Douleur Évaluer · traiter · convertir

Aide à la décision · médecine générale

Douleur en médecine générale : évaluer, traiter, convertir

Un répertoire de 61 échelles d'évaluation, triées par âge, avec leurs seuils et des calculateurs item par item ; un questionnaire à remplir avec le patient, qui construit son bilan ; des fiches à imprimer.

Puis le traitement : antalgiques non opioïdes, douleur neuropathique, fibromyalgie (avec ses critères diagnostiques à cocher sur un bonhomme), bon usage des opioïdes (HAS 2022), convertisseur d'équivalents morphine et repérage du mésusage.

61échelles référencées, triées par âge
38calculateurs item par item
11grilles à remplir en ligne
12opioïdes dans le convertisseur

Adaptation : 2026-09-28Aucune donnée n'est envoyée ni enregistrée

01 · Évaluer

Les échelles, population par population

61 échelles validées, triées par âge puis par type de douleur, avec le seuil qui déclenche l'action. Les scores saisis ici rejoignent le bilan exportable.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Deux comportements selon l'échelle. Les outils génériques (EN, EVA, EVS, schéma corporel, soulagement) se remplissent directement sur cette page. Les instruments validés et déposés se cotent sur leur support officiel — le bouton Saisir le score permet ensuite d'entrer le résultat, qui sera interprété contre son seuil et intégré au bilan.

Comment lire une échelle ? Chaque titre porte un qui précise le cadre d'usage, ce pour quoi l'échelle n'est pas faite, ses qualités métrologiques et les conditions qui préservent la validité de la cotation.
02 · Évaluer

Remplir une échelle

Et l'ajouter à la synthèse.

Chaque tuile ouvre l'échelle dans une fenêtre, calcule le score, l'interprète, et l'ajoute à votre bilan. Vous pouvez y revenir et modifier à tout moment.

Ce qui se remplit ici — les échelles génériques (EVS, retentissement, indice de zones douloureuses) et les grilles construites à partir de critères diagnostiques publiés : critères ICHD-3 de la migraine, critères de Rome IV, signes d'appel de l'endométriose, drapeaux rouges du dos.

Ce qui ne s'y remplit pas — les instruments validés et déposés (DN4, EVENDOL, Algoplus, Doloplus, FiRST, HIT-6, EHP-30…). Leurs libellés ne sont pas reproduits ici : recopiés de mémoire, à un mot près, ils ne coteraient plus rien de fiable. Le bouton Remplir / calculer du répertoire soignant ouvre à la place un calculateur item par item, à côté du lien vers la grille officielle.

Comment lire une échelle ? Chaque titre porte un qui précise le cadre d'usage, ce pour quoi l'échelle n'est pas faite, ses qualités métrologiques et les conditions qui préservent la validité de la cotation.
03 · Évaluer

Trois règles

Qui comptent plus que le score.

1Une seule échelle par patientLes scores ne sont pas transposables d'un outil à l'autre▾

On choisit l'échelle, on note laquelle dans le dossier, et on garde la même pour tout le suivi. Un 6/10 à l'échelle numérique et un 6/10 à l'échelle des visages ne décrivent pas la même chose : changer d'outil en cours de route rend la courbe illisible.

Si l'échelle initiale ne fonctionne plus (fatigue, aggravation cognitive), on en change — mais on l'écrit, et on repart d'une nouvelle référence.

2Comparaison intra-individuelle uniquementC'est l'évolution qui décide, jamais le score isolé▾

Un même score chez deux personnes ne recouvre pas la même expérience : l'échelle mesure une évolution chez un individu, pas une hiérarchie entre patients.

Trois temps à coter systématiquement : avant l'antalgique, au pic d'action (30 à 60 minutes selon la voie), avant la prise suivante. Sans ces trois points, on sait que la personne a mal, on ne sait pas si le traitement agit.

3L'absence de plainte n'est pas l'absence de douleurLes formes silencieuses sont les plus sous-traitées▾

Chez l'enfant, la douleur prolongée se traduit par une atonie psychomotrice : il devient immobile, silencieux, désinvesti du jeu. L'enfant « trop sage » n'est pas un enfant qui va bien.

Chez la personne âgée, elle passe par le repli, l'agitation nocturne, l'anorexie, une confusion d'apparition récente, l'opposition aux soins. Ces signes sont des équivalents douloureux avant d'être des troubles du comportement.

Pourquoi certaines échelles ne se remplissent pas ici. Les grilles validées et déposées (Algoplus, Doloplus, EVENDOL, FLACC, DN4, HIT-6, FiRST, EIFEL…) renvoient à leur document officiel et n'acceptent ici que la saisie du score. Ce n'est pas seulement une question de droits : une grille recopiée approximativement n'est plus l'échelle validée, et son seuil ne veut alors plus rien dire. Cette page est une aide de travail ; elle ne remplace ni la formation à la cotation, ni le jugement clinique.
04 · Avec le patient

Décrire sa douleur, étape par étape

À remplir avec le patient en consultation, ou par lui en salle d'attente sur votre écran. Tout reste dans ce navigateur : rien n'est envoyé, rien n'est enregistré, tout disparaît à la fermeture de la page.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Répondez dans l'ordre que vous voulez, et seulement à ce qui vous concerne. Chaque bloc rempli enrichit votre bilan, dans le panneau « Bilan du patient » (à droite sur ordinateur, en bas sur téléphone). Rien n'est obligatoire.

1Pour qui est ce bilan ?Facultatif — sert seulement à en-tête du document▾
Qui remplit ce questionnaire ?
2Où avez-vous mal ?Touchez les zones concernées — une fois pour « ça gêne », deux fois pour « ça fait très mal »▾
Pas de douleur Ça gêne Ça fait très mal
0zones sélectionnées
0zones très douloureuses
3À quel point ?0 = aucune douleur, 10 = la pire douleur imaginable▾
4Comment est cette douleur ?Cochez tous les mots qui correspondent — même s'ils vous semblent bizarres▾
Elle ressemble à… Ces mots aident beaucoup votre médecin : ils orientent vers le mécanisme de la douleur, donc vers le traitement.
Et aussi, peut-être… Des sensations qu'on n'ose pas toujours dire parce qu'elles paraissent étranges. Elles comptent.
5Depuis quand, et à quel rythme ?Une douleur qui dure ne se traite pas comme une douleur récente▾
Depuis combien de temps ?
Elle est présente…
À quel moment est-elle la pire ?
Qu'est-ce qui la déclenche ou l'aggrave ?
Qu'est-ce qui la soulage ?
6Qu'est-ce qu'elle vous empêche de faire ?C'est souvent plus parlant que l'intensité elle-même▾

Ces 7 derniers jours, à quel point la douleur a-t-elle gêné chacun de ces domaines ? 0 = pas du tout, 10 = complètement.

—gêne moyenne sur 10
—domaine le plus touché
Ces questions s'inspirent des dimensions explorées par les questionnaires validés de retentissement (type Questionnaire Concis de la Douleur). Elles sont rédigées en langage courant et ne constituent pas un score validé : elles servent à décrire, pas à classer.
7Est-ce que ça vous ressemble ?Choisissez les situations qui vous parlent — des questions plus précises s'ouvriront▾

Certaines douleurs ont leurs propres questionnaires. Sélectionnez ce qui vous correspond, même plusieurs choses : on vous posera quelques questions ciblées, et on vous dira quel questionnaire validé demander à votre médecin.

8Qu'avez-vous déjà essayé ?Ce qui a marché, ce qui n'a pas marché — les deux sont utiles▾
Médicaments et prises en charge essayés
Au total, de combien votre douleur est-elle soulagée par ce que vous prenez ? 0 % = rien ne change. 100 % = la douleur disparaît complètement.
Somnolence, constipation, nausées, vertiges, bouche sèche…
Une question, une inquiétude, un objectif — écrivez-le maintenant, on l'oublie toujours sur le moment.
!Y a-t-il un de ces signes ?Important — certains signes demandent un avis rapide▾

Cochez tout ce qui s'applique. Aucun de ces signes ne signifie que quelque chose de grave est certain — mais chacun mérite d'être vérifié sans attendre.

Voir mon bilan
05 · Avec le patient

Le bilan douleur du patient

Ce que vous avez décrit est rassemblé dans le panneau « Bilan du patient » (à droite sur ordinateur, en bas sur téléphone). Emportez-le à votre consultation : imprimez-le ou enregistrez-le en PDF, ou copiez le texte pour l'envoyer par messagerie sécurisée.

⌨Texte pour le dossier patientFormat compact, à coller dans le logiciel métier▾
Ce bilan ne pose aucun diagnostic. Il décrit ce que vous ressentez et signale les questionnaires validés qu'il pourrait être utile de remplir avec un professionnel. Les orientations proposées sont des pistes de discussion, pas des conclusions. En cas de douleur brutale, inhabituelle, ou accompagnée d'un des signes d'alerte, contactez votre médecin ou le 15 sans attendre le rendez-vous.
06 · Traiter

Avant l'antalgique, le mécanisme

La même intensité ne se traite pas de la même façon selon qu'elle est nociceptive, neuropathique ou nociplastique. L'échelle dit combien ; le mécanisme dit avec quoi.

Nociceptive

  • Mécanisme : lésion tissulaire en cours (arthrose, traumatisme, inflammation, post-opératoire).
  • Traitement : paracétamol, AINS si pas de contre-indication, opioïde seulement si douleur sévère ou échec (HAS 2022).
  • Toujours : traitement de la cause.

Neuropathique

  • Mécanisme : lésion ou maladie du système nerveux.
  • Signes : brûlure, décharges, fourmillements, zone hypoesthésique.
  • Repérage : DN4 ≥ 4/10.
  • Traitement : paracétamol et AINS inefficaces ; antidépresseurs et antiépileptiques en premier (chapitre 08).

Nociplastique

  • Mécanisme : douleur diffuse sans lésion expliquant son intensité.
  • Exemples : fibromyalgie, intestin irritable, céphalées primaires.
  • Opioïdes : non recommandés (HAS 2022).
  • Traitement : activité physique, éducation, psychothérapie (chapitre 09).

Douleur chronique : quand parler de syndrome douloureux chronique ?

  • Douleur persistante ou récurrente au-delà de 3 mois (ou au-delà du délai habituel de guérison), réponse insuffisante au traitement, retentissement fonctionnel, relationnel ou professionnel significatif (HAS 2008).
  • L'évaluation est biopsychosociale : intensité, mécanisme, retentissement (QCD, HADS), représentations et peurs (catastrophisme, kinésiophobie), contexte professionnel.
  • Objectif réaliste avec le patient : 30 % de baisse de l'intensité ou de gain fonctionnel est déjà cliniquement pertinent (HAS 2022).
  • Orienter vers une structure douleur chronique (consultation ou centre labellisé) quand la situation est complexe, que les traitements bien conduits échouent, en cas de mésusage ou de dose d'opioïde ≥ 120 mg/j d'équivalent morphine (HAS 2022 ; parcours HAS 2023).
  • Les moyens non médicamenteux sont au premier plan en chronique : activité physique adaptée, kinésithérapie active, thérapies cognitivo-comportementales, éducation thérapeutique.

Sources : HAS, Douleur chronique : reconnaître le syndrome douloureux chronique, l'évaluer et orienter le patient, 2008 (recommandations, p. 5-6) ; HAS, Parcours de santé d'une personne présentant une douleur chronique, 2023 ; HAS, Bon usage des médicaments opioïdes, mars 2022 (recommandations, p. 18 et 27-28).

07 · Traiter

Paracétamol et AINS : les doses qui comptent

Paracétamol (adulte)

SituationDose
Adulte de 50 kg ou plus1 g par prise, au moins 4 h entre deux prises ; 3 g/j suffisent en général ; jusqu'à 4 g/j sur avis médical, sans facteur de risque
Moins de 50 kg, insuffisance hépatique légère à modérée, alcoolisme chronique, dénutrition, jeûne, déshydratation, maladie de Gilbert60 mg/kg/j sans dépasser 3 g/j
Insuffisance rénale sévère (clairance < 10 mL/min)au moins 8 h entre deux prises, 3 g/j au plus
Insuffisance hépatique sévèrecontre-indiqué
Automédication5 jours au plus pour une douleur, 3 jours pour une fièvre, puis consulter
À savoir
  • Vérifier les associations cachées (spécialités associant paracétamol et codéine, tramadol ou opium) : c'est la première cause de surdosage involontaire.

AINS

À faire
  • Dose minimale efficace, durée la plus courte.
  • Jamais deux AINS ensemble.
Contre
  • Contre-indiqués à partir de 24 semaines d'aménorrhée (début du 6e mois), y compris en une prise ; à éviter avant, sauf nécessité.
  • Contre-indiqués : antécédent d'hémorragie ou d'ulcère digestif, insuffisance hépatique, rénale ou cardiaque sévère.
  • Infection : les AINS masquent les signes et exposent à des complications graves, notamment dans la varicelle : préférer le paracétamol.
À savoir
  • À risque : sujet âgé, déshydratation, insuffisance rénale, association à un IEC, un sartan ou un diurétique (insuffisance rénale aiguë), anticoagulant ou antiagrégant (saignement).
  • Risque cardiovasculaire (infarctus, AVC) accru aux fortes doses et en traitement prolongé.

Douleur aiguë : où les opioïdes ne viennent pas en premier

Contre
  • Pas en première intention : la HAS ne recommande pas d'opioïde en première intention, même pour une douleur aiguë sévère, dans : douleur dentaire, lombalgie aiguë, traumatisme simple du rachis ou des membres (entorse, coup du lapin), colique néphrétique.
  • Crise migraineuse : jamais d'opioïde, même en deuxième intention.
À faire
  • Douleur modérée (EN 4 à 5) : un opioïde se discute seulement après échec du paracétamol et des AINS.

Sources : ANSM, Le paracétamol (dossier thématique, mis à jour le 25/06/2024) ; RCP du paracétamol, rubrique 4.2 (exemple : Paracétamol EG 500 mg, révision 08/2022) ; ANSM, Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (dossier thématique, 08/02/2024) ; HAS, Bon usage des médicaments opioïdes, 2022, recommandations p. 18.

08 · Traiter

Douleur neuropathique : l'ordre des traitements

Diagnostic : topographie neurologique plausible, sémiologie évocatrice, DN4 ≥ 4/10 (répertoire, onglet Évaluer). Réévaluer à 4 à 8 semaines à dose efficace ; changer de molécule ou associer si le soulagement est insuffisant.

LigneTraitementEn pratique
1reAntidépresseurs tricycliques (amitriptyline)Débuter à 10-25 mg le soir, augmenter par paliers d'une semaine ; prudence après 65 ans et en cas de trouble cardiaque (ECG), glaucome, adénome prostatique.
1reIRSNA : duloxétine, venlafaxineDuloxétine 60 mg/j (AMM : neuropathie diabétique douloureuse) ; venlafaxine hors AMM dans cette indication.
1reGabapentineTitration de 300 mg/j jusqu'à 1 200 à 3 600 mg/j en 3 prises ; adapter à la fonction rénale.
1re (douleur focale périphérique)Emplâtre de lidocaïne 5 % ; neurostimulation transcutanée (TENS)Emplâtre : AMM limitée aux douleurs post-zostériennes ; bonne tolérance chez le sujet âgé.
2ePrégabaline ; tramadol ; associations (antidépresseur + antiépileptique) ; psychothérapie en complémentPrégabaline : ordonnance sécurisée (ANSM, 2021), risque de mésusage. Tramadol : ordonnance sécurisée et 3 mois au plus depuis le 1er mars 2025.
2e (douleur focale périphérique)Patch de capsaïcine 8 % ; toxine botulique AActes réalisés en structure spécialisée.
3eOpioïdes forts ; stimulation magnétique transcrânienne ; neurostimulation médullaireAvis d'une structure douleur chronique.

Les gabapentinoïdes et les opioïdes ne font pas bon ménage

Contre
  • Gabapentine et prégabaline : elles majorent le risque de dépression respiratoire avec les opioïdes, les benzodiazépines et l'alcool (HAS 2022).
À savoir
  • Revue NeuPSIG 2025 (313 essais) : la revue internationale confirme le même ordre.
  • Première ligne : tricycliques, IRSNA et gabapentinoïdes.
  • Deuxième ligne : capsaïcine et lidocaïne locales.
  • Troisième ligne : toxine botulique, stimulation magnétique et opioïdes.
  • Nombre de patients à traiter pour un répondeur : tricycliques 4,6 ; IRSNA 7,4 ; gabapentinoïdes 8,9.
  • Nombre pour un arrêt par effet indésirable : 17, 14 et 26.

Sources : Moisset X. et al., Traitements pharmacologiques et non pharmacologiques de la douleur neuropathique : une synthèse des recommandations françaises, Douleur et Analgésie 2020 (SFETD) ; Soliman N. et al., Pharmacotherapy and non-invasive neuromodulation for neuropathic pain (NeuPSIG), Lancet Neurol 2025;24:413-28 ; ANSM, Tramadol et codéine : nouvelles règles au 1er mars 2025 ; posologies : RCP des spécialités.

09 · Traiter

Fibromyalgie : les repères HAS 2025

Repérer puis confirmer

À faire
  • FiRST (6 questions, ≥ 5/6) pour repérer en soins primaires.
  • Critères ACR 2016 pour confirmer : indice de douleur généralisée (WPI) ≥ 7 et sévérité des symptômes (SSS) ≥ 5, ou WPI 4 à 6 et SSS ≥ 9 ; douleur généralisée depuis au moins 3 mois. Grilles « Indice de zones douloureuses » et « Sévérité des symptômes » : onglet Évaluer, chapitre 02 ; outil complet sur bonhomme juste en dessous.
À savoir
  • Aucun examen ne fait le diagnostic ; un bilan biologique simple sert à éliminer une autre cause (NFS, CRP, CPK, TSH, bilan hépatique).

Traiter : l'ordre de la HAS

À faire
  • 1re ligne : activité physique adaptée, en programme supervisé, puis poursuivie en autonomie.
  • Aussi en 1re ligne : apprendre à gérer ses symptômes (éducation, autogestion), maintien dans l'emploi, sommeil, anxiété et dépression repérés et traités.
  • 2e ligne, en plus : médicaments, au bénéfice modeste ; petite dose, montée lente, réévaluation à chaque renouvellement.
  • 3e ligne : neurostimulation, après avis spécialisé.
Contre
  • Opioïdes : tramadol seulement en prise ponctuelle pour une douleur aiguë ; au long cours, exceptionnel et après avis d'une structure douleur ; les autres opioïdes ne sont pas recommandés.

Critères de fibromyalgie : je coche le bonhomme, j'obtiens WPI, SSS et FS

Les critères de l'American College of Rheumatology révisés en 2016, que la HAS 2025 retient pour confirmer le diagnostic après un FiRST positif, et pour suivre le patient dans le temps (R.15, R.28). Comptez 2 à 3 minutes.

Fibromyalgie : quels médicaments, avec quel effet ?

Méta-analyse en réseau publiée en octobre 2026 (151 essais randomisés, 32 592 patients, recherche arrêtée le 13/01/2025) : chaque classe est comparée au placebo ou aux soins habituels. Effet jugé selon un seuil d'importance clinique fixé à l'avance ; niveau de preuve GRADE.

ClasseEffet retrouvéNiveau de preuveEn France
IRSNa (duloxétine, milnacipran)Plus de patients se disent nettement améliorés.
Environ 110 sur 1 000 de plus gagnent 30 % sur la douleur.
Douleur moyenne, santé physique et mentale : peu ou pas de changement.
Faible pour l'amélioration ; modéré pour l'absence d'effet moyenPossible en traitement de fond (HAS), surtout pour la douleur.
Hors AMM.
Gabapentinoïdes (gabapentine, prégabaline)Plus de patients se disent nettement améliorés.
Sommeil peut-être meilleur.
Douleur moyenne : peu ou pas de changement.
Faible pour l'amélioration ; modéré pour l'absence d'effet moyenPossible (HAS) : gabapentine d'abord, la prégabaline exposant au mésusage (ordonnance sécurisée).
Hors AMM.
Tricycliques (amitriptyline)Sommeil peut-être meilleur.
Pas d'effet important montré sur les autres critères.
FaiblePossible (HAS) à petite dose, plutôt autour de 25 mg/j ; prudence chez l'âgé.
Hors AMM.
ISRSRetentissement (score FIQ) peut-être un peu amélioré.FaiblePas pour la douleur (HAS) ; à discuter si anxiété ou dépression associée.
Oxybate de sodium (GHB)Le plus souvent en tête : amélioration globale, retentissement, sommeil.
Environ 200 sur 1 000 de plus gagnent 30 % sur la douleur.
FaibleNon utilisable : stupéfiant, AMM seulement dans la narcolepsie avec cataplexie, prescription réservée aux centres du sommeil et aux neurologues.
Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la noradrénalineAmélioration globale plus fréquente, proche des IRSNa.FaibleMolécules encore à l'essai (esréboxétine, ampréloxétine) : non disponibles.
Cyclobenzaprine (myorelaxant)Amélioration possible, mais essais menés par le détenteur du brevet, sans confirmation indépendante.FaibleMyorelaxants non recommandés (HAS).
Vitamine DPas d'effet sur la douleur.ÉlevéSeulement en cas de carence (HAS).
Naltrexone à faible dosePeu ou pas d'effet sur la douleur, le retentissement et le sommeil.ModéréPas d'intérêt démontré.
Opioïdes, cannabisPas de bénéfice convaincant.
Opioïdes faibles : plus d'arrêts de traitement.
Faible à très faibleTramadol ponctuel seulement ; autres opioïdes non recommandés ; cannabinoïdes : données insuffisantes (HAS).

À retenir

À savoir
  • Aucun médicament n'a d'AMM en France dans la fibromyalgie : toute prescription est hors AMM, et le RCP de chaque molécule reste la règle.
  • Effet moyen petit, mais certains patients répondent bien : fixer avec le patient un objectif réaliste (par exemple 30 % de douleur en moins) et arrêter si rien ne bouge.
  • Choisir selon le symptôme qui gêne le plus (sommeil, anxiété, dépression) et selon les effets indésirables (HAS).
  • Tolérance : dans les essais, aucune classe n'augmente les arrêts de traitement ni les effets graves ; leur recul est court.
  • Les essais comparent au placebo, jamais à l'activité physique : l'ordre de la HAS reste valable.

Ce qui diffère entre les deux sources

  • IRSNa, gabapentinoïdes, amitriptyline : la HAS les retient ; la méta-analyse, plus récente, en confirme l'intérêt mais avec une preuve faible et un effet souvent sous le seuil d'importance.
  • Oxybate de sodium : le mieux classé dans la méta-analyse, absent des recommandations françaises et réservé à la narcolepsie.
  • Cyclobenzaprine : autorisée aux États-Unis en 2025 pour la fibromyalgie ; myorelaxants non recommandés par la HAS.
  • ISRS : petit effet possible sur le retentissement ; la HAS ne les retient pas pour la douleur.

Sources : HAS, Fibromyalgie de l'adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique, validée le 19/06/2025, mise en ligne en juillet 2025 (recommandations R.61 à R.84) ; Zeraatkar D. et al., Drug treatments for fibromyalgia: systematic review and network meta-analysis of randomised trials, BMJ Medicine, publié en ligne le 05/10/2026 (lu le 13/10/2026) ; RCP de l'oxybate de sodium (BDPM, CIS 67300599, lu le 13/10/2026) ; Wolfe F. et al., 2016 Revisions to the 2010/2011 fibromyalgia diagnostic criteria, Semin Arthritis Rheum 2016;46:319-29 ; HAS, Bon usage des médicaments opioïdes, 2022, recommandations p. 28.

10 · Opioïdes

Bon usage des opioïdes

Les règles HAS 2022.

Douleur aiguë

À faire
  • Indiqués si douleur sévère (EN ≥ 6), associés aux non opioïdes.
  • En ville : forme à libération immédiate, dose la plus faible, 14 jours au plus, réévaluation rapide.
  • Sortie d'urgences ou séjour court : LI, 2 à 3 jours ; revoir le médecin traitant sous 7 jours.
Contre
  • Fentanyl transmuqueux : ni indiqué ni recommandé.

Douleur chronique non cancéreuse

À faire
  • En dernière intention (lombalgie ou radiculalgie, arthrose, certaines neuropathies), après évaluation biopsychosociale.
  • Réévaluer au moins tous les mois pendant 6 mois ; tracer le bénéfice (douleur, fonction).
  • Au-delà de 6 mois : tenter une décroissance, progressive.
Contre
  • Sans bénéfice : pas au-delà de 120 mg/j d'équivalent morphine, pas au-delà de 3 à 6 mois.
  • Non recommandés : migraine et céphalées primaires, douleurs nociplastiques, douleurs pelviennes chroniques.

Sécurité

À faire
  • Naloxone prête à l'emploi : se poser la question à chaque prescription (nasale ou injectable ; remboursée à 65 % sur prescription).
  • Évaluer le risque de mésusage : ORT avant la première prescription, POMI avant un renouvellement (chapitre 12).
  • Laxatif dès l'instauration ; nausées la première semaine.
Contre
  • Éviter les associations dépressives respiratoires : benzodiazépines, gabapentinoïdes, alcool.
À savoir
  • Avis spécialisé (douleur, addictologie, psychiatrie) : trouble de l'usage, trouble psychique, situation complexe, absence de bénéfice à 3-6 mois, dose ≥ 120 mg/j.

Décroissance : repères

  • HAS : la HAS demande une décroissance régulière, sans fixer de rythme.
  • Repères du CDC 2022 : environ 10 % par mois si le traitement dure depuis plus d'un an ; plus rapide (environ 10 % par semaine) après quelques semaines ou mois.
  • Tolérance : ralentir ou faire une pause si le sevrage est mal toléré.
  • Jamais : ne jamais arrêter brutalement une dose élevée.

Sources : HAS, Bon usage des médicaments opioïdes : antalgie, prévention et prise en charge du trouble de l'usage et des surdoses, recommandations, mars 2022, p. 11-12 (instauration, naloxone, changement d'opioïde), 18-20 (douleur aiguë), 27-30 (douleur chronique), note 12 p. 49 (kits de naloxone) ; Dowell D. et al., CDC Clinical Practice Guideline for Prescribing Opioids for Pain, MMWR Recomm Rep 2022;71(3):1-95 (décroissance).

11 · Opioïdes

Convertisseur d'équivalents morphine

Additionnez tout ce que prend le patient pour obtenir l'équivalent morphine orale des 24 heures (EMO), le comparer au repère de 120 mg/j, et préparer un changement d'opioïde.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

1. Traitement actuel (dose totale des 24 h)

Fentanyl transdermique : saisir le dosage du patch en µg/h (un patch de 25 µg/h ≈ 60 mg/j de morphine orale selon la table SFAP, mais 42 mg/j seulement pour passer du patch à la morphine orale, Opioconvert). Interdoses : les ajouter à la dose des 24 h.

2. Changer d'opioïde

Calcul prudent : fourchette basse de l'équivalent morphine, coefficient le plus élevé de la molécule cible, puis réduction de 25 à 50 % (HAS 2022) et titration. Tramadol, codéine, dihydrocodéine, tapentadol et opium se comptent au départ mais ne sont pas proposés à l'arrivée : Opioconvert ne donne aucun ratio vers ces molécules, et la dose calculée dépasse vite le plafond de l'AMM (tramadol 400 mg/j, codéine 240 mg/j, dihydrocodéine 120 mg/j). Vers le patch de fentanyl : patient tolérant aux opioïdes, douleur stable, et pas de patch si la dose de départ tombe sous 12 µg/h. Pour un changement réel en douleur chronique, la HAS renvoie à Opioconvert (SFAP, AFSOS, SFETD), qui donne les ratios de changement de référence.

À part : pas de conversion simple

  • Méthadone : équivalence non linéaire, demi-vie longue et variable, risque d'allongement du QT → relais uniquement avec une structure spécialisée.
  • Fentanyl transmuqueux : pas de règle entre sa dose et le traitement de fond ; titration propre, douleur cancéreuse seulement.
  • Buprénorphine et nalbuphine : agonistes partiels ou agonistes-antagonistes, qui bloquent les autres opioïdes ; ne pas additionner.
  • Patch de fentanyl : effet qui monte en 12 à 24 h à la pose et persiste 17 h et plus au retrait ; relais décalé. Fièvre et chaleur augmentent son absorption.
  • Sujet âgé, insuffisance rénale ou hépatique, association à des sédatifs : partir plus bas encore.
Validité et utilité du convertisseur
À quoi il sert
Additionner des opioïdes différents en une dose d'équivalent morphine orale (EMO), pour situer le patient par rapport au repère HAS de 120 mg/j, et estimer une dose de départ lors d'un changement d'opioïde ou de voie.
Valide chez
Adulte traité par opioïdes, douleur cancéreuse ou non. Les ratios français (SFAP 2016) ont été établis pour la douleur cancéreuse par excès de nociception ; les facteurs du CDC pour évaluer le risque en douleur chronique, pas pour convertir.
Performance
Aucune table d'équianalgésie n'a de validation prospective de précision : les ratios viennent d'études de petite taille, surtout à dose unique, avec une grande variabilité individuelle. D'où la fourchette affichée et la réduction systématique de 25 à 50 %.
Limites
Ne tient compte ni de la tolérance croisée incomplète, ni de l'âge, ni de la fonction rénale ou hépatique, ni des interactions. Coefficients : oxycodone orale 1,5 à 2 ; oxycodone injectable 2 à 3 ; hydromorphone 5 à 7,5 ; codéine 0,15 à 0,17 ; dihydrocodéine 0,25 à 0,33 ; tramadol 0,2 ; tapentadol 0,4 (CDC seulement, non trouvé dans les tables françaises) ; poudre d'opium 0,1 ; morphine SC 2, IV 2 à 3 ; fentanyl transdermique 1,68 à 2,4 par µg/h. Les ratios sont orientés : de la morphine IV ou du patch vers la morphine orale, on retient la borne basse d'Opioconvert (×2 ; ×1,68), la table SFAP (×3 ; ×2,4) ne servant qu'en sens inverse — le RCP Durogesic réserve d'ailleurs ses tables au passage vers le patch.
Recommandé par
HAS 2022 : réduire de 25 à 50 % la dose calculée lors du passage d'un opioïde à un autre ; en douleur chronique, utiliser une table de type Opioconvert qui privilégie la sécurité (fourchette basse).
12 · Opioïdes

Risque de mésusage : ORT et POMI

Deux outils reproduits en annexe de la recommandation HAS 2022 : l'ORT avant la première prescription, le POMI avant un renouvellement. Ils aident à structurer l'entretien ; ils ne remplacent pas l'évaluation clinique.

Opioid Risk Tool (ORT)

0points

0 à 3 : risque faible · 4 à 7 : modéré · 8 et plus : élevé.

Validité et utilité
À quoi il sert
Classer, avant une première prescription d'opioïde pour une douleur chronique, le risque de comportements de mésusage en faible, modéré ou élevé.
Valide chez
Étude princeps : 185 nouveaux patients consécutifs d'une consultation de la douleur (Utah, États-Unis), suivis 12 mois.
Performance
Étude princeps : 17 patients sur 18 à risque faible sans comportement aberrant (94,4 %) ; 40 sur 44 à risque élevé avec comportement aberrant (90,9 %) ; statistique c 0,82 chez l'homme, 0,85 chez la femme. Réévaluation sur 225 patients d'un centre universitaire : l'ORT auto-rempli ne prédisait pas mieux que le hasard ; seul l'antécédent personnel de mésusage de médicaments restait associé.
Limites
Étude princeps petite et monocentrique ; réplication décevante ; version française validée : non trouvée. Un score bas ne dispense pas de la surveillance.
Recommandé par
HAS 2022 (annexe 3), comme support possible de l'évaluation avant la première prescription.

POMI-5F

Le patient a-t-il déjà… (questions posées au patient sous opioïde ; libellés exacts : annexe 4 de la recommandation HAS)

0/ 5

Un score de 2 ou plus suggère un mésusage actuel.

Validité et utilité
À quoi il sert
Repérer un mésusage actuel d'un opioïde prescrit, chez un patient déjà traité, en 5 questions oui/non.
Valide chez
Version française validée chez 154 adultes (163 inclus) douloureux chroniques non cancéreux, sous opioïdes depuis au moins 3 mois, suivis en consultation douleur en France (2015-2017).
Performance
Seuil 2/5 : sensibilité 0,95, spécificité 0,54 ; alpha de Cronbach 0,71 ; fidélité test-retest r = 0,65 ; corrélation avec les critères DSM-5 r = 0,45.
Limites
Spécificité modeste : beaucoup de faux positifs, à confirmer par l'entretien et les critères du trouble de l'usage (DSM-5, annexe 8 de la HAS). Validé en centre de la douleur, pas en soins primaires.
Recommandé par
HAS 2022 (annexe 4), avant un renouvellement et en soins de premier recours.
13 · Imprimer

À imprimer, plastifier, donner

Échelles génériques et supports libres, mis en page pour l'A4.

Impression des réglettes. Décochez « ajuster à la page » dans les options d'impression, sinon les 100 mm ne font plus 100 mm et la mesure est fausse.

14 · Sources

Questionnaires officiels, par thème

15 · Sources

Recommandations utilisées

16 · Sources

Comment cette page a été construite

Outil écrit par un médecin généraliste pour sa pratique, repris sur au-cabinet.fr le 28/09/2026 : même répertoire, mêmes grilles, même questionnaire patient. Ajouts : fiches « Validité et utilité » sous chaque échelle, onglets Traiter et Opioïdes (convertisseur, ORT, POMI).

Échelles déposées (DN4, Algoplus, Doloplus, EVENDOL, FLACC, HADS, HIT-6…) : leurs libellés ne sont pas reproduits. Elles se cotent sur leur document officiel ; la page n'en fait que le total et l'interprétation. Recopiée de mémoire, une grille n'est plus l'échelle validée.

Corrections du 28/09/2026 (vérification des seuils) : critères ACR 2016 de la fibromyalgie (WPI ≥ 7 avec SSS ≥ 5) et cotation du score de sévérité sur 12 ; EDAAP sur 41 ; paliers 6 et 11 de la GED-DI ; plafond du MIDAS ; repères non validés du NPSI et de l'ECPA signalés comme tels.

Mise à jour du 13/10/2026 (chapitre 09, fibromyalgie) : ordre de traitement relu sur la recommandation HAS de 2025 (tramadol ponctuel possible, au long cours après avis) ; ajout d'un tableau des médicaments d'après la méta-analyse en réseau de BMJ Medicine (octobre 2026), avec la place de chacun en France. Les chiffres sont ceux de l'article ; le tableau est rédigé pour le site.

Ajouts du 13/10/2026. Chapitre 09 : outil « Critères de fibromyalgie » (bonhomme de face et de dos dessiné pour le site, 19 zones du WPI, symptômes du SSS, durée, régions calculées en excluant mâchoires, poitrine et abdomen, score FS, rappel repliable des 18 points de l'ACR 1990) ; règles chiffrées dans fibro-donnees.js, datées et sourcées (Wolfe 2016, HAS 2025). Répertoire : 12 échelles ajoutées (STarT Back, Örebro court, FABQ, EIFEL, Oswestry, NDI, PCS, Tampa, PHQ-9, GAD-7, ISI, QIF) et calculateurs item par item pour le NPSI (sous-scores), le HIT-6 (pondération), le MIDAS (grades), l'HADS (deux sous-échelles) et le QCD ; seuils, licences et sources dans scores-donnees.js, vérifiés par des cas tests. Comme pour les autres instruments déposés, aucun libellé d'item n'est reproduit ; seuls le PHQ-9 et le GAD-7, libres de droits, portent un rappel du thème de chaque item, écrit pour le site. Présentation : rubriques À FAIRE, POUR, CONTRE, À SAVOIR sur les conduites (antalgiques, neuropathique, fibromyalgie, opioïdes), une idée par ligne, tableaux en cartes sur téléphone ; aucun texte clinique retiré.

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