Dénutrition Sarcopénie · critères HAS 2019 et 2021

Aide à la décision · Maladies chroniques · Nutrition · Personne âgée

Dénutrition & sarcopénie : repérer, diagnostiquer, traiter

Peser, calculer la perte de poids, poser le diagnostic selon la HAS (adulte 2019, 70 ans et plus 2021), chercher une sarcopénie (EWGSOP2), puis fixer les apports et remettre une fiche au patient. Tout se calcule dans le navigateur : rien n'est enregistré ni envoyé.

HAS 2019 · HAS 2021 · EWGSOP2 2019 · GLIM 2019 · ESPENVérifié le 28/09/2026

Repérer · 1

Qui repérer, et quand

La dénutrition est indolore, s'installe lentement et passe inaperçue : c'est la cinétique du poids, pas sa valeur absolue, qui alerte. Un patient en surpoids ou obèse peut être dénutri.

Repérage systématique

  • La HAS recommande de dépister la dénutrition à chaque consultation et à chaque hospitalisation (HAS 2019).
  • Après 70 ans : poids, IMC, appétit, consommation alimentaire et force musculaire, une fois par mois à domicile et à chaque consultation (HAS 2021).
  • Surveillance au moins hebdomadaire (poids, appétit, ingesta) en cas d'événement intercurrent (infection, chirurgie) ou de baisse de l'appétit.
  • Toujours la même balance ; noter le poids dans le dossier, le carnet de santé, les courriers, pour tracer une courbe.
  • Tout patient en situation d'agression, quel que soit son âge : cancer, chirurgie lourde, maladie aiguë, plaie chronique.

Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine prévoyait une pesée « au minimum une fois par an » ; la HAS 2021 (p. 11) demande une surveillance mensuelle à domicile et à chaque consultation.

Alerte immédiate

Perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois : évaluation complète sans délai, quel que soit l'IMC de départ.

Régimes restrictifs. Après 70 ans, tout régime sans sel, sans sucre ou hypocholestérolémiant se réévalue et le plus souvent se lève : bénéfice attendu faible, risque de dénutrition élevé.

Facteurs de risque à rechercher

DomaineFacteurs de risque
PondéralPerte de poids récente, vêtements devenus larges, alliance ou prothèse dentaire qui flotte, IMC < 22 kg/m² après 70 ans
AlimentairePerte d'appétit, repas sautés, alimentation monotone, difficultés à faire les courses ou à cuisiner, dépendance pour les repas
Bucco-dentaireProthèse mal adaptée ou non portée, douleurs dentaires, sécheresse buccale, troubles de la déglutition
FonctionnelChutes répétées (≥ 2 en 12 mois), ralentissement de la marche, difficulté à se relever d'une chaise, sarcopénie suspectée
PathologiqueCancer actif ou traitement oncologique, chirurgie lourde récente ou programmée, insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque, BPCO sévère (GOLD ≥ 3), plaie chronique
NeuropsychiqueSyndrome dépressif, deuil, démence ou trouble cognitif, refus alimentaire
IatrogènePolymédication (≥ 5 médicaments), régime restrictif prolongé non justifié, médicaments anorexigènes ou modifiant le goût
SocialIsolement, précarité, veuvage récent, aidant épuisé, hospitalisation récente, entrée en institution

Sources : HAS 2019, recommandation p. 11 ; HAS 2021, recommandation p. 11 ; HAS 2007, stratégie de prise en charge (régimes restrictifs). Liens dans « Synthèse & sources ».

Repérer · 2

Poids, IMC et perte de poids

Les mesures saisies ici alimentent le diagnostic, la sarcopénie, les apports protéiques et le compte rendu.

🔒 Rien n'est envoyé sur internet : tout le calcul se fait sur votre appareil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée — seules vos préférences d'affichage (taille du texte, contraste) restent sur cet appareil.

Mesures

Poids et taille mesurés (toise). Si la personne ne tient pas debout : distance talon-genou (formule de Chumlea).

Sexe
ans
kg
cm
cm
kg
kg
kg
cm

Tour de mollet : mètre ruban à l'endroit le plus large, patient assis, genou fléchi à 90°. Un tour < 31 cm est proposé par la HAS 2021 comme estimation anthropométrique d'une masse musculaire basse.

Renseignez au moins le poids et la taille.

Sources : HAS 2021, recommandation p. 9-10 (IMC, Chumlea, tour de mollet) ; HAS 2019 p. 11.

Repérer · 3

MNA-SF : repérer le risque

Le Mini Nutritional Assessment, forme courte, repère un risque de dénutrition ; depuis 2021, il ne sert plus au diagnostic (HAS 2021, messages clés).

MNA-SF · score sur 14

Questionnaire protégé (Société des Produits Nestlé) dont les conditions d'utilisation interdisent d'en modifier la présentation : faites-le passer sur le formulaire officiel (version française gratuite en usage clinique), puis saisissez le total ici.

Ce qu'il explore (6 questions, en résumé) : baisse des apports ou de l'appétit sur 3 mois ; perte de poids sur 3 mois ; mobilité ; maladie aiguë ou stress psychologique récent ; troubles cognitifs ou dépression ; IMC, ou tour de mollet si l'IMC ne peut être obtenu.

/ 14

12-14 : normal · 8-11 : à risque · 0-7 : dénutrition probable (repérage).

Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine reproduisait les 6 questions et leur cotation. Le MNA est un outil protégé dont la présentation ne doit pas être modifiée (conditions d'utilisation de mna-elderly.com) : fiche descriptive et saisie du total seulement. Elle le présentait aussi comme « validé HAS 2021 » : la HAS 2021 en fait un outil de repérage, plus un critère diagnostique.

Validité et utilité
À quoi il sert
Repérer, en quelques minutes, les personnes âgées à risque de dénutrition ou probablement dénutries, pour déclencher une évaluation (critères HAS).
Valide chez
Personnes âgées (65 ans et plus) à domicile, à l'hôpital et en institution. Version révisée de 2009 validée sur 2 032 personnes (âge moyen 82 ans) issues de 12 jeux de données, contre le MNA complet.
Performance
Contre le MNA complet : sensibilité 89 %, spécificité 82 % (Kaiser 2009). Pas de performance publiée contre les critères HAS 2021 : non trouvé.
Limites
Référence de validation = le MNA complet, pas un diagnostic de dénutrition ; items déclaratifs (cognition, mémoire) ; ne remplace ni la pesée ni le calcul de la perte de poids.
Recommandé par
HAS 2021 : outil de repérage du risque de dénutrition, qui ne constitue plus un critère diagnostique. ESPEN 2019 (gériatrie) : outil de dépistage validé chez la personne âgée.
Repérer · 4

Bilan biologique et recherche des causes

Biologie, selon le contexte

  • Albuminémie : ne sert pas au diagnostic, seulement à la sévérité (≤ 30 g/L = dénutrition sévère). Dosage par immunonéphélémétrie ou immunoturbidimétrie, jamais estimée sur l'électrophorèse.
  • CRP : contexte inflammatoire, hypercatabolisme (critère étiologique « situation pathologique »).
  • NFS, ionogramme, créatininémie avec DFG (CKD-EPI) : retentissement, adaptation des apports protéiques.
  • 25-OH vitamine D, calcémie : selon le contexte (sarcopénie, chutes, fractures).
  • Selon l'orientation : TSH, bilan hépatique, ferritine, B12 et folates, recherche d'une pathologie sous-jacente.

Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine demandait d'interpréter l'albumine « avec la CRP, l'inflammation abaissant l'albumine ». La HAS 2021 (p. 7) précise que la valeur pronostique de l'albumine ne dépend pas d'un syndrome inflammatoire : l'albumine ≤ 30 g/L classe en dénutrition sévère, que la CRP soit élevée ou non.

La préalbumine (transthyrétine) n'entre pas dans les critères HAS 2019 et 2021. Aucun marqueur biologique ne remplace la pesée et le recueil des ingesta.

Chercher la cause

La dénutrition du sujet âgé est le plus souvent multifactorielle : une fois le diagnostic posé, un bilan étiologique complet est nécessaire (HAS 2021 p. 10).

  • Enquête alimentaire : nombre de repas, portions, aide aux repas, budget, courses.
  • Examen de la bouche : dents, prothèses, mycose, sécheresse, déglutition.
  • Dépression (mini-GDS) et trouble cognitif.
  • Revue d'ordonnance : médicaments anorexigènes, dysgueusie, sécheresse buccale, constipation.
  • Pathologie évolutive : cancer, malabsorption, insuffisance d'organe, douleur chronique.
  • Situation sociale : isolement, précarité, épuisement de l'aidant.

Sources : HAS 2021, recommandation p. 7 et 10 ; HAS 2019 p. 12.

Diagnostiquer · 1

Diagnostic et sévérité selon la HAS

Il faut au moins 1 critère phénotypique ET au moins 1 critère étiologique. Les critères du poids et de l'IMC se remplissent tout seuls depuis « Poids et IMC » ; la règle change à 70 ans (HAS 2021).

Critères HAS 2019 et 2021

Renseignez l'âge dans « Poids et IMC » : la règle adulte (HAS 2019) ou 70 ans et plus (HAS 2021) s'applique toute seule.

Critères phénotypiques (1 suffit)

    Critères étiologiques (1 suffit)

    Pour la sévérité

    g/L

    Le résultat s'affiche dès que l'âge est connu.

    Les seuils, côte à côte

    CritèreAdulte 18-69 ans (HAS 2019)70 ans et plus (HAS 2021)
    Perte de poids (phénotypique)≥ 5 % en 1 mois, ≥ 10 % en 6 mois ou ≥ 10 % du poids habituelidentique
    IMC (phénotypique)< 18,5 kg/m²< 22 kg/m² (sauf obésité, IMC ≥ 30)
    Muscle (phénotypique)réduction quantifiée de la masse et/ou de la fonction musculairessarcopénie confirmée (force ET masse, EWGSOP2)
    Étiologiquesapports réduits · absorption réduite · agression (aiguë, chronique évolutive, maligne évolutive)apports réduits · absorption réduite · situation pathologique (aiguë, chronique, maligne évolutive)
    Sévéritémodérée : 17 < IMC < 18,5 ; perte ≥ 5 %/1 mois ou ≥ 10 %/6 mois ; albumine > 30 et < 35 g/L.
    sévère : IMC ≤ 17 ; perte ≥ 10 %/1 mois, ≥ 15 %/6 mois ou ≥ 15 % du poids habituel ; albumine ≤ 30 g/L
    modérée : 20 ≤ IMC < 22 (hors obésité) ; perte ≥ 5 %/1 mois, ≥ 10 %/6 mois ou ≥ 10 % du poids habituel ; albumine ≥ 30 g/L.
    sévère : IMC < 20 (hors obésité) ; perte ≥ 10 %/1 mois, ≥ 15 %/6 mois ou ≥ 15 % du poids habituel ; albumine ≤ 30 g/L. Un seul critère sévère prime.

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : l'outil d'origine concluait à la dénutrition dès 2 critères cochés, quels qu'ils soient ; la HAS exige 1 critère phénotypique et 1 critère étiologique. Il comptait « masse musculaire basse » seule comme critère après 70 ans, alors que la HAS 2021 exige une sarcopénie confirmée (force et masse). Le tableau de sévérité d'origine bornait l'albumine de la dénutrition modérée à 30-35 g/L chez les 70 ans et plus : la fiche outil HAS 2021 (p. 4) dit « ≥ 30 g/L », sans borne haute, et « albumine ≤ 30 » y est bien le seuil sévère (HAS 2021 p. 10). Elle distingue, comme la HAS 2019, dénutrition modérée et sévère.

    Obésité (IMC ≥ 30) après 70 ans : mêmes critères, sans le critère IMC (ni pour le diagnostic, ni pour la sévérité). Une perte de poids, même volontaire ou à visée thérapeutique, compte comme critère phénotypique en présence d'un critère étiologique (HAS 2021 p. 12).

    Suivi : si le critère étiologique disparaît (reprise de l'alimentation, guérison), le diagnostic persiste tant que persiste le critère phénotypique (HAS 2021 p. 10).

    Sources : HAS/FFN 2019, recommandation p. 11-12 ; HAS/FFN 2021, recommandation p. 9-12.

    Diagnostiquer · 2

    GLIM : le cadre international

    La HAS s'inspire des critères GLIM (Global Leadership Initiative on Malnutrition) : même logique en deux temps, seuils un peu différents. À connaître pour lire un courrier hospitalier ou une publication.

    GLIM 2019CritèreStade 2 (sévère)
    Perte de poids> 5 % en 6 mois ou > 10 % au-delà de 6 mois> 10 % en 6 mois ou > 20 % au-delà
    IMC bas< 20 avant 70 ans, < 22 à partir de 70 ans< 18,5 avant 70 ans, < 20 à partir de 70 ans
    Masse musculaire réduiteméthode validée (DEXA, impédancemétrie, scanner…)déficit sévère
    Étiologiquesapports ≤ 50 % des besoins > 1 semaine, toute réduction > 2 semaines, ou affection digestive chronique ; inflammation (maladie aiguë ou chronique)

    Différences avec la HAS : GLIM gradue en deux stades et n'utilise pas l'albumine ; la HAS ajoute la perte « ≥ 5 % en 1 mois », la force musculaire et l'albuminémie.

    Source : Cederholm T et al. GLIM criteria for the diagnosis of malnutrition. Clin Nutr 2019;38:1-9.

    Sarcopénie · 1

    SARC-F : repérer la sarcopénie

    Cinq questions posées au patient. Score ≥ 4 sur 10 : mesurer la force (préhension ou lever de chaise). Un score < 4 n'exclut pas une sarcopénie si la clinique l'évoque.

    SARC-F · score sur 10

    Force : difficulté à soulever et porter 4,5 kg (un sac de courses plein) ?
    Aide à la marche : difficulté à traverser une pièce à pied ?
    Se lever : difficulté à passer d'une chaise ou d'un lit à la position debout ?
    Escaliers : difficulté à monter 10 marches ?
    Chutes : combien de chutes dans l'année écoulée ?

    Répondez aux 5 questions.

    Validité et utilité
    À quoi il sert
    Repérer rapidement une sarcopénie probable pour décider de mesurer la force musculaire (étape « Find » de l'EWGSOP2).
    Valide chez
    Adultes âgés vivant à domicile, en consultation gériatrique, hospitalisés ou en institution. Méta-analyse de 29 études, 21 855 personnes (âge moyen 63 ans).
    Performance
    Sensibilité faible à modérée (28,9 à 55,3 % selon la définition de la sarcopénie), spécificité modérée à élevée (68,9 % contre l'EWGSOP2, 82,9 à 88,9 % contre les autres définitions). Bonne fiabilité entre évaluateurs (Voelker 2021).
    Limites
    Laisse passer une sarcopénie sur deux ou plus : un score < 4 ne rassure pas si la clinique l'évoque. Items déclaratifs, sensibles aux autres causes de handicap (arthrose, neurologie).
    Recommandé par
    EWGSOP2 2019 : outil de repérage recommandé (seuil ≥ 4). HAS : non trouvé (la HAS 2021 renvoie à l'EWGSOP2 pour la sarcopénie).
    Sarcopénie · 2

    Force, masse, performance (EWGSOP2)

    Force basse = sarcopénie probable (on agit déjà : protéines et exercice) ; + masse basse = confirmée ; + performance basse = sévère.

    Sarcopénie · EWGSOP2

    Le sexe vient de « Poids et IMC ». Laissez vide ce qui n'a pas été mesuré.

    1. Force

    kg
    kg
    kg
    s

    Préhension : dynamomètre, patient assis, épaule contre le corps, coude à 90°, avant-bras en position neutre ; 3 essais par main en alternant, on retient la meilleure valeur (protocole de Southampton). Seuils : < 27 kg (homme), < 16 kg (femme). Lever de chaise : bras croisés, 5 levers complets, > 15 s = force basse.

    2. Masse musculaire

    kg
    kg/m²
    cm

    DEXA ou impédancemétrie. Seuils : ASM < 20 kg (H) / < 15 kg (F) ; ASM/taille² < 7,0 (H) / < 5,5 kg/m² (F). À défaut, tour de mollet < 31 cm (proposé par la HAS 2021 ; approximation, à préférer à l'absence de mesure).

    3. Performance physique

    m/s
    / 12
    s

    Seuils de performance basse : vitesse ≤ 0,8 m/s ; SPPB ≤ 8 ; TUG ≥ 20 s ; 400 m non achevés ou ≥ 6 min.

    Indiquez le sexe (« Poids et IMC ») et au moins une mesure de force.

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine faisait mesurer 3 essais « à la main dominante » ; le protocole de Southampton qu'elle cite prévoit 3 essais à chaque main en alternant, meilleure valeur retenue (Roberts 2011). Elle donnait aussi le tour de mollet < 31 cm comme « validé par l'EWGSOP2 » : l'EWGSOP2 l'admet seulement comme approximation quand aucune autre mesure n'est disponible.

    Validité et utilité
    À quoi il sert
    Diagnostiquer et graduer une sarcopénie ; la sarcopénie confirmée est un critère phénotypique de dénutrition après 70 ans (HAS 2021).
    Valide chez
    Personnes âgées. Seuils de force issus de données normatives britanniques (moyenne − 2,5 écarts-types d'adultes jeunes), seuils de masse issus de cohortes européennes : consensus d'experts, pas une étude de validation diagnostique.
    Performance
    Consensus sans étalon-or : sensibilité et spécificité non définies (non trouvé). La force de préhension basse prédit la dépendance, la durée d'hospitalisation et la mortalité (revue EWGSOP2).
    Limites
    La force seule reflète aussi l'arthrose, une maladie neurologique ou un mauvais effort ; les seuils de masse varient selon l'appareil d'impédancemétrie ; seuils non adaptés à l'obésité (utilisés faute de mieux, HAS 2021).
    Recommandé par
    HAS 2021 (critères EWGSOP2 retenus) ; ESPEN.

    Adulte de moins de 70 ans (HAS 2019) : le critère « muscle » admet la force ou la masse. Seuils proposés par la HAS 2019 (p. 11) : préhension < 26 kg (H) / < 16 kg (F), vitesse de marche < 0,8 m/s, indice de masse musculaire par impédancemétrie 7,0 (H) / 5,7 kg/m² (F).

    Sarcopénie · 3

    La démarche EWGSOP2 en un coup d'œil

    ÉtapeCritèreConclusion
    RepérerSARC-F ≥ 4 ou suspicion clinique (chutes, lenteur, amaigrissement)Suspicion
    Évaluer la forcePréhension < 27 kg (H) / < 16 kg (F), ou 5 levers de chaise > 15 sSarcopénie probable : on commence protéines et exercice
    ConfirmerASM < 20 / < 15 kg ou ASM/taille² < 7,0 / < 5,5 kg/m² (à défaut mollet < 31 cm)Sarcopénie confirmée
    SévéritéVitesse ≤ 0,8 m/s, SPPB ≤ 8, TUG ≥ 20 s, 400 m ≥ 6 minSarcopénie sévère : kinésithérapie ou activité physique adaptée, avis gériatrique

    L'impédancemétrie n'est pas indispensable en ville : le diagnostic de dénutrition se pose sans elle dans la grande majorité des cas (perte de poids, IMC). Elle se justifie pour un suivi régulier ; mesure alors à jeun, dans les mêmes conditions d'une fois à l'autre. DEXA et scanner (coupe L3) relèvent du recours spécialisé.

    Source : EWGSOP2 2019 (figure 1 et tableau 3) ; HAS 2021 p. 9.

    Traiter · 1

    Apports protéiques et énergétiques cibles

    À répartir sur au moins 3 repas, avec des protéines dès le petit-déjeuner (le muscle âgé répond moins aux petites prises : viser 25 à 30 g par repas).

    Calculateur d'apports

    kg

    Renseignez le poids (repris de « Poids et IMC »).

    SituationProtéinesRéférence
    Prévention, personne âgée en bonne santé1,0 à 1,2 g/kg/jPROT-AGE 2013, ESPEN 2014
    À risque (MNA-SF 8 à 11)1,2 à 1,4 g/kg/jfiche d'origine (pas de seuil propre dans les recommandations ; dans la fourchette PROT-AGE)
    Sarcopénie1,2 à 1,5 g/kg/jPROT-AGE 2013, ESPEN 2014
    Dénutrition avérée1,2 à 1,5 g/kg/j et 30 à 40 kcal/kg/jHAS 2007 (p. 10)
    Cancer actifplus de 1,0, si possible jusqu'à 1,5 g/kg/jESPEN 2021 (cancer)
    Post-opératoire, maladie aiguë1,2 à 1,5 g/kg/jPROT-AGE 2013 ; ESPEN 2021 chirurgie (1,5)
    DFG 30 à 590,8 à 1,0 (1,0 à 1,2 si cancer ou post-opératoire)fiche d'origine ; KDIGO 2024 : pas plus de 1,3 si risque de progression
    DFG < 30 sans dialyse0,8 g/kg/j ; avis néphrologiqueKDIGO 2024 ; KDOQI 2020
    Dialyse1,0 à 1,2 g/kg/jKDOQI 2020

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine visait 1,5 à 2,0 g/kg/j en dénutrition avérée (« HAS 2021 ») : la HAS 2021 ne traite pas de la prise en charge, et la HAS 2007 recommande 1,2 à 1,5 g/kg/j. Cancer : 1,4-2,0 ramené à 1,0-1,5 (ESPEN 2021) ; post-opératoire : 1,5-2,0 ramené à 1,2-1,5 ; sarcopénie : 1,2-1,6 ramené à 1,2-1,5 (PROT-AGE). Rein : DFG < 30 « 0,6 à 0,8 » remplacé par 0,8 (KDIGO 2024) ; dialyse « 1,2 à 1,5 » remplacé par 1,0 à 1,2 (KDOQI 2020). Les équivalences comptaient « 13 g par œuf » : c'est la teneur de 2 œufs (un œuf ≈ 6,5 g).

    Rein et dénutrition. Chez la personne âgée dénutrie avec une insuffisance rénale modérée, le risque de la dénutrition dépasse le plus souvent le bénéfice d'une restriction protéique. L'arbitrage est médical, en décision partagée, au besoin après avis néphrologique.

    Sources de protéines

    AlimentPortionProtéinesConseil
    Viande (bœuf, poulet)100 g20 à 25 gBien cuite, hachée si la mastication est difficile
    Poisson blanc120 g22 à 28 g2 à 3 fois par semaine, facile à mâcher
    Œufs entiers2 œufs12 à 14 gBrouillés, en omelette : très digestes
    Fromage (emmental)30 g≈ 9 gÀ chaque repas si possible
    Yaourt grec1 pot de 150 g9 à 10 gPlus riche qu'un yaourt classique
    Lentilles150 g cuites≈ 11 gAssocier à des céréales
    Lait250 mL≈ 8 gPour enrichir soupes et purées
    Complément nutritionnel oral1 unité12 à 18 gSi l'objectif n'est pas atteint, sur prescription
    Traiter · 2

    La prise en charge par paliers

    PalierInterventionQui
    1Conseils alimentaires et levée des restrictions : diversité, plaisir, fractionnement, textures adaptées, environnement du repas, aide humaineMédecin, diététicien
    2Enrichissement de l'alimentation sans en augmenter le volume : poudre de lait, œuf, fromage râpé, crème, beurre, jambon mixéDiététicien
    3Compléments nutritionnels oraux (CNO) : après échec des mesures précédentes, ou d'emblée si la dénutrition est sévère ; en plus des repas, jamais à la placeMédecin (prescription), pharmacien, diététicien
    4Nutrition entérale : échec ou impossibilité de la voie orale, troubles sévères de la déglutition ; décision spécialiséeGériatre, gastro-entérologue

    À chaque palier, activité physique adaptée et correction des causes (bouche, dépression, médicaments, isolement) sont menées en parallèle. Les protéines sans exercice contre résistance sont peu efficaces sur le muscle.

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche d'origine réservait les CNO à l'échec de l'enrichissement ; la HAS 2007 (p. 10) les propose aussi d'emblée en cas de dénutrition sévère.

    Source : HAS 2007, stratégie de prise en charge, p. 10-14.

    Traiter · 3

    Prescrire les CNO

    Compléments nutritionnels oraux (CNO).

    • Objectif : un apport supplémentaire de 400 kcal/j et/ou 30 g/j de protéines, soit le plus souvent 2 unités par jour.
    • Préférer les produits hyperénergétiques (≥ 1,5 kcal/mL) et/ou hyperprotidiques (≥ 7 g/100 mL).
    • En collation, environ 2 heures avant ou après un repas pour préserver l'appétit ; au moment d'un repas, en plus du repas.
    • Adapter saveurs, textures et température aux goûts et aux handicaps (déglutition, préhension) ; varier pour éviter la lassitude.
    • Une fois ouvert : 2 heures à température ambiante, 24 heures au réfrigérateur.
    • À domicile, première prescription pour 1 mois au plus, puis 3 mois au plus après réévaluation : poids, statut nutritionnel, évolution de la maladie, ingesta, tolérance, observance.
    • Présenter les CNO comme un traitement de la dénutrition, pour favoriser l'observance.
    • Remboursement : produits inscrits à la LPP, pris en charge à 60 % sur prescription (100 % si en rapport avec une affection de longue durée).

    Correction au-cabinet 2026-09-28 : la fiche patient d'origine annonçait un remboursement à 65 % ; le taux de la LPP est de 60 % (ameli.fr). Les noms de marques de CNO ont été retirés.

    Sources : HAS 2007 p. 13-14 ; ameli.fr, liste des produits et prestations (LPP).

    Traiter · 4

    Points de vigilance

    Syndrome de renutrition

    Risque en cas de dénutrition sévère et de jeûne prolongé : renutrition progressive, surveillance du phosphore, du potassium et du magnésium, avis spécialisé au moindre doute.

    Obésité sarcopénique

    Un IMC élevé n'exclut pas la dénutrition ; pas de régime amaigrissant chez une personne âgée sarcopénique sans évaluation individuelle du rapport bénéfice/risque (HAS 2021 p. 12).

    Vitamine D

    Supplémentation selon le contexte (sarcopénie, chutes, carence documentée) : elle relève du traitement, pas de la prévention générale.

    Fin de vie

    Les objectifs nutritionnels sont réévalués et subordonnés au confort et aux volontés du patient.

    Traiter · 5

    Qui fait quoi autour du patient

    Chaque professionnel agit dans son champ ; le médecin pose le diagnostic et prescrit.

    Médecin généraliste

    • Peser, repérer, déclencher le dépistage ; poser le diagnostic (HAS) et la sévérité, les noter dans le dossier.
    • Prescrire la biologie utile et chercher la cause (alimentation, bouche, mini-GDS, ordonnance, pathologie évolutive).
    • Fixer l'objectif protéino-énergétique et le poids cible en décision partagée ; lever les régimes restrictifs.
    • Prescrire CNO, vitamine D si indiquée, diététicien, kinésithérapie ou activité physique adaptée, soins infirmiers ; adresser au dentiste.
    • Réévaluer à 1 mois (poids, ingesta, tolérance) ; décider de l'escalade (nutrition entérale, hospitalisation) ou de la désescalade.

    Infirmier à domicile

    • Pesée régulière au domicile, poids noté dans le dossier.
    • Observation de l'environnement : réfrigérateur, courses, capacité à cuisiner, portage de repas, aide humaine, bouche et prothèses.
    • Signes d'alerte : vêtements larges, alliance ou dentier qui flotte, repas sautés, fausses routes.
    • Suivi des CNO (prise à distance des repas, goûts, température), des ingesta, des escarres et de la déshydratation ; repérage de l'épuisement de l'aidant.

    Diététicien

    • Bilan nutritionnel complet : ingesta, habitudes, goûts, budget, capacités de préparation.
    • Enrichissement en première intention, fractionnement, textures modifiées si besoin.
    • Objectif protéique réparti sur au moins 3 repas, protéines dès le petit-déjeuner.
    • Conseil sur les CNO, accompagnement des aidants (courses, repas, portage).

    Pharmacien

    • Repérage au comptoir : amaigrissement, inappétence, modification du goût.
    • Médicaments favorisant la dénutrition (anorexigènes, dysgueusie, sécheresse buccale, nausées, sédation) ; bilan partagé de médication.
    • Délivrance et conseil sur les CNO ; un non-renouvellement signale souvent un abandon.

    Chirurgien-dentiste

    • Troubles bucco-dentaires limitant l'alimentation : édentement, infection, mycose, sécheresse, douleur.
    • Réfection des prothèses devenues flottantes (signe fort de perte de poids).
    • Signaler au médecin toute prothèse qui flotte ou toute perte de poids rapportée.

    Psychologue

    • Dépression du sujet âgé (première cause non organique de perte d'appétit), deuil, anxiété, refus alimentaire.
    • Isolement et perte de sens autour du repas ; soutien des aidants. Dispositif « Mon soutien psy » si éligible.

    Kinésithérapeute, activité physique adaptée

    • Évaluation de la performance : vitesse de marche, lever de chaise, TUG, SPPB.
    • Renforcement musculaire contre résistance (pilier du traitement de la sarcopénie) et équilibre ; prévention des chutes.

    Recours

    • Gériatre ou équipe mobile : dénutrition ou sarcopénie sévère, situation complexe, évaluation gériatrique standardisée.
    • Oncologue : dénutrition pendant un traitement. Gastro-entérologue : malabsorption, nutrition entérale.
    • ORL, orthophoniste : déglutition, fausses routes, textures.
    • SSIAD, HAD, services d'aide à domicile, CCAS : aide aux repas, portage, lutte contre l'isolement.
    Traiter · 6

    Parcours et repères de suivi

    ÉtapeContenu
    1. RepéragePesée à chaque consultation, au domicile (infirmier), à l'officine, au fauteuil dentaire
    2. Dépistage structuréPoids, perte de poids, mollet, MNA-SF, SARC-F, force de préhension si SARC-F ≥ 4
    3. Diagnostic médicalCritères HAS (1 phénotypique + 1 étiologique), sévérité, cause, biologie ; diagnostic noté dans le dossier
    4. Plan de soins partagéObjectif protéique et poids cible, levée des restrictions, enrichissement, orientations, fiche patient remise
    5. Réévaluation à 1 moisPoids, ingesta, tolérance et observance des CNO ; escalade ou désescalade
    6. Bilan à 3 moisEfficacité, nouveau poids, situations complexes en concertation pluriprofessionnelle
    ActionRythme indicatif
    Pesée (70 ans et plus)1 fois par mois à domicile et à chaque consultation ; au moins 1 fois par semaine si événement intercurrent ou baisse de l'appétit (HAS 2021)
    MNA-SF et SARC-FChaque année, et après tout événement aigu (hospitalisation, chute, deuil, chirurgie) (fiche d'origine)
    Réévaluation si dénutrition1 mois, puis 3 mois, puis selon l'évolution
    Consultation diététiqueSous 15 jours si dénutrition, sous 1 mois si risque (repère de la fiche d'origine)
    AlbuminémieSeulement si la sévérité est utile à connaître ; pas de dosage de suivi systématique
    Bilan bucco-dentaireDès le diagnostic de dénutrition

    Noter le poids d'entrée, le poids de sortie et, le cas échéant, le diagnostic de dénutrition et sa sévérité dans les comptes rendus et courriers (HAS 2021 p. 11). Le patient est informé et associé : goûts, habitudes, budget et volontés comptent ; le plaisir de manger n'est pas négociable.

    Fiches patient · 1

    Deux fiches à imprimer

    La fiche « Prévention » pour toute personne de 70 ans et plus au dépistage normal ; la fiche « Traitement » quand une dénutrition ou une sarcopénie est identifiée : elle reprend le bilan et l'objectif protéique calculés sur cette page.

    Le nom n'est ni enregistré ni envoyé : il sert seulement à l'impression.

    Bien manger après 70 ans : prévenir la dénutrition

    Pour : …………………………Date :

    Ces conseils s'adressent aux personnes de 70 ans et plus qui veulent prévenir la dénutrition. Ils ne remplacent pas un bilan personnalisé : parlez-en à votre médecin ou à un(e) diététicien(ne).

    Qu'est-ce que la dénutrition ?

    C'est quand le corps ne reçoit pas assez d'aliments pour lui donner l'énergie et la force de bien fonctionner. Elle fait perdre du poids, des muscles et de la force, et fragilise la santé : chutes, infections, perte d'autonomie.

    Bien manger au quotidien

    • Prenez 3 repas par jour, avec une ou deux collations si besoin.
    • Buvez environ 1,5 litre par jour, par petites gorgées tout au long de la journée : eau, bouillons, tisanes.
    • Mangez varié, et faites-vous plaisir !
    • À chaque repas, un aliment riche en protéines pour garder vos muscles : viande, poisson, œuf, volaille, fromage, lait et produits laitiers.
    • Peu d'appétit ? Faites plusieurs petits repas dans la journée.
    • Adaptez les textures si besoin : viande hachée, purées, aliments mous.
    • Enrichissez vos plats : fromage râpé ou crème dans les soupes, œuf ou fromage dans les purées, lait en poudre dans les préparations.
    • Relevez le goût avec des épices, des herbes et des condiments.

    Bouger

    • Une activité régulière et adaptée garde vos muscles : marche, marche nordique, vélo, renforcement musculaire, yoga, jardinage.
    • Évitez de rester longtemps sans bouger : levez-vous toutes les 2 heures pour marcher 5 minutes.

    Prendre soin de sa bouche

    • Brossez vos dents et entretenez vos prothèses chaque jour.
    • Portez votre appareil dentaire pendant les repas ; faites-le réajuster s'il bouge.
    • Voyez votre dentiste deux fois par an.

    En résumé : 6 points essentiels

    1. Pesez-vous au moins une fois par mois et notez votre poids.
    2. Des protéines à chaque repas : œufs, viande, volaille, fromage, jambon, lait et produits laitiers.
    3. Enrichissez vos plats : fromage râpé, crème, beurre, lait en poudre, œufs.
    4. Moins d'appétit ? 3 repas et 2 collations dans la journée.
    5. Une activité physique régulière et adaptée.
    6. Le dentiste deux fois par an.

    Consultez votre médecin si…

    • vous perdez du poids rapidement (plus de 3 kg) ;
    • votre appétit diminue beaucoup ;
    • vous êtes inhabituellement fatigué(e), ou avez du mal à vous lever d'une chaise ;
    • vous tombez sans raison évidente ;
    • vous avez du mal à avaler ou à mâcher ;
    • vos vêtements deviennent trop grands ;
    • une plaie cicatrise mal.

    Mon médecin : ………………………………………… Tél. : ………………………

    Mon/ma diététicien(ne) : ………………………………… Tél. : ………………………

    Fiche d'information, ne remplace pas un avis médical. Sources : HAS 2007 et 2021.

    Mon plan pour reprendre des forces

    Pour : …………………………Date :

    Mon bilan du jour

    Bilan à compléter sur la page (onglets Repérer, Diagnostiquer, Sarcopénie).

    Ce plan a été établi avec votre médecin. Suivez ces conseils avec régularité.

    Mon objectif de protéines

    Objectif à calculer dans l'onglet « Traiter ».

    Aliments riches en protéines

    AlimentTeneurConseil
    Viande, volaille, poisson100 g = 20 à 25 gÀ chaque repas principal
    Œufs entiers2 œufs = 12 à 14 gBrouillés, en cocotte, en omelette
    Fromage (emmental, gruyère)30 g = 8 à 9 gRâpé sur les plats chauds
    Yaourt grec ou fromage blanc150 g = 9 à 10 gPetit-déjeuner ou collation
    Lentilles150 g cuites = 10 à 12 gAvec des céréales
    Lait250 mL = 8 gPour enrichir soupes et purées

    Exemple de menus sur 3 jours

    JourPetit-déjeunerDéjeunerDîner
    1Yaourt grec, flocons d'avoine, noixPoulet 150 g, haricots verts, fromageŒufs brouillés, pain complet
    2Œuf dur, pain, lait chaudSaumon 150 g, lentilles, salade2 tranches de jambon, gratin de courgettes
    3Fromage blanc, fruits, amandesSteak haché 150 g, pâtes, gruyèrePoisson, purée enrichie au beurre

    Au quotidien

    • Ne sautez pas de repas ; petit appétit : 5 petits repas.
    • Des protéines dès le petit-déjeuner.
    • Enrichissez : fromage râpé, œuf dans la purée, crème dans les sauces.
    • Buvez environ 1,5 litre par jour, sans attendre d'avoir soif : la déshydratation aggrave la fatigue musculaire.
    • Textures adaptées si besoin : viande hachée, poisson, œufs mous.
    • Pas plus de 12 heures sans manger entre le dîner et le petit-déjeuner.
    • Vitamine D : seulement si votre médecin l'a prescrite.
    • Mangez en compagnie quand c'est possible : on mange mieux à plusieurs. Soignez la présentation des plats, privilégiez vos plats préférés.
    • Évitez les repas sans protéines (potage seul, pain seul).

    Les compléments nutritionnels oraux (CNO)

    Ce sont des boissons, crèmes ou soupes enrichies en calories et en protéines, prescrites par votre médecin pour compléter votre alimentation, jamais la remplacer. Ils sont remboursés à 60 % sur ordonnance (souvent complétés par la mutuelle).

    • 1 à 2 par jour, en collation (vers 10 h, 16 h ou au coucher), environ 2 heures avant ou après un repas.
    • Frais ou tièdes selon le produit ; changez de goût pour ne pas vous lasser.
    • Une fois ouvert : au réfrigérateur, à finir dans les 24 heures.
    • Nausées : commencez par un demi-flacon, puis augmentez.
    • Au moins 1 mois, puis votre médecin fait le point (poids, appétit).

    Renforcer mes muscles

    Chaque jour, 15 à 20 minutes suffisent. Commencez doucement et augmentez sur 2 semaines. L'exercice compte autant que l'alimentation pour retrouver du muscle.

    ExerciceComment fairePour
    Lever de chaiseSe lever sans les mains, 10 fois, 2 sériesCuisses, fessiers
    Montée sur la pointe des piedsFace à un meuble stable : 15 fois, 3 sériesMollets, équilibre
    Flexion des coudesPoids de 500 g à 1 kg : 12 fois, 2 sériesBras, épaules
    Extension de jambe assisAssis, tendre une jambe, 10 fois de chaque côtéCuisses
    Marche rapide30 minutes par jour, 5 jours par semaineCœur, tout le corps

    Mon rendez-vous dans 1 mois

    Indispensable pour vérifier le poids, l'appétit et la tolérance des compléments. L'objectif : arrêter les compléments dès que l'alimentation couvre à nouveau les besoins. Date : ………………………

    Appelez votre médecin si…

    • vous perdez plus de 1 kg en 2 semaines ;
    • vous ne pouvez plus manger ou refusez de manger depuis plus de 2 jours ;
    • fièvre, infection ou autre maladie ;
    • chute ou changement brutal de l'état général ;
    • nausées, vomissements ou diarrhée qui durent ;
    • plaie ou escarre qui ne cicatrise pas.

    Mon médecin : ………………………………………… Tél. : ………………………

    Mon/ma diététicien(ne) : ………………………………… Tél. : ………………………

    Fiche d'information, ne remplace pas un avis médical. Sources : HAS 2007 (CNO, jeûne nocturne), PROT-AGE, EWGSOP2.

    Synthèse · 1

    Compte rendu pour le dossier

    Il se met à jour à chaque saisie. Rien n'est enregistré : copiez-le dans le dossier du patient.

    …
    Synthèse · 2

    Sources

    Vérifiées le 28 septembre 2026.

    1. HAS, FFN. Diagnostic de la dénutrition de l'enfant et de l'adulte. Recommandation, novembre 2019 (adulte : p. 11-12).
    2. HAS, FFN. Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus. Recommandation, 10 novembre 2021 (messages clés p. 7 ; critères p. 9-10 ; surveillance p. 11 ; obésité p. 12).
    3. HAS. Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. Avril 2007 (apports p. 10 ; CNO p. 13-14). Partie diagnostique remplacée par la HAS 2021 ; partie prise en charge toujours en vigueur (non trouvé de version plus récente).
    4. Cruz-Jentoft AJ et al. Sarcopenia: revised European consensus on definition and diagnosis (EWGSOP2). Age Ageing 2019;48:16-31.
    5. Cederholm T et al. GLIM criteria for the diagnosis of malnutrition. Clin Nutr 2019;38:1-9.
    6. Malmstrom TK, Morley JE. SARC-F: a simple questionnaire to rapidly diagnose sarcopenia. J Am Med Dir Assoc 2013;14:531-2.
    7. Voelker SN et al. Reliability and concurrent validity of the SARC-F and its modified versions. J Am Med Dir Assoc 2021.
    8. Rubenstein LZ et al. Screening for undernutrition in geriatric practice: the MNA-SF. J Gerontol A 2001;56:M366-72. Kaiser MJ et al. Validation of the MNA-SF. J Nutr Health Aging 2009;13:782-8.
    9. Roberts HC et al. A review of the measurement of grip strength in clinical and epidemiological studies. Age Ageing 2011;40:423-9.
    10. Bauer J et al. Evidence-based recommendations for optimal dietary protein intake in older people (PROT-AGE). J Am Med Dir Assoc 2013;14:542-59. Deutz NEP et al. Protein intake and exercise for optimal muscle function with aging (ESPEN). Clin Nutr 2014;33:929-36.
    11. Volkert D et al. ESPEN guideline on clinical nutrition and hydration in geriatrics. Clin Nutr 2019;38:10-47 ; version pratique 2022.
    12. Muscaritoli M et al. ESPEN practical guideline: clinical nutrition in cancer. Clin Nutr 2021;40:2898-913. Weimann A et al. ESPEN practical guideline: clinical nutrition in surgery. Clin Nutr 2021;40:4745-61.
    13. KDIGO 2024. Clinical practice guideline for the evaluation and management of CKD. Kidney Int 2024;105(4S):S117-S314 (apports protéiques, recommandation 3.3). Ikizler TA et al. KDOQI clinical practice guideline for nutrition in CKD: 2020 update. Am J Kidney Dis 2020;76:S1-S107.
    14. ameli.fr : liste des produits et prestations (LPP).

    Contenu clinique repris d'un outil et d'un protocole de médecine générale antérieurs, vérifié et corrigé le 28/09/2026 (corrections signalées dans la page).