Vous êtes le premier Docteur Junior de médecine générale.
Personne n'a encore le mode d'emploi. Celui-ci s'en approche.
Ce guide vous accompagne du choix de votre terrain de stage à la fin de votre DES : comprendre votre statut, calculer réellement ce que vous allez percevoir, construire un dossier SiiMOP solide, tirer le meilleur de la supervision — et préparer la suite.
Mon statut de Docteur Junior — Phase de consolidation du DES de médecine générale
Référentiel : Instruction interministérielle DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 du 21/05/2026 · articles R. 6153-1 à R. 6153-1-29 du code de la santé publique · décrets n° 2025-850 et n° 2026-370 · arrêtés des 27/08/2025 et 13/05/2026 · Prise de fonctions : lundi 2 novembre 2026
1. Devenir Docteur Junior
- Trois conditions cumulatives pour entrer en phase de consolidation : avoir validé l'ensemble des connaissances et compétences de la phase d'approfondissement, avoir soutenu la thèse avec succès, et être titulaire du diplôme d'État de docteur en médecine Art. R. 6153-1-1 CSP
- La dérogation qui vous concerne peut-être. Les promotions 2026, 2027 et 2028 (internes ayant débuté en 2023, 2024 ou 2025) peuvent soutenir leur thèse jusqu'à la fin de la phase de consolidation. Le délai supplémentaire est octroyé par le président de l'université, sur proposition du directeur d'UFR Décret n° 2025-1071 du 06/11/2025Ce n'est ni automatique ni un droit acquis : c'est une décision individuelle. Si vous comptez dessus, faites la demande tôt et gardez la trace écrite de l'accord
- Qui vous nomme : le directeur général du CHU de rattachement. Qui vous affecte sur un lieu de stage : le directeur général de l'ARS, à l'issue de la procédure d'appariement. Ce sont deux actes distincts et deux autorités distinctes
- Une démarche vous incombe personnellement : dans les trois mois qui suivent votre nomination, demander votre inscription sur le tableau spécial tenu par le conseil départemental de l'Ordre du département du CHU de rattachement — pas celui de votre lieu de stage, pas celui de votre domicile À votre initiativeL'inscription est dématérialisée depuis votre espace sur le site de l'Ordre (« Mon espace » → « Inscription Dr junior »). Inscrivez-vous dès novembre : ce tableau conditionne aussi la mention de votre capacité à assurer des gardes
- Mettez à jour vos coordonnées ordinales maintenant — adresse postale, téléphone, courriel — sur votre espace personnel du Conseil national. C'est par ce canal que passe la procédure de délivrance des cartes CPF/CPS Prérequis technique
- Votre statut est celui des docteurs juniors de toutes les spécialités (articles R. 6153-1 à R. 6153-1-29 CSP). S'y ajoutent des indemnités propres à la médecine générale, justifiées par l'exercice ambulatoire
- Sources : instruction DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 § II · art. R. 6153-1-1 CSP · décret n° 2025-1071 du 06/11/2025
2. Vos obligations de service — les 10 demi-journées
- Une demi-journée de formation universitaire — vous êtes alors sous la responsabilité du coordonnateur universitaire de votre spécialité, pas de votre PAMSU. Ce n'est pas du temps de cabinet et cela ne se négocie pas Protégée
- Une demi-journée de temps personnel de consolidation de vos connaissances et compétences. Elle vous appartient : bibliographie, portfolio, thèse le cas échéant, préparation de votre projet professionnel Protégée
- Restent huit demi-journées d'activité clinique. C'est le volume réel de soins attendu — soit environ quatre journées pleines
- Le garde-fou d'activité : l'agrément du terrain de stage est réexaminé dès lors que l'activité constatée dépasse un seuil moyen persistant de 2 400 consultations par semestre ≈ 400/moisRapporté à huit demi-journées, cela représente environ 25 consultations par demi-journée. Le texte parle explicitement d'une activité « suffisante, mais également raisonnable » : le seuil protège votre formation, pas seulement votre confort
- Le seuil bas, lui, est financier : la prime d'activité suppose une moyenne supérieure à 200 actes par mois sur le semestre. Entre 200 et 400 actes mensuels, vous êtes dans la zone attendue → voir carte 6
- Vous ne pouvez pas vous absenter de votre lieu de stage en dehors des congés prévus et des obligations liées à votre formation théorique, sous peine de sanctions disciplinaires (art. R. 6153-6 CSP, applicable aux DJ)
- Sources : instruction du 21/05/2026 § II et § VII · art. R. 6153-1-4 et R. 6153-1-5 CSP
3. L'autonomie supervisée — ce que le mot recouvre vraiment
- Un entretien individuel obligatoire à l'entrée en phase 3, avec le coordonnateur local (ou l'enseignant coordonnateur de subdivision) et le praticien responsable du lieu de stage. Ce n'est pas une formalité : c'est là que se décident la nature, le nombre et les conditions de réalisation des actes que vous pourrez accomplir en autonomie Ne le laissez pas sauter
- Le périmètre se négocie et s'écrit. Ces éléments sont inscrits dans votre contrat de formation (art. R. 632-26 du code de l'éducation). Ils font l'objet d'une concertation entre vous et le praticien responsable, en lien avec le coordonnateur — le texte ne dit pas « décision du maître de stage »
- Le périmètre s'élargit au fil de l'année. « La nature des actes est progressivement diversifiée jusqu'à recouvrir, au terme de cette phase, l'intégralité des mises en situation figurant dans le référentiel. » Un périmètre figé en juin sur ce qu'il était en novembre est un signal à faire remonter
- La supervision est un droit, pas une faveur : « un praticien auquel le docteur junior peut avoir recours à tout moment de son exercice ». Son objet est le conseil, l'accompagnement, et la prise en charge d'une situation à laquelle vous ne pourriez pas faire face en autonomie Art. R. 6153-1-2
- La restitution est organisée par le praticien, pas laissée à votre bonne volonté. Le texte impose au praticien responsable d'« organiser la restitution régulière par le docteur junior de toute activité réalisée en autonomie »
- Ce que vous ne réalisez pas encore en autonomie est réalisé « dans les conditions en vigueur pour les internes » — c'est-à-dire en supervision directe. Dire « je ne suis pas à l'aise avec ça, viens » est prévu par le texte, pas un aveu de faiblesse
- Locaux distincts : possible et encadré. Le PAMSU peut exercer dans des locaux différents des vôtres, à condition de pouvoir être joint et d'intervenir à tout moment, dans un délai « raisonnable et acceptable ». Ces précisions géographiques figurent au dossier d'agrément — vous pouvez demander à les connaître
- Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § II et § VII
4. Responsabilité et assurance
- Responsabilité civile : vous exercez par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. En pratique, la victime d'un dommage se retourne d'abord vers celui-ci ou vers la structure. Votre responsabilité personnelle peut néanmoins être recherchée, notamment en cas de faute personnelle détachable du service
- Responsabilité disciplinaire ordinale : inscrit au tableau spécial, vous relevez de la juridiction disciplinaire de l'Ordre. Et pendant un remplacement, vous en relevez pleinement, comme tout médecin remplaçant
- Responsabilité pénale : elle est toujours personnelle et ne se délègue pas. Aucune supervision ne l'absorbe
- Assurance RCP : vérifiez que votre contrat couvre bien votre activité de docteur junior en ambulatoire et, si vous en faites, vos remplacements libéraux — ce sont deux périmètres distincts et beaucoup de contrats étudiants s'arrêtent à la thèse À vérifier avant novembrePlusieurs assureurs offrent la RCP aux internes et docteurs juniors sous conditions ; ces offres comportent des exclusions et cessent souvent à l'obtention du DES. En cas de remplacement libéral, l'assurance est obligatoire (loi du 4 mars 2002) et la contribution au fonds de garantie peut être due. Demandez une attestation nominative mentionnant explicitement « docteur junior »
- Médecine du travail : vous relevez du service de santé au travail de l'entité où vous accomplissez votre stage ; à défaut, de celui de votre CHU de rattachement Art. R. 6153-1-3
- Sources : art. R. 6153-1-2 et R. 6153-1-3 CSP · CNOM, « L'interne ou le docteur junior remplaçant »
5. Votre rémunération, ligne par ligne
| Élément | Montant brut | Condition |
|---|---|---|
| Émoluments forfaitaires | 2 375 € / mois | Aucune — part fixe |
| Prime d'autonomie supervisée | 5 000 € / an | Part fixe, versée mensuellement (≈ 417 €/mois) |
| Prime forfaitaire à l'activité | 500 € / semestre | Activité semestrielle moyenne > 200 actes/mois · versée à l'issue du stage |
| Indemnité ZIP | 1 000 € / mois | Stage ambulatoire en zone d'intervention prioritaire |
| Indemnité forfaitaire d'hébergement | 300 € / mois | Si éligible et si vous ne percevez pas l'indemnité ZIP |
| Indemnité forfaitaire de transport | 130 € / mois | Si éligible et si vous ne percevez pas l'indemnité ZIP |
| Régulation médicale PDSA | 50 € / heure | Volontariat + formation préalable + accord du PAMSU |
| Garde PDSA (12 h) | 422,03 € | 20 h–8 h en semaine · dimanches et jours fériés 8 h–20 h |
| Demi-garde PDSA | 211,01 € | Début de soirée jusqu'à minuit · samedis 12 h–20 h |
- Le point de vigilance sur la ZIP : l'indemnité de 1 000 €/mois n'est pas cumulable avec les indemnités forfaitaires d'hébergement (300 €) et de transport (130 €). Elle reste toutefois bien plus favorable — 1 000 € contre 430 € au maximum Non cumulable
- Le zonage est cristallisé à votre avantage : l'indemnité ZIP « est valable sur toute la durée de la phase de consolidation même si, au cours de celle-ci, la commune n'est plus considérée comme ZIP du fait de l'actualisation du zonage »
- La prime d'activité est versée à terme échu, à l'issue du stage — ne comptez pas dessus pour votre trésorerie de novembre. Le calcul se fait sur la moyenne du semestre : un mois creux compensé par un mois chargé ne vous pénalise pas
- Ce sont vos données d'activité transmises au CHU, notamment le nombre d'actes, qui servent de base au calcul. Gardez trace de votre propre comptage : c'est votre seul moyen de contester une erreur
- Supplément familial de traitement si vous êtes chargé de famille — majoration des émoluments selon les règles de la fonction publique. Il faut en faire la demande Souvent oublié
- Sources : instruction du 21/05/2026 § VI-a · art. D. 6153-1-8 CSP modifié par décret n° 2025-850 · arrêté du 27/08/2025 modifié par arrêté du 13/05/2026 · décret n° 2026-370 du 13/05/2026
6. Facturer : carte CPF/CPS, tiers payant, tickets modérateurs
- Une carte CPF/CPS spécifique vous est délivrée, différente de celle reçue pendant l'internat. Elle est personnelle. Elle donne accès aux téléservices : télétransmission des FSE, signature électronique, DMP, messagerie sécurisée de santé Nominative
- Le calendrier de délivrance était annoncé « avant l'été 2026 » par une procédure conjointe Ordre / Assurance maladie / Agence du numérique en santé. Vérifiez auprès de votre DMG où en est la vôtre — sans carte, pas de facturation possible Point bloquant
- Cas particulier du centre de santé : votre carte y est liée au centre. Un changement de centre impose la délivrance d'une nouvelle carte — anticipez si vous envisagez de changer de terrain au second semestre
- Vous facturez à tarifs opposables, dans les conditions prévues par la convention, et vous appliquez obligatoirement le tiers payant sur la part prise en charge par l'assurance maladie obligatoire. Ce n'est pas une option de confort : c'est une obligation attachée à votre statut
- Les tickets modérateurs reviennent intégralement au PAMSU, quelle que soit la modalité de paiement par le patient. Si un patient vous règle en espèces ou par chèque, vous êtes tenu de reverser l'intégralité des sommes collectées. Aucun montant ne doit rester chez vous Zéro exceptionLa même règle s'applique à votre activité de garde de PDSA : les tickets modérateurs vont au PAMSU de rattachement. Si le PAMSU qui supervise votre garde est différent de votre PAMSU habituel, c'est votre PAMSU habituel qui perçoit les tickets modérateurs ; celui qui supervise perçoit seulement la prime de supervision
- Organisez le circuit dès la première semaine. Qui encaisse ? Quel terminal de paiement ? À quelle fréquence reversez-vous ? Sur quelle trace écrite ? Un tableau partagé et une remise hebdomadaire valent mieux qu'une enveloppe et une confiance mutuelle — pour vous protéger autant que lui
- Source : instruction du 21/05/2026 § VI-a, sous-section « Carte CPF/CPS »
7. Ce que perçoit votre PAMSU
| Élément | Montant brut | Versé par |
|---|---|---|
| Honoraires pédagogiques | 600 € / mois | Université |
| Prime territoriale (ZIP, ZAC, QPV) | 800 € / mois | Université |
| Prime de supervision PDSA | 400 € / mois | Université |
| Compensation patientèle exonérée 50–63 % | 300 € / mois | UFR, sur RIAP N‑1 |
| Compensation patientèle exonérée ≥ 63 % | 600 € / mois | UFR, sur RIAP N‑1 |
| Compensation régime local Alsace-Moselle | 550 € / mois | UFR |
| Interruption totale non prévisible de votre stage | 1 200 € / mois | ARS, dès un mois calendaire complet |
| Tickets modérateurs de votre activité | variable | Patients / vous |
- Le repère officiel : l'instruction indique qu'environ 210 consultations mensuelles d'un DJ correspondent à 1 200 € de tickets modérateurs encaissés, sur la base de l'honoraire et du taux de prise en charge moyens constatés Note de bas de page de l'instruction
- Ce que cela implique pour vous : la part variable de ses revenus dépend de votre volume d'actes. C'est le point de tension structurel de la réforme, et il est utile de le nommer calmement plutôt que de le découvrir en mars
- L'indemnité de 1 200 €/mois initialement prévue pour compenser les charges d'encadrement a été supprimée par l'arrêté du 13 mai 2026 et remplacée par les compensations conditionnelles ci-dessus
- Source : instruction du 21/05/2026 § VI-b et note 6
8. MSP, centre de santé, cabinet : ce qui change pour vous
- Règle générale : « les modalités de rémunération des docteurs juniors sont identiques indépendamment du lieu de stage ». Vous percevez la même chose en cabinet, en MSP ou en centre de santé Rassurant
- En cabinet libéral et en MSP : vous facturez votre activité dans les mêmes conditions. Le PAMSU agréé à titre individuel perçoit les tickets modérateurs, la prime territoriale et les honoraires pédagogiques. Si la MSP est agréée en tant que structure, ces sommes vont au PAMSU ou à la MSP via la SISA, selon ce que prévoit l'agrément
- En centre de santé : c'est le centre qui facture vos actes et perçoit directement le ticket modérateur, quel que soit le mode d'agrément. Le centre perçoit aussi la prime territoriale et les compensations. Seuls les honoraires pédagogiques (et la prime de supervision PDSA le cas échéant) reviennent au PAMSU agréé individuellement
- Prérequis technique en centre de santé : l'agrément doit comporter l'engagement d'être à jour de la dernière version SESAM-Vitale sur les postes de travail. À défaut, vos facturations sont impossibles — vérifiez-le avant de vous engager Bloquant
- Deux étudiants au plus par PAMSU, simultanément et à temps plein, à condition qu'il dispose du temps nécessaire à un suivi de qualité. Si vous découvrez que vous serez le second, demandez comment le temps de supervision est réparti À demander
- Question encore ouverte : le rattachement « médecin traitant » de la patientèle que vous suivez. Les textes publiés à ce jour ne tranchent pas explicitement la déclaration sous votre nom. En pratique, le lien médecin traitant reste celui du PAMSU — clarifiez-le au premier entretien plutôt qu'en fin d'année En cours d'arbitrage
- Source : instruction du 21/05/2026 § IV et § VI-a, sous-section « Cas spécifiques des maisons et centres de santé »
9. Congés, maladie, parentalité
- Congé annuel : 25 jours ouvrés. Vous continuez à percevoir vos émoluments, la prime d'autonomie supervisée et, le cas échéant, les indemnités représentatives d'avantages en nature Art. R. 6153-1-9
- Trente et un jours consécutifs maximum en une seule fois
- L'année de référence commence le premier lundi de novembre — elle épouse donc exactement votre année de consolidation
- Jours non pris : si vous avez pris au moins 20 jours dans l'année de référence, vous avez droit à une indemnité compensatrice pour chaque jour non pris, dans la limite de 5 jours ouvrés. En dessous de 20 jours pris, vous perdez le bénéfice de cette indemnité Le seuil de 20 jours
- Maladie : jusqu'à 12 mois consécutifs. 90 % des émoluments et de la prime d'autonomie les 3 premiers mois, puis la moitié les 9 mois suivants (art. R. 6153-1-12)
- Longue maladie : jusqu'à 30 mois, plein traitement 12 mois puis demi-traitement 18 mois. Longue durée : jusqu'à 24 mois par affection, à plein traitement (art. R. 6153-1-13 et R. 6153-1-14)
- Accident du travail / maladie professionnelle : congé jusqu'à guérison ou consolidation, plein traitement dans la limite de 36 mois (art. R. 6153-1-15)
- Maternité, paternité, adoption, congés liés aux responsabilités parentales : maintien de la rémunération fixe et de la prime d'autonomie supervisée. Le congé supplémentaire de naissance est rémunéré à 70 % le premier mois puis 60 % le second (art. R. 6153-1-11, modifié en 2026)
- Temps partiel thérapeutique possible après avis du comité médical, à plein traitement (art. R. 6153-1-16). Disponibilité possible dans les conditions de l'art. R. 6153-26
- Ce qui se passe côté PAMSU si vous vous absentez longuement : il perçoit 1 200 €/mois de l'ARS à partir d'un mois calendaire complet d'absence. Une absence de trois semaines à cheval sur deux mois ne déclenche rien — ce n'est pas votre problème, mais cela explique certaines réactions
- Sources : art. R. 6153-1-9 à R. 6153-1-17 et R. 6153-1-21 CSP
10. La PDSA : régulation et gardes
- C'est du volontariat, et cela s'exerce dans le cadre de vos obligations de service — pas en plus. Un PAMSU ne peut pas vous l'imposer Votre choix
- L'accord de votre PAMSU est requis, et vous exercez sous sa responsabilité ou celle d'un autre praticien désigné
- Régulation médicale — la formation d'abord. Formation préalable obligatoire, intégrée à vos obligations de service, assurée en journée dans les locaux du CRRA du SAMU–Centre 15 par les médecins régulateurs du SAS, et comportant une partie en double écoute
- Deux garde-fous en régulation : vous ne devez pas être le seul régulateur de la PDSA sur le plateau, et vous ne pouvez pas réguler à distance du CRRA — même si votre PAMSU, lui, le fait légalement Sur site uniquement
- Inscription : après avoir informé votre PAMSU, vous vous inscrivez auprès de l'association de médecins régulateurs pour figurer sur le planning départemental
- Gardes de PDSA : dans les lieux prévus par le cahier des charges régional — cabinet de votre PAMSU, cabinet d'un autre PAMSU superviseur, ou maison médicale de garde. Vous êtes inscrit au tableau de garde en « doublon » avec le PAMSU qui vous supervise
- Encadrement téléphonique à distance : la présence physique du PAMSU n'est pas requise, mais il doit être joignable à tout moment et en mesure de vous accompagner. Il organise une restitution à l'issue de la période de garde Prévu par le texte
- Gardes hospitalières : possibles également, dans un établissement public de santé, sous réserve du respect du repos de sécurité. L'autorisation est délivrée par le directeur de la structure d'accueil, en accord avec le praticien dont vous relevez, et transmise à l'Ordre qui la fait figurer au tableau spécial
- Sources : instruction du 21/05/2026 § V · décret n° 2026-370 du 13/05/2026 · art. R. 6153-1-5 CSP · arrêté du 10/09/2002 (repos de sécurité)
11. Remplacer pendant votre année de DJ
- Deux fenêtres temporelles fermées : les remplacements se font en dehors de vos obligations de service et en dehors des repos de sécurité dont vous bénéficiez (art. D. 6153-1-26). Concrètement : sur vos congés, pas sur vos demi-journées
- Uniquement dans votre spécialité — donc en médecine générale (art. L. 4131-2 CSP)
- Deux formalités à ne pas confondre :· la licence de remplacement, que vous demandez au conseil départemental de l'Ordre (de préférence celui de votre faculté ou de votre CHU) — c'est une attestation constatant que vous remplissez les critères de formation, sans valeur juridique et ne valant pas autorisation. Gratuite, renouvelable, à surveiller quant à sa date de validité
· l'autorisation de remplacement, que le médecin remplacé demande à son propre conseil départemental, accordée pour 3 mois maximum, renouvelable. Le remplacement peut commencer sans attendre la notification officielle lorsque le remplaçant est un étudiant - La rétrocession, en pratique. Elle va couramment de 70 à 100 % des honoraires selon l'existence d'un secrétariat, la période — les vacances scolaires se négocient mieux — la durée et l'urgence du remplacement. Sur les gardes, la rétrocession usuelle est de 100 %, puisque le médecin remplacé ne supporte aucun frais professionnel sur le lieu de garde ; l'astreinte de régulation s'y ajoute.
- Ne faites pas figurer de clause de rétrocession minimum dans le contrat. Un plancher garanti s'apparente juridiquement à une rémunération, donc à du salariat — avec les cotisations correspondantes et un risque de requalification. C'est un engagement oral entre confrères, pas une clause. Ce point est signalé de longue date par ReAGJIR.
- Tenez un journal des recettes dès le premier jour. Les honoraires sont encaissés au nom du médecin remplacé : vous devez consigner, pour chaque acte, le nom du patient, le montant et le mode de paiement. La plupart des logiciels métier le font automatiquement — vérifiez-le plutôt que de le supposer.
- Attention à la clause de non-installation souvent insérée dans les contrats de remplacement : elle vous interdit de vous installer dans un rayon donné. Elle est distincte de la règle des trois mois de l'article R. 4127-86, et elle se négocie.
- Contrat écrit obligatoire, précisant durée, honoraires et rétrocession, modalités pratiques et, le cas échéant, les perspectives d'installation. À transmettre au conseil de l'Ordre du lieu d'exercice
- Vous exercez en lieu et place du médecin remplacé : vous utilisez ses ordonnances et feuilles de soins, que vous biffez en indiquant votre qualité de remplaçant, votre nom et votre prénom. Vous relevez de la juridiction disciplinaire de l'Ordre pendant toute la durée du remplacement
- La clause des 90 jours : si vos remplacements chez un même médecin dépassent 90 jours au total, vous ne pourrez pas vous installer à proximité pendant 2 ans sans son accord écrit (art. R. 4127-86). C'est un point à mesurer si vous envisagez de vous installer dans le secteur Anticipation installation
- Côté social et fiscal : déclaration à l'URSSAF dans les 8 jours du premier remplacement. L'offre simplifiée médecin remplaçant (RSPM) est ouverte si vos honoraires rétrocédés n'excèdent pas 19 000 € par année civile et si vous n'exercez pas d'autre activité indépendante : taux unique de 13,50 %, déclarations mensuelles ou trimestrielles, guichet unique URSSAF + CARMF sur medecins-remplacants.urssaf.fr. Entre 19 000 et 38 000 €, le régime peut être maintenu au taux de 21,20 % pendant deux ans au maximum ; au-delà de 38 000 €, sortie vers le régime PAMC. Attention : ce taux de 13,50 % n'ouvre aucun droit au régime complémentaire vieillesse de la CARMF (art. D. 642-4-2 CSS). Ne confondez pas ce seuil social avec le seuil fiscal du micro-BNC, fixé à 83 600 € 19 000 / 38 000 / 83 600 €
- Fiscalement, deux revenus distincts : votre rémunération de DJ est imposée en traitements et salaires ; vos remplacements en BNC (micro-BNC avec abattement de 34 % en dessous des seuils, ou déclaration contrôlée). Les deux s'additionnent dans votre revenu imposable → le simulateur en tient compte
- Assurance : vérifiez que votre RCP couvre explicitement les remplacements libéraux. Beaucoup de contrats « offerts » aux internes ne les couvrent pas ou exigent une contribution supplémentaire
- Sources : art. D. 6153-1-26 et D. 6153-1-27 CSP · art. L. 4131-2 et R. 4127-86 CSP · CNOM, « L'interne ou le docteur junior remplaçant » · URSSAF, offre médecin remplaçant
12. L'appariement SiiMOP, côté candidat
- Plateforme SiiMOP Appariement, accessible avec vos identifiants universitaires UNESS · portail.uness.fr. Testez votre accès maintenant, pas la veille de l'ouverture Vérifier tôt
- Trois pièces à déposer sur la plateforme : votre contrat de formation, votre CV et vos lettres de motivation pour les terrains demandés. Le dossier peut être personnalisé terrain par terrain au moment de candidater → onglet « Mon dossier SiiMOP »
- Le système des cœurs : vous attribuez de 1 à 5 cœurs à chaque poste — 1 cœur pour un poste acceptable mais peu désirable, 5 cœurs pour ceux que vous voulez vraiment. Ce n'est pas un classement ordonné : plusieurs postes peuvent recevoir 5 cœurs
- Le seuil minimal de vœux : au moins 20 % du nombre total de postes offerts au premier tour (et au minimum deux vœux), 40 % au second tour. En dessous, la procédure est nulle — vous ne serez pas apparié Erreur fataleExemple : 600 postes ouverts en Île-de-France → 120 vœux minimum. 300 postes en Occitanie → 60 vœux. Le calculateur de l'onglet « Mon dossier SiiMOP » fait le calcul pour votre subdivision
- Le PAMSU classe ensuite les candidatures reçues (rang 1 = meilleure note). Il doit classer toutes les candidatures s'il en reçoit moins de 10, et au moins 10 au-delà. S'il ne respecte pas son obligation, son classement n'est pas pris en compte par l'algorithme
- Le cas favorable : si vous mettez 5 cœurs sur un terrain et que le responsable vous classe premier, l'algorithme vous y affecte — en l'absence d'ex æquo
- Quatre tours : trois tours numériques sur SiiMOP puis un tour manuel hors plateforme (DMG, ARS, doyen). Vous ne participez au tour suivant que si vous n'avez pas été affecté au précédent
- Le choix s'effectue au niveau de la subdivision. Les étudiants de la subdivision sont identifiés par un astérisque sur la plateforme et bénéficient d'une priorité (art. 44 de l'arrêté du 12 avril 2017)
- Le classement ECN ne s'applique plus pour les semestres 7 et 8. Votre rang ne vous protège ni ne vous pénalise : c'est votre dossier et vos vœux qui comptent
- Repère de calendrier 2026 : dépôt des fiches de terrain par les PAMSU jusqu'au 31 août · appariement au cours du mois de septembre · résultat du dernier tour le 29 septembre 2026 · prise de fonctions le 2 novembre. Les dates exactes de chaque tour sont publiées par votre ARS et votre UFR — vérifiez-les, elles varient d'une subdivision à l'autre À confirmer localement
- Sources : instruction du 21/05/2026 § IV · guides utilisateurs SiiMOP Appariement (UNESS) · FAQ appariement docteurs juniors (ARS)
13. Valider : thèse, portfolio, mémoire de DES
- La maquette de la phase de consolidation (arrêté du 3 août 2023) : 2 semestres, et 2 demi-journées hebdomadaires hors stage — une en supervision, une en autonomie. Ce sont exactement les deux demi-journées non cliniques de vos obligations de service
- Ce qui est évalué : validation des enseignements, validation des stages, validation du portfolio (recueil organisé de vos traces écrites d'apprentissage) et niveau de compétences, évalué sur une grille standardisée universitaire pendant les stages
- Le niveau attendu : il est attendu que vous ayez atteint le niveau de fin de phase de consolidation pour les six compétences de médecine générale — soit le niveau « compétent »
- La validation finale passe par la soutenance et validation du mémoire de DES, généralement présentielle, où vous présentez votre portfolio et précisez votre projet professionnel
- Le jury de fin de phase se réunit typiquement fin août / début septembre selon les facultés, avec votre trinôme de tuteurs. Les modalités précises relèvent de votre DMG — récupérez le référentiel de votre faculté dès la rentrée Varie par faculté
- Si la phase n'est pas validée : la commission locale de coordination de la spécialité propose soit une réorientation, soit une prolongation d'un semestre dans un lieu de stage agréé désigné par elle, pour valider les items manquants. C'est le directeur de l'UFR qui décide sur cette proposition (art. 59 de l'arrêté du 12 avril 2017) Recours prévu
- Le calendrier de la thèse, si vous bénéficiez de la dérogation : soutenance possible jusqu'à la fin de la phase de consolidation. Attention à ne pas cumuler la rédaction, l'année d'autonomie et le portfolio sur les mêmes trois mois de printemps — c'est le piège classique
- À l'issue de la validation du DES, vous vous inscrivez au tableau de l'Ordre et exercez comme médecin généraliste. Votre licence de remplacement devient caduque : vous remplissez désormais les conditions d'inscription au tableau
- Sources : arrêté du 03/08/2023 (maquette DES MG) · arrêté du 12/04/2017 art. 59 · instruction du 21/05/2026 § III et § VII
14. Après : s'installer, remplacer, se donner du temps
- Attention à la combinaison, en revanche : si vous avez aussi remplacé ce médecin ailleurs, ou dans un autre cadre, au-delà de 90 jours cumulés, la clause redevient applicable pour cette activité-là. Comptez vos jours
- Ce qui a changé au 1er janvier 2026 : les contrats démographiques issus de la convention de 2016 (CAIM notamment) ne sont plus ouverts à l'adhésion. Ils sont remplacés par des aides ponctuelles versées par l'Assurance maladie Nouveau régime
Situation Aide Primo-installation en ZIP 10 000 € Primo-installation en ZAC 5 000 € Ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP 3 000 € - Aide forfaitaire unique, versée dans les trois mois suivant l'installation, sans engagement de durée d'exercice dans la zone, réservée aux médecins en secteur 1 ou secteur 2 OPTAM/OPTAM-ACO. Pas de rétroactivité pour les installations antérieures
- Cumulable avec les majorations du forfait médecin traitant (FMT), qui remplace depuis janvier 2026 le forfait patientèle et la ROSP. Pour les primo-installés en ZIP ou QPV : majoration de 50 % la première année, 30 % la deuxième, 10 % la troisième ; puis 10 % de façon pérenne tant que vous exercez dans la zone
- Le COSCOM reste maintenu pour les praticiens déjà engagés, mais n'est plus ouvert à de nouvelles adhésions. Les consultations avancées en ZIP sont valorisées à 200 € la demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois, pour les médecins non installés en ZIP
- Exonération fiscale France Ruralités Revitalisation (FRR) : exonération d'impôt sur le revenu pendant 5 ans puis dégressive sur 3 ans, dans les communes classées. Ce dispositif remplace les ZRR depuis juillet 2024 et couvre une part importante du territoire — à vérifier commune par commune avant de signer un bail
- Le détail complet — les cinq voies comparées, le rétroplanning, les contrats et le simulateur de trésorerie — est dans l'onglet « Après le DJ ». Cette fiche n'en donne que le cadre juridique.
- Ne rien décider tout de suite est aussi une option. Une période de remplacement après le DES reste le moyen le plus simple de tester plusieurs modes d'exercice sans engagement. Le nouveau régime d'aides, sans contrepartie de durée, rend d'ailleurs le report d'installation moins coûteux qu'auparavant
- Vérifiez votre zonage : l'outil Rézone de l'Assurance maladie et les cartographies de votre ARS donnent le classement ZIP/ZAC/QPV à jour, réactualisé régulièrement Rézone · PAPS régional
- Sources : convention médicale 2024-2029 · ameli.fr, « Des aides en faveur de l'exercice en zone sous-dense rénovées » (entrée en vigueur 01/01/2026) · art. R. 4127-86 CSP
15. Si ça se passe mal
- Vos interlocuteurs, dans l'ordre : le PAMSU lui-même d'abord, en une phrase factuelle — la majorité des difficultés sont des malentendus d'organisation ; puis votre tuteur, qui n'a aucun intérêt dans le terrain ; puis le DMG (coordonnateur local ou responsable des stages ambulatoires), qui est l'instance compétente sur l'agrément ; puis l'ARS, qui délivre et réexamine les agréments ; et votre syndicat de subdivision à tout moment, en parallèle
- Les motifs qui relèvent clairement du DMG ou de l'ARS : périmètre d'autonomie qui ne s'élargit jamais · supervision indisponible ou fictive · activité au-delà du seuil de 2 400 consultations/semestre · demi-journées de formation ou de temps personnel systématiquement absorbées par le soin · demande d'utiliser la carte CPS du PAMSU
- Ce que le DMG et l'ARS peuvent réellement faire — et sur quel fondement. L'article 39 de l'arrêté du 12 avril 2017, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 22 décembre 2021, prévoit qu'un agrément peut être retiré lorsque le terrain de stage ne garantit pas des conditions de travail respectant les droits et la dignité de l'étudiant, ou altère sa santé physique ou mentale. Ce n'est pas une formule de style : c'est un motif de retrait autonome, distinct des critères pédagogiques.
- Trois niveaux de réponse, gradués. Le réexamen de l'agrément, qui peut être déclenché notamment sur demande motivée des organisations représentatives d'étudiants de la subdivision, et qui s'appuie sur les grilles d'évaluation des stages. La suspension, prononcée par arrêté motivé du directeur général de l'ARS après avis ou proposition de la commission de subdivision, assortie de recommandations précisant les corrections attendues ; à l'issue, l'agrément initial est remplacé par un agrément conditionnel d'un an. Le retrait, enfin, qui entraîne le réexamen de tous les agréments accordés au lieu de stage ou au praticien, et impose, pour toute nouvelle demande, de démontrer les corrections apportées.
- Votre évaluation de fin de stage n'est pas une formalité. Les grilles d'évaluation de la qualité des stages sont la matière première du réexamen d'agrément. Une évaluation complaisante par confort ou par gratitude prive l'instance de son seul instrument de mesure — et laisse le terrain en l'état pour la promotion suivante. Une évaluation factuelle et circonstanciée n'est pas une dénonciation : c'est le mécanisme prévu par les textes, et il ne fonctionne que si on s'en sert.
- Le déséquilibre est réel, et il est reconnu. Vous êtes seul face à un praticien dont une partie de la rémunération est indexée sur votre présence, dans un dispositif où le nombre de terrains est structurellement insuffisant. C'est précisément pourquoi le contrôle a été confié à des instances extérieures au terrain — DMG, commission de subdivision, ARS — et non à la relation bilatérale. Ne pas les saisir revient à traiter seul un rapport de force que le législateur a justement voulu déséquilibrer en votre faveur.
- Tracez au fil de l'eau. Un fichier daté, factuel, sans commentaire — dates, nombre d'actes, situations où la supervision n'a pas été joignable. Sans trace, une difficulté rapportée en juin devient une parole contre une autre
- Le second semestre est une porte de sortie prévue par les textes. La reconduction du premier stage se fait « par reconduction après accord des deux parties » — donc pas automatiquement. L'instruction prévoit explicitement le cas de « difficultés rencontrées sur le premier stage » comme motif de deux stages distincts Droit explicite
- Changer de terrain n'est pas un échec et ne préjuge pas de la validation. C'est une procédure formalisée : informez l'ARS et l'UFR en amont
- Discipline : les dispositions disciplinaires applicables aux internes vous sont applicables (art. R. 6153-1-19 et R. 6153-1-20). Vous avez donc les mêmes garanties procédurales — droit d'être entendu, accès au dossier
- Droit syndical : les articles R. 6153-24 à R. 6153-24-4 vous sont applicables. Vos syndicats de subdivision et l'ISNAR-IMG sont des interlocuteurs légitimes, y compris pour un conseil confidentiel
- Si vous allez mal : les structures d'aide aux soignants existent et sont confidentielles — service de santé au travail de votre CHU, dispositifs régionaux d'entraide, cellules d'écoute des conseils de l'Ordre. Une année d'autonomie isolée est une situation à risque connue, en parler tôt n'a rien d'exceptionnel
- Sources : instruction du 21/05/2026 § III et § VII · art. R. 6153-1-18 à R. 6153-1-20 CSP
Mon stage — le quotidien, semaine après semaine
De l'avant-J1 au bilan de fin d'année · organisation matérielle, agenda, supervision, dossiers, visites, imprévus
Cet onglet traite exclusivement de ça. Les onglets « Mon statut » et « Apprendre & progresser » traitent du droit et de la pédagogie ; celui-ci traite de la logistique, c'est-à-dire de ce qui fait qu'une année se passe bien ou mal.
Mon guide personnalisé
Huit questions, et le guide se réduit à ce qui vous concerne : vos démarches datées, les pièges propres à votre configuration, les questions à poser à votre PAMSU, vos interlocuteurs. Le texte produit est modifiable, copiable et imprimable. Rien n'est enregistré — ni cookie, ni compte, ni envoi.
Ce guide reprend les règles générales applicables à tous les docteurs juniors ambulatoires. Il ne remplace ni votre contrat de formation, ni les consignes de votre DMG, ni les particularités de votre subdivision — les calendriers locaux d'appariement, notamment, varient d'une subdivision à l'autre.
Les six démarches à boucler avant le 2 novembre
Le doctorat
Vous ne pouvez pas être nommé docteur junior sans être docteur en médecine. Pour les promotions 2026 à 2028, le décret n° 2025-1071 du 6 novembre 2025 ouvre une dérogation permettant d'entrer en phase de consolidation avec la thèse non encore soutenue, sous conditions. Vérifiez auprès de votre DMG ce que votre subdivision applique exactement : la dérogation existe, sa mise en œuvre locale varie.
L'inscription au tableau spécial de l'Ordre
Elle se fait au conseil départemental de l'Ordre du département de votre CHU de rattachement, et non de celui de votre lieu de stage. Elle doit intervenir dans les trois mois. C'est elle qui vous donne un numéro RPPS actif et déclenche la fabrication de votre carte. Ne la laissez pas traîner : elle est en amont de tout le reste.
La carte CPF puis CPS
Le circuit exact et les délais 2026 restaient à préciser à la date de rédaction. Retenez le principe : vous facturerez sous votre propre carte, jamais sous celle de votre PAMSU. Si votre carte n'est pas arrivée le jour de la rentrée, dites-le tout de suite à votre PAMSU et à l'ARS — ce n'est pas à vous de bricoler une solution, et la solution consistant à utiliser la carte du praticien est une fraude.
L'assurance en responsabilité civile professionnelle
Vous exercez en autonomie supervisée : votre nom figure sur les actes. Souscrivez ou faites étendre votre RCP en indiquant précisément votre statut (docteur junior en phase de consolidation, exercice ambulatoire) et vos activités annexes éventuelles (PDSA, remplacements). Une RCP d'interne ne couvre pas nécessairement la même chose.
Le contrat de formation
Il n'est pas une formalité : c'est le document qui fixe le périmètre de vos actes autonomes, le rythme des restitutions et les objectifs. Demandez à le voir avant la rentrée. S'il vous est présenté le premier jour à signer sans discussion, c'est déjà une information sur l'année qui commence.
La licence de remplacement
Si vous envisagez de remplacer en dehors de vos obligations de service, la licence se demande au conseil départemental. Anticipez : les délais sont de plusieurs semaines et elle ne se rétroactive pas.
Le contact préalable avec votre PAMSU
Entre le résultat de l'appariement et la rentrée, il s'écoule cinq semaines. Utilisez-les. Un appel ou une visite avant le 2 novembre vaut mieux qu'un mois de découverte.
- Où est-ce que je m'installe ? Un bureau dédié, ou un bureau partagé selon les jours ? Sur quel poste informatique ? Avec quel accès au logiciel métier — un compte à mon nom, ou le sien ?
- Comment mon nom apparaît-il pour les patients ? Dans l'agenda en ligne, sur la plaque, dans le message d'accueil téléphonique, au secrétariat ?
- Quel est le rythme prévu de la première semaine ? Consultations d'emblée, ou observation puis montée en charge ?
- Comment vous joins-je quand j'ai besoin de vous ? Téléphone direct, messagerie sécurisée, on frappe à la porte ? Et si vous êtes en consultation ?
- Quels sont les créneaux de restitution ? Quel jour, quelle durée, où ?
- Y a-t-il une assistante médicale, un secrétariat, une IPA ? Travaillent-ils aussi pour moi, ou seulement pour vous ?
- Que faites-vous des visites à domicile et de la PDSA ? Suis-je concerné, et à quelles conditions ?
Ce que vous emportez
Documents. Attestation d'inscription au tableau spécial · attestation RCP · RIB · carte Vitale et attestation de droits · convention de stage signée · contrat de formation · coordonnées de votre tuteur et de votre référent DMG.
Matériel personnel. Stéthoscope, otoscope-ophtalmoscope, tensiomètre, saturomètre, marteau réflexe, mètre ruban. Le cabinet fournit rarement tout, et emprunter le matériel du praticien tous les matins use vite la relation. C'est un investissement de quelques centaines d'euros qui vous servira dix ans.
Numérique. Un compte nominatif sur le logiciel métier — insistez, un compte partagé rend la traçabilité de vos actes impossible et vous expose. Un accès à la messagerie sécurisée de santé (MSSanté). L'application ameli pro. Un carnet ou un fichier de traces d'apprentissage, ouvert dès le premier jour.
Le premier jour
Le 2 novembre 2026 est un lundi. Il servira mieux à installer les conditions de l'année qu'à enchaîner les consultations.
| À vérifier | Pourquoi ça compte |
|---|---|
| Ma carte fonctionne dans le lecteur | Sans elle, pas de facturation à votre nom — et donc pas de prime d'activité |
| J'ai un compte nominatif sur le logiciel | Traçabilité de vos actes, et base de votre portfolio |
| Mon nom est visible pour les patients | Agenda en ligne, plaque, secrétariat : le patient doit savoir qui il voit |
| Je sais joindre mon superviseur en direct | Le recours doit être immédiat, pas différé de vingt minutes |
| Je connais le circuit des résultats | Biologie, imagerie, courriers : qui les reçoit, qui les valide, qui les classe |
| Je sais où sont les urgences vitales | Chariot, oxygène, adrénaline, défibrillateur, numéro du SAMU affiché |
| Le créneau de restitution est posé dans l'agenda | Ce qui n'est pas dans l'agenda n'existera pas en février |
La montée en charge — quel rythme est raisonnable
Aucun texte n'impose de rythme de montée en charge. Ce qui suit relève de l'expérience des terrains SASPAS et des recommandations pédagogiques, pas du droit.
| Période | Ordre de grandeur | Ce qu'on travaille |
|---|---|---|
| Semaines 1-2 | 8 à 12 patients par demi-journée, créneaux de 20 min | Le logiciel, les habitudes du cabinet, le réseau local (spécialistes, biologie, pharmacie, IDE, kiné) |
| Semaines 3-6 | 12 à 15 par demi-journée | Fluidité, gestion du temps, courriers, premiers suivis au long cours |
| À partir du 2ᵉ mois | Rythme de croisière du cabinet | Complexité, patients difficiles, coordination, prévention |
Se présenter aux patients
Vous êtes docteur en médecine, en dernière année de formation spécialisée, exerçant sous supervision. Tout est vrai et tout est dicible en une phrase.
- « Je suis l'interne » — inexact. Vous ne l'êtes plus, et le mot induit chez le patient une attente d'encadrement direct qui ne correspond pas à votre exercice
- « Je remplace le docteur X » — inexact également, et juridiquement problématique. Vous ne le remplacez pas, vous exercez à côté de lui
- Ne rien dire du tout — le plus fréquent, et le plus coûteux. Le patient qui comprend en fin de consultation qu'il n'a pas vu son médecin habituel reconstruit rétrospectivement toute la consultation avec méfiance
La semaine type — construire ses dix demi-journées
Votre obligation de service est de dix demi-journées par semaine : huit consacrées à l'activité clinique en autonomie supervisée, deux à la formation universitaire (cours, groupes d'échange de pratiques, travail personnel, thèse, portfolio). Ces deux demi-journées ne sont pas une variable d'ajustement du planning du cabinet.
| Matin | Après-midi | |
|---|---|---|
| Lundi | Consultations | Consultations |
| Mardi | Consultations | Universitaire |
| Mercredi | Consultations | Consultations |
| Jeudi | Consultations | Visites + consultations |
| Vendredi | Consultations | Universitaire |
| Samedi | Consultations (1 sur 2) | — |
Exemple indicatif. Le samedi matin une semaine sur deux crée un cycle de deux semaines : la conformité s'apprécie en moyenne sur le trimestre, pas semaine par semaine. Un rythme à 8 et 7 demi-journées cliniques en alternance donne une moyenne de 7,5, compatible avec l'obligation.
- Placer les deux demi-journées universitaires le même jour — vous perdez le lien avec le cabinet une journée entière et vous ne pouvez pas absorber un cours ponctuel
- Les placer en fin de semaine — elles deviennent la variable d'ajustement dès qu'un imprévu survient
- Oublier le créneau de restitution — il doit être dans les huit demi-journées cliniques, pas en supplément non compté
- Ne pas prévoir de temps de traitement des résultats et des courriers — c'est une à deux heures par jour dans la vraie vie
La restitution — faire fonctionner la supervision indirecte
La supervision indirecte est la modalité principale de votre année. Elle repose entièrement sur ce que vous rapportez, et elle s'étiole toujours de la même manière : le créneau saute une fois pour une urgence, puis une deuxième fois pour un retard, puis il devient un échange de couloir, puis il n'existe plus.
- Elle est dans l'agenda, au même titre qu'une consultation. Pas « quand on aura cinq minutes »
- Vous arrivez avec une liste écrite. Trois à cinq situations maximum, préparées. Une supervision où l'apprenant cherche ses cas devient une supervision où le superviseur parle des siens
- Vous n'apportez pas que des cas difficiles. Le cas qui vous a paru simple et sur lequel vous vous êtes peut-être trompé est pédagogiquement plus rentable que le cas complexe où vous avez bien fait
Quand ça dépasse — le recours en temps réel
Le recours au superviseur est un droit exerçable à tout moment, et l'utiliser n'est jamais un aveu de faiblesse. Le problème n'est pas de savoir si vous y avez droit, c'est de savoir comment vous l'exercez concrètement à 11 h 40 avec un patient devant vous.
| Situation | Conduite |
|---|---|
| Doute diagnostique, patient stable | Terminez la consultation, notez, appelez ou passez voir avant de conclure. Vous pouvez faire patienter deux minutes |
| Doute thérapeutique, décision différable | Prescription minimale, revoyez le patient à 48 h, discutez en restitution |
| Urgence vitale ou fonctionnelle | Vous agissez : SAMU, gestes, orientation. On débriefe après. Aucun protocole de supervision ne prime sur la prise en charge |
| Superviseur injoignable et situation qui l'exige | Notez précisément l'heure et les tentatives, appliquez la conduite la plus prudente, orientez si besoin. Signalez la difficulté dès le lendemain — un superviseur structurellement injoignable est un problème de terrain, pas un problème de vous |
Dossiers, courriers, résultats — l'administratif invisible
Entre une et deux heures par jour, jamais comptées nulle part. Trois principes évitent qu'elles se transforment en trois heures.
- Le dossier se remplit pendant la consultation, pas après. Le rattrapage du soir est la première cause de journées à rallonge. Un dossier structuré (motif, examen, conclusion, plan) se tape en même temps qu'on parle, avec un peu d'entraînement
- Les résultats se traitent à créneau fixe. Un moment dédié le matin et un le soir, plutôt qu'en continu entre deux patients — le traitement fragmenté multiplie les oublis
- Le circuit de validation doit être explicite. Qui reçoit les résultats des examens que vous prescrivez ? Vous, votre PAMSU, les deux ? Qui les valide ? Que se passe-t-il pendant vos congés ? À régler la première semaine, pas au premier résultat anormal
Visites à domicile et déplacements
Les visites font partie de l'exercice de la médecine générale et il est légitime qu'elles figurent dans votre année. Elles posent trois questions pratiques.
- Le véhicule. Le vôtre, en général. Vos frais de déplacement pour l'exercice ne sont pas remboursés au titre de votre statut : l'indemnité forfaitaire de transport de 130 € par mois n'existe que pour les stages en zone d'intervention prioritaire, et elle n'est pas cumulable avec l'indemnité ZIP de 1 000 €
- La cotation. Les majorations de déplacement s'appliquent selon les règles habituelles de la nomenclature. Elles alimentent le chiffre d'affaires du cabinet — pas votre rémunération, qui reste forfaitaire
- Le temps. Une demi-journée de visites, c'est souvent quatre à six patients contre douze à quinze au cabinet. C'est un choix pédagogique défendable, mais il pèse sur votre compteur d'actes et donc sur la prime d'activité. Sachez-le et discutez-en plutôt que de le subir
Poser ses congés dans la vraie vie
Vous disposez de 25 jours ouvrés de congés annuels. L'année de référence court à partir du premier lundi de novembre, ce qui ne coïncide ni avec l'année civile ni avec l'année universitaire.
- Prévenez très tôt. Un cabinet libéral n'a pas de pool de remplacement : votre absence se traduit par des patients non vus ou reportés sur votre PAMSU. Deux mois d'anticipation est un minimum de courtoisie ; c'est aussi ce qui vous garantit d'obtenir les dates que vous voulez
- Attention à l'effet sur la prime d'activité. Le seuil de 200 actes s'apprécie en moyenne mensuelle sur le semestre. Trois semaines de congés dans le même mois font mécaniquement chuter ce mois-là — mais c'est la moyenne semestrielle qui compte, pas chaque mois pris isolément. Étalez plutôt que de concentrer, si vous êtes juste au seuil
- L'indemnité compensatrice ne concerne que les jours non pris au-delà d'un seuil de 20 jours consommés, et dans la limite de 5 jours. Ce n'est pas un dispositif conçu pour transformer vos vacances en argent : prenez vos congés
- Une interruption complète de stage (mois calendaire entier) ouvre une compensation ARS pour le terrain, pas pour vous. Un arrêt de trois semaines à cheval sur deux mois n'ouvre rien, ce qui crée des situations absurdes dont vous n'êtes pas responsable
Les quatre points d'étape de l'année
Fin du premier mois — le réglage
Rythme, périmètre d'actes, restitution : est-ce que ça tient ? C'est le seul moment où tout est encore facilement modifiable. Une demi-heure, avec une liste de trois points concrets. Si quelque chose ne va pas, c'est maintenant qu'il faut le dire.
Fin du premier trimestre — la trajectoire
Sur quelles compétences avez-vous progressé, sur lesquelles stagnez-vous ? Quels types de situations évitez-vous inconsciemment (pédiatrie, psychiatrie, gériatrie, gynécologie) ? Regardez vos statistiques d'activité dans le logiciel : elles disent la vérité sur vos angles morts mieux que votre ressenti.
Fin du premier semestre — la décision
C'est le moment de la reconduction ou du changement de terrain. La reconduction se fait par accord mutuel ; le changement passe par une nouvelle campagne, en mai. Cette conversation doit être explicite et bilatérale, et elle doit avoir lieu avant que la campagne ne s'ouvre, pas pendant.
Fin d'année — la validation et la suite
Portfolio, mémoire, validation du DES d'un côté. De l'autre : installation, remplacement, collaboration, salariat. Votre PAMSU est un interlocuteur utile pour la seconde partie — il connaît le territoire, les cabinets qui cherchent, les patientèles qui se libèrent.
Quand ça ne va pas — à qui s'adresser, dans quel ordre
Le PAMSU lui-même, d'abord
Une phrase, factuelle, sans procès d'intention : « la restitution n'a pas eu lieu depuis trois semaines, est-ce qu'on peut la recaler ? ». La majorité des difficultés se règlent là, parce que la majorité des difficultés sont des malentendus d'organisation, pas de la malveillance.
Le tuteur
Votre tuteur universitaire est distinct de votre maître de stage, et c'est précisément l'intérêt du dispositif : il n'a aucun intérêt dans le terrain. Il peut vous aider à formuler, à relativiser, ou à escalader.
Le DMG
Coordonnateur local ou responsable des stages ambulatoires. C'est l'instance compétente sur l'agrément. Un signalement au DMG ne « grille » pas votre dossier : c'est la voie normale, et elle est utilisée régulièrement.
Le syndicat d'internes
Votre syndicat local de médecine générale, l'ISNAR-IMG au national. Ils ont l'habitude, ils connaissent les procédures, et ils peuvent porter une situation collectivement si elle n'est pas isolée.
L'ARS, le CHU de rattachement, l'Ordre
Pour les questions statutaires, de rémunération ou de déontologie. L'ARS est l'employeur au sens de l'affectation ; le CHU de rattachement gère votre statut et votre paie.
Finir proprement
- Le portfolio est à jour — si vous avez tenu vos notes quotidiennes, c'est trois soirées ; sinon, c'est trois semaines
- Les dossiers sont clos — pas de résultat en attente sans destinataire identifié, pas de suivi orphelin
- Les patients sont informés — ceux que vous suivez régulièrement méritent de savoir que vous partez, et vers qui ils basculent
- L'évaluation du terrain — remplissez-la sérieusement. C'est elle qui alimente l'agrément et qui protège les promotions suivantes
- Les documents administratifs — attestation de fin de stage, validation, solde de tout compte, certificats pour l'Ordre et pour vos futures démarches
- Le lien — votre PAMSU restera un correspondant pendant des années, surtout si vous vous installez dans le secteur. Une fin de stage soignée vaut mieux qu'un départ silencieux
Et si mon stage se passe mal — la conduite à tenir
Quatre règles nationales que beaucoup de terrains ignorent encore
Elles ne se négocient pas, et elles sont opposables à votre terrain de stage▼- Votre autonomie est professionnelle, pas juridique. Vous réalisez vos actes seul, mais vous exercez par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. C'est le praticien senior qui assure votre supervision qui est responsable, comme pour un interne. Cette distinction n'est pas une nuance théorique : elle détermine qui répond en cas de mise en cause, et elle explique pourquoi la supervision n'est pas facultative.
- Vous ne pouvez réaliser que des actes que votre PAMSU peut superviser. L'exemple donné par le DUMG de Rouen est parlant : vous ne pouvez pas pratiquer d'infiltration si votre maître de stage n'en pratique pas, faute de pouvoir en assurer la supervision directe ou indirecte. Le périmètre d'autonomie est donc borné par les compétences du superviseur, pas seulement par les vôtres.
- La supervision fait partie du temps de travail et doit apparaître comme telle dans les agendas. Elle n'est pas ce qui reste quand les consultations sont finies. Un rythme courant : bi-hebdomadaire en début de stage, puis hebdomadaire à mesure que l'autonomie s'installe, le praticien restant joignable en permanence. À ce stade, toutes les consultations n'ont pas vocation à être débriefées — la supervision se concentre sur les situations complexes, le suivi au long cours et la coordination.
- Le tableau spécial n'est pas l'inscription à l'Ordre. Vous demandez, dans les trois mois suivant votre nomination, votre inscription sur le tableau spécial des docteurs juniors (art. R. 6153-1-1 CSP), tenu par le conseil départemental. Cette inscription ne vaut pas inscription au tableau de l'Ordre au sens de l'article L. 4111-1 : vous devrez impérativement demander votre inscription définitive après obtention du DES et avant de démarrer tout exercice. L'entretien préalable au tableau spécial se tient en présentiel, mais peut être délocalisé auprès d'un autre conseil départemental pour raisons géographiques ; l'inscription est ensuite maintenue automatiquement sur présentation annuelle d'un certificat de scolarité.
Le volume d'activité attendu — un repère chiffré
Entre 15 et 25 actes par jour, avec une moyenne autour de 20▼- Le guide du DUMG de Rouen énonce une fourchette explicite : 15 à 25 actes par jour, pour une moyenne de 20. Sur quatre jours cliniques par semaine, cela représente environ 80 actes hebdomadaires, soit de l'ordre de 2 000 par semestre — cohérent avec le plafond de 2 400 consultations par semestre au-delà duquel l'agrément du terrain est réexaminé.
- Ce chiffre est un repère pédagogique, pas un objectif de production. Il vous donne un point de comparaison utilisable en entretien : si l'organisation proposée suppose 30 ou 35 actes par jour, ce n'est pas une question d'endurance, c'est un écart au cadre.
- Il est aussi un repère dans l'autre sens. La prime forfaitaire à l'activité suppose une moyenne semestrielle strictement supérieure à 200 actes mensuels — soit environ 10 par jour ouvré. Une organisation qui vous maintiendrait durablement sous ce seuil mérite d'être discutée, elle aussi.
- Le volume d'activité doit être adapté à votre niveau et l'organisation des agendas doit rester compatible avec le temps de formation. Ces deux formulations figurent dans les conditions matérielles d'accueil : elles sont utilisables telles quelles dans une discussion.
La quatrième journée — l'espace de liberté du stage
Huit demi-journées de stage sur quatre jours ; au moins trois en consultation, la quatrième se construit▼- L'architecture type. Huit demi-journées de stage, soit quatre jours par semaine, dont au moins trois consacrés à la consultation sur le terrain. À Rouen, le jeudi est en général réservé aux enseignements et à la pédagogie. Les deux demi-journées restantes des dix relèvent de la formation universitaire et du temps personnel de consolidation.
- Trois façons d'organiser la quatrième journée :
- — Consultations ou activités de soins sur le même terrain de stage. C'est le cas le plus simple, sans formalité supplémentaire.
- — Activité de soins en autonomie dans une autre structure. Elle nécessite un agrément de stage : addictologie, PMI, régulation médicale, médecine du sport, EHPAD, à raison d'une journée par semaine pendant six mois.
- — Activité autre que le soin dans une autre structure. Elle nécessite une convention de stage : CPTS, coordination de réseau de soins palliatifs, et plus largement tout ce qui relève de l'organisation territoriale.
- Vous pouvez proposer vous-même le contenu de cette journée, et elle peut être modifiée à chaque répartition. Mais la nécessité d'un agrément ou d'une convention doit être arbitrée tôt — à Rouen, avant le mois de mai. C'est la seule partie de votre année que vous construisez réellement : ne la découvrez pas en novembre.
- Dérogation hospitalière. Les internes dont le projet professionnel est centré sur une pratique hospitalière — notamment ceux inscrits à la FST de médecine polyvalente — peuvent demander à effectuer un des deux semestres en contexte hospitalier. Cette dérogation est exceptionnelle et suppose la validation du coordonnateur du DES, de la commission locale de coordination et du doyen de l'UFR.
Vous pouvez recruter votre propre maître de stage
Le levier le plus sous-utilisé de toute la procédure d'appariement▼- À qui penser. Le médecin qui vous a accueilli en SASPAS ou en niveau 1, un praticien de votre commune d'origine, celui d'une MSP dont le projet vous intéresse, un ancien collègue de garde. Beaucoup de généralistes n'ont jamais envisagé la maîtrise de stage simplement parce que personne ne le leur a proposé.
- Ce que ça lui demande. S'il a déjà été formé à l'accueil d'étudiants de troisième cycle et accueilli des internes en niveau 1 ou en SASPAS, une formation complémentaire en distanciel, validante, suffit. S'il n'a jamais accueilli d'étudiant de troisième cycle, une formation initiale d'une journée en présentiel est nécessaire, organisée par le collège régional des généralistes enseignants.
- Ce que ça lui rapporte. 600 € bruts d'honoraires pédagogiques par mois et par étudiant, à partager entre les PAMSU s'ils sont plusieurs, et 800 € bruts par mois pour les maîtres de stage exerçant en zone d'intervention prioritaire, en zone d'action complémentaire ou en quartier prioritaire de la politique de la ville. Plus les tickets modérateurs de votre activité, avec un mécanisme de compensation pour les patientèles comportant beaucoup de patients en ALD ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
- La bonne question à lui poser n'est pas « voulez-vous m'accueillir » mais « seriez-vous prêt à vous former d'ici avril pour accueillir un docteur junior l'an prochain ». La différence tient au délai : la formation ne s'improvise pas en septembre.
- Une conséquence pratique. Les deux stages de six mois ont vocation à être réalisés au même endroit, et la majorité des terrains ne comportent qu'un seul maître de stage. Le terrain que vous contribuez à créer, vous l'habiterez douze mois.
Les conditions matérielles opposables
Ce que la structure doit fournir, et ce qu'elle n'a pas le droit de vous imposer▼- Un espace de consultation identifié — un bureau dédié, ou un bureau partagé dont l'organisation reste compatible avec votre activité. Les conditions doivent garantir la confidentialité des échanges, le respect de la dignité du patient et la sécurité des actes.
- Ce qui est explicitement exclu : exercer dans des locaux provisoires inadaptés, ou dans un espace ne permettant pas une consultation médicale complète. Une table dans la salle d'attente ou un coin de secrétariat ne sont pas des terrains de stage.
- L'accès au logiciel métier de la structure dès le premier jour, avec des droits adaptés à votre statut : consultation des dossiers, rédaction des observations, prescription dans le cadre réglementaire. Un compte en lecture seule, ou l'usage du compte d'un autre praticien, ne conviennent ni sur le plan pédagogique ni sur le plan juridique.
- Les outils de gestion du cabinet — terminal de paiement, lecteur de carte CPS et de carte Vitale — et le matériel d'examen courant. Sans lecteur fonctionnel, vous ne pouvez pas facturer sous votre propre carte, ce qui est pourtant la seule modalité légale.
- À vérifier avant le premier jour, pas le matin même. La création des accès informatiques et la commande d'un lecteur prennent des semaines. C'est la première question à poser lors du contact préalable.
PDSA : la condition que peu de gens connaissent
Votre participation est adossée à celle de votre superviseur▼- La participation à la permanence des soins est strictement volontaire. Aucun terrain ne peut vous l'imposer, et un refus ne peut pas vous être opposé dans l'évaluation.
- Mais elle n'est possible que si votre maître de stage, ou le médecin thésé responsable de votre supervision, y participe également. C'est une conséquence directe du principe de supervision : on ne peut pas être supervisé en garde par quelqu'un qui n'y est pas. Si votre PAMSU ne fait pas de PDSA, vous n'en ferez pas non plus sur ce terrain.
- Vous bénéficiez du repos compensateur, comme les internes des autres phases. Il n'est pas facultatif et il ne se rattrape pas.
- Vérifiez-le au stade de l'appariement. Les modalités de participation à la PDSA, au service d'accès aux soins et à la régulation doivent figurer dans la fiche de présentation de la structure d'accueil. Si la fiche est muette, posez la question avant de mettre des cœurs — c'est plusieurs milliers d'euros par an, et une part réelle de la formation.
Thèse : attention à la façon dont votre faculté numérote les promotions
La même dérogation est désignée « promotions 2023-2024-2025 » ici et « 2026-2027-2028 » ailleurs▼- La source du malentendu. Certaines facultés désignent une promotion par son année d'entrée dans le troisième cycle, d'autres par l'année de la phase de consolidation. Le DUMG de Rouen parle des promotions 2023, 2024 et 2025 ; d'autres documents parlent des promotions 2026, 2027 et 2028. Il s'agit des mêmes personnes — celles entrées en internat en novembre 2023 sont docteurs juniors en novembre 2026. Vérifiez toujours la convention de votre faculté avant de conclure que vous n'êtes pas concerné.
- La dérogation n'est ni collective ni automatique. À Rouen, elle est individuelle, sur demande explicite par courriel avec accusé de réception auprès du doyen, et conditionnelle : elle n'est accordée que si le travail de thèse est suffisamment avancé. Plusieurs UFR ont purement et simplement refusé de l'octroyer.
- Un calendrier type, celui de Rouen, à titre d'ordre de grandeur : avoir débuté le travail de thèse, déposer la fiche de thèse avant le 30 avril, la faire valider avant le 30 juin, envoyer la demande de dérogation au doyen avant le 10 juillet. Décision finale du doyen. Si les conditions ne sont pas réunies, l'interne reste en phase d'approfondissement — la sanction n'est pas un rappel à l'ordre, c'est une année de décalage.
- Le courriel de demande doit préciser la question de recherche, un rétroplanning, l'état d'avancement et une programmation de la soutenance pendant la phase de consolidation. Ce n'est pas une formalité déclarative : c'est un dossier.
- Les soutenances prévues avant la fin de la phase d'approfondissement ne sont pas concernées par la demande dérogatoire. Si vous soutenez avant votre prise de fonctions, vous n'avez aucune démarche à faire.
- Ce que votre faculté met à disposition, et qu'il faut demander : MOOC sur la thèse, guide du thésard, tutorats recherche et séminaires de thèse, ressources et personnels de la bibliothèque universitaire, et les écoles de printemps de FAYR-GP, le réseau des jeunes chercheurs en médecine générale.
Les enseignements hors stage — ce qu'on peut vous demander
Groupes d'échange de pratiques, traces d'apprentissage, journées facultaires▼- Les traces d'apprentissage attendues portent en phase de consolidation sur des objets plus longs qu'auparavant : le suivi d'un patient chronique avec analyse argumentée des décisions et des actions éducatives, et un récit argumenté de votre implication dans le tissu interprofessionnel local. Ce ne sont pas des comptes rendus de consultation : ce sont des récits de trajectoire.
- Les groupes d'échange de pratiques peuvent combiner des séances libres entre pairs sur le territoire, avec suivi par un enseignant dédié, et des séances thématiques obligatoires — à Rouen, sur la posture éducative, les revues de morbi-mortalité et l'aide au retour au travail.
- Une journée sur la gestion de l'entreprise médicale figure au programme de plusieurs facultés, ainsi que des forums sur les modalités d'exercice, la santé des soignants, la déontologie des relations interprofessionnelles et l'indépendance professionnelle. Le développement des compétences entrepreneuriales est désormais un objectif pédagogique explicite de la phase de consolidation — c'est précisément l'objet des onglets « Impôts & comptabilité », « Retraite & patrimoine » et « Après le DJ » de ce guide.
- Ces enseignements comptent dans vos dix demi-journées. S'ils débordent systématiquement sur votre temps clinique ou sur votre temps personnel, ce n'est pas un problème d'agenda : c'est un sujet à porter au point d'étape.
Apprendre & progresser — tirer le meilleur d'une année d'autonomie
Maquette DES MG (arrêté du 03/08/2023) · référentiel des six compétences (CNGE) · techniques de supervision validées, vues du côté de l'apprenant
Conséquence directe : la qualité de votre apprentissage devient largement fonction de la qualité de ce que vous ramenez. Le risque n'est pas qu'on vous supervise mal, c'est que la supervision glisse insensiblement vers de simples transmissions entre confrères — et qu'on ne parle plus que des cas difficiles, jamais des cas où vous vous êtes trompé sans le savoir.
Ce qui change vraiment par rapport au SASPAS
| SASPAS | Docteur Junior | |
|---|---|---|
| Statut | Interne | Docteur en médecine, inscrit au tableau spécial |
| Facturation | Sous la carte du MSU | Sous votre propre carte CPF/CPS |
| Supervision | Directe ou indirecte, souvent au fil de l'eau | Indirecte par principe, à votre initiative |
| Périmètre d'actes | Implicite | Écrit dans le contrat de formation, révisable |
| Durée | Un semestre | Un an sur le même terrain, en principe |
| Rémunération | Émoluments d'interne | Émoluments + prime d'autonomie + variable liée à l'activité |
- Ce qui vous expose : vous décidez seul, en temps réel, et personne ne verra les consultations dont vous ne parlerez pas. Le biais de sélection de ce que l'on rapporte est le principal risque pédagogique de l'année
- Ce qui vous protège : le recours au superviseur est un droit exerçable à tout moment, la restitution régulière est une obligation qui pèse sur lui, et le périmètre de vos actes autonomes est écrit. Trois leviers que vous n'aviez pas en SASPAS
- La supervision directe n'a pas disparu et reste mobilisable à tout moment quand elle sert mieux l'apprentissage : gestes techniques non maîtrisés, régulation téléphonique, fin de vie à domicile, situations à forte charge émotionnelle. La demander n'est pas régresser
- Source : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § II
Le contrat de formation, votre meilleur outil
- Il se construit à trois, lors de l'entretien d'entrée en phase 3 : vous, le praticien responsable du lieu de stage, et le coordonnateur local (ou l'enseignant coordonnateur de subdivision). Ne laissez pas cet entretien se réduire à un échange à deux dans le couloir
- Ce qui mérite d'y figurer noir sur blanc :· le volume d'actes cible par demi-journée et la durée des créneaux
· le positionnement des deux demi-journées non cliniques dans la semaine — un jour et une heure, pas « quand tu peux »
· les modalités de recours au superviseur : par quel canal, avec quel délai de réponse attendu, qui prend le relais s'il est absent
· le rythme et le format des temps de restitution — voir la fiche dédiée
· les actes que vous ne réalisez pas encore en autonomie au démarrage, et le jalon de révision (typiquement à 3 mois)
· les situations que vous souhaitez rencontrer : visites, gynécologie, pédiatrie, EHPAD, soins non programmés, coordination CPTS - Prévoyez explicitement une révision à mi-parcours. « Le périmètre sera réexaminé en février » est une phrase de trois secondes à écrire et un levier considérable si rien ne bouge La phrase à ajouter
- C'est aussi une des trois pièces du dossier SiiMOP — il existe donc déjà avant même votre appariement. Sa version définitive est celle qui suit l'entretien d'entrée en phase 3
- Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · art. R. 632-26 du code de l'éducation
Ce que vous pouvez refuser — et ce que vous devez accepter
- Vous devez accepter : une charge de consultation soutenue dans les bornes prévues · une organisation du cabinet qui n'est pas la vôtre · des habitudes de prescription différentes des vôtres, discutées et non imposées · les temps de restitution, même quand vous êtes fatigué · l'imprévu des soins non programmés
- Vous pouvez refuser — et vous devriez :· facturer sous la carte CPS du PAMSU — c'est une fraude caractérisée par l'instruction
· remplacer le PAMSU dans son propre cabinet pendant ses congés — interdit par l'art. D. 6153-1-27
· travailler pendant un repos de sécurité — d'application stricte, sans dérogation ni report
· voir vos deux demi-journées non cliniques converties en consultations de façon récurrente
· une PDSA que vous n'avez pas choisie — c'est du volontariat
· conserver ou vous voir confier la gestion des tickets modérateurs sans circuit tracé - La zone grise à négocier : les visites à domicile en fin de journée, les dépassements réguliers d'agenda, les patients « ajoutés » hors créneaux, la gestion des résultats d'examens des patients du PAMSU. Rien d'illégitime là-dedans — mais tout gagne à être cadré en novembre plutôt que subi en avril
- Comment le dire : ancrez sur le texte et sur la formation, jamais sur le confort. « L'instruction prévoit une demi-journée de temps personnel, j'aimerais qu'on la fixe au jeudi après-midi » est une phrase difficile à contester. « Je suis fatigué le jeudi » ne l'est pas
- Sources : instruction du 21/05/2026 § II, V et VI · art. D. 6153-1-26 et D. 6153-1-27 CSP
Les six compétences et le niveau attendu
- Premier recours, urgences — la compétence la plus sollicitée par l'autonomie : décider sans filet immédiat, hiérarchiser, savoir ce qui ne peut pas attendre
- Relation, communication, approche centrée patient — c'est souvent là que l'année de consolidation fait la plus grande différence, parce que vous suivez enfin les mêmes patients sur douze mois
- Approche globale, complexité — la compétence pour laquelle la réforme a été explicitement conçue : suivi des maladies chroniques, poly-pathologie, arbitrages au long cours
- Éducation, prévention, santé individuelle et communautaire — dépistages, vaccinations, entretiens motivationnels, mais aussi le lien avec le territoire
- Continuité, suivi, coordination — la compétence la plus difficile à travailler en stage court : ici, elle devient naturelle
- Professionnalisme — éthique, réflexivité, gestion de l'incertitude, limites de sa propre compétence. Concrètement : savoir quand appeler
- L'évaluation est double : une auto-évaluation par vous, et des hétéro-évaluations par vos PAMSU et votre tuteur, sur une grille standardisée établie par votre université. L'écart entre les deux est en soi un objet de travail — un DJ qui se sous-évalue systématiquement pose autant question qu'un DJ qui se surévalue Comparaison auto / hétéro
- Sources : arrêté du 03/08/2023 (maquette DES MG) · référentiels des DMG · CNGE
SNAPPS — présenter un cas pour apprendre, pas pour rassurer
- S — Summarize. Résumez l'histoire et les données en une à deux minutes. Discipline : pas de récit chronologique exhaustif
- N — Narrow. Réduisez à deux ou trois hypothèses. Le fait de choisir est déjà un acte de raisonnement
- A — Analyze. Comparez-les explicitement : qu'est-ce qui plaide pour, contre, qu'est-ce qui manque
- P — Probe. Posez vos questions au superviseur sur ce que vous ne comprenez pas. C'est l'étape que la plupart des DJ sautent, par peur de paraître incertain — et c'est celle qui a la plus forte valeur d'apprentissage
- P — Plan. Proposez votre prise en charge. Proposez, ne demandez pas : « je pars sur X, sauf si tu vois un problème »
- S — Select. Identifiez un point à travailler et à lire après. Une question par cas suffit
- Pourquoi ça marche pour vous : cela vous oblige à formuler une position avant d'entendre la sienne. Un DJ qui commence par « qu'est-ce que tu en penses ? » obtiendra une réponse, mais pas un apprentissage — et surtout pas un diagnostic de ses propres lacunes de raisonnement
- Wolpaw TM, Wolpaw DR, Papp KK. SNAPPS: a learner-centered model for outpatient education. Acad Med 2003
La minute du superviseur, vue d'en face
- 1 · Il vous fait prendre position — « quelle est ta compréhension du problème ? » Ce qu'il attend : un engagement, pas une liste d'options. Votre écueil : renvoyer la question
- 2 · Il vous demande d'argumenter — « qu'est-ce qui te permet d'arriver là ? » Ce qu'il cherche : votre raisonnement, pas votre conclusion. Votre écueil : réciter des connaissances hors contexte
- 3 · Il valide ce qui était juste — c'est le seul moment de la séquence où l'on vous dit ce que vous faites bien. Écoutez-le vraiment, c'est une donnée d'évaluation
- 4 · Il corrige une erreur — une seule, la plus utile. Si vous en identifiez d'autres, c'est le moment de les mettre sur la table vous-même
- 5 · Il énonce une règle générale — transférable à d'autres situations. Notez-la : c'est souvent la trace d'apprentissage la plus économique de la journée
- Le signal d'alerte : si vos supervisions consistent uniquement en « ok, très bien », vous n'êtes pas supervisé, vous êtes validé. Demandez alors explicitement : « sur ce cas, qu'est-ce que tu aurais fait différemment ? »
- Neher JO et al. A five-step "microskills" model of clinical teaching. J Am Board Fam Pract 1992
Repérer ses propres angles morts
- Le tirage au sort. Une fois par semaine, prenez une consultation au hasard dans votre agenda — pas celle qui vous a marqué — et présentez-la. C'est l'antidote le plus simple au biais de sélection
- La consultation « trop rapide ». Repérez les consultations qui ont duré nettement moins que prévu. Une consultation expédiée est plus souvent un raisonnement tronqué qu'un cas simple
- Les patients qui reviennent. Un retour non programmé sous 15 jours pour le même motif est un signal, pas un échec. Listez-les et regardez le motif initial
- Les prescriptions de confort. Antibiotiques, benzodiazépines, arrêts de travail, imagerie : gardez un décompte mensuel. Le chiffre est plus honnête que le souvenir, et c'est aussi une excellente trace d'apprentissage
- Les signaux d'une difficulté de raisonnement clinique, à connaître pour vous-même : hypothèses fermées trop tôt · recueil de données exhaustif mais non hiérarchisé · difficulté à justifier un choix autrement que par « c'est ce qu'on fait » · récits chronologiques sans synthèse · évitement des situations d'incertitude
- Si vous vous reconnaissez, dites-le. Une difficulté de raisonnement identifiée en décembre se travaille ; identifiée en juin par un jury, elle coûte un semestre supplémentaire
- Sources : littérature sur le raisonnement clinique et la supervision indirecte · formations PAMSU (CNGE Formation)
Obtenir une rétroaction utile
- Fixez le rythme dès novembre. Un débriefing court après chaque demi-journée, plus un temps long — 45 à 60 minutes — toutes les deux à quatre semaines. Le temps long est celui qui saute en premier quand l'agenda déborde : mettez-le dans l'agenda partagé, pas dans les bonnes intentions
- Demandez du spécifique, jamais du global. « Comment tu me trouves ? » appelle « très bien ». « Sur les trois cas de lombalgie de ce mois, est-ce que mon seuil d'imagerie te paraît juste ? » appelle une vraie réponse
- Nommez le registre. Dites d'emblée si vous voulez un avis clinique, un avis sur votre raisonnement, ou un avis sur votre relation aux patients. Ce ne sont pas les mêmes conversations et beaucoup de superviseurs répondent au mauvais registre par défaut
- La question qui débloque : « qu'est-ce que tu aurais fait différemment ? ». Elle est plus facile à répondre que « qu'est-ce que j'ai mal fait ? » et donne exactement la même information
- Demandez une évaluation intermédiaire formalisée à mi-parcours, sur la grille de compétences de votre faculté. C'est le moment où une lacune est encore corrigeable, et cela évite la mauvaise surprise du jury À planifier en février
- Notez et reformulez. À la fin d'un débriefing : « donc si je résume, tu me proposes de… ». Trente secondes qui transforment un avis en engagement partagé — et fournissent une trace datée
- Votre tuteur est un canal distinct. Il vous suit sur les quatre années, il n'a pas d'intérêt dans votre volume d'actes, et c'est lui qui verra passer votre portfolio. Sollicitez-le au moins deux fois dans l'année, pas seulement pour la validation
- Sources : référentiels de tutorat des DMG · littérature sur le feedback en formation médicale
Quand vous n'êtes pas d'accord avec votre PAMSU
- La divergence de pratique est normale et féconde. Vous sortez d'une formation universitaire récente, il a vingt ans de terrain. Vous aurez raison parfois, lui souvent, et l'inverse aussi. Le désaccord argumenté fait partie du dispositif
- La méthode qui fonctionne : apportez la source, pas l'opinion. « La reco HAS de 2024 propose X dans cette situation, comment tu la lis ? » ouvre une discussion. « Ce n'est pas ce qu'on m'a appris » la ferme
- Rappel de droit : vous réalisez vos actes seul, et votre responsabilité pénale ne se délègue pas. Vous n'êtes pas tenu de prescrire quelque chose que vous estimez contre-indiqué. Mais vous exercez par délégation : une divergence répétée sur des sujets structurants doit remonter au coordonnateur, pas s'installer en silence
- Distinguez trois niveaux : préférence (molécule, durée, formulation — cédez, ce n'est pas le combat) · pratique discutable (à documenter et à discuter en supervision) · situation problématique (dangerosité, fraude, pression sur votre volume d'actes — à faire remonter sans délai)
- Si la relation se dégrade, ne restez pas seul avec : votre tuteur d'abord, le coordonnateur de la phase de consolidation ensuite. Un signalement précoce est une demande d'aide ; un signalement tardif ressemble à un règlement de comptes
- Le second semestre n'est pas verrouillé. La poursuite du stage se fait « par reconduction après accord des deux parties » : l'instruction prévoit explicitement les « difficultés rencontrées sur le premier stage » comme motif légitime de deux stages distincts
- Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § III
Portfolio et traces : la stratégie du fil de l'eau
- Le portfolio est le mémoire de DES. Ce n'est pas un dossier annexe : c'est le support de votre soutenance finale et la pièce sur laquelle le jury vous évaluera. Il se remplit au fur et à mesure du cursus
- Le rythme qui tient : une trace par quinzaine, rédigée dans les 48 heures suivant la situation. Au-delà, vous aurez oublié ce qui faisait la difficulté — et c'est précisément la difficulté qui fait la valeur de la trace
- L'année de consolidation offre un matériau que vous n'aviez pas : le suivi longitudinal. Une trace qui raconte l'évolution d'un même patient sur huit mois vaut trois récits de consultation isolée, et documente directement les compétences « continuité, suivi, coordination » et « approche globale »
- Ce qui fait une bonne trace : une situation qui vous a mis en difficulté, votre raisonnement tel qu'il était sur le moment (pas reconstruit après coup), ce que vous avez cherché, ce que vous feriez différemment, et le lien explicite avec une ou deux compétences du référentiel
- Ce qui fait une mauvaise trace : un cas clinique bien tourné où tout s'est bien passé. Le jury ne cherche pas à savoir si vous savez rédiger une observation — il cherche votre réflexivité
- Utilisez la demi-journée de temps personnel pour ça. C'est exactement son objet, et cela justifie de la défendre lorsqu'on vous proposera de la remplir de consultations
- Vérifiez les exigences de votre faculté — nombre de traces, format, échéances de dépôt, calendrier du jury. Elles varient sensiblement d'un DMG à l'autre Varie par faculté
- Sources : arrêté du 03/08/2023 · référentiels de portfolio des DMG
Charge de travail, isolement, et le piège du volume
- Les repères chiffrés : 200 actes/mois en moyenne = seuil de votre prime · environ 210 actes/mois ≈ 1 200 € de tickets modérateurs pour votre PAMSU · 400 actes/mois = seuil de réexamen de l'agrément. Vous vous situez normalement entre les deux
- Comptez vous-même, tous les mois. Vos données d'activité sont transmises au CHU et servent au calcul de votre prime. Un tableau personnel de suivi vous permet de vérifier — et de documenter un éventuel dépassement
- L'isolement est le risque spécifique de cette année. Vous quittez un collectif d'internes pour un cabinet, souvent seul face à des décisions, parfois loin de vos pairs. Prévoyez activement des points de contact : groupe d'échange de pratiques, autres DJ de la subdivision, tuteur
- Les demi-journées non cliniques sont aussi une protection. Elles ne servent pas qu'au portfolio : elles cassent le rythme et vous rendent à un statut d'apprenant. Les défendre est un acte de prévention, pas un caprice
- Les signaux à ne pas laisser filer : cynisme croissant envers les patients · consultations expédiées sans culpabilité · évitement des situations complexes · sommeil altéré les veilles de reprise · sentiment que demander de l'aide serait un aveu
- Vous relevez d'un service de santé au travail — celui de votre lieu de stage, à défaut celui de votre CHU. C'est un interlocuteur confidentiel, distinct de votre PAMSU et de votre faculté, et beaucoup de DJ ignorent qu'ils y ont accès Art. R. 6153-1-3
- Si vous allez mal, parlez-en tôt. Les dispositifs d'entraide destinés aux soignants (structures régionales, cellules d'écoute ordinales) sont confidentiels et existent précisément pour ces situations
- Sources : instruction du 21/05/2026 § VI-a et § VII · art. R. 6153-1-3 CSP
Utiliser l'année pour préparer la suite
- Ce que vous pouvez tester sans engagement : un mode d'exercice (isolé, groupe, MSP, centre de santé), un territoire, un rythme, une file active. C'est exactement l'objectif affiché de la réforme — autant s'en servir
- Regardez la gestion, pas seulement la clinique. Demandez à voir comment fonctionne concrètement le cabinet : charges, logiciel, secrétariat, assistant médical, comptabilité, relations avec la CPAM. Cette année est la dernière occasion de poser ces questions sans enjeu
- En MSP : demandez à assister à une réunion de concertation pluriprofessionnelle et à comprendre le fonctionnement de la SISA et des indicateurs ACI. C'est de la culture d'exercice coordonné qu'aucun stage court ne donne
- Cultivez votre réseau territorial : spécialistes correspondants, pharmaciens, IDE, CPTS, services sociaux, EHPAD du secteur. Un carnet d'adresses local est ce qui distingue une installation facile d'une installation laborieuse
- Le stage DJ ne crée aucune obligation d'installation et, contrairement au remplacement prolongé, ne déclenche aucune clause de non-concurrence. Vous êtes libre de vous installer sur place, à côté, ou ailleurs → voir « Mon statut », carte 14
- Si l'installation vous tente sur place, abordez-le explicitement au premier trimestre : association, collaboration, co-titularité, reprise partielle de patientèle. Un projet évoqué en novembre a le temps de mûrir ; évoqué en juin, il devient une négociation sous contrainte de calendrier
- Sources : instruction du 21/05/2026 § I · LFSS 2023 art. 37
Mes revenus de Docteur Junior
Montants bruts issus de l'instruction du 21/05/2026 · le passage au net et l'impôt sont des estimations paramétrables, pas des montants officiels
Mon stage
Mon activité clinique
Permanence des soins (facultatif)
Remplacements (facultatif)
Du brut au net
Ce que facture votre activité
Ce que vous percevez
Impôts & comptabilité — calculer vraiment, comprendre ensuite
Barème LFI 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) · quotient familial et plafonnement · décote · micro-BNC et déclaration contrôlée · RSPM et PAMC
Le barème utilisé est celui de la loi de finances pour 2026, applicable aux revenus 2025. Vos revenus de docteur junior seront perçus en 2026 et 2027 et donc soumis aux barèmes des lois de finances 2027 et 2028, qui ne sont pas connus. Historiquement, les tranches sont revalorisées de l'ordre de l'inflation. Considérez le résultat comme une estimation à quelques pour cent près, pas comme un avis d'imposition.
Les revenus du foyer
La situation de famille
Ce qui vient en déduction
Le détail du calcul
Simuler un versement PER
Combien un versement supplémentaire vous ferait-il économiser cette année ? Le tableau applique votre situation réelle, plafonnement et décote compris.
L'économie affichée est immédiate. Elle a une contrepartie : à la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème (les plus-values, elles, au prélèvement forfaitaire unique). Le PER est donc surtout intéressant si votre taux marginal aujourd'hui est supérieur à celui que vous aurez à la retraite — situation fréquente pour un médecin en fin de carrière, moins évidente pour un docteur junior à 2 375 € par mois. Voir l'onglet Retraite & patrimoine.
- Le barème est celui de 2026 (revenus 2025). Vos revenus de docteur junior relèveront des barèmes 2027 et 2028, non publiés
- Les réductions et crédits d'impôt ne sont pas modélisés : garde d'enfants, emploi à domicile, dons, frais de scolarité, investissements. Ils s'imputent après la décote et peuvent changer sensiblement le résultat
- Le calcul suppose l'abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires. Si vos frais réels le dépassent (déplacements importants, double résidence), l'option pour les frais réels peut être plus favorable
Trois comptabilités, trois logiques
Ce que vous devez tenir aujourd'hui comme docteur junior, demain comme remplaçant, après-demain comme installé
Votre bulletin de paie, ligne par ligne
Votre rémunération est versée par votre CHU de rattachement, sur un contrat de droit public. Vous n'avez aucune comptabilité à tenir, aucune déclaration professionnelle à faire, aucune cotisation à provisionner : tout est prélevé à la source.
| Ligne | Ce que c'est |
|---|---|
| Brut | Émoluments forfaitaires + prime d'autonomie supervisée + primes et indemnités éventuelles (ZIP, PDSA) |
| Cotisations salariales | Sécurité sociale, retraite de base, retraite complémentaire, CSG, CRDS. Ordre de grandeur : environ un cinquième du brut, variable selon les lignes |
| Net à payer | Ce qui arrive sur votre compte |
| Net imposable | La ligne qui compte pour le fisc. Elle est supérieure au net à payer, car elle réintègre la CSG non déductible. C'est ce chiffre que vous saisissez dans le calculateur ci-dessus |
| Prélèvement à la source | Appliqué directement sur le bulletin, selon votre taux personnalisé |
Votre déclaration de revenus, en pratique
- Traitements du CHU — préremplis sur la déclaration 2042, cases 1AJ et suivantes. Vérifiez qu'ils correspondent au net imposable de votre dernier bulletin de décembre, cumul annuel
- Honoraires de remplacement — déclaration 2042-C-PRO. En micro-BNC, vous portez le montant brut encaissé et l'administration applique l'abattement de 34 % : n'appliquez pas l'abattement vous-même, c'est l'erreur la plus fréquente
- En déclaration contrôlée — vous déposez d'abord une déclaration 2035 par voie dématérialisée, puis reportez le résultat sur la 2042-C-PRO
- Versements PER — case 6NS ou 6NT selon le déclarant
- Cotisations sociales personnelles — déjà déduites en micro-BNC via l'abattement forfaitaire ; à déduire explicitement en réel
Ne confondez pas le choix social et le choix fiscal
C'est la confusion la plus répandue, et elle produit de vraies erreurs. Vous faites deux choix indépendants, avec deux seuils différents.
| Choix social (cotisations) | Choix fiscal (impôt) | |
|---|---|---|
| Les deux options | RSPM ou régime PAMC | Micro-BNC ou déclaration contrôlée |
| Interlocuteur | URSSAF, CARMF | Administration fiscale |
| Seuil charnière | 19 000 € puis 38 000 € | 83 600 € de recettes |
| Ce qui est en jeu | Le taux et le mode de paiement de vos cotisations | La base sur laquelle vous êtes imposé |
Le côté social : RSPM ou PAMC
Le régime simplifié des professions médicales permet de déclarer vos rétrocessions en ligne, mensuellement ou trimestriellement, et de payer un taux unique couvrant à la fois l'URSSAF et la CARMF, sans régularisation ultérieure. Inscription sur medecins-remplacants.urssaf.fr.
| Rétrocessions annuelles | Régime | Taux |
|---|---|---|
| Jusqu'à 19 000 € | RSPM | 13,50 % tout compris |
| De 19 000 à 38 000 € | RSPM maintenu, deux ans maximum | 21,20 % |
| Au-delà de 38 000 € | Sortie du RSPM au 1ᵉʳ janvier suivant → régime PAMC | Cotisations provisionnelles puis régularisées |
Quatre conditions cumulatives pour y être éligible : être médecin remplaçant (généraliste ou spécialiste) ; faire exclusivement des remplacements ; ne pas exercer d'autre activité indépendante ; rester sous le plafond de rétrocessions, apprécié avant abattement.
Le côté fiscal : micro-BNC ou déclaration contrôlée
En micro-BNC, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes : vous êtes imposé sur 66 % de ce que vous avez encaissé, quelles que soient vos charges réelles. Le régime s'applique tant que les recettes de l'année précédente ne dépassent pas 83 600 € (seuil relevé à compter des revenus 2026 ; il était de 77 700 € pour 2023 à 2025). En cas de création d'activité, il s'applique de plein droit l'année de création et la suivante.
En déclaration contrôlée, vous déduisez vos charges réelles. Vous tenez une comptabilité de trésorerie (recettes encaissées, dépenses payées), un registre des immobilisations, et vous déposez une déclaration 2035.
Pour un remplaçant, les charges dépassent rarement 34 % : vous n'avez ni loyer, ni personnel, ni matériel lourd. Le micro-BNC est donc presque toujours le bon choix au début. La bascule devient pertinente le jour où vous achetez un véhicule affecté, où vous louez un local, ou où vous payez des cotisations sociales élevées après régularisation.
Combien mettre de côté — la règle des trois enveloppes
Un honoraire de remplacement encaissé n'est pas un revenu disponible. Il porte trois dettes futures : les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, et les régularisations.
| Situation | À provisionner |
|---|---|
| RSPM à 13,50 %, TMI 0 ou 11 % | Environ 20 à 25 % des rétrocessions |
| RSPM à 21,20 %, TMI 30 % | Environ 35 à 40 % |
| Régime PAMC, TMI 30 % ou plus | 40 à 50 %, régularisations comprises |
- Un compte séparé, pas un sous-compte mental. L'argent qui reste sur le compte courant se dépense
- Le virement se fait à l'encaissement, pas à la fin du mois
- La deuxième année est la plus dure : vous payez les cotisations provisionnelles de l'année en cours et la régularisation de la précédente. C'est là que les remplaçants se font piéger
Le principe : une comptabilité de trésorerie
Le médecin libéral en déclaration contrôlée tient une comptabilité de trésorerie : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et ce qui est effectivement payé, à la date du mouvement. C'est plus simple qu'une comptabilité d'engagement, mais cela crée un décalage systématique entre l'activité réalisée et le résultat déclaré — les actes de décembre payés en janvier tombent sur l'exercice suivant.
Trois documents structurent l'année :
- Le livre-journal des recettes — date, identité du patient, montant, mode de règlement
- Le registre des dépenses — ventilé par nature de charge
- Le registre des immobilisations et amortissements — matériel, agencements, véhicule affecté
Ils alimentent la déclaration 2035 (formulaire 2035-SD), déposée par voie dématérialisée au printemps, dont le résultat se reporte sur la 2042-C-PRO.
Ce qui est déductible, ce qui ne l'est pas
| Déductible | Non déductible |
|---|---|
| Loyer du local professionnel, ou quote-part professionnelle si exercice au domicile | Impôt sur le revenu, taxe d'habitation |
| Cotisations sociales personnelles (URSSAF, CARMF) | La part non déductible de la CSG et la CRDS |
| RCP, assurance du local, prévoyance et retraite complémentaire dans les limites légales | Dépenses personnelles, même « un peu » professionnelles |
| Salaires et charges du personnel, secrétariat, assistante médicale | Les amendes et pénalités |
| Matériel médical, informatique, mobilier — par amortissement au-delà de 500 € HT | Le rachat de la patientèle (immobilisation, pas une charge) |
| Frais de véhicule : barème kilométrique ou frais réels, au choix mais pas les deux | Les trajets domicile-cabinet au-delà de 40 km, sauf justification |
| Formation continue, congrès, documentation, cotisations syndicales et ordinales | Les tenues non spécifiques à l'exercice |
| Contribution économique territoriale (CFE), frais de comptabilité |
Les ordres de grandeur d'un cabinet de médecine générale
Chaque cabinet est différent — les chiffres ci-dessous sont des repères de structure, pas une norme.
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires (honoraires + forfaits + ROSP) | 100 % |
| Charges de fonctionnement du cabinet | 25 à 40 % selon le mode d'exercice (seul, groupe, MSP avec personnel) |
| = Bénéfice avant cotisations personnelles | 60 à 75 % |
| Cotisations sociales personnelles (URSSAF + CARMF) | Environ 20 à 30 % du bénéfice, dégressif quand le revenu monte |
| = Revenu net avant impôt | |
| Impôt sur le revenu | Selon barème et situation de famille — utilisez le calculateur ci-dessus |
Faut-il un expert-comptable ?
Comme remplaçant en micro-BNC : non, dans l'immense majorité des cas. Vous additionnez vos rétrocessions et vous portez le total sur la 2042-C-PRO. Un tableur suffit.
Comme installé en déclaration contrôlée : oui, presque toujours. Le coût annuel est de l'ordre de 1 500 à 3 000 €, entièrement déductible. Il achète trois choses : la conformité de la 2035, l'arbitrage sur les régimes et les amortissements, et le temps que vous ne passez pas dessus. Comptez ce qu'une demi-journée de votre temps représente et l'arbitrage se fait seul.
Le bien à amortir
Cotisations au RSPM
Le calcul détaillé des cotisations du régime simplifié des professions médicales, pour les remplaçants. Utile pour vérifier ce que vous devrez sur vos rétrocessions avant de vous engager sur un remplacement.
Cotisations au régime PAMC
Pour les remplaçants au-delà des seuils du RSPM et pour les installés. C'est le régime dans lequel vous basculerez tôt ou tard : autant en connaître le coût réel avant.
Déclaration d'impôt en libéral, case par case
Le plus utile des cinq. Vous entrez vos revenus, l'outil vous indique quelle case remplir sur votre déclaration fiscale et sur votre déclaration sociale unifiée. C'est exactement ce que le calculateur de cet onglet ne fait pas : lui estime l'impôt, celui-là vous dit où écrire quoi.
Amortissement linéaire
La version de référence de ce que fait le calculateur ci-dessus. À croiser avec le vôtre si vous tenez votre comptabilité seul ou si vous préparez un achat conséquent.
Contrat de remplacement
Génère un contrat conforme aux exigences ordinales, pour les internes comme pour les médecins remplaçants. À utiliser systématiquement plutôt que de reprendre le contrat que le confrère vous tend — et à relire à la lumière des points de vigilance de la fiche « Remplacer pendant votre année de DJ ».
Les pages thématiques
Remplacer · exercice libéral · exercice salarié · travailler en équipe · protéger sa santé · parentalité · prévoyance · retraite · devenir maître de stage. Chacune est plus détaillée que la fiche correspondante de ce guide. La page prévoyance et la page parentalité, en particulier, traitent de sujets que ce site n'aborde qu'en surface.
Retraite & patrimoine — commencer quarante ans trop tôt
CARMF : taux 2026 officiels · PER, assurance vie, PEA, SCPI · fiscalité LFI 2026 (PFU 31,4 %, prélèvements sociaux 18,6 %)
Le message n'est pas « épargnez ». À 2 375 € brut par mois, l'ordre des priorités est ailleurs : rembourser un crédit étudiant coûteux, se constituer une épargne de précaution, se couvrir correctement en prévoyance. Le message est : comprenez le système maintenant, pour ne pas découvrir à quarante-cinq ans ce que vous auriez pu organiser à trente.
Trois statuts, trois caisses — et des trous entre les deux
| Période | Statut | Retraite de base | Complémentaire |
|---|---|---|---|
| Internat et docteur junior | Praticien en formation, contrat de droit public | Régime général (CNAV) | IRCANTEC |
| Remplacements | Travailleur indépendant | CARMF régime de base | CARMF complémentaire + ASV — sauf au taux RSPM de 13,50 % |
| Installation libérale | Médecin libéral conventionné | CARMF régime de base | CARMF complémentaire + ASV |
| Salariat (hôpital, centre de santé) | Salarié | CNAV | IRCANTEC ou AGIRC-ARRCO |
La CARMF, ses trois régimes de retraite et sa prévoyance
La CARMF gère quatre choses distinctes. Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €.
| Régime | Assiette et taux 2026 | Ce que ça ouvre |
|---|---|---|
| Base | 8,73 % jusqu'à 1 PASS + 1,87 % jusqu'à 5 PASS | Jusqu'à 450 + 100 points par an, valeur du point 0,6599 € |
| Complémentaire (RCV) | 11,80 % dans la limite de 3,5 PASS (168 210 €) | Valeur du point 77,14 € à 62 ans — c'est le cœur de la pension |
| ASV | Forfait 1 917 € en secteur 1 (5 751 € en secteur 2) + ajustement de 1,3333 % (4 % en secteur 2) | Valeur du point 11,82 €. Réservé aux conventionnés |
| Invalidité-décès | 626 € sous 1 PASS ; 434 € + 0,40 % du revenu entre 1 et 3 PASS ; 1 010 € au-delà | Indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès |
Ce que la prévoyance CARMF couvre réellement — et c'est souvent moins que ce qu'on imagine :
- Indemnités journalières : à partir du 91ᵉ jour d'arrêt seulement. 65,84 € par jour pour un revenu inférieur à 1 PASS. Les 90 premiers jours relèvent des IJ de la CPAM pour les libéraux (du 4ᵉ au 90ᵉ jour) — et pour tout le reste, de votre prévoyance personnelle
- Rente d'invalidité totale et définitive : 23 662 € par an pour un revenu ≤ 1 PASS. Comparez ce chiffre à votre train de vie
- Capital décès : 71 500 € en versement unique, plus des rentes au conjoint et aux enfants
- Réversion : 54 % en base, 60 % en complémentaire, 50 % en ASV
Calculateur de cotisations CARMF
Source : CARMF, « Cotisations du médecin 2026 », taux publiés le 15 janvier 2026. La participation des caisses d'assurance maladie au régime de base des médecins de secteur 1 (compensation CSG) est déduite du total. Les cotisations sont intégralement déductibles du bénéfice imposable. Les deux premières années d'activité relèvent d'un régime provisionnel forfaitaire spécifique, et une dispense des régimes complémentaire et ASV est possible pour les médecins s'installant avant 40 ans — au prix des droits correspondants.
Simuler un effort d'épargne
Ce que donne chaque enveloppe
Ce que font vraiment les intérêts composés
Le tableau ci-dessous décompose la simulation décennie par décennie. Il n'y a rien d'autre à comprendre de la finance personnelle que ce tableau : la part des intérêts dans le capital final ne dépend presque pas du montant versé, elle dépend de la durée. C'est la seule variable sur laquelle un docteur junior de trente ans a un avantage absolu sur un médecin installé de cinquante.
Le PER, en détail — plafond, économie d'impôt, sortie
Les trois modèles économiques, et comment les distinguer
Rétrocommissions, honoraires, ou salaire d'un réseau — ce n'est pas la même chose du tout▼- Le conseiller de votre banque. C'est un salarié avec des objectifs commerciaux, qui distribue le catalogue de son établissement. Il ne peut structurellement pas vous proposer ce que sa maison ne vend pas. Ce n'est ni malhonnête ni caché — c'est simplement le métier, et il ne faut pas confondre son rôle avec celui d'un conseil indépendant.
- Le conseiller en gestion de patrimoine rémunéré aux rétrocommissions. Il perçoit une part des frais de gestion des produits qu'il place, versée par la société de gestion, chaque année, tant que vous détenez le produit. Sa rémunération est donc liée au produit choisi, pas au résultat obtenu. Les intérêts ne sont pas opposés, mais ils ne sont pas alignés non plus.
- Le conseiller rémunéré aux honoraires. Vous payez une prestation — un bilan patrimonial, une allocation, un accompagnement — et il n'a aucun intérêt à privilégier un produit plutôt qu'un autre. C'est le seul modèle dans lequel votre intérêt et le sien pointent dans la même direction. Il est plus rare et il paraît plus cher, parce que le coût y est visible au lieu d'être prélevé silencieusement.
- Comment vérifier. Un conseiller en investissements financiers doit être immatriculé à l'ORIAS et adhérent d'une association agréée par l'AMF ; un courtier en assurance figure aussi à l'ORIAS. Le registre est public et gratuit. Le document d'entrée en relation doit indiquer le statut, les modes de rémunération et les liens capitalistiques avec les producteurs. Demandez-le par écrit, et lisez-le.
Les frais, ou pourquoi un point de pourcentage n'est jamais anodin
Le seul paramètre que vous contrôlez vraiment, et le seul qui soit certain▼- Le rendement est une hypothèse, les frais sont une certitude. Personne ne peut vous garantir 7 % par an ; tout le monde peut vous garantir que 2 % de frais annuels seront prélevés.
- L'ordre de grandeur. Sur trente ans, à rendement brut identique, un point de frais annuel supplémentaire ampute le capital final d'environ un quart. Deux points, de plus de 40 %. Ce n'est pas une opinion, c'est de l'arithmétique — vous pouvez le vérifier vous-même dans le simulateur ci-dessus en retranchant un point au rendement.
- Les frais à repérer, un par un : frais d'entrée ou de versement, prélevés sur chaque euro investi ; frais de gestion du contrat, annuels, sur l'encours ; frais internes des supports, annuels également et cumulatifs avec les précédents ; frais d'arbitrage, à chaque changement ; frais de sortie ou de transfert. Les deux premiers sont négociables, le troisième dépend de ce que vous choisissez.
- Les repères de marché. Un contrat d'assurance vie en ligne se trouve couramment sans frais d'entrée et autour de 0,5 à 0,6 % de frais de gestion sur les unités de compte ; un contrat bancaire ou distribué par un conseiller pratique fréquemment 2 à 4 % de frais d'entrée et 0,8 à 1 % de gestion. Sur les supports eux-mêmes, un fonds indiciel coûte de l'ordre de 0,2 à 0,4 % par an, un fonds géré activement de 1,5 à 2,5 %.
- Le point qui déclenche la vigilance. Si l'allocation proposée est massivement composée de fonds portant le nom de la maison qui vous conseille, vous n'avez pas reçu un conseil : vous avez reçu un catalogue.
Les propositions qui doivent déclencher un « je vais y réfléchir »
Six formulations classiques, et ce qu'elles recouvrent▼- « Avec votre profil, il faut défiscaliser. » Défiscaliser n'est pas un objectif, c'est un moyen. Un dispositif fiscal qui repose sur un actif médiocre reste un mauvais investissement, même bien déduit. La question préalable est toujours : achèterais-je cet actif s'il n'y avait aucun avantage fiscal ?
- « C'est un produit réservé aux professions médicales. » Il n'existe pas de marché financier réservé aux médecins. Cette formulation vend un sentiment d'appartenance, pas une performance.
- « Le rendement a été de X % l'an dernier. » Les performances passées ne préjugent pas des performances futures — la mention est obligatoire précisément parce que le raccourci est irrésistible. Demandez plutôt les frais totaux et la volatilité.
- « Il faut se décider avant la fin de l'année. » L'urgence est un outil de vente. Un placement de trente ans supporte très bien deux semaines de réflexion, et un plafond de PER non utilisé se reporte trois ans.
- « Vous ne payez rien, c'est la société de gestion qui me rémunère. » Voir plus haut. Cette phrase est exacte et trompeuse à la fois.
- « Ce montage optimise votre situation. » Demandez le chiffrage écrit du coût total sur la durée de détention, frais d'entrée, de gestion et de supports compris. Un professionnel sérieux le fournit sans difficulté ; le refus ou l'évitement est en soi une réponse.
info-retraite.fr — votre compte retraite
Le portail du groupement d'intérêt public Union Retraite, qui fédère l'ensemble des régimes français. Connexion par FranceConnect. Vous y trouvez votre relevé de carrière tous régimes, la liste de vos trimestres validés et de vos points, l'estimation de votre âge de départ et de votre future pension, et le service de correction si une période manque.
Le simulateur M@rel
Le simulateur officiel inter-régimes, accessible depuis votre compte info-retraite. Il reprend automatiquement votre carrière réelle plutôt que de vous demander de la ressaisir, et permet de tester plusieurs âges de départ et hypothèses d'évolution de revenus.
CARMF — espace personnel
Dès votre première activité libérale, même quelques jours de remplacement, vous avez un dossier CARMF. L'espace personnel donne le détail de vos cotisations, de vos points acquis dans chaque régime — base, complémentaire, ASV — et votre relevé de situation individuelle. Demandez-le une fois par an : les erreurs d'affiliation en début de carrière sont fréquentes et bien plus faciles à corriger tôt.
Les cinq enveloppes, sans jargon
1 · Le plan d'épargne retraite (PER). Vous versez, vous déduisez de votre revenu imposable, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, et depuis 2026 affection grave ou accident grave d'un enfant à charge). À la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème ; les plus-values au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Pertinence pour un docteur junior : faible À un taux marginal de 0 ou 11 %, vous déduisez peu et vous serez imposé davantage à la sortie. Le PER devient intéressant plus tard, quand votre taux marginal passe à 30 ou 41 %.
Plafonds 2026 : salarié, 10 % des revenus de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 € ; travailleur non salarié, 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, jusqu'à 88 911 €, plancher 4 806 €. Les plafonds non utilisés se reportent désormais sur cinq ans (contre trois auparavant).
2 · L'assurance vie. Le couteau suisse : disponible à tout moment, fiscalité qui s'allège après huit ans, transmission avantageuse. Après huit ans, abattement annuel de 4 600 € sur les gains (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % d'impôt sur la fraction correspondant à moins de 150 000 € de versements.
Pertinence : élevée Et un point souvent ignoré : la loi de finances pour 2026 a préservé l'assurance vie de la hausse des prélèvements sociaux. Ils y restent à 17,2 %, contre 18,6 % ailleurs. L'écart est faible mais il joue dans le bon sens.
Le geste utile aujourd'hui : ouvrir un contrat avec un versement minimal, même 100 €, pour prendre date. Le compteur des huit ans démarre à l'ouverture, pas au moment où vous versez vraiment.
3 · Le plan d'épargne en actions (PEA). Plafond de 150 000 € de versements. Après cinq ans, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux, désormais à 18,6 %, restent dus sur les gains.
Pertinence : élevée si horizon long C'est l'enveloppe la plus efficace pour investir en actions européennes sur vingt ou trente ans. Même logique que l'assurance vie : ouvrez tôt, même avec peu, pour lancer le compteur.
4 · Les SCPI. Vous détenez des parts d'une société qui possède des bureaux, des commerces ou des locaux de santé, et vous percevez une quote-part des loyers. Rendements historiquement de l'ordre de 4 à 5 %, mais fiscalité lourde : les revenus sont des revenus fonciers, imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux — donc plus de la moitié partent en impôt à un taux marginal de 30 %. Frais d'entrée souvent de 8 à 12 %, liquidité imparfaite, capital non garanti.
Pertinence pour un docteur junior : faible Détenues en direct, elles sont fiscalement inefficaces tant que votre taux marginal est bas et fiscalement pénibles quand il devient élevé. Logées dans une assurance vie, elles perdent une partie de leur rendement en frais mais gagnent en fiscalité. Ce n'est pas un placement de première étape.
5 · L'immobilier locatif en direct. Le seul placement où l'on peut investir avec de l'argent qu'on n'a pas — c'est tout son intérêt et tout son risque. Effet de levier du crédit, mais concentration du risque, illiquidité, gestion chronophage, et fiscalité des revenus fonciers.
Pertinence : variable À trente ans avec un revenu de docteur junior, votre capacité d'emprunt est limitée et votre situation géographique incertaine. Attendre l'installation est presque toujours le bon calcul.
Dans quel ordre — les six étages, du plus urgent au plus accessoire
Solder les dettes coûteuses
Un crédit à la consommation à 6 % remboursé, c'est un rendement de 6 % net d'impôt et sans risque. Aucun placement ne bat cela. Le prêt étudiant à taux bonifié, en revanche, peut se garder.
Constituer une épargne de précaution
Trois à six mois de dépenses courantes, sur un livret A ou un LDDS : disponible immédiatement, exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Ce n'est pas un placement, c'est ce qui vous évite de casser un placement au mauvais moment.
Se couvrir en prévoyance
Arrêt de travail, invalidité, décès. Le régime obligatoire ne couvre rien pendant les 90 premiers jours et verse ensuite un forfait modeste. C'est l'étage que tout le monde saute et que personne ne regrette d'avoir financé.
Prendre date sur les enveloppes longues
Une assurance vie et un PEA, ouverts avec un versement symbolique. Coût : quasi nul. Bénéfice : les compteurs de 8 ans et de 5 ans tournent pendant que vous faites autre chose.
Investir régulièrement, sur le long terme
Des versements programmés modestes valent mieux que des versements importants et irréguliers : vous lissez les points d'entrée et vous ne cherchez pas à deviner le marché. Privilégiez les supports diversifiés à frais faibles.
Optimiser fiscalement
PER, immobilier, dispositifs de défiscalisation : cet étage n'a de sens qu'à taux marginal élevé, donc pas cette année. Se précipiter dessus avant les cinq précédents est l'erreur classique du jeune professionnel qu'on démarche.
Ce qui a changé en 2026, et qui n'est pas encore dans les manuels
| Avant | Depuis 2026 |
|---|---|
| Prélèvements sociaux sur les revenus du capital : 17,2 % | 18,6 % (CSG portée à 10,6 %) — sauf assurance vie, PEL, CEL, revenus fonciers et plus-values immobilières, restés à 17,2 % |
| Prélèvement forfaitaire unique : 30 % | 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 %) ; l'assurance vie reste à 30 %, et à 24,7 % après 8 ans |
| Report des plafonds PER non utilisés : 3 ans | 5 ans, pour les droits nés à compter de 2026 |
| Versements PER déductibles sans limite d'âge | Plus de déductibilité au-delà de 70 ans |
| PASS 2025 : 47 100 € | PASS 2026 : 48 060 € (+ 2 %) |
| Majoration de 25 % du bénéfice des non-adhérents à une AGA | Supprimée depuis les revenus 2023 ; agrément des OGA abrogé en février 2025 |
Bilan détaillé — chaque ligne, chaque euro
Reprend en direct les paramètres de l'onglet « Mes revenus » · montants annuels sauf mention contraire
Détail annuel de la rémunération
—Sensibilité — effet du volume d'actes
Toutes autres options inchangéesChecklist de vérification
Ordres de grandeur utiles
| Rémunération fixe brute annuelle | 33 500 € |
| dont émoluments (2 375 × 12) | 28 500 € |
| dont prime d'autonomie supervisée | 5 000 € |
| Prime d'activité maximale (2 semestres) | 1 000 € |
| Indemnité ZIP sur 12 mois | 12 000 € |
| Hébergement + transport sur 12 mois | 5 160 € |
| Une garde de 12 h | 422,03 € |
| Seuil prime d'activité | > 200 actes/mois |
| Seuil de réexamen de l'agrément | 2 400 actes/semestre |
| Calibrage officiel des tickets modérateurs | 210 actes ≈ 1 200 € |
Mon dossier SiiMOP — se faire classer, pas seulement candidater
Trois pièces à déposer · un seuil de vœux à ne pas manquer · une lettre à personnaliser terrain par terrain
Combien de vœux dois-je formuler ?
Stratégie des cœurs
Ce n'est pas un classement ordonné. Vous attribuez de 1 à 5 cœurs à chaque poste, et plusieurs postes peuvent recevoir 5 cœurs. L'algorithme croise votre nombre de cœurs avec le rang que le responsable de terrain vous attribue.
Le piège : remplir le quota avec des terrains où vous refuseriez d'aller. Vous pouvez y être affecté. Si un terrain vous semble impraticable — distance, mode d'exercice, signaux d'alerte —, ne le mettez pas dans votre liste, même à 1 cœur ; complétez plutôt avec d'autres terrains réellement acceptables.
Le levier réel : le responsable de terrain vous classe sur la base de votre CV et de votre lettre. C'est donc là, et non dans la répartition des cœurs, que se joue votre marge de manœuvre.
Générateur de dossier — CV et lettre
Rien n'est enregistré nulle part. Fermez l'onglet et tout disparaît : copiez votre texte avant de partir.
Le texte reste éditable : modifiez-le directement dans la zone avant de copier. Trois conseils qui valent plus que le générateur — relisez à voix haute (les phrases qui sonnent faux sont celles qui viennent d'un modèle) ; faites relire par quelqu'un qui ne fait pas médecine ; et vérifiez le nom du terrain avant chaque envoi, c'est l'erreur la plus fréquente et la plus rédhibitoire.
Les trois pièces du dossier
Les erreurs à éviter
- ✕ Découvrir la veille que ses identifiants UNESS ne fonctionnent plus — l'adresse déclarée est souvent ancienne
- ✕ Ne pas atteindre le seuil de 20 % de vœux : procédure nulle
- ✕ Une lettre générique, visiblement recopiée, sans mention du terrain
- ✕ Compléter le quota avec des terrains où l'on refuserait d'aller
- ✕ Ne pas avoir contacté les terrains prioritaires en amont — rien ne l'interdit et beaucoup de responsables l'apprécient
- ✕ Oublier que le choix se fait au niveau de la subdivision, avec priorité aux étudiants de la subdivision
- ✕ Ne pas anticiper la question du logement et du trajet avant de mettre 5 cœurs sur un terrain à 70 km
Évaluer un terrain de stage
Seize critères pondérés · un score indicatif · et les questions qui font la différence entre un bon terrain et un terrain qui a l'air bon
Encadrement et pédagogie
Conditions d'exercice
Contenu clinique et territoire
Vie personnelle et suites
Vous seriez seul dans la structure
Le vocabulaire du remplaçant
Le flou sur la supervision
Le volume d'abord
Les demi-journées « on verra »
La carte CPS partagée
Personne à qui parler
Feuille de route — de l'appariement à la sortie du DES
Planning perpétuel, recalculé sur la campagne sélectionnée · les cases cochées ne sont pas enregistrées, imprimez ou recochez à chaque visite
CHU de rattachement
Nomination, contrat, bulletins de paie, congés, versement de toutes vos rémunérations et primes. Votre employeur administratif.
DMG / coordonnateur
Contrat de formation, entretien d'entrée en phase 3, portfolio, tutorat, validation, difficultés pédagogiques ou relationnelles sur le terrain.
ARS
Agrément des terrains, ouverture des postes, affectation à l'issue de l'appariement, réexamen d'un agrément en cas de difficulté.
Conseil départemental de l'Ordre
Inscription au tableau spécial (département du CHU), licence de remplacement, contrats de remplacement, questions déontologiques.
URSSAF
Déclaration d'activité de remplaçant sous 8 jours, offre simplifiée médecin remplaçant, cotisations sociales.
Syndicat de subdivision / ISNAR-IMG
Information, accompagnement, médiation, remontée collective des difficultés. Interlocuteur légitime et confidentiel.
Département (universitaire) de médecine générale
Votre faculté. Instruit les dossiers d'agrément des maîtres de stage, organise leur formation pédagogique obligatoire, coordonne le tutorat, et analyse les grilles d'évaluation que vous remplissez en fin de stage. C'est votre premier recours institutionnel en cas de difficulté sur un terrain — le DMG a la compétence et l'intérêt de protéger les apprenants, parce qu'un terrain défaillant abîme la filière entière. Beaucoup de facultés ont créé une cellule dédiée aux étudiants en difficulté (CADEM à Reims, CAP-IMG ailleurs) : demandez laquelle existe chez vous avant d'en avoir besoin.
Collège national des généralistes enseignants
Principale société scientifique de la discipline, créée en 1983, fédérant 35 collèges régionaux adossés aux facultés. Élabore le programme du DES, le référentiel des six compétences et les procédures de validation ; anime la filière universitaire (professeurs, maîtres de conférences, chefs de clinique) et le réseau des quelque 12 000 maîtres de stage. Participe aux réseaux internationaux WONCA, EGPRN et EURACT. Son congrès annuel se tient à Marseille, du 2 au 4 décembre 2026, parc Chanot — le premier ouvert à des docteurs juniors.
Votre collège de généralistes enseignants
Le relais local du CNGE, sous des sigles variables selon les régions — CLGE à Lyon, CGELAV en Loire-Atlantique-Vendée, CGEMS dans le Maine-et-Loire. Il assure les formations pédagogiques qui conditionnent l'agrément et la réaccréditation des maîtres de stage : SIAMS pour l'initiation, S3 pour la supervision directe, S4 pour la supervision indirecte et la rétroaction. Un PAMSU qui n'a pas suivi S4 n'a pas été formé à ce qu'il est censé faire avec vous. L'adhésion est couplée régional + national, de l'ordre de 165 € par an. Réseau utile si vous envisagez d'enseigner un jour.
Syndicat national des enseignants de médecine générale
Le versant syndical de la filière universitaire : défend les postes d'enseignants, les moyens des DMG et les conditions d'exercice de la maîtrise de stage. Distinct du CNGE, qui est une société scientifique. Ne vous concerne pas directement, mais explique pourquoi votre DMG manque parfois de bras : c'est un sujet porté, pas une fatalité subie.
Collège de la médecine générale
Structure fédérative qui réunit l'ensemble des organisations de la discipline — syndicats représentatifs, sociétés savantes, structures académiques et de formation. Organise le Congrès de la médecine générale France (CMGF), rendez-vous annuel généraliste ouvert à tous, avec des tarifs réduits pour les internes.
Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale
Votre syndicat national. Fédère les syndicats de subdivision. Présidée par Atika Bokhari depuis l'été 2025. A quitté les comités de suivi de la réforme le 20 janvier 2026, puis appelé à une grève reconductible chaque premier lundi du mois. Quatre revendications constantes : plafonnement du nombre de consultations du docteur junior, filet de sécurité économique pour les maîtres de stage, nombre maximum de docteurs juniors par maître de stage, et création de postes d'enseignants de médecine générale — le ratio est aujourd'hui d'un enseignant pour soixante étudiants. Publie des enquêtes, accompagne les situations individuelles, et dispose de guides sur la procédure d'agrément des terrains.
Votre syndicat de subdivision
L'échelon qui compte au quotidien : connaissance des terrains, des DMG, des ARS locales, des dates d'appariement propres à votre subdivision. C'est le premier numéro à avoir — les problèmes concrets se règlent presque toujours localement.
Intersyndicale nationale des internes
Représente les internes de toutes les spécialités. S'est associée aux mobilisations sur la quatrième année et porte la revendication d'un statut de docteur junior ambulatoire ouvert à l'ensemble des spécialités.
Association nationale des étudiants en médecine de France
Représente le deuxième cycle. Concerne moins votre situation immédiate, mais c'est l'organisation qui porte la parole de ceux qui vous suivront — et qui arbitreront leur choix de spécialité en partie sur ce que vous direz de cette année.
Regroupement autonome des généralistes jeunes installables et remplaçants
Prend le relais après le DES : remplaçants, jeunes installés, collaborateurs. L'interlocuteur pertinent pour l'année d'après — statuts de remplacement, contrats, premières installations, ressources pratiques sur la gestion d'un cabinet.
Syndicat national des jeunes médecins généralistes
Autre organisation de jeunes généralistes, avec une production documentaire fournie sur les statuts, la protection sociale et les conditions d'exercice.
Fédération française des médecins généralistes
Syndicat spécifique de la médecine générale. Négocie la convention médicale avec l'Assurance maladie — c'est-à-dire les tarifs, les forfaits et les rémunérations sur objectifs qui détermineront votre revenu une fois installé.
Les autres syndicats représentatifs
Confédération des syndicats médicaux français, Fédération des médecins de France, Syndicat des médecins libéraux. Tous polycatégoriels ou généralistes selon leurs branches, tous signataires ou non de la convention. La FMF Généraliste s'est également retirée des discussions sur la quatrième année.
Avenir Spé, UFML, Médecins pour demain…
Le paysage syndical médical est fragmenté et mouvant. Vous n'êtes obligé d'adhérer à rien. Mais lire au moins deux communiqués de deux organisations différentes sur un même sujet est le meilleur moyen de se faire une idée — chacune a ses angles morts.
Conseil départemental de l'Ordre des médecins
Inscription au tableau spécial (département du CHU de rattachement), licence de remplacement, visa des contrats, déontologie. Le conseil national publie par ailleurs des guides utiles sur les contrats et l'installation.
Caisse autonome de retraite des médecins de France
Retraite et prévoyance des médecins libéraux. Ne vous concerne qu'à partir de votre première activité libérale — remplacements compris. Propose des calculettes de cotisations et un récapitulatif de droits en ligne.
Régime simplifié des professions médicales
Déclaration d'activité de remplaçant, adhésion au RSPM, déclaration et paiement des cotisations en ligne.
Agence régionale de santé
Agrément des terrains, ouverture et répartition des postes, affectation à l'issue de l'appariement, zonage (ZIP, ZAC) qui conditionne l'indemnité de 1 000 € et les aides à l'installation.
Affaires médicales de votre CHU de rattachement
Nomination, contrat, bulletins de paie, congés, arrêts, versement des primes. C'est votre employeur administratif, quel que soit votre lieu de stage.
portail.uness.fr
La plateforme de l'appariement SiiMOP. Dépôt du dossier, consultation des fiches de terrain, attribution des cœurs, résultats.
Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants
La référence sur l'après-DES. Regroupe remplaçants, jeunes installés depuis moins de cinq ans et chefs de clinique de médecine générale. Publie une collection de guides gratuits, actualisés, sur les sujets exacts qui vous attendent : le remplacement, les démarches d'installation en libéral, l'URSSAF, le micro-BNC, la prévoyance et la parentalité. Y figure également une checklist « je remplace » et un guide de l'installation libérale. Édite par ailleurs Le p'tit guide du jeune généraliste, ouvrage papier régulièrement remis à jour, et organise les Rencontres nationales de ReAGJIR.
Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale
La référence pendant l'internat. Créée en 1997, elle fédère les syndicats de 23 villes facultaires. Publie des guides pratiques destinés aux internes et aux syndicats locaux, un livre blanc réactualisé pour les municipales de 2026, un Abrégé des positions sur la 4e année du DES, et un guide dédié à la procédure d'agrément des terrains de stage — utile si vous voulez comprendre ce que le DMG et l'ARS peuvent réellement faire. Mène des enquêtes nationales : déterminants du projet professionnel des jeunes généralistes, conditions de travail, santé mentale, CESP. Édite Antidote 42, revue gratuite faite par et pour les internes. Congrès annuel en janvier.
Guide en ligne unifiant les évaluations de stages
L'outil le plus utile avant de classer vos vœux, et personne ne vous en parlera. GELULES est une plateforme d'évaluation des terrains de stage créée par l'APEASEM — Association pour l'évaluation autonome des stages et des études de médecine — active depuis 2014. Elle est indépendante du DMG et de l'ARS. Vous y consultez des centaines d'évaluations anonymisées rédigées par les promotions précédentes, et vous y déposez la vôtre. Elle comporte une fonction de signalement d'événement indésirable — harcèlement, violence verbale, défaut de séniorisation — traitée par l'association locale, anonymement et sans qu'aucune démarche ne soit engagée sans votre accord. L'accès passe par votre association locale d'internes : AIMGL à Lille, RAOUL-IMG en Lorraine, SAPIR-IMG à Amiens, et beaucoup d'autres. Souvent réservé aux adhérents.
Conseil national de l'Ordre des médecins
Publie les contrats types commentés — remplacement, collaboration libérale, association, cession — qui sont la meilleure base de négociation gratuite dont vous disposiez, et un guide destiné aux jeunes médecins. Votre conseil départemental relit gratuitement vos contrats avant signature : la transmission est de toute façon obligatoire, autant qu'elle serve à quelque chose.
Syndicat national des jeunes médecins généralistes
Production documentaire fournie sur les statuts d'exercice, la protection sociale et les conditions de travail. Utile en complément de ReAGJIR, avec un angle éditorial différent — lire les deux sur un même sujet est le meilleur moyen de repérer ce qui relève du fait et ce qui relève de la position.
Étudiants du deuxième cycle et internes toutes spécialités
L'ANEMF représente le deuxième cycle et publie des travaux qui vous concernent indirectement — enquête Précarité, rapport collectif sur la santé mentale des étudiants en santé. L'ISNI représente les internes de toutes spécialités et porte la revendication d'un statut de docteur junior ambulatoire ouvert au-delà de la médecine générale. Les trois — ANEMF, ISNAR-IMG et ReAGJIR — cosignent régulièrement des positions communes sur l'accès aux soins et la liberté d'installation.
Après — les douze mois qui suivent la phase de consolidation
Les cinq voies possibles · libéral ou salarié, cotisations et responsabilité comparées · le rétroplanning de l'installation · les contrats · le CESP · le mur de trésorerie de la troisième année, simulé
Remplacement
Ce que c'est. Vous exercez à la place d'un confrère absent, sous son numéro, avec un contrat de remplacement. Rétrocession de 70 à 90 % des honoraires selon les régions et les périodes.
Ce que ça engage. Rien de durable. Aucun local, aucun prêt, aucune patientèle.
Le piège. Le statut de remplaçant interdit de se constituer une patientèle : vous ne pouvez pas être déclaré médecin traitant. Trois ans de remplacement, c'est trois ans sans capital professionnel. Et la clause de l'article R. 4127-86 : plus de trois mois chez le même praticien vous interdit de vous installer à proximité pendant deux ans, sauf accord écrit.
Pour qui. Ceux qui veulent voir plusieurs façons d'exercer, souffler, ou différer une décision géographique.
Collaboration libérale
Ce que c'est. Vous exercez dans le cabinet d'un confrère, avec vos propres feuilles de soins, vos propres ordonnances, votre propre espace Amelipro. Vous encaissez vos honoraires et versez une redevance au titulaire — de l'ordre de 20 à 30 % en médecine générale.
Ce que ça change par rapport au remplacement. Vous constituez votre propre patientèle et pouvez être déclaré médecin traitant. C'est la différence décisive.
Ce que ça engage. Un contrat écrit, transmis au conseil départemental de l'Ordre dans le mois qui suit sa conclusion (art. L. 4113-9 du code de la santé publique). Affiliation URSSAF et CARMF, régime BNC.
Le point que peu de gens connaissent. Un contrat de collaboration ne peut pas contenir de clause de non-réinstallation : la liberté d'installation du collaborateur est d'ordre public. Mieux — si vous avez remplacé ce praticien auparavant, la signature du contrat de collaboration vaut accord au sens de l'article R. 4127-86 et éteint l'interdiction d'installation.
Pour qui. C'est presque toujours la meilleure première étape après le DES.
Installation
Ce que c'est. Cabinet individuel, cabinet de groupe, maison de santé ou centre de santé dont vous devenez associé. Vous êtes chef d'entreprise.
Ce que ça engage. Un bail ou un achat, du matériel, un logiciel, parfois un prêt, une comptabilité, éventuellement du personnel. Et une décision géographique difficile à défaire.
Ce que ça rapporte. Le revenu le plus élevé des cinq voies à moyen terme, et un capital professionnel — la patientèle et les parts de société se cèdent.
Le piège. Le décalage de trésorerie. Les recettes démarrent lentement, les charges immédiatement, et les cotisations sociales arrivent avec deux ans de retard — voir le simulateur plus bas.
Pour qui. Ceux qui savent où ils veulent vivre. Le lieu compte plus que le statut.
Salariat
Ce que c'est. Centre de santé, hôpital (praticien contractuel, assistant), PMI, santé scolaire, médecine du travail après formation, structures associatives, établissements médico-sociaux, permanences d'accès aux soins.
Ce que ça engage. Un contrat de travail, des horaires, une hiérarchie. Aucun capital, aucun risque.
Ce que ça rapporte. Moins que le libéral à volume comparable, mais avec congés payés, arrêts maladie couverts dès le premier jour, retraite au régime général, et prévoyance d'entreprise. L'écart réel est plus faible qu'il n'y paraît une fois les charges du cabinet déduites.
Le piège. Le salariat est réversible dans un sens seulement : revenir au libéral après dix ans de salariat est possible mais rare dans les faits.
Pour qui. Ceux qui veulent une frontière nette entre travail et vie personnelle, ou qui doutent encore.
Exercice mixte
Ce que c'est. Une combinaison : libéral trois jours et vacations hospitalières deux jours, cabinet et PMI, installation et régulation médicale, cabinet et enseignement universitaire.
Ce que ça engage. Deux régimes sociaux qui coexistent, deux comptabilités, deux logiques d'agenda. C'est administrativement plus lourd, pas insurmontable.
Le piège. L'addition des contraintes sans l'addition des avantages, si les proportions ne sont pas assumées. Un mi-temps libéral coûte proportionnellement plus cher en charges fixes qu'un plein temps.
Pour qui. Beaucoup de généralistes finissent là sans l'avoir prévu. Autant le prévoir.
| Libéral — installé ou collaborateur | Salarié — centre de santé, hôpital, PMI, santé scolaire | |
|---|---|---|
| Qui verse les cotisations | Vous, sur votre bénéfice, à l'URSSAF et à la CARMF | L'employeur les précompte et les verse. Vous ne gérez rien |
| Poids apparent | Environ 33 à 40 % du bénéfice | Environ 22 % de cotisations salariales sur le brut |
| Poids réel | Intégralement à votre charge | S'y ajoutent environ 40 % de cotisations patronales, versées pour vous sans sortir de votre poche |
| Décalage de trésorerie | Deux ans de base forfaitaire, puis régularisation | Aucun. Prélevé sur chaque paie |
| Retraite | CARMF : régime de base, complémentaire vieillesse, ASV | Régime général, plus IRCANTEC dans le public ou AGIRC-ARRCO dans le privé |
| Arrêt de travail | Indemnités de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour, puis CARMF à partir du 91e, à un niveau forfaitaire modeste | Indemnités journalières dès le 4e jour, maintien de salaire conventionnel, prévoyance collective obligatoire |
| Congés | Non rémunérés. Une semaine sans consultation, c'est une semaine sans recette — mais les charges fixes courent | Cinq semaines payées, plus les RTT éventuelles |
| Chômage | Aucun droit, hors allocation des travailleurs indépendants, très restrictive | Assurance chômage |
| Charges de fonctionnement | 25 à 50 % des honoraires : loyer, personnel, logiciel, matériel, assurances | Aucune |
| Revenu | Variable, sans plafond, corrélé au volume | Fixe, plafond bas, progression lente et conventionnée |
| Responsabilité civile | Personnelle. Assurance obligatoire à votre nom (art. L. 1142-2 CSP) | Portée par l'employeur. Immunité civile du préposé |
| Responsabilité pénale | Strictement personnelle dans les deux cas. Aucun statut ne protège, aucune assurance ne la couvre | |
| Responsabilité ordinale | Un patient peut porter plainte directement au conseil départemental | Pour les missions de service public, filtre de l'article L. 4124-2 CSP |
| Indépendance professionnelle | Identique et garantie par l'article R. 4127-95 CSP : aucun contrat ni statut ne peut y porter atteinte | |
Les cotisations sociales — pourquoi la comparaison des taux ne veut rien dire
22 % contre 35 % : le raisonnement le plus répandu, et le plus faux▼- Les assiettes ne sont pas les mêmes. Le libéral cotise sur son bénéfice, après déduction des charges du cabinet. Le salarié cotise sur son brut, qui ne supporte aucune charge de fonctionnement. Rapporter 35 % à 22 % revient à comparer deux fractions dont les dénominateurs n'ont aucun rapport.
- Les cotisations patronales existent. Environ 40 % du brut, versées par l'employeur au bénéfice du salarié. Elles financent la retraite, la maladie, le chômage et la famille. Le libéral n'a pas d'employeur : il n'y a personne pour verser cette part, et elle n'est pas remplacée.
- Le libéral cotise moins et est moins couvert. C'est la conclusion qui dérange, mais elle est arithmétique : rien pendant les trois premiers jours d'arrêt, une indemnisation forfaitaire modeste ensuite, aucune assurance chômage, aucun congé payé, aucune prévoyance collective. Ce qui manque doit être acheté — un contrat de prévoyance complémentaire et souvent une surcotisation retraite.
- L'écart de revenu net se resserre beaucoup. Prenez un libéral à 170 000 € d'honoraires : après 35 % de charges de cabinet et environ 35 % de cotisations sur le bénéfice restant, il reste de l'ordre de 70 000 € avant impôt — sans congés payés ni couverture chômage. Un généraliste salarié à temps plein en centre de santé se situe couramment entre 4 000 et 6 000 € bruts mensuels, soit environ 38 000 à 56 000 € nets avant impôt, congés payés, prévoyance et chômage inclus. L'écart reste réel, il n'est pas du simple au double, et il se paie en volume horaire et en risque.
- Le point de bascule est le volume. Le libéral devient nettement plus rentable au-delà d'un certain nombre d'actes, parce que les charges de cabinet sont largement fixes. En dessous, la structure coûte plus qu'elle ne rapporte, et un mi-temps libéral est proportionnellement le plus mauvais montage qui soit.
- Et l'exercice mixte fait cohabiter les deux régimes. Deux assiettes, deux caisses de retraite, deux déclarations. Vos droits s'additionnent, votre paperasse aussi.
La responsabilité juridique — trois étages, et un seul change vraiment
Le salariat protège sur un plan, ne change rien sur un autre, et déplace le troisième▼- La responsabilité civile — c'est là que le statut compte. Le médecin libéral est personnellement débiteur d'une obligation de soins envers son patient et répond personnellement de ses fautes devant le juge civil. Son assurance de responsabilité civile professionnelle est obligatoire et souscrite à son nom.
- Le médecin salarié bénéficie de l'immunité civile du préposé. Depuis l'arrêt Costedoat de l'assemblée plénière de la Cour de cassation du 25 février 2000, le préposé qui agit sans excéder les limites de la mission que lui a confiée son commettant n'engage pas sa responsabilité envers les tiers : c'est l'employeur qui répond. L'immunité tombe si vous sortez du cadre de votre mission ou si vous commettez une faute intentionnelle ou pénalement qualifiée.
- Dans le secteur public — hôpital, PMI, santé scolaire — la logique est voisine mais le fondement diffère : c'est l'établissement qui répond devant le juge administratif, sauf faute personnelle détachable du service. Vous n'êtes pas assuré personnellement, l'établissement l'est.
- La responsabilité pénale ne bouge pas d'un millimètre. Elle est personnelle par principe. Aucun employeur ne la porte à votre place, aucune assurance ne peut la couvrir — au mieux les frais de défense. Un homicide involontaire, une violation du secret, une non-assistance : le statut est indifférent. C'est le point que le mot « tranquille » fait oublier.
- La responsabilité ordinale se déplace. Tout médecin inscrit au tableau répond du code de déontologie. Mais l'article L. 4124-2 du code de la santé publique prévoit qu'un médecin chargé d'un service public ne peut être traduit devant la chambre disciplinaire, pour les actes de sa fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le préfet, le directeur général de l'ARS, le procureur de la République, le conseil national ou son conseil départemental. Un patient ne peut pas le poursuivre directement. Le Conseil d'État a jugé que ce filtre ne porte pas atteinte au droit à un recours effectif, les voies civile et pénale restant ouvertes.
- Attention à la portée exacte de ce filtre. Il ne couvre que les actes de la mission de service public et ne joue pas pour une faute détachable. Un médecin salarié d'un centre de santé associatif de droit privé n'en bénéficie pas au titre de l'article L. 4124-2 : il relève du régime de droit commun du préposé.
- Ce que le statut ne change jamais. L'indépendance professionnelle. L'article R. 4127-95 dispose que le fait d'être lié par un contrat ou un statut ne peut porter atteinte à l'indépendance du médecin. Aucun employeur, aucun directeur, aucun objectif chiffré ne peut vous imposer une prescription, une durée de consultation ou un nombre d'actes. Cette règle vous protège autant qu'elle vous oblige.
- Le lien avec votre année de docteur junior. Vous vivez déjà une configuration intermédiaire : vous réalisez les actes seul, mais par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. C'est l'occasion d'observer concrètement ce que « répondre de ses actes » veut dire — et ce que change le fait que quelqu'un d'autre en réponde avec vous.
Votre activité prévisionnelle
Votre régime
Le contrat de collaboration libérale
Le plus fréquent après le DES, et celui qui contient le plus de clauses discutables▼- La redevance. De 20 à 30 % des honoraires en médecine générale. Elle doit correspondre à des frais réels et justifiés par des documents comptables, pas à un pourcentage négocié à l'estime. Le Conseil national impose un réexamen annuel. Demandez le détail des charges du cabinet : si la redevance dépasse largement votre quote-part réelle de frais, elle est contestable.
- Ce que vous devez conserver. Vos propres feuilles de soins pré-identifiées, vos propres ordonnances, votre espace Amelipro, votre liberté d'organisation. Si vous n'encaissez pas vous-même vos honoraires ou si votre emploi du temps vous est imposé, le contrat est requalifiable en salariat déguisé — par l'URSSAF comme par l'Ordre.
- Ce qui ne peut pas y figurer. Une clause de non-réinstallation. La liberté d'installation du collaborateur à l'issue du contrat est un principe : un contrat qui la restreint est irrégulier.
- L'effet extincteur. Si vous avez remplacé ce praticien plus de trois mois auparavant, la signature du contrat de collaboration vaut accord au sens de l'article R. 4127-86 et met fin à l'interdiction d'installation à proximité. C'est parfois la vraie raison de signer.
- La priorité en cas de cession. Le contrat type prévoit que si le titulaire cède son cabinet ou s'associe en cours de contrat, il doit vous le proposer en priorité. Vérifiez que la clause y est.
- Fiscalement. Vous êtes en BNC. La redevance est déductible de votre bénéfice si vous êtes à la déclaration contrôlée. Côté titulaire, elle s'ajoute à ses recettes en « gains divers » sur la 2035.
- Le délai. Contrat écrit, transmis au conseil départemental dans le mois suivant sa conclusion (art. L. 4113-9 CSP). Une période d'essai de un à trois mois est usuelle.
Association, société, cession de patientèle
Les formes juridiques, ce qu'elles changent, et à partir de quand elles se justifient▼- Entreprise individuelle (BNC). Le régime par défaut : pas de société, imposition à l'impôt sur le revenu, déclaration 2035. Simple, peu coûteux, largement suffisant les premières années.
- SCM — société civile de moyens. Ne partage que les moyens : locaux, matériel, personnel, secrétariat. Chaque associé garde ses honoraires et sa patientèle. C'est la structure la plus courante en cabinet de groupe, et la moins engageante.
- SISA — société interprofessionnelle de soins ambulatoires. La forme juridique des maisons de santé pluriprofessionnelles. Permet de percevoir et de répartir les rémunérations d'équipe de l'accord conventionnel interprofessionnel. Impose une comptabilité et une gouvernance collectives.
- SELARL, SELAS. Sociétés d'exercice libéral, soumises à l'impôt sur les sociétés. Elles permettent d'arbitrer entre rémunération et dividendes et de lisser la fiscalité — mais ne deviennent intéressantes qu'à partir d'un bénéfice élevé et durable, et coûtent en frais de constitution, de gestion et d'expertise comptable. Ce n'est pas une décision de première année.
- La cession de patientèle. Ce qui se vend n'est pas la patientèle — elle n'appartient à personne — mais le droit de présentation à la clientèle, avec le bail, le matériel et parfois le personnel. Les valorisations en médecine générale ont fortement baissé et sont désormais souvent symboliques dans les zones sous-denses. Ne payez jamais sans avoir vu les 2035 des trois derniers exercices.
- Le bail professionnel. Six ans minimum, résiliable par le locataire à tout moment avec six mois de préavis. Vérifiez la destination des lieux, l'accessibilité aux personnes handicapées, la répartition des travaux, et la possibilité d'accueillir un successeur ou un collaborateur.
Ce qu'on ne signe pas
Sept clauses qui doivent déclencher une relecture avant signature▼- Une clause de non-réinstallation dans un contrat de collaboration — irrégulière par principe.
- Une redevance sans justificatif comptable, ou sans clause de réexamen annuel.
- Un engagement de volume ou d'horaires précis dans un contrat libéral : c'est le marqueur de requalification en salariat.
- Une clause d'exclusivité vous interdisant toute autre activité, y compris universitaire ou de régulation.
- Un préavis de rupture asymétrique — trois mois pour vous, quinze jours pour le titulaire.
- Une cession de patientèle sans communication des 2035 et sans période d'accompagnement du cédant.
- Tout contrat non transmis à l'Ordre. La transmission n'est pas une formalité : c'est le contrôle de conformité déontologique, et il est gratuit.
| Dispositif | Montant | Conditions |
|---|---|---|
| Aide à la primo-installation en ZIP | 10 000 € | Forfait unique, versé dans les trois mois, sans engagement de durée. Secteur 1 ou OPTAM |
| Aide à la primo-installation en ZAC | 5 000 € | Mêmes conditions |
| Ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP | 3 000 € | Cumulable avec une installation principale ailleurs |
| Majoration du forfait médecin traitant | +50 / +30 / +10 % | Primo-installation en ZIP ou QPV, années 1, 2 et 3 ; puis +10 % pérenne dans la zone |
| Consultations avancées en ZIP | 200 € / demi-journée | Médecins non installés en ZIP, 6 demi-journées par mois au maximum |
| Exonération France Ruralités Revitalisation | IR exonéré 5 ans | Puis dégressif sur 3 ans. Communes classées — à vérifier avant de signer un bail |
Signer un CESP pendant l'année de docteur junior
14 400 € bruts contre deux ans d'engagement — le calcul est très différent de celui d'un quatrième année▼- Ce que vous percevez. 1 200 € bruts par mois, versés par l'Agence de services et de paiement, imposables et soumis à CSG-CRDS — soit environ 1 086 € nets. Cette allocation est versée en sus de vos rémunérations de formation : elle s'ajoute à vos émoluments de 2 375 € et à votre prime d'autonomie supervisée, sans les réduire.
- Ce que vous engagez. Un exercice en zone d'intervention prioritaire ou en zone d'action complémentaire, pour une durée égale à celle du versement, et en aucun cas inférieure à deux ans (art. R. 631-24-6 du code de l'éducation). Signer en fin de cursus, c'est donc percevoir douze mois d'allocation — environ 14 400 € bruts — contre vingt-quatre mois d'engagement géographique.
- Le rapport n'a rien à voir avec une signature en quatrième année, où l'allocation court sur cinq ou six ans pour un engagement d'une durée équivalente. En fin de parcours, vous achetez une contrainte de deux ans au prix d'une année d'allocation.
- Ce qui peut malgré tout le justifier. Si votre projet d'installation est déjà arrêté sur une commune classée, l'engagement ne vous coûte rien puisqu'il correspond à ce que vous alliez faire. Vous y gagnez l'allocation, l'accompagnement individualisé de l'ARS, et un interlocuteur identifié pour préparer l'installation. Le CESP reste par ailleurs cumulable avec les aides conventionnelles à l'installation.
- La procédure. Dépôt du dossier sur la plateforme Profil de l'ASP, généralement de la mi-octobre à la mi-décembre — les dates varient d'une UFR à l'autre. Lettre de motivation exposant le projet professionnel, certificat de scolarité, relevé du rang de classement aux épreuves nationales. Audition devant une commission de sélection réunissant l'ARS, l'Ordre, l'URPS, un directeur d'établissement, un interne et un étudiant. Le nombre de contrats est fixé chaque année par arrêté interministériel, et il a été significativement réduit récemment : vérifiez le quota de votre UFR avant de bâtir un plan dessus.
Vous avez déjà signé un CESP — ce que votre année de DJ y change
Le seuil du DES fait passer la pénalité de rupture de 2 000 € à 20 000 €▼- L'allocation continue. Le versement de 1 200 € bruts se poursuit pendant la phase de consolidation et cesse à l'achèvement de votre formation. Concrètement, votre année de docteur junior est une année où vous cumulez émoluments, prime d'autonomie supervisée, éventuelle indemnité de zone, et allocation CESP.
- Le seuil qui change tout. Si vous voulez vous dégager de votre obligation d'exercice, vous devez verser au Centre national de gestion une indemnité égale à la somme des allocations nettes perçues, majorée d'une pénalité. Cette pénalité s'élève à 200 € par mois de perception, avec un minimum de 2 000 €, tant que le diplôme d'études spécialisées n'est pas obtenu. Après l'obtention du DES, elle passe à 20 000 €, forfaitairement.
- Or le DES s'obtient à l'issue de la phase de consolidation. Votre année de docteur junior est donc la dernière fenêtre pendant laquelle sortir du dispositif reste relativement abordable. Ce n'est pas une incitation à rompre : c'est une information que beaucoup découvrent après coup, quand le multiplicateur a déjà joué.
- Un exemple chiffré. Quatre ans d'allocation, soit 48 mois : l'indemnité correspond aux allocations nettes perçues, environ 52 100 €, à laquelle s'ajoute une pénalité de 9 600 € avant le DES — ou de 20 000 € après. L'écart, pour le même geste, est de plus de 10 000 € selon le côté de la ligne où vous vous trouvez.
- Les cas où rien n'est dû. Le décès du signataire. Et l'affection ou le handicap rendant l'exercice de la profession ou la poursuite des études dangereux ou impossible, constaté pour les internes par le conseil médical en application de l'article R. 6153-19 du code de la santé publique. Ces situations sont exonératoires de l'indemnité comme de la pénalité.
- La sortie de zonage vous protège. Le remboursement n'est pas applicable lorsque la commune de votre lieu d'exercice, inchangé depuis trois ans au moins, cesse d'être classée en zone sous-dense. Autrement dit, si le zonage bouge sous vos pieds après trois ans de stabilité, vous n'êtes pas pénalisé.
- Une fois en exercice, l'indemnité devient dégressive en fonction de la durée d'engagement et du temps d'exercice déjà accompli. Rompre après dix-huit mois sur vingt-quatre ne coûte pas la même chose que rompre le premier jour.
Les cinq démarches à faire cette année si vous êtes signataire
Toutes concernent l'ARS, et toutes gagnent à être faites tôt et par écrit▼- Informer l'ARS référente de votre projet d'installation, par écrit et le plus tôt possible. C'est la démarche la plus rentable du dispositif. La loi du 24 juillet 2019 permet de conserver l'opposabilité d'un zonage antérieur si votre projet a été défini, consolidé et communiqué à l'ARS avant le changement de zonage. Une commune qui sort du classement reste alors ouverte à votre installation.
- Demander un report si vous ne voulez pas vous installer immédiatement. La demande s'adresse au directeur général de l'ARS. Tout report accordé proroge le CESP d'une durée équivalente. C'est l'outil correct si vous souhaitez remplacer un an ou collaborer avant de vous installer — bien préférable à une installation précipitée pour tenir un calendrier.
- Vérifier le zonage de la commune visée, et le refaire à chaque révision. Le classement en ZIP ou ZAC évolue, et c'est le zonage opposable à la date pertinente qui compte, pas celui que vous avez consulté il y a deux ans.
- Ne jamais changer de lieu d'exercice pendant l'engagement sans en informer l'ARS. Les modalités récentes prévoient qu'un changement non signalé entraîne la rupture du contrat, avec les pénalités correspondantes. Un simple courriel horodaté vous protège.
- Se souvenir que l'engagement admet des formes souples. L'exercice en zone peut se faire à mi-temps depuis le 1er janvier 2021 (décret n° 2020-268 du 17 mars 2020), et l'activité peut être répartie entre deux zones sous-denses proches. L'engagement porte sur le lieu et la durée, pas sur un exercice exclusif.
- ✕ Ne pas provisionner. Le premier poste de défaillance des installations n'est pas le manque de patients, c'est le rattrapage de cotisations de la deuxième et de la troisième année.
- ✕ Choisir le lieu après le statut. Le lieu est ce qui se défait le plus difficilement. Décidez d'abord où vous voulez vivre dix ans, ensuite comment vous y exercerez.
- ✕ Signer un contrat sans relecture. Elle est gratuite auprès de l'Ordre, de votre syndicat et de ReAGJIR. Aucune raison de s'en priver.
- ✕ Négliger la prévoyance. Le régime obligatoire ne verse rien avant le 91e jour d'arrêt. Un contrat complémentaire coûte quelques dizaines d'euros par mois à trente ans et devient inaccessible après le premier problème de santé.
- ✕ Attendre l'été pour s'y mettre. Le conventionnement, l'inscription ordinale, la carte CPS, le prêt bancaire et le bail se comptent en semaines chacun, et ne se parallélisent qu'en partie.
- ✕ Créer une société trop tôt. La SELARL ne devient pertinente qu'à bénéfice élevé et stable. Avant cela, elle coûte plus qu'elle ne rapporte.
Quiz — testez ce que vous croyez savoir
108 questions Vrai / Faux réparties en neuf domaines · correction argumentée et sourcée · score détaillé par domaine pour repérer ses angles morts · outil de révision, sans aucune valeur certifiante