Ionogramme Sodium · potassium · calcium · acide-base · phosphore · magnésium

Aide à l'interprétation · médecine générale · adulte

Un ion dérègle le bilan ? Suivez l'arbre.

Déposez le compte rendu de biologie en PDF, ou collez-le, puis l'ordonnance : l'outil reprend les valeurs, l'âge et les traitements, mesure la gravité, signale ce qui relève de l'urgence, puis déroule l'arbre décisionnel de chaque trouble avec les valeurs du patient. Il propose les hypothèses et dit quelle analyse manque pour avancer. Les onglets Sodium, Potassium et Calcium donnent les arbres complets, les causes, le bilan détaillé et la conduite à tenir.

Sodium : recommandation européenne 2014, consensus autrichien 2024Potassium : UKKA 2026, KDIGO 2020, SFE 2016Calcium : bioMG, Society for Endocrinology 2016, consensus 2022-2025Acide-base : SRLF-SFMU 2019, KDIGO 2024Phosphore, magnésium : revues 2023-2026, RCP

01 — Mon bilan

Le compte rendu de biologie

Déposez le PDF du laboratoire, collez son texte, ou saisissez les valeurs. Chaque champ garde l'unité du compte rendu ; sinon, l'unité la plus utilisée en France.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : les PDF (bilan et ordonnance) sont lus dans votre navigateur ; seuls les analyses, l'âge, le sexe et les médicaments sont repris (pas l'identité), et tout s'efface quand vous fermez la page.

Coller le texte du compte rendu

Copiez le texte depuis le serveur de résultats ou le logiciel, avec les rubriques (« Urines », « Urines de 24 h ») : elles distinguent le sang des urines.

02 — Mon bilan

Le patient

L'âge, l'examen et les traitements font avancer les arbres : volume extracellulaire, symptômes, médicaments. Déposez l'ordonnance pour remplir le terrain et cocher les traitements.

L'ordonnance : âge du patient, sexe et liste des médicaments

Coller le texte de l'ordonnance

Copiez l'ordonnance ou la liste des traitements depuis le logiciel : noms commerciaux et DCI sont reconnus.

Terrain, examen et traitements

03 — Mon bilan

Synthèse, arbres et hypothèses

Le chemin suivi par les valeurs du patient est en couleur ; touchez une branche grise pour voir où elle mène. Un cadre rouge signale l'analyse ou le renseignement qui manque.

04 — Mon bilan

Corriger : posologies et calculs pour ce patient

Avec les valeurs du bilan, le poids et le sexe (partie 2) : eau à restreindre ou à apporter, urée, sérum salé, effet attendu d'un litre de soluté. Puis les doses de chaque trouble, avec leur source.

Sodium : les formules

Eau totale

  • 60 % du poids chez l'homme, 50 % chez la femme ; 5 % de moins chez le sujet âgé (repère de l'outil : 65 ans et plus).
  • Patient déshydraté : plutôt 50 % et 40 % du poids.

Hyponatrémie : restreindre l'eau

  • Rapport de Furst = (Na + K urinaires) / Na plasmatique.
  • < 0,5 : 1 L/j ; 0,5 à 1 : 500 mL/j ; > 1 : la restriction seule ne suffira pas.
  • 1 L/j fait monter la natrémie de 3 à 4 mmol/L chez un patient sur deux ; au long cours, viser plutôt 1,5 L/j, plus supportable.
  • Urée orale : 0,25 à 0,5 g/kg/j, 90 g/j au plus, en 1 ou 2 prises (30 g d'urée valent environ 15 g de sel en charge osmotique).

Hyponatrémie sévère (hôpital)

  • NaCl 3 % : 2 mL/kg (150 mL au plus ; 100 mL si le poids est inconnu) IV en 10 min.
  • Natrémie et symptômes revus 10 à 20 min après ; à refaire jusqu'à 3 fois si la natrémie monte de moins de 4 à 6 mmol/L.

Hypernatrémie : apporter de l'eau

  • Déficit en eau = eau totale × (Na/140 − 1), à compenser en 48 à 72 h, plus les pertes en cours.
  • Par la bouche si possible ; sinon glucosé 5 % ou NaCl 0,45 %. Choc : NaCl 0,9 % d'abord.

Effet d'un litre de soluté

  • Adrogué-Madias : variation = (Na + K du soluté − Na du patient) / (eau totale + 1).
  • Na du soluté : NaCl 0,9 % 154 ; Ringer lactate 130 (K 4) ; NaCl 3 % 513 ; NaCl 0,45 % 77 ; glucosé 5 % 0 (mmol/L).
  • Approximatif : il ignore les urines et les pertes ; contrôler la natrémie toutes les 4 à 6 h.

Sources : ; ; .

Potassium : les doses

Hypokaliémie

  • Kaleorid LP : si K < 3,6, 4 g de KCl/j (52 mmol) en 2 à 3 prises en fin de repas, puis selon la kaliémie.
  • Diffu-K 600 mg (8 mmol) : 5 à 12 gélules/j pour traiter ; 2 à 3/j en prévention.
  • 1 g de KCl = 13,4 mmol. K < 2,5 ou symptômes : potassium IV à l'hôpital.

Hyperkaliémie : en ville

  • Lokelma : 10 g 3 fois par jour, 48 h (72 h au plus), puis 5 g/j (de 5 g un jour sur deux à 10 g/j).
  • Veltassa : 8,4 g/j, paliers de 8,4 g au moins toutes les semaines, 25,2 g/j au plus ; à 3 h des autres médicaments ; effet en 4 à 7 h.
  • Kayexalate : 15 g 1 à 4 fois par jour. Resikali : 20 g 1 à 3 fois par jour, arrêt si K ≤ 5.
  • Maladie rénale et bicarbonates < 22 : bicarbonate de sodium ; surcharge : diurétique de l'anse.

Hyperkaliémie sévère (hôpital)

  • ECG touché : gluconate de calcium 10 % 30 mL IV en 10 min.
  • K ≥ 6,5 : insuline rapide 10 UI + 25 g de glucose IV ; si glycémie < 7 avant, glucosé 10 % 50 mL/h pendant 5 h.
  • Salbutamol 10 à 20 mg en nébulisation, en complément.

Sources : ; ; .

Calcium et magnésium : les doses

Hypocalcémie sévère (hôpital)

  • Ca < 1,9 mmol/L ou symptômes : gluconate de calcium 10 % 10 à 20 mL dans 50 à 100 mL de glucosé 5 % en 10 min sous ECG, à refaire si besoin.
  • Puis 100 mL de gluconate 10 % dans 1 L de NaCl 0,9 % ou de glucosé 5 %, à 50 à 100 mL/h.

Hypocalcémie légère

  • Calcium élément environ 2 g/j en 2 prises.
  • Carence en vitamine D : environ 300 000 UI de cholécalciférol en 6 à 10 semaines.
  • Après thyroïdectomie, toujours basse après 72 h : alfacalcidol 0,25 µg/j, avis spécialisé.

Hypercalcémie (hôpital si ≥ 3 mmol/L)

  • NaCl 0,9 % 4 à 6 L sur 24 h, prudence si cœur ou rein ; diurétique de l'anse seulement en cas de surcharge.
  • Puis acide zolédronique 4 mg IV en 15 min, ou pamidronate 30 à 90 mg à 20 mg/h (moins si insuffisance rénale) ; effet maximal en 2 à 4 jours.

Magnésium

  • Magné B6 : 6 à 8 comprimés/j en 2 à 3 prises ; pas si clairance < 30 mL/min.
  • Hôpital (Mg < 0,4 ou symptômes) : sulfate de magnésium 6 g (24 mmol) sur 24 h.

Sources : ; ; . Phosphore : voir hypophosphatémie.

05 — Sodium

Hyponatrémie

Urgence

  • Symptômes sévères (vomissements, somnolence profonde, convulsions, coma) : sérum salé à 3 % avant tout bilan, appel au 15.
  • Symptômes modérés (nausées, confusion, céphalées), hyponatrémie aiguë (< 48 h) : hôpital.
  • Natrémie < 125 : correction encadrée (natrémie toutes les 6 h).

Gravité (Na en mmol/L)

  • Légère : 130 à 134 ; modérée : 125 à 129 ; profonde : < 125.
  • Chronique si ≥ 48 h ou ancienneté inconnue.
  • Même légère et chronique : troubles de l'attention et de la marche, chutes, fractures.

Vitesse de correction

  • ≤ 8 mmol/L par 24 h, à chaque période de 24 h (consensus autrichien 2024 ; l'ESE 2014 tolérait 10 les premières 24 h).
  • Haut risque de démyélinisation (Na ≤ 105, hypokaliémie, alcool, dénutrition, hépatopathie) : 4 à 6 par 24 h.
  • Une diurèse qui s'emballe (> 100 mL/h) annonce une correction trop rapide.

Schéma de l'hyponatrémie

Arbre détaillé de l'hyponatrémie

  • 1re intention : glycémie, osmolalité plasmatique mesurée, créatinine, DFG, urée, uricémie ; sur un échantillon d'urines du même moment : osmolalité, sodium, potassium, créatinine, acide urique.
  • Profil de SIAD : TSH et cortisol de 8 h (> 300 nmol/L exclut l'insuffisance surrénale ; < 138, très probable ; entre les deux, test au Synacthène).
  • Osmolalité ≥ 275 : triglycérides, protides, électrophorèse ; natrémie sur gaz du sang.
  • Hypovolémie avec natriurèse > 30 : rénine, aldostérone.
  • SIAD sans cause : scanner thoracique ± cérébral.
  • Inutile : doser l'ADH, test de charge en eau.
  • Thiazidiques (associations fixes comprises), surtout le premier mois ; diurétiques de l'anse rarement.
  • ISRS, IRSN, tricycliques ; carbamazépine, oxcarbazépine, valproate ; antipsychotiques.
  • Tramadol et opiacés, MDMA, AINS, IPP, amiodarone ; desmopressine, ocytocine.
  • Chimiothérapies : vincristine, platines, cyclophosphamide.
  • Restriction hydrique d'abord : 1 L/j fait monter la natrémie de 3 à 4 mmol/L, un patient sur deux répond. Rapport de Furst (Na + K urinaires / Na plasmatique) < 0,5 : 1 L/j ; 0,5 à 1 : 500 mL/j ; > 1 : la restriction seule ne suffira pas. Osmolalité urinaire > 500 : échec probable.
  • Deuxième ligne, sur avis : urée orale 0,25 à 0,50 g/kg/j (90 g/j au maximum), ou diurétique de l'anse à faible dose avec sel. L'urée sanguine double sans que ce soit une insuffisance rénale.
  • Pas de lithium ni de déméclocycline ; vaptans non recommandés dans l'hyponatrémie modérée.

Calculs : natrémie corrigée · natrémie par litre perfusé.

Sources : ; ; ; ; .

06 — Sodium

Hypernatrémie

Hospitaliser

  • Na > 155 (même seuil que la page Scores) ; > 160 : sévère, mortalité élevée.
  • Signes neurologiques : confusion, léthargie, convulsions.
  • Patient qui ne peut pas boire seul ; hypovolémie mal tolérée.

Terrain

  • Sujet âgé : soif diminuée, dépendance, troubles cognitifs, accès à l'eau.
  • Fièvre, chaleur, diarrhée, lactulose, diurétique de l'anse, lithium.
  • Rarement un excès de sel (perfusions, eau de mer).

Corriger

  • Déficit en eau = eau totale × (Na/140 − 1) ; à compenser en 48 à 72 h, plus les pertes en cours.
  • Par la bouche si possible ; sinon glucosé 5 % ou soluté hypotonique.
  • Limite classique 0,5 mmol/L/h, contestée chez l'adulte ; trop lent (< 6 mmol/L/j) n'est pas plus sûr.

Schéma de l'hypernatrémie

Arbre détaillé de l'hypernatrémie

  • Ionogramme, glycémie, calcémie, créatinine, urée, protides ; osmolalité plasmatique.
  • Osmolalité et sodium sur un échantillon d'urines ; diurèse des 24 h si polyurie.
  • Diabète insipide suspecté : avis endocrinologique (copeptine, restriction hydrique, desmopressine). Nouveaux noms (2022) : déficit en AVP (central), résistance à l'AVP (néphrogénique).

Calculs : déficit en eau libre · natrémie par litre perfusé · canicule et médicaments.

Sources : ; ; .

07 — Potassium

Hypokaliémie

Hospitaliser

  • K < 2,5 mmol/L.
  • Faiblesse ou paralysie, détresse respiratoire, iléus, arythmie.
  • Sous digoxine ou cardiopathie : même une baisse légère expose aux arythmies.

ECG

  • Sous-décalage du ST, onde T aplatie, onde U, QT allongé.
  • Symptômes rares au-dessus de 3,0 sauf chute rapide.
  • Paralysie : penser à la paralysie périodique (thyrotoxicose) ; rebond d'hyperkaliémie à la recharge.

Supplémenter

  • Voie orale entre 2,5 et 3,5. Diffu-K 600 mg = 8 mmol : 2 à 3 gélules/j en prévention, 5 à 12/j en traitement. Kaleorid LP : 4 g de KCl/j (52 mmol) en 2 à 3 prises.
  • Une baisse de 1 mmol/L correspond à 200 à 400 mmol de déficit.
  • Corriger le magnésium, sinon échec.

Schéma de l'hypokaliémie

Arbre détaillé de l'hypokaliémie

  • 1re intention : ECG ; ionogramme, créatinine, glycémie, magnésémie, bicarbonates (acheminement < 4 h), NFS, calcémie, phosphorémie ; TSH si tachycardie ou paralysie ; CPK si douleurs.
  • 2e intention : potassium, sodium, chlore et créatinine sur un échantillon d'urines, sous hypokaliémie et sans supplément (fuite rénale si K/créatinine > 1,5 mmol/mmol, ou K urinaire > 20 mmol/L) ; calciurie (Gitelman, Bartter) ; recherche de diurétiques ou laxatifs ; digoxinémie.
  • Doser si : HTA avec K < 3,5 (spontanée ou sous diurétique), HTA sévère (≥ 180/110), HTA résistante, incidentalome surrénalien avec HTA ou hypokaliémie. L'Endocrine Society (2025) propose de dépister toute personne hypertendue.
  • Le matin, plus de 2 h après le lever, après 5 à 15 min assis, régime normalement salé, kaliémie corrigée.
  • Arrêter les antihypertenseurs 2 semaines (6 pour spironolactone, éplérénone, aliskiren) ; garder alphabloquants et inhibiteurs calciques LP ; œstroprogestatifs arrêtés 6 semaines.
  • Interprétable si aldostérone > 240 pmol/L ; rapport > 64 pmol/mUI (rénine directe) : avis endocrinologique.

Voir aussi : bioMG : HTA · bioMG : crampes.

Sources : ; ; ; ; ; .

08 — Potassium

Hyperkaliémie

Urgence

  • K ≥ 6,5 : hôpital immédiatement.
  • K > 6,0 en ville, ou nouvelle anomalie ECG : urgences (monitorage).
  • K 5,5 à 6,4 chez un patient malade (déshydratation, sepsis) ou en insuffisance rénale aiguë : hôpital à discuter.

Contrôler, et vite

  • 5,5 à 5,9 : contrôle sous 14 jours (3 jours si inattendu).
  • 6,0 à 6,4 : contrôle sous 1 jour ouvré.
  • Un ECG normal n'exclut pas une hyperkaliémie sévère ; QRS large, bradycardie < 50 et rythme jonctionnel sont les signes graves.

Fausse hyperkaliémie

  • Acheminement long ou au froid (la plus fréquente), garrot, poing serré, hémolyse, plaquettes ou leucocytes très élevés, EDTA.
  • Y penser si rein et ECG normaux.
  • Contrôle : tube sec et tube hépariné ; fausse si l'écart dépasse 0,4 mmol/L.

Schéma de l'hyperkaliémie

Arbre détaillé de l'hyperkaliémie

  • IEC, ARA2 : ionogramme avant, puis 1 à 2 semaines après le début et chaque hausse de dose ; prudence si K > 5,0.
  • Antiminéralocorticoïdes : pas de début si K > 5,0 ou DFG < 30 ; contrôle à 1 semaine, mensuel 3 mois, puis trimestriel la première année.
  • K 5,5 à 5,9 : réduire et surveiller ; K ≥ 6,0 : arrêter (sauf chélateur). Insuffisance cardiaque sous antiminéralocorticoïde : 5,5 à 5,9, diviser la dose par deux. Finérénone : suspendre au-dessus de 5,5.
  • Créatinine (insuffisance cardiaque) : hausse < 30 %, poursuivre ; 30 à 50 %, réduire ; > 50 %, arrêter. Reprendre un médicament à la fois quand K < 5,5.
  • Lokelma (cyclosilicate de zirconium sodique) : correction 10 g 3 fois/j pendant 48 h ; entretien 5 g/j ; environ 400 mg de sodium par 5 g (œdèmes).
  • Veltassa (patiromer) : 8,4 g/j, jusqu'à 25,2 g ; action en 4 à 7 h ; à 3 h des autres médicaments.
  • Kayexalate : 15 g 1 à 4 fois/j ; plus recommandé au long cours (UKKA 2026).
  • Aussi : arrêter suppléments de potassium, sels de régime, AINS, triméthoprime ; bicarbonate si bicarbonates < 22 ; diurétique de l'anse si pas de déshydratation.

Voir aussi : bioMG : IEC et ARA2 · bioMG : insuffisance rénale · DFG estimé · stade KDIGO.

Sources : ; ; ; .

09 — Calcium

Hypercalcémie

Urgence

  • Calcémie ≥ 3 mmol/L (120 mg/L) : prise en charge en urgence avec ECG (bioMG).
  • Confusion, déshydratation, insuffisance rénale, QT court, arythmie.
  • > 3,5 mmol/L (140 mg/L) : correction urgente.

Quelle calcémie ?

  • Corrigée (Payne) : Ca + 0,025 × (40 − albumine en g/L), en mmol/L.
  • Albumine < 30 g/L ou insuffisance rénale : elle surestime et classe mal ; calcium ionisé.
  • Hyperparathyroïdie et cancer : 90 % des cas.

En attendant

  • Arrêter thiazidique, calcium, vitamine D si possible ; hydrater.
  • À l'hôpital : sérum salé, puis bisphosphonate IV ; corticoïdes pour lymphome, granulomatose, intoxication à la vitamine D.

Schéma de l'hypercalcémie

Arbre détaillé de l'hypercalcémie

  • Initial : calcémie, albumine, PTH, phosphorémie, ± créatinine, NFS, électrophorèse des protéines.
  • PTH basse ou normale-basse : PTHrp, 1,25-(OH)₂ D, 25-OH D, ± électrophorèses sérique et urinaire et chaînes légères, ± TSH.
  • PTH normale-haute ou élevée : calciurie et créatininurie des 24 h, créatininémie ; fraction d'excrétion du calcium < 1 % : HHF suspectée ; > 2 % : HPT primaire.
  • Une indication suffit : calcémie > 0,25 mmol/L au-dessus de la normale ; T-score ≤ −2,5, fracture vertébrale ou de fragilité ; DFG < 60 ; lithiase ou néphrocalcinose ; calciurie > 6,25 mmol/j (femme), 7,5 (homme) ; âge < 50 ans (jusqu'à 70 selon l'espérance de vie).
  • Forme normocalcémique : calcium total et ionisé normaux, PTH élevée sur 2 dosages en 3 à 6 mois, causes secondaires exclues (vitamine D, rein, malabsorption, médicaments).
  • Sans chirurgie : calcémie et 25-OH D chaque année, DXA tous les 1 à 2 ans.

Voir aussi : bioMG : hypercalcémie · ostéoporose · vitamine D · calcémie corrigée.

Sources : ; ; ; ; ; .

10 — Calcium

Hypocalcémie

Urgence

  • Calcémie corrigée < 1,9 mmol/L (76 mg/L).
  • Symptomatique à n'importe quel chiffre : paresthésies, Chvostek, Trousseau, tétanie, laryngospasme, convulsions, QT long.
  • Hôpital : gluconate de calcium IV sous ECG.

Causes

  • Thyroïdectomie (la plus fréquente), parathyroïdectomie.
  • Hypomagnésémie (IPP au long cours), carence en vitamine D, insuffisance rénale.
  • Pancréatite, rhabdomyolyse, cytotoxiques ; dénosumab dans l'IRC avancée (2 à 10 semaines après l'injection).

Forme légère

  • Asymptomatique et > 1,9 mmol/L : calcium oral.
  • Corriger la vitamine D avant un bisphosphonate IV ou du dénosumab.
  • Hypoparathyroïdie : avis endocrinologique.

Schéma de l'hypocalcémie

Arbre détaillé de l'hypocalcémie

  • Calcémie avec albumine (ou calcium ionisé), phosphorémie, magnésémie, PTH, 25-OH vitamine D, créatinine, phosphatases alcalines.
  • Hypoparathyroïdie : 2 dosages de PTH à au moins 2 semaines d'intervalle ; calciurie et créatininurie des 24 h ; imagerie rénale.
  • Suivi sous dérivé actif de la vitamine D : calcémie environ 1 semaine après, puis à 1, 3 et 6 mois.

Voir aussi : vitamine D · déprescrire un IPP · bioMG : insuffisance rénale.

Sources : ; ; ; .

11 — Acide-base

Acidose métabolique

Urgence

  • pH ≤ 7,20.
  • Cétonémie ≥ 3 mmol/L avec glycémie ≥ 11,1 ou diabète : acidocétose ; sous gliflozine, même avec une glycémie normale.
  • Lactate veineux > 4 mmol/L ; trou osmolaire > 15 (alcools toxiques).

Lire l'ionogramme

  • Le CO₂ total du laboratoire vaut environ les bicarbonates + 2.
  • Trou anionique = Na − (Cl + HCO₃), corrigé : + 0,25 × (40 − albumine). Normale ≤ 12, plus basse sur les automates récents.
  • Bicarbonates « corrigés » (HCO₃ + TA − 10) > 28 : alcalose associée.

Gaz du sang

  • Le pH veineux suffit (environ 0,03 sous l'artériel).
  • La PCO₂ veineuse ne s'interprète pas : compensation et trouble respiratoire sur sang artériel.
  • Compensation attendue : PaCO₂ = 1,5 × HCO₃ + 8 ± 2 mmHg.

Schéma de l'acidose métabolique

Arbre détaillé de l'acidose métabolique

  • 1re intention : ionogramme avec CO₂ total et albumine, glycémie, créatinine, urée ; gaz du sang veineux (pH), lactate veineux, cétonémie capillaire (plutôt que la cétonurie).
  • Trou anionique élevé inexpliqué : osmolalité mesurée, éthanolémie, salicylémie, gaz du sang artériel.
  • Trou anionique normal sans cause : sodium, potassium, chlore urinaires ; pH urinaire seulement si acidose tubulaire suspectée.
  • Insuffisance rénale chronique (KDIGO 2024) : envisager bicarbonate oral et alimentation riche en végétaux quand les bicarbonates sont < 18 ; surveiller kaliémie, pression artérielle et volémie.
  • Pas de bicarbonate dans l'acidocétose ; bicarbonate dans l'intoxication salicylée (hôpital).
  • Pertes digestives : bicarbonate de sodium seulement si mauvaise tolérance.

Sources : ; ; ; ; ; .

12 — Acide-base

Alcalose métabolique

Gravité

  • pH ≥ 7,55 : surmortalité chez le patient grave.
  • Bicarbonates > 55 : risque d'hypercapnie.

Confirmer

  • CO₂ total > 30 avec pH > 7,45.
  • Bicarbonates hauts avec pH bas : compensation d'une acidose respiratoire chronique.
  • PaCO₂ attendue ≈ HCO₃ + 10.

Traiter

  • Sensible au chlore : sérum salé et chlorure de potassium.
  • Excès de minéralocorticoïdes : traiter la cause, corriger le potassium.
  • Diurétique à poursuivre : ajouter un épargneur de potassium.

Schéma de l'alcalose métabolique

Arbre détaillé de l'alcalose métabolique

  • Kaliémie, magnésémie, calcémie ; pression artérielle.
  • Sodium, potassium, chlore et créatinine sur un échantillon d'urines : chlore < 20 mmol/L = sensible au chlore.
  • HTA : rénine et aldostérone (conditions de prélèvement dans l'onglet Potassium) ; hypercalcémie : PTH.

Sources : ; ; .

13 — Phosphore, magnésium

Hypophosphatémie

Urgence

  • Phosphorémie < 0,32 mmol/L (10 mg/L), ou modérée avec confusion, rhabdomyolyse, arythmie, détresse respiratoire : phosphore IV à l'hôpital.
  • Reprise alimentaire chez un patient dénutri : syndrome de renutrition.

Gravité

  • Légère 0,65 à 0,79 ; modérée 0,32 à 0,64 ; sévère < 0,32 mmol/L (seuils variables selon les auteurs).
  • Souvent sans symptôme ; faiblesse musculaire, fatigue ; ostéomalacie si elle dure.

Supplémenter

  • Traiter la cause (antiacides, vitamine D, alcool avec thiamine).
  • Phosphoneuros : 10 gouttes = 2,5 mmol ; dose adulte du RCP 150 à 200 gouttes/j, prévue pour les fuites chroniques ; contre-indiqué si hypocalcémie ou insuffisance rénale.

Schéma de l'hypophosphatémie

Arbre détaillé de l'hypophosphatémie

  • Calcémie, PTH, 25-OH vitamine D, magnésémie, créatinine, phosphatases alcalines.
  • Phosphore et créatinine sur le même échantillon d'urines (2e miction du matin) : fraction d'excrétion et TmP/DFG (normale adulte environ 0,84 à 1,23 mmol/L).
  • Glycosurie avec glycémie normale : syndrome de Fanconi.

Sources : ; ; ; ; ; .

14 — Phosphore, magnésium

Hyperphosphatémie

Définition

  • Phosphorémie > 1,45 mmol/L ; nette au-delà de 2,1 (65 mg/L). Chez l'enfant, les normales sont plus hautes.

Maladie rénale chronique (KDIGO 2017)

  • Calcium, phosphore, PTH, phosphatases alcalines dès G3a : tous les 6 à 12 mois (G3), 3 à 6 mois (G4).
  • Abaisser un phosphore élevé vers la normale ; limiter les chélateurs calciques ; pas d'aluminium au long cours.

Lavements au phosphate

  • Contre-indiqués en insuffisance rénale sévère ; prudence chez le sujet âgé, l'insuffisant rénal ou cardiaque (RCP).

Schéma de l'hyperphosphatémie

Arbre détaillé de l'hyperphosphatémie

Sources : ; ; .

15 — Phosphore, magnésium

Hypomagnésémie et hypermagnésémie

Urgence

  • Magnésémie < 0,4 mmol/L, ou tétanie, convulsions, arythmie : magnésium IV à l'hôpital.
  • Hypermagnésémie > 2 mmol/L : aréflexie ; paralysie respiratoire au-delà de 5.

Gravité

  • Normale environ 0,75 à 0,96 mmol/L ; légère 0,5 à 0,74 ; modérée 0,4 à 0,49 ; sévère < 0,4.
  • Elle entretient hypokaliémie et hypocalcémie : corriger le magnésium d'abord.
  • Une magnésémie normale n'exclut pas un déficit.

Supplémenter (RCP)

  • Magné B6 : 48 mg de magnésium par comprimé, 6 à 8 par jour en 2 à 3 prises, arrêt quand la magnésémie est normale.
  • Contre-indiqué si clairance < 30 mL/min ; diarrhée possible.
  • IPP en cause : l'arrêter, sinon la supplémentation échoue souvent.

Schéma de l'hypomagnésémie

Arbre détaillé de l'hypomagnésémie

Schéma de l'hypermagnésémie

Arbre détaillé de l'hypermagnésémie

  • Kaliémie, calcémie, phosphorémie, créatinine, glycémie ; ECG si symptômes.
  • Magnésium et créatinine sur un échantillon d'urines : fraction d'excrétion > 2 % (3 à 4 % selon les auteurs) = fuite rénale ; ou magnésurie des 24 h > 10 à 30 mg.

Voir aussi : déprescrire un IPP.

Sources : ; ; ; .

16 — Sources

Sources et méthode

    Chaque seuil et chaque étape des arbres vient d'une recommandation ou d'une revue lue (date de lecture indiquée) ; les DOI ont été contrôlés. Quand deux textes divergent, l'outil suit le plus récent et le signale. Les points qui n'ont pas pu être vérifiés à la source sont suivis dans la veille du site et réexaminés à chaque mise à jour. Les normales affichées sont celles de l'adulte : celles du laboratoire priment. L'outil aide au raisonnement ; il ne remplace ni l'examen clinique ni l'avis du spécialiste.