Goutte Hyperuricémie · du chiffre à la décision

Aide à la décision · médecine générale

Hyperuricémie & goutte : du chiffre à la décision

Un chiffre d'acide urique élevé n'est ni une goutte, ni une lithiase, ni une indication de traitement. Cet outil suit le fil clinico-biologique réel — affirmer la goutte, interpréter l'uricémie, peser la sévérité, traiter la crise, chercher la cause, poser (ou non) l'indication du traitement de fond — jusqu'à la synthèse pour le dossier et la fiche de conseils remise au patient.

Recommandations : Société française de rhumatologie 2020 (Latourte ; Pascart) · ACR 2020 · EULAR 2016 · cohortes Campion 1987, Dalbeth 2018 · essais AGREE, CONTACT, CARES, FAST, CKD-FIX, PERL, FEATHER, Ettinger · GBD 2024. Aide à la décision destinée aux professionnels de santé — ne remplace pas le jugement clinique individuel. Revue de la fiche d'origine : juin 2026 ; vérification au-cabinet : septembre 2026.

Pour les médecins généralistes et internesSFR 2020 · ACR 2020 · EULAR 2016 · RCP colchicine 2025 · sources numérotéesAdaptation : 28 septembre 2026

01 — Évaluer & décider

Évaluation du patient

Décrire la situation clinico-biologique, dérouler l'algorithme de prise en charge, puis transcrire la synthèse dans le dossier. Tout reste local au navigateur — aucune donnée n'est enregistrée ni transmise.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : l'uricémie, le rein et le terrain que vous saisissez restent dans votre navigateur ; rien n'est enregistré. La synthèse et les fiches PDF sont produites sur votre poste.

Terrain

Sexe
La goutte est rare chez la femme avant la ménopause ; le risque incident des cohortes est masculin.
ans
Module l'interprétation rénale, le choix de molécule et le terrain cardio-métabolique.

Biologie

Acide urique sérique
Unité française usuelle : mg/L. À interpréter à distance d'une crise (≈ 4 semaines), l'uricémie chutant pendant l'accès aigu.
mL/min/1,73 m²
Estimer à partir de la créatinine
µmol/L
Formule CKD-EPI 2021 sans variable ethnique ; utilise l'âge et le sexe saisis plus haut.
Un débit < 60 (maladie rénale chronique ≥ stade 3) impose de débuter l'allopurinol à faible dose et abaisse le seuil de traitement après une 1ʳᵉ crise.

Maladie uratique

Tableau clinique actuel
crise(s)
Le seuil de « crises fréquentes » de l'algorithme est de 2 par an.
Complications uratiques

Comorbidités & terrain cardio-métabolique

Cocher ce qui s'applique

Médicaments & sécurité

Cocher ce qui s'applique

Mode de vie

Boissons sucrées

Situation clinico-biologique & décision

SituationLa description se construit automatiquement à partir des champs ci-dessus.
⏱ Fiche minute — l'essentiel en un coup d'œil

Conduite à tenir personnalisée

Traitement de la crise et traitement de fond, adaptés à la fonction rénale et au terrain, iatrogénie à corriger et modalités de suivi clinico-biologique.

Synthèse pour le dossier & fiche patient

La synthèse reprend l'ensemble de l'évaluation, l'indication retenue et la cible. Vérifiez-la, puis copiez-la dans le dossier ou générez la fiche de conseils du patient.

La synthèse se construit automatiquement…

Fiches à remettre au patient

Trois documents imprimables, rédigés en langage simple (littératie basse), sans abréviation.

Ce que contient chaque fiche. La personnalisée s'adapte à la situation saisie : objectif d'acide urique en mg/L, traitement de fond, conduite en cas de crise, règles de vie, vigilance cutanée si allopurinol. La détaillée est un guide complet : comprendre la maladie, déculpabilisation, crise pas à pas, fonctionnement du traitement, alimentation, comorbidités, suivi, signes d'alerte, questions à poser. Les idées reçues reprennent les huit croyances les plus tenaces et ce que dit la preuve.
Confidentialité. Aucune donnée n'est transmise ni enregistrée : tout reste dans la page ouverte sur votre poste.
Validité et utilité · DFG CKD-EPI 2021
À quoi il sert
Estimer le débit de filtration glomérulaire à partir de la créatinine, de l'âge et du sexe, sans variable ethnique. Ici, il classe la maladie rénale chronique (stade 3 = DFG < 60) qui change la dose de départ de l'allopurinol, le choix du traitement de crise et le seuil de traitement après une 1ʳᵉ crise.
Valide chez
Adultes. Développement : 10 études, 8 254 participants (créatinine seule) ; validation : 12 études, 4 050 participants, DFG mesuré par méthode de référence.
Performance
Dans la validation, l'équation sans variable ethnique sous-estime le DFG mesuré de 3,6 mL/min/1,73 m² (médiane) chez les participants noirs et le surestime de 3,9 chez les autres ; au moins 85 % des estimations à ± 30 % du DFG mesuré.
Limites
Estimation imprécise aux âges extrêmes, en cas de masse musculaire très basse ou très haute, d'insuffisance rénale aiguë ou de régime particulier. L'association créatinine + cystatine C est plus exacte.
Recommandé par
KDIGO 2024 (équation sans variable ethnique). En France, la HAS recommande CKD-EPI pour estimer le DFG (version 2021 : non trouvé dans un texte HAS).
02 — Évaluer & décider

Critères de classification ACR/EULAR 2015

Sans cristaux, un total de 8 points ou plus (sur 23) classe le tableau comme une goutte. Ce sont des critères de classification, conçus pour la recherche : ils aident le raisonnement mais ne remplacent pas la recherche de cristaux quand la ponction est possible, ni l'élimination d'une arthrite septique.

Étape 1 · Critère d'entrée
Étape 2 · Critère suffisant
Articulations touchées lors des épisodes
Caractéristiques de l'épisode : érythème en regard · ne supporte pas le toucher ou la pression · grande difficulté à marcher ou impossibilité d'utiliser l'articulation
Évolution — épisode typique = au moins 2 parmi : douleur maximale en moins de 24 h · résolution en 14 jours ou moins · retour complet à l'état antérieur entre les épisodes
Tophus
Uricémie — valeur la plus haute, hors traitement hypo-uricémiant, idéalement plus de 4 semaines après le début d'une crise
Liquide synovial d'une articulation symptomatique
Imagerie
0/ 23Cochez d'abord le critère d'entrée.

Seuil : ≥ 8 = goutte (sans cristaux). Score de −6 à 23. Source : Neogi T et al. 2015 Gout Classification Criteria (ACR/EULAR), Arthritis Rheumatol 2015;67:2557-68 et Ann Rheum Dis 2015;74:1789-983.

Validité et utilité · critères ACR/EULAR 2015
À quoi il sert
Classer un patient comme ayant une goutte (études, registres) ; en pratique, structure le raisonnement clinique quand la ponction n'est pas faite.
Valide chez
Patients vus en rhumatologie pour au moins une arthrite ou bursite périphérique ; élaborés sur une étude diagnostique internationale où la présence de cristaux était la référence, puis testés dans un jeu de données indépendant.
Performance
Sensibilité 92 %, spécificité 89 % (jeu de validation).
Limites
Critères de classification, pas de diagnostic ; construits en milieu spécialisé (performance en soins primaires : non trouvé) ; l'imagerie (échographie, scanner double énergie) n'est pas toujours accessible ; une uricémie dosée pendant la crise peut être faussement basse.
Recommandé par
EULAR 2018 (diagnostic de la goutte) : recherche de cristaux en première intention ; à défaut, diagnostic clinique étayé par l'uricémie et l'imagerie. Le calcul de ces critères n'est pas une recommandation de la SFR 2020 (non trouvé).
03 — Diagnostic & uricémie

Le parcours en un coup d'œil

Chaque étape suit la logique clinico-biologique réelle. Les données saisies dans l'évaluation du patient alimentent la décision, la synthèse et la fiche patient.

Le principe directeur On traite la goutte (et la lithiase urique), pas le chiffre. L'hyperuricémie est nécessaire mais non suffisante : la majorité des hyperuricémiques ne feront jamais de crise, et abaisser l'uricémie ne protège ni le rein ni le cœur. L'indication d'un traitement de fond repose sur la clinique, l'uricémie sur la solubilité.
04 — Diagnostic & uricémie

Affirmer le diagnostic

Tout l'outil suppose une goutte établie. Trois pièges à écarter d'abord, car ils changent la conduite.

Devant une monoarthrite aiguë, éliminer l'arthrite septiqueUne infection articulaire se présente comme une goutte et engage le pronostic de l'articulation. La ponction articulaire avec recherche de cristaux d'urate (biréfringence négative en lumière polarisée) reste l'examen de référence ; elle distingue aussi la chondrocalcinose (cristaux de pyrophosphate de calcium)3.
  • L'uricémie est trompeuse pendant la crise. Elle peut être normale ou basse en phase aiguë (effet uricosurique de l'inflammation) : une valeur normale n'élimine pas la goutte. Recontrôler à distance, environ 4 semaines après la crise3.
  • Le « normal » du laboratoire trompe aussi. Beaucoup de laboratoires rendent une borne haute vers 420 µmol/L : un goutteux à 400 µmol/L est « dans la norme » mais au-dessus du seuil de cristallisation et hors cible thérapeutique.
  • En l'absence de ponction, un diagnostic clinique probabiliste reste possible (critères ACR/EULAR 2015 : siège podagre, récidive, hyperuricémie, réponse à la colchicine, dépôts en imagerie)3 ; l'échographie (double contour) et le scanner double énergie aident dans les cas douteux.
Repère diagnostique fort. La première crise est typiquement monoarticulaire et podagre (articulation du gros orteil), nocturne, rapidement maximale, très inflammatoire et résolutive en quelques jours. Plus le tableau s'en éloigne, plus la ponction s'impose.
05 — Diagnostic & uricémie

Doser & interpréter l'uricémie

Le dosage répond à des indications précises, et son interprétation se lit sur la solubilité de l'urate — pas sur la « normale » du laboratoire.

Quand doser ?

  • Suspicion de goutte — à interpréter à distance de la crise (~4 semaines)3.
  • Suivi « treat-to-target » sous hypo-uricémiant : toutes les 2 à 4 semaines pendant la titration, puis tous les 6 à 12 mois une fois la cible atteinte1034.
  • Bilan d'une lithiase rénale19 ; et avant une chimiothérapie à risque de syndrome de lyse (contexte hospitalier).
Ne pas doser en dépistage systématique chez un sujet asymptomatique : on ne traite pas l'hyperuricémie asymptomatique (étape 6), et un chiffre élevé isolé génère surtout anxiété et sur-traitement.

Où se situe l'uricémie ? — échelle de saturation

Le seuil de solubilité de l'urate monosodique est d'environ 68 mg/L (6,8 mg/dL ≈ 405 µmol/L) à pH 7,0 et 37 °C12. Il descend à 60 mg/L (6,0 mg/dL ≈ 360 µmol/L) à 35 °C2 — la température des articulations distales et de l'oreille, d'où la prédilection des dépôts. C'est ce qui donne un sens physiopathologique à la cible de 60 mg/L. Le curseur reflète la valeur saisie dans l'évaluation et alimente le risque, la décision et la synthèse.

60
60 mg/L
206090120
06 — Diagnostic & uricémie

Sévérité clinico-biologique & pronostic

Stadifier la maladie oriente toute la suite. Et l'uricémie prédit un risque… bien plus faible qu'on ne le croit.

Les stades cliniques de la maladie uratique

StadeDéfinitionConduite dominante
Hyperuricémie asymptomatiqueUricémie élevée, aucune crise, pas de dépôt cliniquePas de traitement de fond ; règles de vie, comorbidités
1ʳᵉ crise de goutteUn seul épisode aigu à ce jourTraiter la crise ; traitement de fond non systématique
Goutte intermittenteCrises récidivantes, intervalles libresDiscuter / instaurer le traitement de fond
Goutte avancée / tophacéeTophus, arthropathie, érosions radiographiquesTraitement de fond impératif, cible stricte
Continuum clinico-biologique : c'est le stade — pas le chiffre — qui commande l'indication (étape 6).

Risque réel de goutte à 5 ans selon l'uricémie

Incidence cumulée d'une première crise selon l'uricémie initiale (Normative Aging Study, 2 046 hommes, suivi moyen 14,9 ans)4 — la donnée la plus contre-intuitive de l'hyperuricémie. Se met à jour avec l'uricémie saisie dans l'évaluation.

~0,6 %
incidence cumulée à 5 ans
≤60
60–70
70–80
80–90
90–100
≥100
Incidence cumulée à 5 ans (%) par classe d'uricémie (mg/L) — Normative Aging Study4.
Le point clé. Parmi les hommes ayant l'uricémie la plus élevée (≥ 9 mg/dL ≈ 535 µmol/L), 78 % n'ont fait aucune crise sur 5 ans4. L'analyse moderne la plus large (18 889 sujets) le confirme : seule la moitié environ des sujets ≥ 10 mg/dL développe une goutte clinique sur 15 ans5. L'hyperuricémie est nécessaire mais non suffisante.
Confirmation moderne — Dalbeth 2018
Uricémie mg/L (mg/dL)Risque relatif ajustéIncidence à 15 ans
< 60 (< 6) — référence11,1 %
60–69 (6,0–6,9)2,7—
70–79 (7,0–7,9)6,6—
80–89 (8,0–8,9)15—
90–99 (9,0–9,9)30—
≥ 100 (≥ 10)6449 %

Risques relatifs ajustés (âge, sexe, ascendance, cohorte) vs < 6 mg/dL — 18 889 participants5, concordant avec Framingham6.

Au-delà du chiffre. À uricémie égale, le risque varie selon le sexe (rare chez la femme avant la ménopause), l'ascendance et le terrain génétique — variants ABCG2 (Q141K) et SLC2A9. À l'inverse, des dépôts infracliniques (double contour échographique, scanner double énergie) existent chez des hyperuricémiques « asymptomatiques »7.

Faut-il craindre l'hyperuricémie pour le cœur et le rein ?

  • Associations observationnelles fortes : hypertension, maladie rénale chronique, syndrome métabolique, diabète, événements et mortalité cardio-vasculaires7.
  • Mais la causalité n'est pas établie : les études de randomisation mendélienne ne retrouvent pas d'effet causal de l'urate sur la maladie rénale chronique30 ni sur la maladie coronaire31 — l'urate y est surtout un marqueur du terrain cardio-métabolique partagé.
  • La causalité est établie, en revanche, pour la goutte et la lithiase urique : c'est là que l'abaissement de l'uricémie a un sens.
Conséquence pratique. On abaisse l'uricémie pour traiter ou prévenir la goutte, pas pour « protéger le cœur ou les reins » : les essais d'abaissement de l'urate sont négatifs sur la progression rénale (étape 7). La goutte est néanmoins un marqueur cardio-métabolique qui justifie un dépistage des comorbidités.
Validité et utilité · risque de 1ʳᵉ crise selon l'uricémie
À quoi il sert
Donner un ordre de grandeur du risque de première crise de goutte selon l'uricémie, pour expliquer pourquoi on ne traite pas un chiffre isolé.
Valide chez
Normative Aging Study (Campion 1987) : 2 046 hommes, suivi moyen 14,9 ans (États-Unis). Dalbeth 2018 : 18 889 participants de 4 cohortes américaines, sans goutte au départ.
Performance
Données de cohorte, pas un score individuel : incidence cumulée à 5 ans de 0,5 % (uricémie < 60 mg/L) à 30,5 % (≥ 100 mg/L) ; risque relatif ajusté 64 pour ≥ 100 mg/L contre < 60 mg/L (Dalbeth).
Limites
Cohorte de Campion exclusivement masculine ; uricémie mesurée une fois ; populations nord-américaines ; ne tient pas compte des dépôts infracliniques, du rein ni des médicaments.
Recommandé par
Non utilisé comme outil de décision par les recommandations ; l'ACR 2020 s'appuie sur ces données pour déconseiller le traitement de l'hyperuricémie asymptomatique.
07 — Traiter

Traiter la crise

Indépendant de l'uricémie. La précocité prime sur la molécule : agir dans les 12 premières heures, selon un plan pré-défini connu du patient (SFR 2020).

Les recommandations françaises 2020 insistent sur l'éducation du patient pour qu'il traite dès les premiers symptômes, et sur le choix guidé par les comorbidités et co-prescriptions33. Trois options de 1ʳᵉ ligne, une 2ᵉ ligne en cas d'impasse.

Colchicine 1ʳᵉ ligne 1 mg, puis 0,5 mg une heure plus tard (Colchicine Opocalcium 1 mg). Les jours suivants : 0,5 mg 2 à 3 fois par jour selon l'évolution36. Cette faible dose est aussi efficace que la forte dose, mais bien mieux tolérée — diarrhée 23 % contre 77 %8. Plus efficace si débutée tôt. Marge thérapeutique étroite, pas d'antidote : ne pas répéter au-delà du schéma. Contre-indiquée si DFG < 30 mL/min ; DFG 30–59 : 0,5 mg un jour sur deux avec surveillance. Contre-indiquée avec les macrolides (sauf spiramycine) et la pristinamycine ; autres interactions graves (CYP3A4 / P-gp) : ciclosporine, vérapamil, certaines statines. Diminuer ou arrêter dès qu'apparaît une diarrhée. Ne pas confondre avec Colchimax (contient un opiacé et un antispasmodique).DFG < 30 : contre-indication (et non « réduire ») ; macrolides et pristinamycine ajoutés, selon le résumé des caractéristiques du produit en vigueur36.
AINS 1ʳᵉ ligne Pleine dose, courte durée (ex. naproxène 500 mg × 2/j), avec protection gastrique si besoin. En soins primaires, le naproxène a soulagé autant que la colchicine faible dose, avec moins de diarrhées et de céphalées (essai CONTACT)37. Éviter si insuffisance rénale, ulcère, insuffisance cardiaque, anticoagulation, sujet âgé fragile.
Corticoïde 1ʳᵉ ligne Prednisolone 30–35 mg/j, 3 à 5 jours33. Bonne option si insuffisance rénale ou contre-indication aux deux précédents. L'infiltration intra-articulaire est une alternative mono-articulaire. Surveiller la glycémie chez le diabétique.
Anti-interleukine-1 2ᵉ ligne Anakinra (ou canakinumab) en cas d'échec, d'intolérance ou de contre-indication à la colchicine, aux AINS et aux corticoïdes33. Utile chez le polypathologique cardio-rénal. Écarter une infection active avant l'instauration. Prescription souvent spécialisée.
Règle d'or de l'observanceSi un hypo-uricémiant est déjà en cours, ne pas l'arrêter pendant la crise10. À l'inverse, le traitement de fond peut désormais être initié pendant la crise, sous couvert de la prophylaxie anti-inflammatoire, plutôt que d'attendre sa résolution10.
08 — Traiter

Chercher la cause & poser les règles de vie

L'étape la plus rentable avant tout traitement : environ 90 % des hyperuricémies relèvent d'une sous-excrétion rénale. Corriger une cause iatrogène peut éviter un traitement à vie.

Médicaments à réévaluer

  • Diurétiques thiazidiques et de l'anse — la cause iatrogène la plus fréquente. Si un antihypertenseur reste nécessaire, préférer le losartan (légèrement uricosurique)10.
  • Aspirine à faible dose : ne pas l'arrêter si elle est prescrite pour une indication cardio-vasculaire valable10. Ciclosporine / tacrolimus, pyrazinamide / éthambutol : à mettre en balance avec leur indication.

Quel poids a vraiment le régime ?

Le grand contresens à corrigerÀ l'échelle de la population, l'alimentation n'explique que ≤ 0,3 % de la variance de l'uricémie, contre 23,9 % pour la génétique25. La goutte n'est pas une « faute » alimentaire : c'est d'abord une affaire de gènes et de rein. Message essentiel pour déculpabiliser le patient.
  • Ce qui compte le plus (et qu'on peut cibler) : réduire l'alcool (bière, spiritueux), les sodas et le fructose27, l'excès de viande et de fruits de mer26 ; les produits laitiers allégés sont protecteurs (risque relatif 0,56)26.
  • Idée à abandonner : les légumes riches en purines (légumineuses, épinards, asperges) n'augmentent pas le risque26 — inutile de les interdire.
  • Attente réaliste : le régime seul abaisse l'uricémie modestement (régime DASH : jusqu'à ~1,3 mg/dL chez les plus hyperuricémiques)9 — utile, mais ne remplace pas l'hypo-uricémiant chez le vrai goutteux.

Bilan à demander

  • Goutte : uricémie (à distance de la crise), créatinine / débit de filtration glomérulaire, glycémie, bilan lipidique, pression artérielle — la goutte est un marqueur cardio-métabolique à explorer34.
  • Lithiase : analyse du calcul (spectrophotométrie infrarouge), pH urinaire, bilan urinaire des 24 h (uricurie, calciurie, citraturie, volume)19.
09 — Traiter

Indication du traitement de fond

L'indication repose sur la clinique, pas sur le chiffre (ACR 2020 / SFR 2020, méthodologie GRADE). L'uricémie réglée à l'étape 2 est reprise automatiquement.

L'indication d'un traitement de fond et la cible sont calculées dans l'évaluation du patient, à partir du tableau clinique, de l'uricémie et des facteurs associés. Voici le raisonnement sous-jacent.

Indication du traitement hypo-uricémiant selon le stade (ACR 2020 / SFR 2020, méthodologie GRADE)1034.
SituationConduiteForce
Hyperuricémie asymptomatiquePas d'hypo-uricémiant, quel que soit le chiffreConditionnelle, contre (ACR 2020)« Forte » dans la version d'origine : l'ACR 2020 la classe conditionnelle ; aucune recommandation ne conseille de traiter.
Goutte structurale (tophus, arthropathie, érosions)Traiter ; cible stricte < 50 mg/LForte, pour
Crises fréquentes (≥ 2 / an)Traiter ; cible < 60 mg/LForte, pour
Crises peu fréquentes (< 2 / an)Décision partagéeConditionnelle
Première criseHabituellement s'abstenir — sauf uricémie ≥ 90 mg/L, MRC ≥ 3 ou lithiaseConditionnelle
Position européenne et française. L'EULAR 2016 et la SFR 2020 demandent de discuter le traitement de fond avec tout patient dès le diagnostic de goutte certaine ; il est indiqué en cas de crises récidivantes (≥ 2 par an), de tophus, d'arthropathie uratique ou de lithiase, et à débuter tôt si âge < 40 ans, uricémie > 80 mg/L (480 µmol/L) ou comorbidités (insuffisance rénale, hypertension, cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque)1134. Le tableau ci-dessus suit la gradation de l'ACR 2020, plus restrictive après une 1ʳᵉ crise.
Pourquoi ne pas traiter pour le rein ? Trois essais randomisés — CKD-FIX et PERL1213, FEATHER14 — montrent que l'abaissement de l'uricémie ne ralentit pas le déclin du débit de filtration, même chez des patients à haut risque. L'hyperuricémie asymptomatique n'est pas une indication néphroprotectrice.
Nuance de stratégie. Les sociétés de rhumatologie (ACR, EULAR, SFR) recommandent le « treat-to-target » ; le Collège américain des médecins (ACP) défend plutôt une stratégie « treat-to-symptom ». Le débat ne porte pas sur qui traiter (goutte avérée), mais sur la titration jusqu'à une cible chiffrée — position retenue ici car soutenue par les essais de dissolution des cristaux1034.
10 — Traiter

Conduite du traitement hypo-uricémiant

Stratégie « treat-to-target » : titrer jusqu'à la cible, puis maintenir à vie. La cible se définit par la solubilité, pas par la « normale » du laboratoire.

< 360
µmol/L (< 6 mg/dL) — cible standard, recommandation forte1034.
< 300
µmol/L (< 5 mg/dL) — goutte sévère / tophacée, jusqu'à dissolution des cristaux34.
> 180
µmol/L (> 3 mg/dL) — plancher : ne pas maintenir en dessous au long cours34.

Molécules

Allopurinol 1ʳᵉ intention Début 100 mg/j (50 mg si DFG 30–60), puis +100 mg toutes les 2 à 4 semaines ; dose usuelle 300 mg, jusqu'à 900 mg si besoin lorsque la fonction rénale est normale. Contrôle d'uricémie à chaque palier, puis tous les 6 à 12 mois1034. Rein : DFG 30–60, allopurinol avec prudence (le fébuxostat est une alternative) ; DFG < 30, pas d'initiation ni de titration de l'allopurinol en médecine générale : fébuxostat de préférence, ou avis néphrologique / rhumatologique34. Dose maximale selon la clairance de la créatinine (RCP) : 300 mg/j entre 80 et 100 mL/min, 200 mg/j entre 40 et 80, 100 mg/j entre 20 et 40, 100 mg un jour sur deux sous 2039 ; la dépasser est hors AMM et relève du spécialiste. Sécurité cutanée : démarrage à faible dose pour réduire le risque de toxidermie grave (DRESS, syndrome de Stevens-Johnson / Lyell) ; risque majoré par l'insuffisance rénale et les diurétiques thiazidiques39. Surveiller la peau — arrêt immédiat si éruption + fièvre. Dépister HLA-B*58:01 chez les sujets d'ascendance han, coréenne, thaïe ou afro-américaine (porteurs : risque fortement majoré)1015.
Fébuxostat 2ᵉ intention 80 mg/j si cible non atteinte sous allopurinol bien titré, ou intolérance / contre-indication à l'allopurinol34. Signal de surmortalité cardio-vasculaire dans CARES (HR 1,34)16, non retrouvé dans FAST17 ; préférer l'allopurinol chez le patient à haut risque cardio-vasculaire. À éviter en cas de maladie cardio-vasculaire majeure préexistante (infarctus, AVC, angor instable), sauf absence d'autre option (EMA / ANSM, 2019)38. En France, les uricosuriques (probénécide, lesinurad) ne sont plus aisément disponibles : la 2ᵉ ligne pratique est le fébuxostat.
Prophylaxie anti-inflammatoire à l'initiation Colchicine 0,5–1 mg/j (ou AINS à faible dose — pas d'AINS si DFG < 30 : corticoïde à faible dose ou avis), pendant 6 mois (SFR 2020, EULAR 2016 ; ACR 2020 : 3 à 6 mois)101134. Colchicine : même contre-indications rénales et médicamenteuses qu'en crise. Prévient les crises de mobilisation, fréquentes au début et principale cause d'arrêt prématuré : à expliquer au patient.
Interaction à ne jamais manquerAllopurinol et fébuxostat bloquent la xanthine-oxydase, qui métabolise l'azathioprine et la 6-mercaptopurine : l'association expose à une aplasie médullaire potentiellement mortelle24. En France, l'allopurinol est contre-indiqué avec l'azathioprine et la mercaptopurine (RCP, § 4.3 et 4.5 : cas d'issue fatale)39 ; le fébuxostat y est non recommandé (RCP, § 4.4 et 4.5)40. En médecine générale : ne pas débuter d'inhibiteur de la xanthine-oxydase — avis spécialisé (rhumatologue, avec le prescripteur de la thiopurine). Concerne surtout transplantés et maladies inflammatoires de l'intestin.

Quand traiter, et pour combien de temps

  • La goutte est curable : sous le seuil de solubilité, cristaux et tophus se dissolvent (mois à années) et les crises cessent234 ; le traitement se poursuit ensuite à vie.
  • Initiation précoce à discuter si âge < 40 ans, uricémie > 80 mg/L (8 mg/dL, 480 µmol/L) ou comorbidités cardio-rénales11 ; elle peut se faire dès la crise (étape 4).
  • Grossesse : allopurinol et fébuxostat non recommandés ; la colchicine reste utilisable pour la crise24.
  • Adresser : goutte réfractaire, intolérances multiples, goutte tophacée sévère (rhumatologue) ; insuffisance rénale sévère (néphrologue) ; lithiase récidivante ou obstructive (urologue).
11 — Traiter

Carte posologique — aide-mémoire

Récapitulatif des traitements de la crise et de fond, avec adaptations rénales et de terrain. Conçu pour être imprimé sur une page.

Traitement de la crise

1ʳᵉ ligne

Colchicine

  • 1 mg, puis 0,5 mg 1 h après ; puis 0,5 mg 2 à 3 fois/j selon l'évolution36.
  • DFG 30–59 : 0,5 mg un jour sur deux, surveillance ; contre-indiquée si DFG < 3036.
  • Contre-indiquée avec les macrolides (sauf spiramycine) et la pristinamycine ; éviter les inhibiteurs puissants P-glycoprotéine / CYP3A4 (ciclosporine…).
1ʳᵉ ligne

AINS

  • Pleine dose, durée courte, protection gastrique si besoin.
  • À éviter si débit < 30, insuffisance cardiaque, ulcère, anticoagulation, sujet âgé.
1ʳᵉ ligne

Corticoïde

  • Prednisone 30–35 mg/j pendant 3–5 jours.
  • Option de choix en insuffisance rénale ; prudence si diabète.
  • Infiltration cortisonique possible si monoarthrite.
2ᵉ ligne

Anti-IL-1

  • Canakinumab (anakinra hors autorisation de mise sur le marché).
  • Si crises fréquentes et 1ʳᵉ ligne contre-indiquée ou inefficace33.

Traitement de fond (hypo-uricémiant)

1ʳᵉ intention

Allopurinol

  • Début 100 mg/j ; 50 mg/j si débit 30–60, avec prudence (fébuxostat en alternative)34.
  • DFG < 30 : ne pas débuter ni titrer en médecine générale — fébuxostat de préférence, ou avis néphrologique / rhumatologique34.
  • Titrer toutes les 2–4 semaines jusqu'à la cible (< 60 mg/L ; < 50 si goutte sévère), sans dépasser la dose maximale du RCP selon la clairance : 300 mg/j (80–100 mL/min), 200 mg/j (40–80), 100 mg/j (20–40)39 ; au-delà : hors AMM, décision du spécialiste.
  • Toxidermie (DRESS, Stevens-Johnson / Lyell), risque majoré par l'insuffisance rénale : arrêt si éruption + fièvre ; génotypage HLA-B*58:01 si origine à risque1539.
2ᵉ intention

Fébuxostat

  • 80 mg/j, augmentation à 120 mg/j si besoin.
  • Préférer l'allopurinol si maladie cardio-vasculaire (signal CARES)1617.
  • Non recommandé avec l'azathioprine / 6-mercaptopurine (RCP ; l'allopurinol, lui, y est contre-indiqué) : avis spécialisé3940.
  • DFG < 30 : efficacité et tolérance peu évaluées (RCP)40 — instauration à discuter avec le néphrologue ou le rhumatologue.
Prophylaxie

À l'initiation, 6 mois

  • Colchicine 0,5 à 1 mg/j (DFG 30–59 : 0,5 mg un jour sur deux ; contre-indiquée si DFG < 30 ; éviter si ciclosporine).
  • Sinon AINS (pas si DFG < 30) ou corticoïde à faible dose.
Adjuvants

Selon le terrain

  • Losartan (uricosurique léger) si hypertension.
  • Uricosuriques (probénécide, benzbromarone, lésinurad) peu/pas disponibles en France.
Règle d'or. On ne débute jamais un hypo-uricémiant pendant une crise sans le coupler à une prophylaxie ; on n'arrête jamais un hypo-uricémiant déjà en cours pendant une crise.
12 — Lithiase & idées reçues

Lithiase urique : ce n'est pas l'uricémie

Erreur fréquente : croire qu'on prévient la lithiase urique en abaissant l'uricémie. Le déterminant principal est le pH urinaire.

La lithiase urique survient typiquement avec une urine acide et une uricurie normale18.

  • Le pH urinaire commande. L'acide urique est un acide faible (pKa₁ ≈ 5,3) : en urine acide il précipite, même à concentration modérée ; au-delà de pH 6,5 il existe surtout sous forme d'urate soluble18.
  • 1ʳᵉ intention = alcalinisation, pas l'allopurinol : hydratation (> 2 à 2,5 L/j) et citrate de potassium (cible pH ~6,2–6,8)19 ; peut dissoudre les calculs déjà formés.
  • La goutte environ double le risque lithiasique : odds ratio ajusté 1,49 (IC95 % 1,04–2,14) dans NHANES III20 ; prévalence environ doublée dans une cohorte de 51 529 hommes21.
  • Allopurinol et lithiase oxalique : dans le seul essai randomisé (hyperuricurie + normocalciurie), il réduit les récidives — −81 % vs −63 % sous placebo22.
  • Nuance honnête : les grandes cohortes de Curhan ne confirment pas l'hyperuricurie comme facteur de risque de lithiase oxalique23.
En pratique. Lithiase urique : analyse du calcul, pH urinaire, bilan métabolique — puis alcaliniser19. L'hypo-uricémiant n'est pas le premier réflexe, sauf hyperuricurie franche (> 800 mg/24 h chez l'homme, > 750 chez la femme) ou goutte associée.
13 — Lithiase & idées reçues

Idées reçues sur la goutte

Huit croyances tenaces, et ce que dit la preuve.

La goutte, c'est l'alcool et la bonne chère.
le régime n'explique que ≤ 0,3 % de l'uricémie, la génétique 23,9 %25. C'est d'abord une maladie génétique et rénale — pas une faute.
Tous les aliments riches en purines sont à proscrire.
les purines végétales (légumineuses, épinards, asperges) n'augmentent pas le risque ; les laitages allégés le réduisent26. Comptent surtout viande, fruits de mer, alcool, sodas2627.
Une uricémie normale élimine la goutte.
faux : l'uricémie chute pendant la crise ; la recontrôler à distance3.
On arrête l'allopurinol pendant la crise.
faux : on le continue ; l'arrêter peut prolonger la crise10.
Le régime suffit à traiter la goutte.
rarement : la baisse obtenue est modeste925 ; le goutteux avéré relève d'un hypo-uricémiant.
La goutte ne touche que les hommes âgés.
sa prévalence augmente partout28 et elle touche les femmes après la ménopause ; l'écart hommes-femmes se réduit avec l'âge.
C'est juste une crise douloureuse, c'est bénin.
non traitée, elle détruit l'articulation et forme des tophus — mais elle est curable si l'uricémie est maintenue sous le seuil234.
Il faut traiter l'uricémie élevée pour protéger le cœur et les reins.
non démontré : la causalité n'est pas établie3031 et les essais rénaux sont négatifs1213. On traite pour la goutte, pas pour le chiffre.
14 — Sources

Références & méthode

Sources à haut niveau de preuve, contexte français, mise à jour semestrielle.

Niveau de preuve. Recommandations SFR 2020 (crises : Latourte ; traitement hypo-uricémiant : Pascart), ACR 2020 et EULAR 2016 (méthodologie GRADE). La recommandation contre le traitement de l'hyperuricémie asymptomatique est conditionnelle dans l'ACR 2020 mais constante dans toutes les recommandations (nombre de sujets à traiter ≈ 24 sur 3 ans pour éviter une crise)10, renforcée par trois essais rénaux négatifs121314. Le risque incident provient de cohortes observationnelles (Campion ; Dalbeth, plus robuste). La causalité cardio-rénale est évaluée par randomisation mendélienne. Les seuils de solubilité sont des données physico-chimiques. Disponibilité des médicaments vérifiée pour la France (allopurinol, fébuxostat ; uricosuriques peu disponibles).
Mise à jour. Outil révisable tous les 6 mois en une consigne, pour intégrer les nouvelles recommandations et molécules (ex. inhibiteurs sélectifs d'URAT1 en développement). Dernière revue de la littérature : juin 2026.

Veille des recommandations

Septembre 2026 · au-cabinet.frColchicine alignée sur le résumé des caractéristiques du produit (contre-indiquée si DFG < 30, macrolides sauf spiramycine, pristinamycine) ; prophylaxie de 6 mois ; hyperuricémie asymptomatique : recommandation ACR « conditionnelle » ; position EMA 2019 sur le fébuxostat ; « traitement discuté dès le diagnostic » (EULAR/SFR) ; critères ACR/EULAR 2015 calculés. Allopurinol aligné sur le RCP Zyloric et la SFR 2020 : contre-indiqué avec l'azathioprine / la mercaptopurine ; pas d'initiation en médecine générale si DFG < 30 (fébuxostat de préférence ou avis) ; plus de dépassement des doses maximales du RCP hors avis spécialisé. Aucune actualisation EULAR postérieure à 2016 ni SFR postérieure à 2020 publiée trouvée à cette date.
Juin 2026Revue EULAR 2016, ACR 2020, SFR 2020. Acide urique en mg/L (unité française) ; conduite à tenir personnalisée (crise/fond/suivi adaptés au rein et au terrain) ; niveau de preuve GRADE explicite ; estimation du débit de filtration par CKD-EPI 2021 ; carte posologique imprimable.
ConfirméLésinurad retiré du marché européen (2020) ; uricosuriques peu disponibles en France. Fébuxostat : prudence sur terrain cardio-vasculaire (CARES ; FAST rassurant). Anti-IL-1 (canakinumab) en 2ᵉ ligne de crise.
StableCibles inchangées : < 60 mg/L (360 µmol/L), < 50 mg/L (300 µmol/L) en cas de goutte sévère. Pas de traitement de l'hyperuricémie asymptomatique (essais rénaux négatifs).
  1. Loeb JN. The influence of temperature on the solubility of monosodium urate. Arthritis Rheum. 1972;15(2):189-192. doi:10.1002/art.1780150209
  2. Dalbeth N, Choi HK, Terkeltaub R, et al. Consensus G-CAN sur les recommandations de la goutte. Nat Rev Rheumatol. 2017;13(9):561-568. doi:10.1038/nrrheum.2017.126Saturation 6,8 mg/dL (405 µmol/L) à 37 °C ; 6,0 mg/dL (360) à 35 °C.
  3. Neogi T, Jansen TLTA, Dalbeth N, et al. 2015 Gout Classification Criteria (ACR/EULAR). Arthritis Rheumatol. 2015;67(10):2557-2568. doi:10.1002/art.39254Diagnostic ; cristaux = examen de référence ; uricémie à distance de la crise.
  4. Campion EW, Glynn RJ, DeLabry LO. Asymptomatic hyperuricemia. Normative Aging Study. Am J Med. 1987;82(3):421-426. PMID:3826098
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  8. Terkeltaub RA, Furst DE, Bennett K, et al. High versus low dosing of oral colchicine for early acute gout flare (AGREE). Arthritis Rheum. 2010;62(4):1060-1068. doi:10.1002/art.27327
  9. Juraschek SP, Gelber AC, Choi HK, Appel LJ, Miller ER 3rd. Effects of the DASH Diet on Serum Uric Acid. Arthritis Rheumatol. 2016;68(12):3002-3009. doi:10.1002/art.39813
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  26. Choi HK, Atkinson K, Karlson EW, Willett W, Curhan G. Purine-rich foods, dairy and protein intake, and the risk of gout in men. N Engl J Med. 2004;350(11):1093-1103. doi:10.1056/NEJMoa035700Viande RR 1,41 ; fruits de mer 1,51 ; laitages 0,56 ; purines végétales neutres.
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  33. Latourte A, Pascart T, Flipo RM, et al. Recommandations 2020 de la Société française de rhumatologie pour la prise en charge de la goutte : traitement des crises de goutte. Rev Rhum. 2020;87(5):324-331. doi:10.1016/j.rhum.2020.07.008Référence française : crise < 12 h, colchicine/AINS/corticoïdes en 1ʳᵉ ligne, anti-IL-1 en 2ᵉ ligne, éducation.
  34. Pascart T, Latourte A, Flipo RM, et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie pour la prise en charge de la goutte : le traitement hypo-uricémiant. Rev Rhum. 2020;87(5):332-341. doi:10.1016/j.rhum.2020.07.009Référence française : treat-to-target, cibles < 360 / < 300 µmol/L, allopurinol 1ʳᵉ intention, prophylaxie ; choix selon le rein : DFG 30–60, allopurinol avec prudence ; DFG < 30, allopurinol à éviter, fébuxostat de préférence (version anglaise : Joint Bone Spine 2020;87(5):395-404, PMID:32422338).
  35. Inker LA, Eneanya ND, Coresh J, et al. New Creatinine- and Cystatin C-Based Equations to Estimate GFR without Race. N Engl J Med. 2021;385(19):1737-1749. doi:10.1056/NEJMoa2102953Équation CKD-EPI 2021 utilisée pour estimer le DFG.
  36. ANSM — Base de données publique des médicaments. Colchicine Opocalcium 1 mg, résumé des caractéristiques du produit, § 4.2 et 4.3 (révision du 19/12/2025). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/68066715/extraitAccès aigu : 1 mg puis 0,5 mg 1 h plus tard, puis 0,5 mg 2-3 fois/j ; prophylaxie 0,5-1 mg/j ; IR modérée 0,5 mg un jour sur deux ; contre-indications : clairance < 30 mL/min, macrolides (sauf spiramycine), pristinamycine.
  37. Roddy E, Clarkson K, Blagojevic-Bucknall M, et al. Open-label randomised pragmatic trial (CONTACT) comparing naproxen and low-dose colchicine for the treatment of gout flares in primary care. Ann Rheum Dis. 2020;79(2):276-284. doi:10.1136/annrheumdis-2019-216154
  38. Agence européenne des médicaments (EMA) ; ANSM. Fébuxostat (Adenuric et génériques) : augmentation du risque de décès cardiovasculaire et de décès toutes causes dans l'essai CARES — lettre aux professionnels de santé, juin 2019. ema.europa.eu/en/medicines/human/EPAR/adenuric
  39. ANSM — Base de données publique des médicaments. ZYLORIC 100 mg (allopurinol), résumé des caractéristiques du produit, § 4.2 à 4.5 (mise à jour du 12/12/2024). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/64148136/extraitContre-indiqué en association avec l'azathioprine et la mercaptopurine (§ 4.3 ; « associations contre-indiquées », § 4.5 ; cas d'issue fatale, § 4.4) ; dose maximale selon la clairance de la créatinine (§ 4.2) ; insuffisance rénale chronique et diurétiques thiazidiques : risque accru de SSJ/NET et d'hypersensibilité grave (§ 4.4).
  40. ANSM — Base de données publique des médicaments. FEBUXOSTAT ALMUS 120 mg, résumé des caractéristiques du produit, § 4.2 à 4.5 (mise à jour du 07/11/2022). base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/61045113/extraitSeule contre-indication : hypersensibilité (§ 4.3) ; association à la mercaptopurine / azathioprine « non recommandée » (§ 4.4 et 4.5) ; insuffisance rénale sévère : efficacité et tolérance pas totalement évaluées (§ 4.2).