqu'à 13 kg (deux remplissages au-delà)33, ce que l'outil écrit sur la fiche ; le protocole national prévoit une première prise à 30 mg/kg (sans dépasser 1 g) à domicile lors d'une crise4. L'ibuprofène n'est pas contre-indiqué : il peut être associé, jusqu'à 30 mg/kg/j, en l'absence de déshydratation, d'infection sévère, de douleur abdominale et de traitement par IEC4 — des conditions qu'un enseignant ne peut pas contrôler, d'où sa place plutôt dans la case « autre » après avis. L'ANSM demande en outre d'éviter les anti-inflammatoires en cas de varicelle34, maladie sans éviction scolaire obligatoire.
- Fièvre : la fiche retient 38,5 °C ; le même protocole national donne ailleurs 38,5 °C avant 3 ans et 39 °C au-delà. Garder 38,5 °C, plus prudent. Ne jamais appliquer de froid4.
- Les signes d'alerte du protocole national dépassent ceux de la fiche : anomalie neurologique brutale même transitoire (y compris vertige), priapisme, augmentation brutale du volume de l'abdomen, boiterie, détresse respiratoire4. L'outil les ajoute dans la ligne libre, avec l'appel du 15, et demande l'hémoglobine de base.
- Boire sans restriction et pouvoir se reposer en sport font partie de la prise en charge4 : à demander par la fiche de liaison ou un courrier.
Cancer et hémopathie en traitement — fiche n° 05
- Fiche « complications liées au traitement d'une pathologie de longue durée — onco-hématologique »8, élaborée avec la SFCE. Elle se remplit avec le service d'oncohématologie pédiatrique : le choix « ne pas donner de traitement » ou « paracétamol » en cas de fièvre, et la conduite sur le cathéter, relèvent de son protocole. L'outil ne propose aucune valeur par défaut.
Toutes les autres maladies — fiche standard
| Situation | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Insuffisance surrénale (dont hyperplasie congénitale) | PAI prévu par le protocole national. Consigne type : prévenir les parents, doubler les doses d'hydrocortisone ; en cas de malaise, appeler le 15, donner du sucre s'il est conscient (1 sucre pour 20 kg), injection intramusculaire d'hémisuccinate d'hydrocortisone35. Le produit injectable est une poudre à reconstituer36 : ce n'est pas un geste « simple » au sens de la circulaire, et le texte ne dit pas qui l'injecte à l'école. Écrivez-le explicitement (parents, secours, infirmier). |
| Hémophilie | PAI « si la famille le souhaite » ; ni AINS ni aspirine, ni injection intramusculaire ; traumatisme crânien pris en charge comme grave même sans signe neurologique immédiat ; ecchymose : compression et glace ; sports contre-indiqués à préciser37. |
| Migraine | Traitement de crise le plus tôt possible : ibuprofène en première intention ; de 12 à 17 ans, le sumatriptan nasal est efficace38 ; pas d'anti-inflammatoire en cas de varicelle34. Une aura visuelle habituelle n'est pas un signe de gravité : ce sont les signes inhabituels qui doivent faire appeler. Un PAI n'est utile que si les crises surviennent à l'école et que le traitement doit y être donné. |
| TDAH sous méthylphénidate | Un PAI est nécessaire si un médicament est pris sur le temps scolaire ; mais la forme à libération prolongée est recommandée en première intention39 et, prise le matin, évite en général la prise de midi — donc le PAI. |
| Mucoviscidose | Extraits pancréatiques à chaque repas, besoins en sel augmentés par la chaleur et l'effort40 : la prise au repas justifie le PAI (partie 2 et ordonnance), sans fiche d'urgence spécifique. |
| Troubles psychiques | La circulaire cite en toutes lettres les « troubles scolaires anxieux, troubles du comportement alimentaire, syndromes dépressifs »7. Les aménagements (temps partiel, lieu de repli) relèvent de la partie 2 ; la fiche d'urgence est rarement utile. |
Ce qui fait tomber un PAI en septembre
Le PAI vaut pour toute la scolarité dans le même établissement ; ce qui se renouvelle chaque rentrée, ce sont l'ordonnance, la trousse et, si besoin, la fiche d'urgence7.
- Validité de l'ordonnance : une double exigence. La circulaire demande une « ordonnance de moins de trois mois, fournie chaque année », et la dit « valable un an au plus »7. Une ordonnance datée de la rentrée satisfait les deux : c'est l'intérêt de la refaire fin août plutôt qu'en juin.
- Le PAI ne s'arrête pas le jour de la rentrée : il « reste valide en début d'année scolaire en attendant » les pièces, pour éviter une rupture7. Pas besoin de rendez-vous le 1er septembre.
- L'enfant a grandi : un changement de dose lié au poids n'a pas à être signalé au médecin de l'Éducation nationale7 — mais l'ordonnance et la fiche doivent porter la nouvelle dose (le stylo à 0,15 mg ne devient pas 0,30 mg tout seul à 30 kg).
- La trousse est rangée « dans un lieu repérable par tous et non accessible aux élèves », et emportée à chaque sortie avec le PAI7. La fiche de liaison allergie rappelle de garder l'adrénaline à moins de 25 °C, à l'abri de la lumière, en sac isotherme l'été3.
- La trousse peut être sur l'enfant. Les RCP d'adrénaline recommandent que le patient ait toujours ses stylos sur lui13, et les fiches de liaison demandent si l'enfant est capable de porter sa trousse en permanence3 : au collège, c'est souvent la meilleure solution, avec une seconde trousse à l'établissement.
- L'EPS ne s'aménage pas par le PAI seul : il faut un certificat d'inaptitude partielle ou totale, « sans pour autant dispenser systématiquement du cours »7.
Ce qu'on entend, ce que disent les textes
Le PAI de votre enfant : ce que vous préparez
À imprimer et à donner aux parents. Le bouton ci-dessous n'imprime que cette partie.
Le PAI (projet d'accueil individualisé) est un document signé par l'école, vous, et le médecin de l'école. Il dit à l'équipe quoi faire si votre enfant a un problème de santé pendant la classe, la cantine ou une sortie.
1. Qui demande le PAI ?
- C'est vous qui le demandez au directeur ou à la directrice de l'école (ou au chef d'établissement au collège et au lycée).
- Le médecin de l'école l'écrit avec vous. Votre médecin donne seulement des papiers.
2. Les papiers de votre médecin
- La fiche « conduite à tenir en cas d'urgence » : ce qu'il faut faire, étape par étape.
- L'ordonnance des médicaments à laisser à l'école. Sans ordonnance récente, l'école n'a pas le droit de donner le médicament.
- Parfois, une lettre fermée pour le médecin de l'école.
3. La trousse d'urgence
- Une trousse au nom de votre enfant, avec une copie du PAI, l'ordonnance et les médicaments dans leur boîte — et ce qui va avec : chambre d'inhalation, sucres, etc.
- Regardez la date limite (péremption) à chaque rentrée et avant chaque période de vacances. Un médicament périmé, c'est à vous de le remplacer.
- Pour un stylo d'adrénaline : deux stylos, gardés au frais mais pas au frigo (moins de 25 °C).
4. Chaque année
- Le PAI reste valable tant que votre enfant reste dans la même école.
- À la rentrée, apportez une nouvelle ordonnance et vérifiez la trousse.
- Si le traitement ou la dose change, prévenez l'école et le médecin de l'école.
- Nouvelle école, nouveau collège, nouveau lycée : il faut refaire un PAI.
5. Ce que le PAI ne dit pas
- Le nom de la maladie n'est pas écrit sur le PAI. Vous choisissez ce que l'école sait.
- Pour la cantine et la garderie, demandez que la mairie signe aussi le PAI.
- Au centre de loisirs ou en colonie, vous pouvez donner une copie du PAI : elle servira là aussi.
Histoire, géographie, évolution
Histoire : d'une circulaire à l'autre
Dès 2000, le protocole national sur les soins et les urgences à l'école prévoyait qu'« un projet d'accueil individualisé doit être prévu pour la prise en charge des enfants atteints de maladie chronique », et qu'une ordonnance du médecin traitant « doit être exigée pour un traitement à prendre pendant le temps de présence de l'enfant à l'école »44. La circulaire interministérielle de 2003 a organisé le dispositif pendant près de vingt ans ; celle de février 2021 l'a abrogée7.
Trois changements de 2021 comptent en consultation. Le périmètre psychique : troubles scolaires anxieux, troubles du comportement alimentaire et syndromes dépressifs sont désormais cités. Les voies d'administration : un document Eduscol de 2014 disait que le PAI ne permettait pas d'administrer un traitement « autre que par la voie inhalée, orale ou par auto-injection »45 ; la circulaire de 2021 y ajoute les voies cutanée, oculaire, nasale et « toute autre forme d'administration simple »7 — c'est ce qui ouvre la porte au glucagon nasal. Le troisième volet confié au médecin qui suit l'enfant, avec des fiches élaborées avec les sociétés savantes, pour la plupart révisées en 20238. Entre-temps, le « PAI dys » a disparu au profit du plan d'accompagnement personnalisé (PAP)4546.
Géographie : l'école, lieu d'une anaphylaxie sur dix
Dans le registre européen de l'anaphylaxie, 332 des 3 450 anaphylaxies alimentaires de l'enfant (9,6 %) sont survenues en milieu éducatif, et l'adrénaline n'y a été donnée que dans 16,4 % des cas47. En France, une enquête toulousaine par questionnaire estimait la prévalence de l'allergie alimentaire chez l'écolier à 6,7 % (cumulée)48. Le consensus européen GA²LEN-EFA de 2025 demande un plan d'action écrit pour chaque élève allergique, une loi autorisant les écoles à détenir de l'adrénaline utilisable pour n'importe quel élève, et une protection juridique des personnels qui l'injectent49 ; l'EAACI suggère que les politiques scolaires reflètent les recommandations sur l'anaphylaxie50. Le diabète de type 1, lui, progresse : l'incidence avant 15 ans est passée en France de 15,4 à 19,1 pour 100 000 entre 2010 et 201551.
Évolution : pourquoi tant d'allergies à gérer à l'école ?
L'hypothèse la plus connue est née d'une observation de 1989 : le rhume des foins était moins fréquent chez les enfants ayant beaucoup de frères et sœurs aînés, ce qui a suggéré qu'une exposition précoce aux infections protégeait des allergies — l'« hypothèse hygiéniste »52. Elle a été amendée depuis, et reste une hypothèse. Un essai a en revanche montré qu'une partie du problème tenait à nos propres consignes : chez des nourrissons à risque, introduire l'arachide tôt plutôt que l'éviter a fait passer la fréquence de l'allergie à 5 ans de 13,7 % à 1,9 % (nourrissons à test cutané initialement négatif)53. L'hypothèse qui en découle, et qui reste une hypothèse à l'échelle d'une population : l'éviction, longtemps recommandée pour protéger, a pu contribuer à ce qu'elle voulait prévenir — un décalage entre un système immunitaire façonné par l'exposition et un environnement qui la supprimait.
L'angle mort : tous les enfants n'ont pas le même PAI
Le dispositif suppose un médecin traitant, un médecin de l'Éducation nationale disponible, des parents qui lisent les consignes et une mairie qui signe pour la cantine. Quand l'enfant n'a pas de médecin traitant, rappelons que la partie 3 peut être remplie par le médecin de l'Éducation nationale ou de PMI7. Le PAI ne vaut au périscolaire que si l'organisateur le signe7, et la formation des animateurs varie d'une commune à l'autre. Les familles non francophones ont besoin d'un interprète pour la réunion de PAI : aucun des textes lus ne le prévoit. Enfin, la tension sur le glucagon nasal30 pèse d'abord sur les familles qui ne peuvent pas multiplier les pharmacies.
Méthode et bibliographie
Comment cette page a été écrite. Sujet, besoin clinique et cahier des charges : Dr Michaël Rochoy. Rédaction et recherche des sources assistées par une intelligence artificielle, selon un protocole de vérification automatique : chaque référence résolue sur sa notice officielle, contrôle de la numérotation, correspondance vérifiée entre chaque case de l'outil et les champs des huit formulaires Eduscol, banc de tests du tri et du générateur dans un navigateur (PDF produits relus case par case), rendu contrôlé dans le moteur d'Aperçu. Une relecture à contexte frais, elle aussi automatisée, a été faite sous sept angles et ses corrections intégrées. Aucune relecture humaine indépendante à ce jour : les valeurs proposées sont des points de départ, et le protocole du spécialiste qui suit l'enfant prime.
Méthode. Les formulaires remplis par l'outil sont les huit fiches « 3 — Conduite à tenir en cas d'urgence » d'Eduscol (fiche standard et fiches 01, 02, 03a, 03b, 04, 05, 06 ; version 2023, sauf 03a et 03b modifiées en 2021), téléchargées le 24 septembre 2026, lues page par page, et dont chaque champ a été relevé sur une planche annotée ; un test automatique vérifie que chaque case de l'outil existe dans le formulaire, et le rendu a été contrôlé dans le moteur d'Aperçu (PDFKit). Le socle réglementaire est la circulaire du 10 février 2021 et le Code de l'éducation ; les doses viennent des RCP (base publique des médicaments et EMA) et des recommandations citées. Les traités de l'EMC ont servi de carte vers les sources primaires ; ils ne sont pas cités.Réserves honnêtes. (1) Les sites education.gouv.fr et Légifrance bloquant les requêtes automatiques, la circulaire de 2021 a été lue sur une copie archivée (décembre 2025) et les articles de code sur l'export officiel de la base LEGI (septembre 2026). (2) Les positions de la Société française d'allergologie (2016, 2018) et la recommandation pédiatrique française de 2007 sur la crise d'asthme n'ont pas été lues en texte intégral : elles sont signalées comme telles. (3) Le chiffre de 63 % date de 2013-2014 ; aucun chiffre national plus récent n'a été trouvé. (4) Aucun texte officiel ne dit en toutes lettres « pas de PAI pour aller aux toilettes » : le tri repose sur l'article D351-9, la circulaire et les réponses ministérielles sur le règlement intérieur. (5) Les propositions de texte pour la fiche standard (insuffisance surrénale, hémophilie, migraine) sont des rédactions de l'auteur à partir des protocoles cités, à adapter. (6) Disponibilité du Baqsimi et commercialisation d'EURneffy en France : non établies au 24 septembre 2026. (7) Le protocole national de 2000 sur les soins à l'école a été lu sur une copie archivée ; son maintien en vigueur n'a pas été vérifié. (8) Une relecture à contexte frais sous sept angles (chercheur, médecin généraliste, santé publique, sécurité du médicament, patient, interne, décideur) a été intégrée avant publication ; elle ne remplace pas la relecture de l'auteur.
Ce que la fiche ne couvre pas encore. Les fiches de liaison (asthme, allergie, diabète) ne sont pas remplies par l'outil ; l'adrénaline nasale n'a pas de place sur la fiche 02.
- Code de l'éducation, art. D351-9. Projet d'accueil individualisé. Version issue du décret n° 2022-1155 du 12 août 2022. legifrance.gouv.fr · texte lu sur l'export de la base LEGI, consulté le 2026-09-24
- Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Dgesco. Projet d'accueil individualisé (PAI) — partie 1 et partie 2, modèle national, version 2023 (annexe de la circulaire du 10 février 2021). eduscol.education.gouv.fr · consulté le 2026-09-24
- Ministère de l'Éducation nationale, Dgesco. Fiches de liaison PAI entre le médecin qui suit l'enfant et le médecin de l'Éducation nationale : diabète, allergie, asthme. diabète · allergie · consulté le 2026-09-24
- Filière MCGRE, Haute Autorité de santé. Syndromes drépanocytaires majeurs de l'enfant et de l'adolescent. Protocole national de diagnostic et de soins. HAS ; 2024. has-sante.fr · consulté le 2026-09-24
- Assemblée nationale. Question écrite n° 10152 (16e législature), réponse du ministère de l'Éducation nationale publiée au JO le 24 octobre 2023 (même réponse aux questions n° 8185, 4571 et 30763). questions.assemblee-nationale.fr · consulté le 2026-09-24
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