4ᵉ année du DES de médecine générale · phase de consolidation

LE Guide du Docteur Junior

Statut, rémunération, appariement, pédagogie et vie pratique de votre année de consolidation

Promotion 2026 · Prise de fonctions le 2 novembre

Vous êtes le premier Docteur Junior de médecine générale.
Personne n'a encore le mode d'emploi. Celui-ci s'en approche.

Ce guide vous accompagne du choix de votre terrain de stage à la fin de votre DES : comprendre votre statut, calculer réellement ce que vous allez percevoir, construire un dossier SiiMOP solide, tirer le meilleur de la supervision — et préparer la suite.

2 375 €
bruts d'émoluments mensuels
5 000 €
bruts de prime d'autonomie supervisée par an
10
demi-journées par semaine, dont 2 hors soins
25
jours ouvrés de congés annuels
2 400
consultations/semestre : le seuil au-delà duquel l'agrément est réexaminé
🚨
Mon stage se passe mal
La conduite à tenir en six étapes : ce qu'il faut écrire dès le premier jour, à qui s'adresser et dans quel ordre, ce que le DMG et l'ARS peuvent réellement faire, et les six motifs pour lesquels on n'attend pas.
📋
Mon statut
Vos droits, vos obligations, vos limites
Nomination et tableau spécial · obligations de service · autonomie supervisée et responsabilité · congés et protection sociale · carte CPF/CPS et facturation · tickets modérateurs · PDSA · remplacements · thèse et validation du DES · MSP et centres de santé
15 fiches Instruction 21/05/2026
🧮
⭐ Simulateur de revenus
Combien vais-je réellement toucher ?
Émoluments · prime d'autonomie · prime d'activité (seuil des 200 actes) · ZIP ou hébergement/transport · gardes et régulation PDSA · remplacements en micro-BNC · estimation du net avant et après impôt · comparaison avec une année de remplacement pur
Net mensuel Cumul remplacements Impôt estimé
🎓
Apprendre & progresser
Tirer le meilleur d'une année d'autonomie
Ce qui change vraiment par rapport au SASPAS · le contrat de formation, votre outil de négociation · savoir se faire superviser (SNAPPS, supervision inversée) · demander une rétroaction utile · repérer ses propres angles morts · portfolio et mémoire de DES · désaccords avec le PAMSU · charge de travail et prévention de l'épuisement
12 fiches CNGE · maquette 2023
🩺
Mon stage
Guide personnalisé + le quotidien, semaine après semaine
Un générateur qui réduit ce guide à votre situation — type de terrain, zonage, thèse, remplacements, PDSA, enfants, projet d'installation — et produit une checklist datée, copiable et imprimable. Puis : le cadre local — les quatre règles nationales que beaucoup de terrains ignorent, le repère des 15 à 25 actes par jour, la quatrième journée, et comment recruter votre propre maître de stage. Puis : les six démarches à boucler avant le 2 novembre · le contact préalable avec votre PAMSU et les sept questions à poser · le premier jour · la montée en charge, chiffrée · se présenter aux patients · construire ses dix demi-journées · faire vivre la restitution · le recours en temps réel · dossiers, courriers, visites · poser ses congés · les quatre points d'étape · à qui s'adresser quand ça ne va pas
15 fichesPratique
🧾
Impôts & comptabilité
Un vrai calculateur, puis les trois comptabilités
Calcul complet de l'impôt : barème LFI 2026, parts fiscales, plafonnement du quotient familial, décote, remplacements en micro-BNC ou au réel, versements PER · un calculateur d'amortissement pour vos achats professionnels · les simulateurs et le générateur de contrat de ReAGJIR · puis la comptabilité du docteur junior salarié, celle du remplaçant (RSPM, PAMC, seuils 19 000 / 38 000 / 83 600 €) et celle du médecin installé (2035, charges déductibles, abattement de 2 %)
Barème réel6 fiches
🏦
Retraite & patrimoine
Comprendre à trente ans ce qui se joue à soixante
Où vont vos cotisations selon votre statut · les trous du RSPM et des dispenses · calculateur de cotisations CARMF aux taux officiels 2026 · ce que couvre vraiment la prévoyance obligatoire · PER, assurance vie, PEA, SCPI, immobilier comparés · simulateur d'épargne longue · l'ordre des six priorités · ce que la loi de finances 2026 a changé
CARMF 2026Simulateur
📄
Mon dossier SiiMOP
Se faire classer, pas seulement candidater
Calculateur du nombre minimal de vœux · stratégie d'attribution des cœurs · générateur de lettre de motivation personnalisée · checklist des pièces à déposer · les erreurs qui invalident la procédure
Lettre générée Seuil de vœux
🎯
Évaluer un terrain
Ce terrain vous convient-il vraiment ?
Grille de 16 critères pondérés · score sur 100 · signaux d'alerte · les 20 questions à poser au PAMSU avant de mettre 5 cœurs · comparaison de plusieurs terrains
Score /100 Drapeaux rouges
🚀
Après le DJ
Remplacer, collaborer, s'installer, se salarier
Les cinq voies comparées · libéral ou salarié, cotisations sociales et responsabilité civile, pénale et ordinale mises face à face · le rétroplanning d'installation sur dix-huit mois · les contrats et les sept clauses à ne pas signer · le CESP et la fenêtre qui se ferme avec le DES · les aides 2026 · et un simulateur du mur de trésorerie de la troisième année
Simulateur 3 ans Aides 2026 CESP · salariat
🗓️
Feuille de route
De l'appariement à l'installation
Compte à rebours automatique · 7 phases cochables · démarches administratives datées (tableau spécial, carte CPF/CPS, RCP, licence de remplacement) · reconduction ou changement de terrain au semestre 2 · sortie vers l'installation
Compte à rebours Cochable
📊
Bilan détaillé
Chaque ligne, chaque euro
Tableau annuel complet · table de sensibilité selon le nombre d'actes et de gardes · ce que vous générez pour l'Assurance maladie et pour votre PAMSU, mis en regard de ce que vous percevez
Tableau complet Sensibilité
🧠
Quiz
Testez ce que vous croyez savoir
108 questions Vrai / Faux avec correction sourcée · statut et droits · rémunération · facturation · PDSA · remplacements · appariement · pédagogie · filtrable par thème
108 questions Non certifiant
Ce guide n'a aucune valeur réglementaire. Il synthétise des textes publiés au 11 août 2026. Plusieurs points de mise en œuvre restent en cours d'arbitrage au comité national de suivi — notamment le circuit exact d'encaissement et de reversement, le calendrier de délivrance des cartes CPF/CPS et la question du lien médecin traitant. En cas de doute, votre DMG, votre ARS et votre CHU de rattachement font foi.
Réalisé par le Dr Jonathan Favre (PAMSU, MSP du Triolo, Villeneuve-d'Ascq) & Dr Michaël Rochoy (PAMSU, Outreau) · Version côté Docteur Junior · cnge.fr/phaco

Mon statut de Docteur Junior — Phase de consolidation du DES de médecine générale

Référentiel : Instruction interministérielle DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 du 21/05/2026 · articles R. 6153-1 à R. 6153-1-29 du code de la santé publique · décrets n° 2025-850 et n° 2026-370 · arrêtés des 27/08/2025 et 13/05/2026 · Prise de fonctions : lundi 2 novembre 2026

La phrase à retenir : vous n'êtes plus un interne, vous n'êtes pas encore un médecin installé. Vous êtes un agent public rattaché à un CHU, qui exerce seul ses actes, par délégation et sous la responsabilité d'un praticien libéral qui n'est pas votre employeur. Presque toutes les difficultés pratiques de cette année découlent de cette configuration à trois — vous, le CHU, le PAMSU — et le fait de la comprendre vous évitera bien des malentendus.
Comment lire cet onglet. Quatre blocs. 1 · Le cadre — ce que vous devenez le 2 novembre et ce que cela implique juridiquement. 2 · L'argent — ce que vous percevez, qui vous le verse, ce qui transite par vous sans vous appartenir. 3 · Le quotidien — congés, PDSA, remplacements, ce que vous pouvez refuser. 4 · La sortie — validation du DES et installation. Dépliez ce qui vous concerne.
1 · Le cadre
🎓

1. Devenir Docteur Junior

Les trois conditions d'accès, la nomination, et la démarche ordinale que vous seul devez faire
  • Trois conditions cumulatives pour entrer en phase de consolidation : avoir validé l'ensemble des connaissances et compétences de la phase d'approfondissement, avoir soutenu la thèse avec succès, et être titulaire du diplôme d'État de docteur en médecine Art. R. 6153-1-1 CSP
  • La dérogation qui vous concerne peut-être. Les promotions 2026, 2027 et 2028 (internes ayant débuté en 2023, 2024 ou 2025) peuvent soutenir leur thèse jusqu'à la fin de la phase de consolidation. Le délai supplémentaire est octroyé par le président de l'université, sur proposition du directeur d'UFR Décret n° 2025-1071 du 06/11/2025
    Ce n'est ni automatique ni un droit acquis : c'est une décision individuelle. Si vous comptez dessus, faites la demande tôt et gardez la trace écrite de l'accord
  • Qui vous nomme : le directeur général du CHU de rattachement. Qui vous affecte sur un lieu de stage : le directeur général de l'ARS, à l'issue de la procédure d'appariement. Ce sont deux actes distincts et deux autorités distinctes
  • Une démarche vous incombe personnellement : dans les trois mois qui suivent votre nomination, demander votre inscription sur le tableau spécial tenu par le conseil départemental de l'Ordre du département du CHU de rattachement — pas celui de votre lieu de stage, pas celui de votre domicile À votre initiative
    L'inscription est dématérialisée depuis votre espace sur le site de l'Ordre (« Mon espace » → « Inscription Dr junior »). Inscrivez-vous dès novembre : ce tableau conditionne aussi la mention de votre capacité à assurer des gardes
  • Mettez à jour vos coordonnées ordinales maintenant — adresse postale, téléphone, courriel — sur votre espace personnel du Conseil national. C'est par ce canal que passe la procédure de délivrance des cartes CPF/CPS Prérequis technique
  • Votre statut est celui des docteurs juniors de toutes les spécialités (articles R. 6153-1 à R. 6153-1-29 CSP). S'y ajoutent des indemnités propres à la médecine générale, justifiées par l'exercice ambulatoire
  • Sources : instruction DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 § II · art. R. 6153-1-1 CSP · décret n° 2025-1071 du 06/11/2025
⏱️

2. Vos obligations de service — les 10 demi-journées

Huit demi-journées de soins, deux qui n'en sont pas — et une moyenne qui se calcule sur le trimestre
Dix demi-journées par semaine, en moyenne sur le trimestre. C'est la moyenne qui compte, pas la semaine isolée : une semaine à onze compensée par une semaine à neuf est conforme. Cela autorise des organisations souples (samedis alternés, semaines allégées) mais interdit qu'un dépassement structurel s'installe.
  • Une demi-journée de formation universitaire — vous êtes alors sous la responsabilité du coordonnateur universitaire de votre spécialité, pas de votre PAMSU. Ce n'est pas du temps de cabinet et cela ne se négocie pas Protégée
  • Une demi-journée de temps personnel de consolidation de vos connaissances et compétences. Elle vous appartient : bibliographie, portfolio, thèse le cas échéant, préparation de votre projet professionnel Protégée
  • Restent huit demi-journées d'activité clinique. C'est le volume réel de soins attendu — soit environ quatre journées pleines
  • Le garde-fou d'activité : l'agrément du terrain de stage est réexaminé dès lors que l'activité constatée dépasse un seuil moyen persistant de 2 400 consultations par semestre ≈ 400/mois
    Rapporté à huit demi-journées, cela représente environ 25 consultations par demi-journée. Le texte parle explicitement d'une activité « suffisante, mais également raisonnable » : le seuil protège votre formation, pas seulement votre confort
  • Le seuil bas, lui, est financier : la prime d'activité suppose une moyenne supérieure à 200 actes par mois sur le semestre. Entre 200 et 400 actes mensuels, vous êtes dans la zone attendue → voir carte 6
  • Vous ne pouvez pas vous absenter de votre lieu de stage en dehors des congés prévus et des obligations liées à votre formation théorique, sous peine de sanctions disciplinaires (art. R. 6153-6 CSP, applicable aux DJ)
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § II et § VII · art. R. 6153-1-4 et R. 6153-1-5 CSP
⚖️

3. L'autonomie supervisée — ce que le mot recouvre vraiment

Vous réalisez les actes seul, mais vous n'êtes jamais juridiquement seul
Le code est d'une clarté rare sur ce point : « Les actes réalisés sous ce régime le sont par le docteur junior seul » et, deux alinéas plus loin, « le docteur junior exerce ses fonctions par délégation et sous la responsabilité du praticien dont il relève ». Les deux phrases ne se contredisent pas : la première décrit la réalisation matérielle, la seconde le régime de responsabilité.
  • Un entretien individuel obligatoire à l'entrée en phase 3, avec le coordonnateur local (ou l'enseignant coordonnateur de subdivision) et le praticien responsable du lieu de stage. Ce n'est pas une formalité : c'est là que se décident la nature, le nombre et les conditions de réalisation des actes que vous pourrez accomplir en autonomie Ne le laissez pas sauter
  • Le périmètre se négocie et s'écrit. Ces éléments sont inscrits dans votre contrat de formation (art. R. 632-26 du code de l'éducation). Ils font l'objet d'une concertation entre vous et le praticien responsable, en lien avec le coordonnateur — le texte ne dit pas « décision du maître de stage »
  • Le périmètre s'élargit au fil de l'année. « La nature des actes est progressivement diversifiée jusqu'à recouvrir, au terme de cette phase, l'intégralité des mises en situation figurant dans le référentiel. » Un périmètre figé en juin sur ce qu'il était en novembre est un signal à faire remonter
  • La supervision est un droit, pas une faveur : « un praticien auquel le docteur junior peut avoir recours à tout moment de son exercice ». Son objet est le conseil, l'accompagnement, et la prise en charge d'une situation à laquelle vous ne pourriez pas faire face en autonomie Art. R. 6153-1-2
  • La restitution est organisée par le praticien, pas laissée à votre bonne volonté. Le texte impose au praticien responsable d'« organiser la restitution régulière par le docteur junior de toute activité réalisée en autonomie »
  • Ce que vous ne réalisez pas encore en autonomie est réalisé « dans les conditions en vigueur pour les internes » — c'est-à-dire en supervision directe. Dire « je ne suis pas à l'aise avec ça, viens » est prévu par le texte, pas un aveu de faiblesse
  • Locaux distincts : possible et encadré. Le PAMSU peut exercer dans des locaux différents des vôtres, à condition de pouvoir être joint et d'intervenir à tout moment, dans un délai « raisonnable et acceptable ». Ces précisions géographiques figurent au dossier d'agrément — vous pouvez demander à les connaître
  • Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § II et § VII
🛡️

4. Responsabilité et assurance

Trois régimes se superposent — et un seul dépend de vous
  • Responsabilité civile : vous exercez par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. En pratique, la victime d'un dommage se retourne d'abord vers celui-ci ou vers la structure. Votre responsabilité personnelle peut néanmoins être recherchée, notamment en cas de faute personnelle détachable du service
  • Responsabilité disciplinaire ordinale : inscrit au tableau spécial, vous relevez de la juridiction disciplinaire de l'Ordre. Et pendant un remplacement, vous en relevez pleinement, comme tout médecin remplaçant
  • Responsabilité pénale : elle est toujours personnelle et ne se délègue pas. Aucune supervision ne l'absorbe
  • Assurance RCP : vérifiez que votre contrat couvre bien votre activité de docteur junior en ambulatoire et, si vous en faites, vos remplacements libéraux — ce sont deux périmètres distincts et beaucoup de contrats étudiants s'arrêtent à la thèse À vérifier avant novembre
    Plusieurs assureurs offrent la RCP aux internes et docteurs juniors sous conditions ; ces offres comportent des exclusions et cessent souvent à l'obtention du DES. En cas de remplacement libéral, l'assurance est obligatoire (loi du 4 mars 2002) et la contribution au fonds de garantie peut être due. Demandez une attestation nominative mentionnant explicitement « docteur junior »
  • Médecine du travail : vous relevez du service de santé au travail de l'entité où vous accomplissez votre stage ; à défaut, de celui de votre CHU de rattachement Art. R. 6153-1-3
  • Sources : art. R. 6153-1-2 et R. 6153-1-3 CSP · CNOM, « L'interne ou le docteur junior remplaçant »
2 · L'argent
💶

5. Votre rémunération, ligne par ligne

Une part fixe, une part variable, et un versement unique : le CHU
Tout passe par le CHU de rattachement — y compris ce qui est déclenché par votre activité en cabinet. Votre PAMSU ne vous verse rien et n'est pas votre employeur. Les montants ci-dessous sont des montants bruts.
ÉlémentMontant brutCondition
Émoluments forfaitaires2 375 € / moisAucune — part fixe
Prime d'autonomie supervisée5 000 € / anPart fixe, versée mensuellement (≈ 417 €/mois)
Prime forfaitaire à l'activité500 € / semestreActivité semestrielle moyenne > 200 actes/mois · versée à l'issue du stage
Indemnité ZIP1 000 € / moisStage ambulatoire en zone d'intervention prioritaire
Indemnité forfaitaire d'hébergement300 € / moisSi éligible et si vous ne percevez pas l'indemnité ZIP
Indemnité forfaitaire de transport130 € / moisSi éligible et si vous ne percevez pas l'indemnité ZIP
Régulation médicale PDSA50 € / heureVolontariat + formation préalable + accord du PAMSU
Garde PDSA (12 h)422,03 €20 h–8 h en semaine · dimanches et jours fériés 8 h–20 h
Demi-garde PDSA211,01 €Début de soirée jusqu'à minuit · samedis 12 h–20 h
  • Le point de vigilance sur la ZIP : l'indemnité de 1 000 €/mois n'est pas cumulable avec les indemnités forfaitaires d'hébergement (300 €) et de transport (130 €). Elle reste toutefois bien plus favorable — 1 000 € contre 430 € au maximum Non cumulable
  • Le zonage est cristallisé à votre avantage : l'indemnité ZIP « est valable sur toute la durée de la phase de consolidation même si, au cours de celle-ci, la commune n'est plus considérée comme ZIP du fait de l'actualisation du zonage »
  • La prime d'activité est versée à terme échu, à l'issue du stage — ne comptez pas dessus pour votre trésorerie de novembre. Le calcul se fait sur la moyenne du semestre : un mois creux compensé par un mois chargé ne vous pénalise pas
  • Ce sont vos données d'activité transmises au CHU, notamment le nombre d'actes, qui servent de base au calcul. Gardez trace de votre propre comptage : c'est votre seul moyen de contester une erreur
  • Supplément familial de traitement si vous êtes chargé de famille — majoration des émoluments selon les règles de la fonction publique. Il faut en faire la demande Souvent oublié
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § VI-a · art. D. 6153-1-8 CSP modifié par décret n° 2025-850 · arrêté du 27/08/2025 modifié par arrêté du 13/05/2026 · décret n° 2026-370 du 13/05/2026
💳

6. Facturer : carte CPF/CPS, tiers payant, tickets modérateurs

Vous facturez sous votre nom, mais l'argent des actes ne vous revient pas
L'interdit le plus lourd de toute la réforme : vous ne pouvez en aucun cas facturer des actes avec la carte CPS de votre PAMSU. L'instruction qualifie cela de situation de fraude et annonce des contrôles de l'Assurance maladie. Si on vous le propose — même « juste le temps que ta carte arrive » — refusez, et faites remonter au DMG.
  • Une carte CPF/CPS spécifique vous est délivrée, différente de celle reçue pendant l'internat. Elle est personnelle. Elle donne accès aux téléservices : télétransmission des FSE, signature électronique, DMP, messagerie sécurisée de santé Nominative
  • Le calendrier de délivrance était annoncé « avant l'été 2026 » par une procédure conjointe Ordre / Assurance maladie / Agence du numérique en santé. Vérifiez auprès de votre DMG où en est la vôtre — sans carte, pas de facturation possible Point bloquant
  • Cas particulier du centre de santé : votre carte y est liée au centre. Un changement de centre impose la délivrance d'une nouvelle carte — anticipez si vous envisagez de changer de terrain au second semestre
  • Vous facturez à tarifs opposables, dans les conditions prévues par la convention, et vous appliquez obligatoirement le tiers payant sur la part prise en charge par l'assurance maladie obligatoire. Ce n'est pas une option de confort : c'est une obligation attachée à votre statut
  • Les tickets modérateurs reviennent intégralement au PAMSU, quelle que soit la modalité de paiement par le patient. Si un patient vous règle en espèces ou par chèque, vous êtes tenu de reverser l'intégralité des sommes collectées. Aucun montant ne doit rester chez vous Zéro exception
    La même règle s'applique à votre activité de garde de PDSA : les tickets modérateurs vont au PAMSU de rattachement. Si le PAMSU qui supervise votre garde est différent de votre PAMSU habituel, c'est votre PAMSU habituel qui perçoit les tickets modérateurs ; celui qui supervise perçoit seulement la prime de supervision
  • Organisez le circuit dès la première semaine. Qui encaisse ? Quel terminal de paiement ? À quelle fréquence reversez-vous ? Sur quelle trace écrite ? Un tableau partagé et une remise hebdomadaire valent mieux qu'une enveloppe et une confiance mutuelle — pour vous protéger autant que lui
  • Source : instruction du 21/05/2026 § VI-a, sous-section « Carte CPF/CPS »
🏛️

7. Ce que perçoit votre PAMSU

À connaître : cela explique certains arbitrages d'agenda qui vous seront proposés
Vous n'avez pas à gérer sa rémunération, mais la connaître vous aide à comprendre les décisions qu'il prend — et à repérer une organisation d'agenda motivée par autre chose que votre formation.
ÉlémentMontant brutVersé par
Honoraires pédagogiques600 € / moisUniversité
Prime territoriale (ZIP, ZAC, QPV)800 € / moisUniversité
Prime de supervision PDSA400 € / moisUniversité
Compensation patientèle exonérée 50–63 %300 € / moisUFR, sur RIAP N‑1
Compensation patientèle exonérée ≥ 63 %600 € / moisUFR, sur RIAP N‑1
Compensation régime local Alsace-Moselle550 € / moisUFR
Interruption totale non prévisible de votre stage1 200 € / moisARS, dès un mois calendaire complet
Tickets modérateurs de votre activitévariablePatients / vous
  • Le repère officiel : l'instruction indique qu'environ 210 consultations mensuelles d'un DJ correspondent à 1 200 € de tickets modérateurs encaissés, sur la base de l'honoraire et du taux de prise en charge moyens constatés Note de bas de page de l'instruction
  • Ce que cela implique pour vous : la part variable de ses revenus dépend de votre volume d'actes. C'est le point de tension structurel de la réforme, et il est utile de le nommer calmement plutôt que de le découvrir en mars
  • L'indemnité de 1 200 €/mois initialement prévue pour compenser les charges d'encadrement a été supprimée par l'arrêté du 13 mai 2026 et remplacée par les compensations conditionnelles ci-dessus
  • Source : instruction du 21/05/2026 § VI-b et note 6
🏥

8. MSP, centre de santé, cabinet : ce qui change pour vous

Le type de structure ne change pas votre rémunération, mais modifie le circuit de l'argent
  • Règle générale : « les modalités de rémunération des docteurs juniors sont identiques indépendamment du lieu de stage ». Vous percevez la même chose en cabinet, en MSP ou en centre de santé Rassurant
  • En cabinet libéral et en MSP : vous facturez votre activité dans les mêmes conditions. Le PAMSU agréé à titre individuel perçoit les tickets modérateurs, la prime territoriale et les honoraires pédagogiques. Si la MSP est agréée en tant que structure, ces sommes vont au PAMSU ou à la MSP via la SISA, selon ce que prévoit l'agrément
  • En centre de santé : c'est le centre qui facture vos actes et perçoit directement le ticket modérateur, quel que soit le mode d'agrément. Le centre perçoit aussi la prime territoriale et les compensations. Seuls les honoraires pédagogiques (et la prime de supervision PDSA le cas échéant) reviennent au PAMSU agréé individuellement
  • Prérequis technique en centre de santé : l'agrément doit comporter l'engagement d'être à jour de la dernière version SESAM-Vitale sur les postes de travail. À défaut, vos facturations sont impossibles — vérifiez-le avant de vous engager Bloquant
  • Deux étudiants au plus par PAMSU, simultanément et à temps plein, à condition qu'il dispose du temps nécessaire à un suivi de qualité. Si vous découvrez que vous serez le second, demandez comment le temps de supervision est réparti À demander
  • Question encore ouverte : le rattachement « médecin traitant » de la patientèle que vous suivez. Les textes publiés à ce jour ne tranchent pas explicitement la déclaration sous votre nom. En pratique, le lien médecin traitant reste celui du PAMSU — clarifiez-le au premier entretien plutôt qu'en fin d'année En cours d'arbitrage
  • Source : instruction du 21/05/2026 § IV et § VI-a, sous-section « Cas spécifiques des maisons et centres de santé »
3 · Le quotidien
🌴

9. Congés, maladie, parentalité

Vingt-cinq jours ouvrés, une année de référence qui commence le premier lundi de novembre
  • Congé annuel : 25 jours ouvrés. Vous continuez à percevoir vos émoluments, la prime d'autonomie supervisée et, le cas échéant, les indemnités représentatives d'avantages en nature Art. R. 6153-1-9
  • Trente et un jours consécutifs maximum en une seule fois
  • L'année de référence commence le premier lundi de novembre — elle épouse donc exactement votre année de consolidation
  • Jours non pris : si vous avez pris au moins 20 jours dans l'année de référence, vous avez droit à une indemnité compensatrice pour chaque jour non pris, dans la limite de 5 jours ouvrés. En dessous de 20 jours pris, vous perdez le bénéfice de cette indemnité Le seuil de 20 jours
  • Maladie : jusqu'à 12 mois consécutifs. 90 % des émoluments et de la prime d'autonomie les 3 premiers mois, puis la moitié les 9 mois suivants (art. R. 6153-1-12)
  • Longue maladie : jusqu'à 30 mois, plein traitement 12 mois puis demi-traitement 18 mois. Longue durée : jusqu'à 24 mois par affection, à plein traitement (art. R. 6153-1-13 et R. 6153-1-14)
  • Accident du travail / maladie professionnelle : congé jusqu'à guérison ou consolidation, plein traitement dans la limite de 36 mois (art. R. 6153-1-15)
  • Maternité, paternité, adoption, congés liés aux responsabilités parentales : maintien de la rémunération fixe et de la prime d'autonomie supervisée. Le congé supplémentaire de naissance est rémunéré à 70 % le premier mois puis 60 % le second (art. R. 6153-1-11, modifié en 2026)
  • Temps partiel thérapeutique possible après avis du comité médical, à plein traitement (art. R. 6153-1-16). Disponibilité possible dans les conditions de l'art. R. 6153-26
  • Ce qui se passe côté PAMSU si vous vous absentez longuement : il perçoit 1 200 €/mois de l'ARS à partir d'un mois calendaire complet d'absence. Une absence de trois semaines à cheval sur deux mois ne déclenche rien — ce n'est pas votre problème, mais cela explique certaines réactions
  • Sources : art. R. 6153-1-9 à R. 6153-1-17 et R. 6153-1-21 CSP
🚨

10. La PDSA : régulation et gardes

Volontariat strict, repos de sécurité sans dérogation possible
Le repos de sécurité est d'application stricte. Il suit immédiatement chaque garde ou plage de régulation. Aucune dérogation, aucun report. Il ne peut donner lieu à l'accomplissement d'obligations de service en stage ou hors stage — et une activité de remplacement ne peut pas être accomplie pendant le repos de sécurité.
  • C'est du volontariat, et cela s'exerce dans le cadre de vos obligations de service — pas en plus. Un PAMSU ne peut pas vous l'imposer Votre choix
  • L'accord de votre PAMSU est requis, et vous exercez sous sa responsabilité ou celle d'un autre praticien désigné
  • Régulation médicale — la formation d'abord. Formation préalable obligatoire, intégrée à vos obligations de service, assurée en journée dans les locaux du CRRA du SAMU–Centre 15 par les médecins régulateurs du SAS, et comportant une partie en double écoute
  • Deux garde-fous en régulation : vous ne devez pas être le seul régulateur de la PDSA sur le plateau, et vous ne pouvez pas réguler à distance du CRRA — même si votre PAMSU, lui, le fait légalement Sur site uniquement
  • Inscription : après avoir informé votre PAMSU, vous vous inscrivez auprès de l'association de médecins régulateurs pour figurer sur le planning départemental
  • Gardes de PDSA : dans les lieux prévus par le cahier des charges régional — cabinet de votre PAMSU, cabinet d'un autre PAMSU superviseur, ou maison médicale de garde. Vous êtes inscrit au tableau de garde en « doublon » avec le PAMSU qui vous supervise
  • Encadrement téléphonique à distance : la présence physique du PAMSU n'est pas requise, mais il doit être joignable à tout moment et en mesure de vous accompagner. Il organise une restitution à l'issue de la période de garde Prévu par le texte
  • Gardes hospitalières : possibles également, dans un établissement public de santé, sous réserve du respect du repos de sécurité. L'autorisation est délivrée par le directeur de la structure d'accueil, en accord avec le praticien dont vous relevez, et transmise à l'Ordre qui la fait figurer au tableau spécial
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § V · décret n° 2026-370 du 13/05/2026 · art. R. 6153-1-5 CSP · arrêté du 10/09/2002 (repos de sécurité)
🔁

11. Remplacer pendant votre année de DJ

C'est possible, mais pas partout, pas n'importe quand, et pas sans formalités
L'interdit central : « Le docteur junior ne peut exercer en tant que remplaçant dans l'entité au sein de laquelle il est accueilli au titre d'un stage » (art. D. 6153-1-27 du code de la santé publique). Vous ne pouvez donc pas remplacer votre propre PAMSU pendant ses congés — même s'il vous le demande, même si cela l'arrange.
  • Deux fenêtres temporelles fermées : les remplacements se font en dehors de vos obligations de service et en dehors des repos de sécurité dont vous bénéficiez (art. D. 6153-1-26). Concrètement : sur vos congés, pas sur vos demi-journées
  • Uniquement dans votre spécialité — donc en médecine générale (art. L. 4131-2 CSP)
  • Deux formalités à ne pas confondre :
    · la licence de remplacement, que vous demandez au conseil départemental de l'Ordre (de préférence celui de votre faculté ou de votre CHU) — c'est une attestation constatant que vous remplissez les critères de formation, sans valeur juridique et ne valant pas autorisation. Gratuite, renouvelable, à surveiller quant à sa date de validité
    · l'autorisation de remplacement, que le médecin remplacé demande à son propre conseil départemental, accordée pour 3 mois maximum, renouvelable. Le remplacement peut commencer sans attendre la notification officielle lorsque le remplaçant est un étudiant
  • La rétrocession, en pratique. Elle va couramment de 70 à 100 % des honoraires selon l'existence d'un secrétariat, la période — les vacances scolaires se négocient mieux — la durée et l'urgence du remplacement. Sur les gardes, la rétrocession usuelle est de 100 %, puisque le médecin remplacé ne supporte aucun frais professionnel sur le lieu de garde ; l'astreinte de régulation s'y ajoute.
  • Ne faites pas figurer de clause de rétrocession minimum dans le contrat. Un plancher garanti s'apparente juridiquement à une rémunération, donc à du salariat — avec les cotisations correspondantes et un risque de requalification. C'est un engagement oral entre confrères, pas une clause. Ce point est signalé de longue date par ReAGJIR.
  • Tenez un journal des recettes dès le premier jour. Les honoraires sont encaissés au nom du médecin remplacé : vous devez consigner, pour chaque acte, le nom du patient, le montant et le mode de paiement. La plupart des logiciels métier le font automatiquement — vérifiez-le plutôt que de le supposer.
  • Attention à la clause de non-installation souvent insérée dans les contrats de remplacement : elle vous interdit de vous installer dans un rayon donné. Elle est distincte de la règle des trois mois de l'article R. 4127-86, et elle se négocie.
  • Contrat écrit obligatoire, précisant durée, honoraires et rétrocession, modalités pratiques et, le cas échéant, les perspectives d'installation. À transmettre au conseil de l'Ordre du lieu d'exercice
  • Vous exercez en lieu et place du médecin remplacé : vous utilisez ses ordonnances et feuilles de soins, que vous biffez en indiquant votre qualité de remplaçant, votre nom et votre prénom. Vous relevez de la juridiction disciplinaire de l'Ordre pendant toute la durée du remplacement
  • La clause des 90 jours : si vos remplacements chez un même médecin dépassent 90 jours au total, vous ne pourrez pas vous installer à proximité pendant 2 ans sans son accord écrit (art. R. 4127-86). C'est un point à mesurer si vous envisagez de vous installer dans le secteur Anticipation installation
  • Côté social et fiscal : déclaration à l'URSSAF dans les 8 jours du premier remplacement. L'offre simplifiée médecin remplaçant (RSPM) est ouverte si vos honoraires rétrocédés n'excèdent pas 19 000 € par année civile et si vous n'exercez pas d'autre activité indépendante : taux unique de 13,50 %, déclarations mensuelles ou trimestrielles, guichet unique URSSAF + CARMF sur medecins-remplacants.urssaf.fr. Entre 19 000 et 38 000 €, le régime peut être maintenu au taux de 21,20 % pendant deux ans au maximum ; au-delà de 38 000 €, sortie vers le régime PAMC. Attention : ce taux de 13,50 % n'ouvre aucun droit au régime complémentaire vieillesse de la CARMF (art. D. 642-4-2 CSS). Ne confondez pas ce seuil social avec le seuil fiscal du micro-BNC, fixé à 83 600 € 19 000 / 38 000 / 83 600 €
  • Fiscalement, deux revenus distincts : votre rémunération de DJ est imposée en traitements et salaires ; vos remplacements en BNC (micro-BNC avec abattement de 34 % en dessous des seuils, ou déclaration contrôlée). Les deux s'additionnent dans votre revenu imposable → le simulateur en tient compte
  • Assurance : vérifiez que votre RCP couvre explicitement les remplacements libéraux. Beaucoup de contrats « offerts » aux internes ne les couvrent pas ou exigent une contribution supplémentaire
  • Sources : art. D. 6153-1-26 et D. 6153-1-27 CSP · art. L. 4131-2 et R. 4127-86 CSP · CNOM, « L'interne ou le docteur junior remplaçant » · URSSAF, offre médecin remplaçant
🎯

12. L'appariement SiiMOP, côté candidat

Ce n'est pas un recrutement : c'est un algorithme, et il obéit à des règles que vous pouvez jouer
  • Plateforme SiiMOP Appariement, accessible avec vos identifiants universitaires UNESS · portail.uness.fr. Testez votre accès maintenant, pas la veille de l'ouverture Vérifier tôt
  • Trois pièces à déposer sur la plateforme : votre contrat de formation, votre CV et vos lettres de motivation pour les terrains demandés. Le dossier peut être personnalisé terrain par terrain au moment de candidater → onglet « Mon dossier SiiMOP »
  • Le système des cœurs : vous attribuez de 1 à 5 cœurs à chaque poste — 1 cœur pour un poste acceptable mais peu désirable, 5 cœurs pour ceux que vous voulez vraiment. Ce n'est pas un classement ordonné : plusieurs postes peuvent recevoir 5 cœurs
  • Le seuil minimal de vœux : au moins 20 % du nombre total de postes offerts au premier tour (et au minimum deux vœux), 40 % au second tour. En dessous, la procédure est nulle — vous ne serez pas apparié Erreur fatale
    Exemple : 600 postes ouverts en Île-de-France → 120 vœux minimum. 300 postes en Occitanie → 60 vœux. Le calculateur de l'onglet « Mon dossier SiiMOP » fait le calcul pour votre subdivision
  • Le PAMSU classe ensuite les candidatures reçues (rang 1 = meilleure note). Il doit classer toutes les candidatures s'il en reçoit moins de 10, et au moins 10 au-delà. S'il ne respecte pas son obligation, son classement n'est pas pris en compte par l'algorithme
  • Le cas favorable : si vous mettez 5 cœurs sur un terrain et que le responsable vous classe premier, l'algorithme vous y affecte — en l'absence d'ex æquo
  • Quatre tours : trois tours numériques sur SiiMOP puis un tour manuel hors plateforme (DMG, ARS, doyen). Vous ne participez au tour suivant que si vous n'avez pas été affecté au précédent
  • Le choix s'effectue au niveau de la subdivision. Les étudiants de la subdivision sont identifiés par un astérisque sur la plateforme et bénéficient d'une priorité (art. 44 de l'arrêté du 12 avril 2017)
  • Le classement ECN ne s'applique plus pour les semestres 7 et 8. Votre rang ne vous protège ni ne vous pénalise : c'est votre dossier et vos vœux qui comptent
  • Repère de calendrier 2026 : dépôt des fiches de terrain par les PAMSU jusqu'au 31 août · appariement au cours du mois de septembre · résultat du dernier tour le 29 septembre 2026 · prise de fonctions le 2 novembre. Les dates exactes de chaque tour sont publiées par votre ARS et votre UFR — vérifiez-les, elles varient d'une subdivision à l'autre À confirmer localement
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § IV · guides utilisateurs SiiMOP Appariement (UNESS) · FAQ appariement docteurs juniors (ARS)
4 · La sortie
📚

13. Valider : thèse, portfolio, mémoire de DES

Quatre conditions, un jury, et une soutenance présentielle
  • La maquette de la phase de consolidation (arrêté du 3 août 2023) : 2 semestres, et 2 demi-journées hebdomadaires hors stage — une en supervision, une en autonomie. Ce sont exactement les deux demi-journées non cliniques de vos obligations de service
  • Ce qui est évalué : validation des enseignements, validation des stages, validation du portfolio (recueil organisé de vos traces écrites d'apprentissage) et niveau de compétences, évalué sur une grille standardisée universitaire pendant les stages
  • Le niveau attendu : il est attendu que vous ayez atteint le niveau de fin de phase de consolidation pour les six compétences de médecine générale — soit le niveau « compétent »
  • La validation finale passe par la soutenance et validation du mémoire de DES, généralement présentielle, où vous présentez votre portfolio et précisez votre projet professionnel
  • Le jury de fin de phase se réunit typiquement fin août / début septembre selon les facultés, avec votre trinôme de tuteurs. Les modalités précises relèvent de votre DMG — récupérez le référentiel de votre faculté dès la rentrée Varie par faculté
  • Si la phase n'est pas validée : la commission locale de coordination de la spécialité propose soit une réorientation, soit une prolongation d'un semestre dans un lieu de stage agréé désigné par elle, pour valider les items manquants. C'est le directeur de l'UFR qui décide sur cette proposition (art. 59 de l'arrêté du 12 avril 2017) Recours prévu
  • Le calendrier de la thèse, si vous bénéficiez de la dérogation : soutenance possible jusqu'à la fin de la phase de consolidation. Attention à ne pas cumuler la rédaction, l'année d'autonomie et le portfolio sur les mêmes trois mois de printemps — c'est le piège classique
  • À l'issue de la validation du DES, vous vous inscrivez au tableau de l'Ordre et exercez comme médecin généraliste. Votre licence de remplacement devient caduque : vous remplissez désormais les conditions d'inscription au tableau
  • Sources : arrêté du 03/08/2023 (maquette DES MG) · arrêté du 12/04/2017 art. 59 · instruction du 21/05/2026 § III et § VII
🏠

14. Après : s'installer, remplacer, se donner du temps

L'atout juridique du stage DJ, et le nouveau paysage des aides depuis janvier 2026
Un avantage souvent ignoré : le stage de docteur junior n'est pas un remplacement au sens juridique. La clause de non-concurrence de deux ans qui suit 90 jours de remplacement chez un même médecin ne s'applique donc pas à votre stage. Vous pouvez vous installer dans le même cabinet ou juste à côté, sans autorisation à demander.
  • Attention à la combinaison, en revanche : si vous avez aussi remplacé ce médecin ailleurs, ou dans un autre cadre, au-delà de 90 jours cumulés, la clause redevient applicable pour cette activité-là. Comptez vos jours
  • Ce qui a changé au 1er janvier 2026 : les contrats démographiques issus de la convention de 2016 (CAIM notamment) ne sont plus ouverts à l'adhésion. Ils sont remplacés par des aides ponctuelles versées par l'Assurance maladie Nouveau régime
    SituationAide
    Primo-installation en ZIP10 000 €
    Primo-installation en ZAC5 000 €
    Ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP3 000 €
  • Aide forfaitaire unique, versée dans les trois mois suivant l'installation, sans engagement de durée d'exercice dans la zone, réservée aux médecins en secteur 1 ou secteur 2 OPTAM/OPTAM-ACO. Pas de rétroactivité pour les installations antérieures
  • Cumulable avec les majorations du forfait médecin traitant (FMT), qui remplace depuis janvier 2026 le forfait patientèle et la ROSP. Pour les primo-installés en ZIP ou QPV : majoration de 50 % la première année, 30 % la deuxième, 10 % la troisième ; puis 10 % de façon pérenne tant que vous exercez dans la zone
  • Le COSCOM reste maintenu pour les praticiens déjà engagés, mais n'est plus ouvert à de nouvelles adhésions. Les consultations avancées en ZIP sont valorisées à 200 € la demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois, pour les médecins non installés en ZIP
  • Exonération fiscale France Ruralités Revitalisation (FRR) : exonération d'impôt sur le revenu pendant 5 ans puis dégressive sur 3 ans, dans les communes classées. Ce dispositif remplace les ZRR depuis juillet 2024 et couvre une part importante du territoire — à vérifier commune par commune avant de signer un bail
  • Le détail complet — les cinq voies comparées, le rétroplanning, les contrats et le simulateur de trésorerie — est dans l'onglet « Après le DJ ». Cette fiche n'en donne que le cadre juridique.
  • Ne rien décider tout de suite est aussi une option. Une période de remplacement après le DES reste le moyen le plus simple de tester plusieurs modes d'exercice sans engagement. Le nouveau régime d'aides, sans contrepartie de durée, rend d'ailleurs le report d'installation moins coûteux qu'auparavant
  • Vérifiez votre zonage : l'outil Rézone de l'Assurance maladie et les cartographies de votre ARS donnent le classement ZIP/ZAC/QPV à jour, réactualisé régulièrement Rézone · PAPS régional
  • Sources : convention médicale 2024-2029 · ameli.fr, « Des aides en faveur de l'exercice en zone sous-dense rénovées » (entrée en vigueur 01/01/2026) · art. R. 4127-86 CSP
🆘

15. Si ça se passe mal

Les recours existent, mais ils supposent d'avoir tracé les choses tôt
Cette année vous place seul avec un praticien, souvent loin de vos pairs, dans une relation où il perçoit une partie de ses revenus de votre activité. La grande majorité des stages se passera très bien. Pour les autres, mieux vaut savoir à l'avance vers qui se tourner.
Le point à retenir avant tous les autres : le DMG est là pour vous. Le département de médecine générale n'est pas un arbitre neutre entre vous et votre maître de stage — c'est l'instance universitaire qui propose l'agrément des terrains, les évalue et peut les faire retirer. Sa fonction institutionnelle est de garantir la qualité de la formation, ce qui revient à protéger l'étudiant. C'est aussi son intérêt bien compris : un terrain qui exploite ses apprenants abîme la discipline entière et fait fuir les promotions suivantes. Signaler au DMG n'est ni une trahison ni un risque pour votre validation : c'est la voie normale, et elle est empruntée régulièrement. L'erreur la plus fréquente n'est pas de saisir le DMG à tort — c'est d'attendre le mois de juin.
  • Vos interlocuteurs, dans l'ordre : le PAMSU lui-même d'abord, en une phrase factuelle — la majorité des difficultés sont des malentendus d'organisation ; puis votre tuteur, qui n'a aucun intérêt dans le terrain ; puis le DMG (coordonnateur local ou responsable des stages ambulatoires), qui est l'instance compétente sur l'agrément ; puis l'ARS, qui délivre et réexamine les agréments ; et votre syndicat de subdivision à tout moment, en parallèle
  • Les motifs qui relèvent clairement du DMG ou de l'ARS : périmètre d'autonomie qui ne s'élargit jamais · supervision indisponible ou fictive · activité au-delà du seuil de 2 400 consultations/semestre · demi-journées de formation ou de temps personnel systématiquement absorbées par le soin · demande d'utiliser la carte CPS du PAMSU
  • Ce que le DMG et l'ARS peuvent réellement faire — et sur quel fondement. L'article 39 de l'arrêté du 12 avril 2017, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 22 décembre 2021, prévoit qu'un agrément peut être retiré lorsque le terrain de stage ne garantit pas des conditions de travail respectant les droits et la dignité de l'étudiant, ou altère sa santé physique ou mentale. Ce n'est pas une formule de style : c'est un motif de retrait autonome, distinct des critères pédagogiques.
  • Trois niveaux de réponse, gradués. Le réexamen de l'agrément, qui peut être déclenché notamment sur demande motivée des organisations représentatives d'étudiants de la subdivision, et qui s'appuie sur les grilles d'évaluation des stages. La suspension, prononcée par arrêté motivé du directeur général de l'ARS après avis ou proposition de la commission de subdivision, assortie de recommandations précisant les corrections attendues ; à l'issue, l'agrément initial est remplacé par un agrément conditionnel d'un an. Le retrait, enfin, qui entraîne le réexamen de tous les agréments accordés au lieu de stage ou au praticien, et impose, pour toute nouvelle demande, de démontrer les corrections apportées.
  • Votre évaluation de fin de stage n'est pas une formalité. Les grilles d'évaluation de la qualité des stages sont la matière première du réexamen d'agrément. Une évaluation complaisante par confort ou par gratitude prive l'instance de son seul instrument de mesure — et laisse le terrain en l'état pour la promotion suivante. Une évaluation factuelle et circonstanciée n'est pas une dénonciation : c'est le mécanisme prévu par les textes, et il ne fonctionne que si on s'en sert.
  • Le déséquilibre est réel, et il est reconnu. Vous êtes seul face à un praticien dont une partie de la rémunération est indexée sur votre présence, dans un dispositif où le nombre de terrains est structurellement insuffisant. C'est précisément pourquoi le contrôle a été confié à des instances extérieures au terrain — DMG, commission de subdivision, ARS — et non à la relation bilatérale. Ne pas les saisir revient à traiter seul un rapport de force que le législateur a justement voulu déséquilibrer en votre faveur.
  • Tracez au fil de l'eau. Un fichier daté, factuel, sans commentaire — dates, nombre d'actes, situations où la supervision n'a pas été joignable. Sans trace, une difficulté rapportée en juin devient une parole contre une autre
  • Le second semestre est une porte de sortie prévue par les textes. La reconduction du premier stage se fait « par reconduction après accord des deux parties » — donc pas automatiquement. L'instruction prévoit explicitement le cas de « difficultés rencontrées sur le premier stage » comme motif de deux stages distincts Droit explicite
  • Changer de terrain n'est pas un échec et ne préjuge pas de la validation. C'est une procédure formalisée : informez l'ARS et l'UFR en amont
  • Discipline : les dispositions disciplinaires applicables aux internes vous sont applicables (art. R. 6153-1-19 et R. 6153-1-20). Vous avez donc les mêmes garanties procédurales — droit d'être entendu, accès au dossier
  • Droit syndical : les articles R. 6153-24 à R. 6153-24-4 vous sont applicables. Vos syndicats de subdivision et l'ISNAR-IMG sont des interlocuteurs légitimes, y compris pour un conseil confidentiel
  • Si vous allez mal : les structures d'aide aux soignants existent et sont confidentielles — service de santé au travail de votre CHU, dispositifs régionaux d'entraide, cellules d'écoute des conseils de l'Ordre. Une année d'autonomie isolée est une situation à risque connue, en parler tôt n'a rien d'exceptionnel
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § III et § VII · art. R. 6153-1-18 à R. 6153-1-20 CSP
Textes de référence · Instruction interministérielle n° DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 du 21 mai 2026 (NOR SFHH2607068J) · Décret n° 2025-850 du 27 août 2025 · Décret n° 2026-370 du 13 mai 2026 · Décret n° 2025-1071 du 6 novembre 2025 · Arrêté du 27 août 2025 modifié par arrêté du 13 mai 2026 · Arrêté du 3 août 2023 (maquette DES MG) · Arrêté du 12 avril 2017 · Articles R. 6153-1 à R. 6153-1-29 du code de la santé publique

Mon stage — le quotidien, semaine après semaine

De l'avant-J1 au bilan de fin d'année · organisation matérielle, agenda, supervision, dossiers, visites, imprévus

Ce que personne ne vous dira à la faculté : la réussite d'une année de consolidation ne se joue pas sur votre niveau clinique — il est déjà là. Elle se joue sur des choses beaucoup plus prosaïques : est-ce que votre carte fonctionne le premier jour, est-ce que vous avez un bureau à vous, est-ce que votre nom est dans l'agenda en ligne, est-ce que les patients savent qui vous êtes, est-ce que vous savez qui appeler à 18 h 45 quand la situation vous dépasse.
Cet onglet traite exclusivement de ça. Les onglets « Mon statut » et « Apprendre & progresser » traitent du droit et de la pédagogie ; celui-ci traite de la logistique, c'est-à-dire de ce qui fait qu'une année se passe bien ou mal.
🧭

Mon guide personnalisé

Huit questions, et le guide se réduit à ce qui vous concerne : vos démarches datées, les pièges propres à votre configuration, les questions à poser à votre PAMSU, vos interlocuteurs. Le texte produit est modifiable, copiable et imprimable. Rien n'est enregistré — ni cookie, ni compte, ni envoi.

Ce guide reprend les règles générales applicables à tous les docteurs juniors ambulatoires. Il ne remplace ni votre contrat de formation, ni les consignes de votre DMG, ni les particularités de votre subdivision — les calendriers locaux d'appariement, notamment, varient d'une subdivision à l'autre.

Comment lire cet onglet. 1 · Avant d'arriver — les démarches à boucler entre l'appariement et le 2 novembre. 2 · Les premières semaines — J1, montée en charge, place dans l'agenda. 3 · Le régime de croisière — la semaine type, la supervision, les dossiers, les visites, les imprévus. 4 · Les moments qui comptent — points d'étape, mi-parcours, fin d'année.
1 · Avant d'arriver
📮

Les six démarches à boucler avant le 2 novembre

Aucune ne se fait en un jour, et deux d'entre elles conditionnent votre capacité à facturer
Le doctorat

Vous ne pouvez pas être nommé docteur junior sans être docteur en médecine. Pour les promotions 2026 à 2028, le décret n° 2025-1071 du 6 novembre 2025 ouvre une dérogation permettant d'entrer en phase de consolidation avec la thèse non encore soutenue, sous conditions. Vérifiez auprès de votre DMG ce que votre subdivision applique exactement : la dérogation existe, sa mise en œuvre locale varie.

L'inscription au tableau spécial de l'Ordre

Elle se fait au conseil départemental de l'Ordre du département de votre CHU de rattachement, et non de celui de votre lieu de stage. Elle doit intervenir dans les trois mois. C'est elle qui vous donne un numéro RPPS actif et déclenche la fabrication de votre carte. Ne la laissez pas traîner : elle est en amont de tout le reste.

La carte CPF puis CPS

Le circuit exact et les délais 2026 restaient à préciser à la date de rédaction. Retenez le principe : vous facturerez sous votre propre carte, jamais sous celle de votre PAMSU. Si votre carte n'est pas arrivée le jour de la rentrée, dites-le tout de suite à votre PAMSU et à l'ARS — ce n'est pas à vous de bricoler une solution, et la solution consistant à utiliser la carte du praticien est une fraude.

L'assurance en responsabilité civile professionnelle

Vous exercez en autonomie supervisée : votre nom figure sur les actes. Souscrivez ou faites étendre votre RCP en indiquant précisément votre statut (docteur junior en phase de consolidation, exercice ambulatoire) et vos activités annexes éventuelles (PDSA, remplacements). Une RCP d'interne ne couvre pas nécessairement la même chose.

Le contrat de formation

Il n'est pas une formalité : c'est le document qui fixe le périmètre de vos actes autonomes, le rythme des restitutions et les objectifs. Demandez à le voir avant la rentrée. S'il vous est présenté le premier jour à signer sans discussion, c'est déjà une information sur l'année qui commence.

La licence de remplacement

Si vous envisagez de remplacer en dehors de vos obligations de service, la licence se demande au conseil départemental. Anticipez : les délais sont de plusieurs semaines et elle ne se rétroactive pas.

Un conseil d'ordonnancement : lancez l'inscription ordinale dès que votre affectation est connue, fin septembre. Tout le reste en dépend, et c'est le maillon le plus lent.
☎️

Le contact préalable avec votre PAMSU

Une conversation de trente minutes qui vous économisera trois semaines de flottement

Entre le résultat de l'appariement et la rentrée, il s'écoule cinq semaines. Utilisez-les. Un appel ou une visite avant le 2 novembre vaut mieux qu'un mois de découverte.

À caler pendant cette conversation :
  • Où est-ce que je m'installe ? Un bureau dédié, ou un bureau partagé selon les jours ? Sur quel poste informatique ? Avec quel accès au logiciel métier — un compte à mon nom, ou le sien ?
  • Comment mon nom apparaît-il pour les patients ? Dans l'agenda en ligne, sur la plaque, dans le message d'accueil téléphonique, au secrétariat ?
  • Quel est le rythme prévu de la première semaine ? Consultations d'emblée, ou observation puis montée en charge ?
  • Comment vous joins-je quand j'ai besoin de vous ? Téléphone direct, messagerie sécurisée, on frappe à la porte ? Et si vous êtes en consultation ?
  • Quels sont les créneaux de restitution ? Quel jour, quelle durée, où ?
  • Y a-t-il une assistante médicale, un secrétariat, une IPA ? Travaillent-ils aussi pour moi, ou seulement pour vous ?
  • Que faites-vous des visites à domicile et de la PDSA ? Suis-je concerné, et à quelles conditions ?
Sur la dernière question — l'assistante médicale. Beaucoup de cabinets ont recruté une assistante médicale dans le cadre de l'avenant conventionnel, dimensionnée sur la patientèle du praticien. Votre arrivée peut soit soulager le dispositif, soit le saturer. Poser la question maintenant évite un conflit larvé au troisième mois.
🎒

Ce que vous emportez

Matériel, logiciels, documents — la liste sèche

Documents. Attestation d'inscription au tableau spécial · attestation RCP · RIB · carte Vitale et attestation de droits · convention de stage signée · contrat de formation · coordonnées de votre tuteur et de votre référent DMG.

Matériel personnel. Stéthoscope, otoscope-ophtalmoscope, tensiomètre, saturomètre, marteau réflexe, mètre ruban. Le cabinet fournit rarement tout, et emprunter le matériel du praticien tous les matins use vite la relation. C'est un investissement de quelques centaines d'euros qui vous servira dix ans.

Numérique. Un compte nominatif sur le logiciel métier — insistez, un compte partagé rend la traçabilité de vos actes impossible et vous expose. Un accès à la messagerie sécurisée de santé (MSSanté). L'application ameli pro. Un carnet ou un fichier de traces d'apprentissage, ouvert dès le premier jour.

Une précaution qui vaut de l'or : ouvrez dès le J1 un document où vous notez, en trois lignes par jour, les situations qui vous ont fait hésiter. Pas une belle rédaction — des notes brutes. C'est la matière première de votre portfolio, et vous ne la reconstituerez jamais en juin.
2 · Les premières semaines
🌅

Le premier jour

Ce qui doit être réglé avant la première consultation

Le 2 novembre 2026 est un lundi. Il servira mieux à installer les conditions de l'année qu'à enchaîner les consultations.

À vérifierPourquoi ça compte
Ma carte fonctionne dans le lecteurSans elle, pas de facturation à votre nom — et donc pas de prime d'activité
J'ai un compte nominatif sur le logicielTraçabilité de vos actes, et base de votre portfolio
Mon nom est visible pour les patientsAgenda en ligne, plaque, secrétariat : le patient doit savoir qui il voit
Je sais joindre mon superviseur en directLe recours doit être immédiat, pas différé de vingt minutes
Je connais le circuit des résultatsBiologie, imagerie, courriers : qui les reçoit, qui les valide, qui les classe
Je sais où sont les urgences vitalesChariot, oxygène, adrénaline, défibrillateur, numéro du SAMU affiché
Le créneau de restitution est posé dans l'agendaCe qui n'est pas dans l'agenda n'existera pas en février
Le point qui fâche le plus souvent : l'information des patients. Un patient qui découvre en salle d'attente qu'il ne verra pas « son » médecin, sans avoir été prévenu, arrive en consultation avec une contrariété qui n'a rien à voir avec vous. Demandez que le motif de rendez-vous en ligne porte votre nom et la mention « docteur junior », et que le secrétariat le dise à la prise de rendez-vous. Cela change radicalement le climat des premières semaines.
📈

La montée en charge — quel rythme est raisonnable

Repères chiffrés, et pourquoi commencer à plein régime est une mauvaise idée

Aucun texte n'impose de rythme de montée en charge. Ce qui suit relève de l'expérience des terrains SASPAS et des recommandations pédagogiques, pas du droit.

PériodeOrdre de grandeurCe qu'on travaille
Semaines 1-28 à 12 patients par demi-journée, créneaux de 20 minLe logiciel, les habitudes du cabinet, le réseau local (spécialistes, biologie, pharmacie, IDE, kiné)
Semaines 3-612 à 15 par demi-journéeFluidité, gestion du temps, courriers, premiers suivis au long cours
À partir du 2ᵉ moisRythme de croisière du cabinetComplexité, patients difficiles, coordination, prévention
Le calcul à avoir en tête. La prime d'activité suppose une moyenne strictement supérieure à 200 actes par mois sur le semestre. Sur huit demi-journées cliniques par semaine et environ 4,3 semaines par mois, cela représente à peu près 6 patients par demi-journée. Ce seuil est bas — vous le franchirez sans forcer dès que vous serez installé dans le rythme. Il n'y a donc aucune raison de sacrifier votre première quinzaine de formation à la course au volume.
Le piège symétrique. À l'inverse, un cabinet qui vous fixe d'emblée 25 à 30 patients par demi-journée n'organise pas une formation, il comble un trou de planning. Si c'est le cas, dites-le pendant les deux premières semaines, quand c'est encore négociable — pas en mars, quand l'habitude sera prise.
🗣️

Se présenter aux patients

Une formulation qui marche, et trois qui ne marchent pas

Vous êtes docteur en médecine, en dernière année de formation spécialisée, exerçant sous supervision. Tout est vrai et tout est dicible en une phrase.

Ce qui marche : « Bonjour, je suis le docteur [nom]. Je travaille ici cette année aux côtés du docteur [PAMSU], je termine ma formation de médecine générale. Il est là aujourd'hui, on échange sur les dossiers. »
  • « Je suis l'interne » — inexact. Vous ne l'êtes plus, et le mot induit chez le patient une attente d'encadrement direct qui ne correspond pas à votre exercice
  • « Je remplace le docteur X » — inexact également, et juridiquement problématique. Vous ne le remplacez pas, vous exercez à côté de lui
  • Ne rien dire du tout — le plus fréquent, et le plus coûteux. Le patient qui comprend en fin de consultation qu'il n'a pas vu son médecin habituel reconstruit rétrospectivement toute la consultation avec méfiance
Sur le refus. Un patient peut refuser d'être vu par vous. C'est son droit, il n'a pas à se justifier, et ce n'est presque jamais personnel — c'est de l'attachement à un médecin qu'il connaît depuis quinze ans. La bonne réponse est de le réorienter sans commentaire. La fréquence de ces refus chute très vite après les premières semaines.
3 · Le régime de croisière
🗓️

La semaine type — construire ses dix demi-journées

Huit cliniques, deux universitaires : ce que la maquette autorise et ce qu'elle interdit

Votre obligation de service est de dix demi-journées par semaine : huit consacrées à l'activité clinique en autonomie supervisée, deux à la formation universitaire (cours, groupes d'échange de pratiques, travail personnel, thèse, portfolio). Ces deux demi-journées ne sont pas une variable d'ajustement du planning du cabinet.

MatinAprès-midi
LundiConsultationsConsultations
MardiConsultationsUniversitaire
MercrediConsultationsConsultations
JeudiConsultationsVisites + consultations
VendrediConsultationsUniversitaire
SamediConsultations (1 sur 2)

Exemple indicatif. Le samedi matin une semaine sur deux crée un cycle de deux semaines : la conformité s'apprécie en moyenne sur le trimestre, pas semaine par semaine. Un rythme à 8 et 7 demi-journées cliniques en alternance donne une moyenne de 7,5, compatible avec l'obligation.

Les erreurs classiques de construction :
  • Placer les deux demi-journées universitaires le même jour — vous perdez le lien avec le cabinet une journée entière et vous ne pouvez pas absorber un cours ponctuel
  • Les placer en fin de semaine — elles deviennent la variable d'ajustement dès qu'un imprévu survient
  • Oublier le créneau de restitution — il doit être dans les huit demi-journées cliniques, pas en supplément non compté
  • Ne pas prévoir de temps de traitement des résultats et des courriers — c'est une à deux heures par jour dans la vraie vie
🔁

La restitution — faire fonctionner la supervision indirecte

Ce qui la fait vivre, ce qui la fait mourir

La supervision indirecte est la modalité principale de votre année. Elle repose entièrement sur ce que vous rapportez, et elle s'étiole toujours de la même manière : le créneau saute une fois pour une urgence, puis une deuxième fois pour un retard, puis il devient un échange de couloir, puis il n'existe plus.

Trois règles simples pour qu'elle tienne :
  • Elle est dans l'agenda, au même titre qu'une consultation. Pas « quand on aura cinq minutes »
  • Vous arrivez avec une liste écrite. Trois à cinq situations maximum, préparées. Une supervision où l'apprenant cherche ses cas devient une supervision où le superviseur parle des siens
  • Vous n'apportez pas que des cas difficiles. Le cas qui vous a paru simple et sur lequel vous vous êtes peut-être trompé est pédagogiquement plus rentable que le cas complexe où vous avez bien fait
Si la restitution ne se tient pas. Ce n'est pas un désagrément, c'est un manquement à une obligation qui pèse sur le terrain de stage, et c'est le premier motif de non-validation d'un agrément. Vous n'avez pas à vous en accommoder en silence : dites-le d'abord à votre PAMSU, en une phrase et sans dramatiser, puis à votre tuteur, puis au DMG. Le DMG existe pour cela.

Quand ça dépasse — le recours en temps réel

Le protocole à avoir écrit avant d'en avoir besoin

Le recours au superviseur est un droit exerçable à tout moment, et l'utiliser n'est jamais un aveu de faiblesse. Le problème n'est pas de savoir si vous y avez droit, c'est de savoir comment vous l'exercez concrètement à 11 h 40 avec un patient devant vous.

SituationConduite
Doute diagnostique, patient stableTerminez la consultation, notez, appelez ou passez voir avant de conclure. Vous pouvez faire patienter deux minutes
Doute thérapeutique, décision différablePrescription minimale, revoyez le patient à 48 h, discutez en restitution
Urgence vitale ou fonctionnelleVous agissez : SAMU, gestes, orientation. On débriefe après. Aucun protocole de supervision ne prime sur la prise en charge
Superviseur injoignable et situation qui l'exigeNotez précisément l'heure et les tentatives, appliquez la conduite la plus prudente, orientez si besoin. Signalez la difficulté dès le lendemain — un superviseur structurellement injoignable est un problème de terrain, pas un problème de vous
Écrivez-le au J1. Une fiche de trois lignes affichée près de votre poste : numéro direct du superviseur, numéro du second recours s'il existe, 15, numéro du centre antipoison, procédure si personne ne répond. Vous ne la lirez jamais quand tout va bien.
📂

Dossiers, courriers, résultats — l'administratif invisible

La part du travail qui ne se voit ni dans le planning ni dans la rémunération

Entre une et deux heures par jour, jamais comptées nulle part. Trois principes évitent qu'elles se transforment en trois heures.

  • Le dossier se remplit pendant la consultation, pas après. Le rattrapage du soir est la première cause de journées à rallonge. Un dossier structuré (motif, examen, conclusion, plan) se tape en même temps qu'on parle, avec un peu d'entraînement
  • Les résultats se traitent à créneau fixe. Un moment dédié le matin et un le soir, plutôt qu'en continu entre deux patients — le traitement fragmenté multiplie les oublis
  • Le circuit de validation doit être explicite. Qui reçoit les résultats des examens que vous prescrivez ? Vous, votre PAMSU, les deux ? Qui les valide ? Que se passe-t-il pendant vos congés ? À régler la première semaine, pas au premier résultat anormal
Attention à la responsabilité des résultats. Un résultat biologique que vous avez prescrit et qui arrive pendant votre absence doit avoir un destinataire identifié. C'est un point à écrire dans le contrat de formation ou, à défaut, dans un courriel que vous conservez.
🚗

Visites à domicile et déplacements

Ce qui se facture, ce qui s'indemnise, ce qui ne s'indemnise pas

Les visites font partie de l'exercice de la médecine générale et il est légitime qu'elles figurent dans votre année. Elles posent trois questions pratiques.

  • Le véhicule. Le vôtre, en général. Vos frais de déplacement pour l'exercice ne sont pas remboursés au titre de votre statut : l'indemnité forfaitaire de transport de 130 € par mois n'existe que pour les stages en zone d'intervention prioritaire, et elle n'est pas cumulable avec l'indemnité ZIP de 1 000 €
  • La cotation. Les majorations de déplacement s'appliquent selon les règles habituelles de la nomenclature. Elles alimentent le chiffre d'affaires du cabinet — pas votre rémunération, qui reste forfaitaire
  • Le temps. Une demi-journée de visites, c'est souvent quatre à six patients contre douze à quinze au cabinet. C'est un choix pédagogique défendable, mais il pèse sur votre compteur d'actes et donc sur la prime d'activité. Sachez-le et discutez-en plutôt que de le subir
Un point de sécurité : vérifiez que votre assurance automobile couvre l'usage professionnel. Beaucoup de contrats « trajet domicile-travail » ne couvrent pas les déplacements professionnels itératifs. La régularisation coûte quelques dizaines d'euros ; l'absence de couverture après un sinistre coûte beaucoup plus.
🏖️

Poser ses congés dans la vraie vie

25 jours ouvrés, et une mécanique d'année de référence qui piège tout le monde

Vous disposez de 25 jours ouvrés de congés annuels. L'année de référence court à partir du premier lundi de novembre, ce qui ne coïncide ni avec l'année civile ni avec l'année universitaire.

  • Prévenez très tôt. Un cabinet libéral n'a pas de pool de remplacement : votre absence se traduit par des patients non vus ou reportés sur votre PAMSU. Deux mois d'anticipation est un minimum de courtoisie ; c'est aussi ce qui vous garantit d'obtenir les dates que vous voulez
  • Attention à l'effet sur la prime d'activité. Le seuil de 200 actes s'apprécie en moyenne mensuelle sur le semestre. Trois semaines de congés dans le même mois font mécaniquement chuter ce mois-là — mais c'est la moyenne semestrielle qui compte, pas chaque mois pris isolément. Étalez plutôt que de concentrer, si vous êtes juste au seuil
  • L'indemnité compensatrice ne concerne que les jours non pris au-delà d'un seuil de 20 jours consommés, et dans la limite de 5 jours. Ce n'est pas un dispositif conçu pour transformer vos vacances en argent : prenez vos congés
  • Une interruption complète de stage (mois calendaire entier) ouvre une compensation ARS pour le terrain, pas pour vous. Un arrêt de trois semaines à cheval sur deux mois n'ouvre rien, ce qui crée des situations absurdes dont vous n'êtes pas responsable
4 · Les moments qui comptent
🧭

Les quatre points d'étape de l'année

Quatre conversations qui, si elles ont lieu, suffisent presque à garantir une bonne année
Fin du premier mois — le réglage

Rythme, périmètre d'actes, restitution : est-ce que ça tient ? C'est le seul moment où tout est encore facilement modifiable. Une demi-heure, avec une liste de trois points concrets. Si quelque chose ne va pas, c'est maintenant qu'il faut le dire.

Fin du premier trimestre — la trajectoire

Sur quelles compétences avez-vous progressé, sur lesquelles stagnez-vous ? Quels types de situations évitez-vous inconsciemment (pédiatrie, psychiatrie, gériatrie, gynécologie) ? Regardez vos statistiques d'activité dans le logiciel : elles disent la vérité sur vos angles morts mieux que votre ressenti.

Fin du premier semestre — la décision

C'est le moment de la reconduction ou du changement de terrain. La reconduction se fait par accord mutuel ; le changement passe par une nouvelle campagne, en mai. Cette conversation doit être explicite et bilatérale, et elle doit avoir lieu avant que la campagne ne s'ouvre, pas pendant.

Fin d'année — la validation et la suite

Portfolio, mémoire, validation du DES d'un côté. De l'autre : installation, remplacement, collaboration, salariat. Votre PAMSU est un interlocuteur utile pour la seconde partie — il connaît le territoire, les cabinets qui cherchent, les patientèles qui se libèrent.

🆘

Quand ça ne va pas — à qui s'adresser, dans quel ordre

Le DMG est votre interlocuteur, et c'est son rôle
Le point le plus important de cet onglet. Le département de médecine générale de votre faculté n'est pas seulement l'organisateur de vos cours. C'est l'instance qui agrée les terrains de stage, qui les évalue, et qui peut les retirer. Quand un stage se passe mal, le DMG est du côté de l'étudiant — c'est sa fonction institutionnelle, et c'est aussi l'intérêt bien compris de la filière : un terrain qui maltraite ses apprenants abîme la discipline entière. N'hésitez pas à le solliciter tôt, avant que la situation ne se soit enkystée.
Le PAMSU lui-même, d'abord

Une phrase, factuelle, sans procès d'intention : « la restitution n'a pas eu lieu depuis trois semaines, est-ce qu'on peut la recaler ? ». La majorité des difficultés se règlent là, parce que la majorité des difficultés sont des malentendus d'organisation, pas de la malveillance.

Le tuteur

Votre tuteur universitaire est distinct de votre maître de stage, et c'est précisément l'intérêt du dispositif : il n'a aucun intérêt dans le terrain. Il peut vous aider à formuler, à relativiser, ou à escalader.

Le DMG

Coordonnateur local ou responsable des stages ambulatoires. C'est l'instance compétente sur l'agrément. Un signalement au DMG ne « grille » pas votre dossier : c'est la voie normale, et elle est utilisée régulièrement.

Le syndicat d'internes

Votre syndicat local de médecine générale, l'ISNAR-IMG au national. Ils ont l'habitude, ils connaissent les procédures, et ils peuvent porter une situation collectivement si elle n'est pas isolée.

L'ARS, le CHU de rattachement, l'Ordre

Pour les questions statutaires, de rémunération ou de déontologie. L'ARS est l'employeur au sens de l'affectation ; le CHU de rattachement gère votre statut et votre paie.

Ce qui justifie une alerte rapide plutôt qu'une patience : absence durable de supervision · pression explicite au volume au détriment de la formation · demande d'utiliser la carte du praticien · actes hors du périmètre convenu · absence de temps universitaire · propos ou comportements inappropriés. Aucun de ces points ne s'améliore avec le temps.
🎬

Finir proprement

Les six choses à faire dans le dernier mois
  • Le portfolio est à jour — si vous avez tenu vos notes quotidiennes, c'est trois soirées ; sinon, c'est trois semaines
  • Les dossiers sont clos — pas de résultat en attente sans destinataire identifié, pas de suivi orphelin
  • Les patients sont informés — ceux que vous suivez régulièrement méritent de savoir que vous partez, et vers qui ils basculent
  • L'évaluation du terrain — remplissez-la sérieusement. C'est elle qui alimente l'agrément et qui protège les promotions suivantes
  • Les documents administratifs — attestation de fin de stage, validation, solde de tout compte, certificats pour l'Ordre et pour vos futures démarches
  • Le lien — votre PAMSU restera un correspondant pendant des années, surtout si vous vous installez dans le secteur. Une fin de stage soignée vaut mieux qu'un départ silencieux
🆘

Et si mon stage se passe mal — la conduite à tenir

Trois principes, avant les six étapes. Alerter tôt n'est pas trahir, c'est le mécanisme prévu par les textes. Ce qui n'est pas écrit n'existera pas au moment où il faudra le prouver. Et vous n'êtes pas seul face à votre PAMSU : le contrôle du terrain a été confié à des instances extérieures à la relation, précisément parce que celle-ci est déséquilibrée.
Étape 1 · Le jour même
Écrire, pour vous seul
Étape 2 · Sous quelques jours
En parler au PAMSU, en une phrase factuelle
Étape 3 · Dans la foulée
Sortir de l'isolement
Étape 4 · Sans attendre que ça s'aggrave
Saisir le DMG, par écrit
Étape 5 · Si rien ne bouge
Le niveau institutionnel — et ce qu'il peut réellement faire
Étape 6 · À la fin, quoi qu'il arrive
Remplir l'évaluation, sérieusement
Les six motifs où l'on n'attend pas. Supervision absente ou fictive. Demande d'utiliser la carte de facturation du praticien. Périmètre d'autonomie figé depuis trois mois. Demi-journées universitaires systématiquement absorbées par le soin. Activité au-delà de 2 400 consultations par semestre. Et surtout : se retrouver seul médecin de la structure, ce qui est exclu en toutes circonstances.
Si c'est votre santé qui lâche. Le service de santé au travail de votre CHU de rattachement vous est ouvert, et la consultation est confidentielle. Beaucoup de facultés disposent d'un dispositif d'écoute dédié aux étudiants en santé. Le numéro national de prévention du suicide, le 3114, est gratuit, confidentiel et joignable 24 h sur 24. Un arrêt de travail est un acte médical, pas un aveu.
Trois pièces règlent la quasi-totalité des litiges, et elles se constituent au fil de l'eau, pas au moment du conflit : le contrat de formation signé, les comptes rendus écrits de vos points d'étape, et le décompte mensuel de vos actes. Elles ne servent presque jamais. Quand elles servent, rien d'autre ne les remplace.
Le cadre local — ce que votre DUMG précise, et que les textes nationaux ne disent pas
Les instructions ministérielles fixent le statut, la rémunération et l'appariement. Tout le reste — organisation de la semaine, calendrier de thèse, enseignements, seuils d'activité — se décide dans votre faculté. Les exemples ci-dessous sont tirés du guide publié par le DUMG de Rouen, l'un des plus détaillés à ce jour ; les chiffres et les dates varient d'une subdivision à l'autre, la structure des questions non.

Quatre règles nationales que beaucoup de terrains ignorent encore

Elles ne se négocient pas, et elles sont opposables à votre terrain de stage
Vous ne pouvez jamais être le seul médecin de la structure pendant votre temps de stage. C'est un principe fondamental de l'accueil en stage ambulatoire, et non un confort d'organisation. Au moins un médecin senior doit être présent ou immédiatement disponible, et le recours doit pouvoir être obtenu dans un délai court. Il est exclu que vous assuriez seul l'activité médicale d'un cabinet, d'un centre ou d'un site secondaire — y compris une journée, y compris pour dépanner, y compris si l'on vous présente cela comme une marque de confiance.
  • Votre autonomie est professionnelle, pas juridique. Vous réalisez vos actes seul, mais vous exercez par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. C'est le praticien senior qui assure votre supervision qui est responsable, comme pour un interne. Cette distinction n'est pas une nuance théorique : elle détermine qui répond en cas de mise en cause, et elle explique pourquoi la supervision n'est pas facultative.
  • Vous ne pouvez réaliser que des actes que votre PAMSU peut superviser. L'exemple donné par le DUMG de Rouen est parlant : vous ne pouvez pas pratiquer d'infiltration si votre maître de stage n'en pratique pas, faute de pouvoir en assurer la supervision directe ou indirecte. Le périmètre d'autonomie est donc borné par les compétences du superviseur, pas seulement par les vôtres.
  • La supervision fait partie du temps de travail et doit apparaître comme telle dans les agendas. Elle n'est pas ce qui reste quand les consultations sont finies. Un rythme courant : bi-hebdomadaire en début de stage, puis hebdomadaire à mesure que l'autonomie s'installe, le praticien restant joignable en permanence. À ce stade, toutes les consultations n'ont pas vocation à être débriefées — la supervision se concentre sur les situations complexes, le suivi au long cours et la coordination.
  • Le tableau spécial n'est pas l'inscription à l'Ordre. Vous demandez, dans les trois mois suivant votre nomination, votre inscription sur le tableau spécial des docteurs juniors (art. R. 6153-1-1 CSP), tenu par le conseil départemental. Cette inscription ne vaut pas inscription au tableau de l'Ordre au sens de l'article L. 4111-1 : vous devrez impérativement demander votre inscription définitive après obtention du DES et avant de démarrer tout exercice. L'entretien préalable au tableau spécial se tient en présentiel, mais peut être délocalisé auprès d'un autre conseil départemental pour raisons géographiques ; l'inscription est ensuite maintenue automatiquement sur présentation annuelle d'un certificat de scolarité.

Le volume d'activité attendu — un repère chiffré

Entre 15 et 25 actes par jour, avec une moyenne autour de 20
  • Le guide du DUMG de Rouen énonce une fourchette explicite : 15 à 25 actes par jour, pour une moyenne de 20. Sur quatre jours cliniques par semaine, cela représente environ 80 actes hebdomadaires, soit de l'ordre de 2 000 par semestre — cohérent avec le plafond de 2 400 consultations par semestre au-delà duquel l'agrément du terrain est réexaminé.
  • Ce chiffre est un repère pédagogique, pas un objectif de production. Il vous donne un point de comparaison utilisable en entretien : si l'organisation proposée suppose 30 ou 35 actes par jour, ce n'est pas une question d'endurance, c'est un écart au cadre.
  • Il est aussi un repère dans l'autre sens. La prime forfaitaire à l'activité suppose une moyenne semestrielle strictement supérieure à 200 actes mensuels — soit environ 10 par jour ouvré. Une organisation qui vous maintiendrait durablement sous ce seuil mérite d'être discutée, elle aussi.
  • Le volume d'activité doit être adapté à votre niveau et l'organisation des agendas doit rester compatible avec le temps de formation. Ces deux formulations figurent dans les conditions matérielles d'accueil : elles sont utilisables telles quelles dans une discussion.

La quatrième journée — l'espace de liberté du stage

Huit demi-journées de stage sur quatre jours ; au moins trois en consultation, la quatrième se construit
  • L'architecture type. Huit demi-journées de stage, soit quatre jours par semaine, dont au moins trois consacrés à la consultation sur le terrain. À Rouen, le jeudi est en général réservé aux enseignements et à la pédagogie. Les deux demi-journées restantes des dix relèvent de la formation universitaire et du temps personnel de consolidation.
  • Trois façons d'organiser la quatrième journée :
  • Consultations ou activités de soins sur le même terrain de stage. C'est le cas le plus simple, sans formalité supplémentaire.
  • Activité de soins en autonomie dans une autre structure. Elle nécessite un agrément de stage : addictologie, PMI, régulation médicale, médecine du sport, EHPAD, à raison d'une journée par semaine pendant six mois.
  • Activité autre que le soin dans une autre structure. Elle nécessite une convention de stage : CPTS, coordination de réseau de soins palliatifs, et plus largement tout ce qui relève de l'organisation territoriale.
  • Vous pouvez proposer vous-même le contenu de cette journée, et elle peut être modifiée à chaque répartition. Mais la nécessité d'un agrément ou d'une convention doit être arbitrée tôt — à Rouen, avant le mois de mai. C'est la seule partie de votre année que vous construisez réellement : ne la découvrez pas en novembre.
  • Dérogation hospitalière. Les internes dont le projet professionnel est centré sur une pratique hospitalière — notamment ceux inscrits à la FST de médecine polyvalente — peuvent demander à effectuer un des deux semestres en contexte hospitalier. Cette dérogation est exceptionnelle et suppose la validation du coordonnateur du DES, de la commission locale de coordination et du doyen de l'UFR.

Vous pouvez recruter votre propre maître de stage

Le levier le plus sous-utilisé de toute la procédure d'appariement
Rien ne vous oblige à choisir parmi les terrains déjà agréés. Vous pouvez proposer à un médecin de devenir maître de stage pour la phase de consolidation. Le praticien se rapproche alors de la faculté pour suivre la formation requise — à Rouen, avant le 20 avril, les dates variant selon les subdivisions. Compte tenu du nombre de terrains disponibles, c'est souvent la solution la plus efficace pour exercer là où vous voulez vivre.
  • À qui penser. Le médecin qui vous a accueilli en SASPAS ou en niveau 1, un praticien de votre commune d'origine, celui d'une MSP dont le projet vous intéresse, un ancien collègue de garde. Beaucoup de généralistes n'ont jamais envisagé la maîtrise de stage simplement parce que personne ne le leur a proposé.
  • Ce que ça lui demande. S'il a déjà été formé à l'accueil d'étudiants de troisième cycle et accueilli des internes en niveau 1 ou en SASPAS, une formation complémentaire en distanciel, validante, suffit. S'il n'a jamais accueilli d'étudiant de troisième cycle, une formation initiale d'une journée en présentiel est nécessaire, organisée par le collège régional des généralistes enseignants.
  • Ce que ça lui rapporte. 600 € bruts d'honoraires pédagogiques par mois et par étudiant, à partager entre les PAMSU s'ils sont plusieurs, et 800 € bruts par mois pour les maîtres de stage exerçant en zone d'intervention prioritaire, en zone d'action complémentaire ou en quartier prioritaire de la politique de la ville. Plus les tickets modérateurs de votre activité, avec un mécanisme de compensation pour les patientèles comportant beaucoup de patients en ALD ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
  • La bonne question à lui poser n'est pas « voulez-vous m'accueillir » mais « seriez-vous prêt à vous former d'ici avril pour accueillir un docteur junior l'an prochain ». La différence tient au délai : la formation ne s'improvise pas en septembre.
  • Une conséquence pratique. Les deux stages de six mois ont vocation à être réalisés au même endroit, et la majorité des terrains ne comportent qu'un seul maître de stage. Le terrain que vous contribuez à créer, vous l'habiterez douze mois.

Les conditions matérielles opposables

Ce que la structure doit fournir, et ce qu'elle n'a pas le droit de vous imposer
  • Un espace de consultation identifié — un bureau dédié, ou un bureau partagé dont l'organisation reste compatible avec votre activité. Les conditions doivent garantir la confidentialité des échanges, le respect de la dignité du patient et la sécurité des actes.
  • Ce qui est explicitement exclu : exercer dans des locaux provisoires inadaptés, ou dans un espace ne permettant pas une consultation médicale complète. Une table dans la salle d'attente ou un coin de secrétariat ne sont pas des terrains de stage.
  • L'accès au logiciel métier de la structure dès le premier jour, avec des droits adaptés à votre statut : consultation des dossiers, rédaction des observations, prescription dans le cadre réglementaire. Un compte en lecture seule, ou l'usage du compte d'un autre praticien, ne conviennent ni sur le plan pédagogique ni sur le plan juridique.
  • Les outils de gestion du cabinet — terminal de paiement, lecteur de carte CPS et de carte Vitale — et le matériel d'examen courant. Sans lecteur fonctionnel, vous ne pouvez pas facturer sous votre propre carte, ce qui est pourtant la seule modalité légale.
  • À vérifier avant le premier jour, pas le matin même. La création des accès informatiques et la commande d'un lecteur prennent des semaines. C'est la première question à poser lors du contact préalable.

PDSA : la condition que peu de gens connaissent

Votre participation est adossée à celle de votre superviseur
  • La participation à la permanence des soins est strictement volontaire. Aucun terrain ne peut vous l'imposer, et un refus ne peut pas vous être opposé dans l'évaluation.
  • Mais elle n'est possible que si votre maître de stage, ou le médecin thésé responsable de votre supervision, y participe également. C'est une conséquence directe du principe de supervision : on ne peut pas être supervisé en garde par quelqu'un qui n'y est pas. Si votre PAMSU ne fait pas de PDSA, vous n'en ferez pas non plus sur ce terrain.
  • Vous bénéficiez du repos compensateur, comme les internes des autres phases. Il n'est pas facultatif et il ne se rattrape pas.
  • Vérifiez-le au stade de l'appariement. Les modalités de participation à la PDSA, au service d'accès aux soins et à la régulation doivent figurer dans la fiche de présentation de la structure d'accueil. Si la fiche est muette, posez la question avant de mettre des cœurs — c'est plusieurs milliers d'euros par an, et une part réelle de la formation.

Thèse : attention à la façon dont votre faculté numérote les promotions

La même dérogation est désignée « promotions 2023-2024-2025 » ici et « 2026-2027-2028 » ailleurs
  • La source du malentendu. Certaines facultés désignent une promotion par son année d'entrée dans le troisième cycle, d'autres par l'année de la phase de consolidation. Le DUMG de Rouen parle des promotions 2023, 2024 et 2025 ; d'autres documents parlent des promotions 2026, 2027 et 2028. Il s'agit des mêmes personnes — celles entrées en internat en novembre 2023 sont docteurs juniors en novembre 2026. Vérifiez toujours la convention de votre faculté avant de conclure que vous n'êtes pas concerné.
  • La dérogation n'est ni collective ni automatique. À Rouen, elle est individuelle, sur demande explicite par courriel avec accusé de réception auprès du doyen, et conditionnelle : elle n'est accordée que si le travail de thèse est suffisamment avancé. Plusieurs UFR ont purement et simplement refusé de l'octroyer.
  • Un calendrier type, celui de Rouen, à titre d'ordre de grandeur : avoir débuté le travail de thèse, déposer la fiche de thèse avant le 30 avril, la faire valider avant le 30 juin, envoyer la demande de dérogation au doyen avant le 10 juillet. Décision finale du doyen. Si les conditions ne sont pas réunies, l'interne reste en phase d'approfondissement — la sanction n'est pas un rappel à l'ordre, c'est une année de décalage.
  • Le courriel de demande doit préciser la question de recherche, un rétroplanning, l'état d'avancement et une programmation de la soutenance pendant la phase de consolidation. Ce n'est pas une formalité déclarative : c'est un dossier.
  • Les soutenances prévues avant la fin de la phase d'approfondissement ne sont pas concernées par la demande dérogatoire. Si vous soutenez avant votre prise de fonctions, vous n'avez aucune démarche à faire.
  • Ce que votre faculté met à disposition, et qu'il faut demander : MOOC sur la thèse, guide du thésard, tutorats recherche et séminaires de thèse, ressources et personnels de la bibliothèque universitaire, et les écoles de printemps de FAYR-GP, le réseau des jeunes chercheurs en médecine générale.

Les enseignements hors stage — ce qu'on peut vous demander

Groupes d'échange de pratiques, traces d'apprentissage, journées facultaires
  • Les traces d'apprentissage attendues portent en phase de consolidation sur des objets plus longs qu'auparavant : le suivi d'un patient chronique avec analyse argumentée des décisions et des actions éducatives, et un récit argumenté de votre implication dans le tissu interprofessionnel local. Ce ne sont pas des comptes rendus de consultation : ce sont des récits de trajectoire.
  • Les groupes d'échange de pratiques peuvent combiner des séances libres entre pairs sur le territoire, avec suivi par un enseignant dédié, et des séances thématiques obligatoires — à Rouen, sur la posture éducative, les revues de morbi-mortalité et l'aide au retour au travail.
  • Une journée sur la gestion de l'entreprise médicale figure au programme de plusieurs facultés, ainsi que des forums sur les modalités d'exercice, la santé des soignants, la déontologie des relations interprofessionnelles et l'indépendance professionnelle. Le développement des compétences entrepreneuriales est désormais un objectif pédagogique explicite de la phase de consolidation — c'est précisément l'objet des onglets « Impôts & comptabilité », « Retraite & patrimoine » et « Après le DJ » de ce guide.
  • Ces enseignements comptent dans vos dix demi-journées. S'ils débordent systématiquement sur votre temps clinique ou sur votre temps personnel, ce n'est pas un problème d'agenda : c'est un sujet à porter au point d'étape.
Les exemples nommés proviennent du Guide complet pour les internes de 4e année publié par le DUMG de la faculté de Rouen. Les règles de statut, de responsabilité, de supervision et d'accueil qu'il rappelle sont nationales ; les dates, les seuils d'organisation locale et le format des enseignements lui sont propres. Demandez à votre DUMG s'il publie un document équivalent — c'est le premier réflexe à avoir, et plusieurs facultés en ont désormais un.

Apprendre & progresser — tirer le meilleur d'une année d'autonomie

Maquette DES MG (arrêté du 03/08/2023) · référentiel des six compétences (CNGE) · techniques de supervision validées, vues du côté de l'apprenant

Le renversement à comprendre : en SASPAS, votre maître de stage vous observait ou débriefait chaque patient. En phase de consolidation, la supervision indirecte devient la modalité principale — votre superviseur travaille à partir de ce que vous lui rapportez, et de rien d'autre.
Conséquence directe : la qualité de votre apprentissage devient largement fonction de la qualité de ce que vous ramenez. Le risque n'est pas qu'on vous supervise mal, c'est que la supervision glisse insensiblement vers de simples transmissions entre confrères — et qu'on ne parle plus que des cas difficiles, jamais des cas où vous vous êtes trompé sans le savoir.
Comment lire cet onglet. 1 · Poser le cadre — ce qui change, votre contrat de formation, ce que vous pouvez demander et refuser. 2 · Se faire superviser — quatre méthodes retournées du côté de l'apprenant, et comment obtenir une rétroaction utile plutôt qu'un « c'était bien ». 3 · Documenter et durer — portfolio, traces, charge de travail, isolement.
1 · Poser le cadre
🔄

Ce qui change vraiment par rapport au SASPAS

Six différences concrètes, dont trois qui vous exposent et trois qui vous protègent
SASPASDocteur Junior
StatutInterneDocteur en médecine, inscrit au tableau spécial
FacturationSous la carte du MSUSous votre propre carte CPF/CPS
SupervisionDirecte ou indirecte, souvent au fil de l'eauIndirecte par principe, à votre initiative
Périmètre d'actesImpliciteÉcrit dans le contrat de formation, révisable
DuréeUn semestreUn an sur le même terrain, en principe
RémunérationÉmoluments d'interneÉmoluments + prime d'autonomie + variable liée à l'activité
  • Ce qui vous expose : vous décidez seul, en temps réel, et personne ne verra les consultations dont vous ne parlerez pas. Le biais de sélection de ce que l'on rapporte est le principal risque pédagogique de l'année
  • Ce qui vous protège : le recours au superviseur est un droit exerçable à tout moment, la restitution régulière est une obligation qui pèse sur lui, et le périmètre de vos actes autonomes est écrit. Trois leviers que vous n'aviez pas en SASPAS
  • La supervision directe n'a pas disparu et reste mobilisable à tout moment quand elle sert mieux l'apprentissage : gestes techniques non maîtrisés, régulation téléphonique, fin de vie à domicile, situations à forte charge émotionnelle. La demander n'est pas régresser
  • Source : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § II
📝

Le contrat de formation, votre meilleur outil

Le seul document où ce qui a été promis oralement devient opposable
Le code prévoit que la nature, le nombre et les conditions de réalisation des actes que vous réalisez en autonomie « sont inscrits dans le contrat de formation ». Beaucoup de DJ le traiteront comme une formalité administrative. C'est en réalité le document le plus utile de votre année.
  • Il se construit à trois, lors de l'entretien d'entrée en phase 3 : vous, le praticien responsable du lieu de stage, et le coordonnateur local (ou l'enseignant coordonnateur de subdivision). Ne laissez pas cet entretien se réduire à un échange à deux dans le couloir
  • Ce qui mérite d'y figurer noir sur blanc :
    · le volume d'actes cible par demi-journée et la durée des créneaux
    · le positionnement des deux demi-journées non cliniques dans la semaine — un jour et une heure, pas « quand tu peux »
    · les modalités de recours au superviseur : par quel canal, avec quel délai de réponse attendu, qui prend le relais s'il est absent
    · le rythme et le format des temps de restitution — voir la fiche dédiée
    · les actes que vous ne réalisez pas encore en autonomie au démarrage, et le jalon de révision (typiquement à 3 mois)
    · les situations que vous souhaitez rencontrer : visites, gynécologie, pédiatrie, EHPAD, soins non programmés, coordination CPTS
  • Prévoyez explicitement une révision à mi-parcours. « Le périmètre sera réexaminé en février » est une phrase de trois secondes à écrire et un levier considérable si rien ne bouge La phrase à ajouter
  • C'est aussi une des trois pièces du dossier SiiMOP — il existe donc déjà avant même votre appariement. Sa version définitive est celle qui suit l'entretien d'entrée en phase 3
  • Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · art. R. 632-26 du code de l'éducation
🚧

Ce que vous pouvez refuser — et ce que vous devez accepter

La ligne de partage entre exigence pédagogique légitime et dérive
  • Vous devez accepter : une charge de consultation soutenue dans les bornes prévues · une organisation du cabinet qui n'est pas la vôtre · des habitudes de prescription différentes des vôtres, discutées et non imposées · les temps de restitution, même quand vous êtes fatigué · l'imprévu des soins non programmés
  • Vous pouvez refuser — et vous devriez :
    · facturer sous la carte CPS du PAMSU — c'est une fraude caractérisée par l'instruction
    · remplacer le PAMSU dans son propre cabinet pendant ses congés — interdit par l'art. D. 6153-1-27
    · travailler pendant un repos de sécurité — d'application stricte, sans dérogation ni report
    · voir vos deux demi-journées non cliniques converties en consultations de façon récurrente
    · une PDSA que vous n'avez pas choisie — c'est du volontariat
    · conserver ou vous voir confier la gestion des tickets modérateurs sans circuit tracé
  • La zone grise à négocier : les visites à domicile en fin de journée, les dépassements réguliers d'agenda, les patients « ajoutés » hors créneaux, la gestion des résultats d'examens des patients du PAMSU. Rien d'illégitime là-dedans — mais tout gagne à être cadré en novembre plutôt que subi en avril
  • Comment le dire : ancrez sur le texte et sur la formation, jamais sur le confort. « L'instruction prévoit une demi-journée de temps personnel, j'aimerais qu'on la fixe au jeudi après-midi » est une phrase difficile à contester. « Je suis fatigué le jeudi » ne l'est pas
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § II, V et VI · art. D. 6153-1-26 et D. 6153-1-27 CSP
🎯

Les six compétences et le niveau attendu

Ce sur quoi vous serez évalué, et ce que « niveau compétent » veut dire
Le DES certifie six compétences génériques. En fin de phase de consolidation, le niveau attendu est le niveau « compétent » pour les six — c'est-à-dire la capacité à gérer de façon autonome les situations courantes et complexes de la discipline, pas seulement à les décrire.
  • Premier recours, urgences — la compétence la plus sollicitée par l'autonomie : décider sans filet immédiat, hiérarchiser, savoir ce qui ne peut pas attendre
  • Relation, communication, approche centrée patient — c'est souvent là que l'année de consolidation fait la plus grande différence, parce que vous suivez enfin les mêmes patients sur douze mois
  • Approche globale, complexité — la compétence pour laquelle la réforme a été explicitement conçue : suivi des maladies chroniques, poly-pathologie, arbitrages au long cours
  • Éducation, prévention, santé individuelle et communautaire — dépistages, vaccinations, entretiens motivationnels, mais aussi le lien avec le territoire
  • Continuité, suivi, coordination — la compétence la plus difficile à travailler en stage court : ici, elle devient naturelle
  • Professionnalisme — éthique, réflexivité, gestion de l'incertitude, limites de sa propre compétence. Concrètement : savoir quand appeler
  • L'évaluation est double : une auto-évaluation par vous, et des hétéro-évaluations par vos PAMSU et votre tuteur, sur une grille standardisée établie par votre université. L'écart entre les deux est en soi un objet de travail — un DJ qui se sous-évalue systématiquement pose autant question qu'un DJ qui se surévalue Comparaison auto / hétéro
  • Sources : arrêté du 03/08/2023 (maquette DES MG) · référentiels des DMG · CNGE
2 · Se faire superviser
🗣️

SNAPPS — présenter un cas pour apprendre, pas pour rassurer

La méthode la plus utile en supervision indirecte, parce qu'elle est pilotée par l'apprenant
SNAPPS (Wolpaw et al., 2003) est l'une des rares méthodes de supervision où c'est l'apprenant qui tient la structure. C'est précisément ce dont vous avez besoin cette année : votre superviseur n'a pas vu le patient, il ne peut pas structurer à votre place.
  • S — Summarize. Résumez l'histoire et les données en une à deux minutes. Discipline : pas de récit chronologique exhaustif
  • N — Narrow. Réduisez à deux ou trois hypothèses. Le fait de choisir est déjà un acte de raisonnement
  • A — Analyze. Comparez-les explicitement : qu'est-ce qui plaide pour, contre, qu'est-ce qui manque
  • P — Probe. Posez vos questions au superviseur sur ce que vous ne comprenez pas. C'est l'étape que la plupart des DJ sautent, par peur de paraître incertain — et c'est celle qui a la plus forte valeur d'apprentissage
  • P — Plan. Proposez votre prise en charge. Proposez, ne demandez pas : « je pars sur X, sauf si tu vois un problème »
  • S — Select. Identifiez un point à travailler et à lire après. Une question par cas suffit
  • Pourquoi ça marche pour vous : cela vous oblige à formuler une position avant d'entendre la sienne. Un DJ qui commence par « qu'est-ce que tu en penses ? » obtiendra une réponse, mais pas un apprentissage — et surtout pas un diagnostic de ses propres lacunes de raisonnement
  • Wolpaw TM, Wolpaw DR, Papp KK. SNAPPS: a learner-centered model for outpatient education. Acad Med 2003
⏱️

La minute du superviseur, vue d'en face

Reconnaître la méthode qu'on emploie avec vous — et ne pas la court-circuiter
Formalisée par Neher et al. (1992), c'est la technique la plus enseignée aux maîtres de stage. Sur une séquence de supervision indirecte d'environ dix minutes, il ne reste en moyenne qu'une minute réellement consacrée à l'apprentissage. Cette méthode structure cette minute. Si votre superviseur l'emploie, voici ce qu'il fait — et ce qu'il attend de vous.
  • 1 · Il vous fait prendre position — « quelle est ta compréhension du problème ? »
    Ce qu'il attend : un engagement, pas une liste d'options. Votre écueil : renvoyer la question
  • 2 · Il vous demande d'argumenter — « qu'est-ce qui te permet d'arriver là ? »
    Ce qu'il cherche : votre raisonnement, pas votre conclusion. Votre écueil : réciter des connaissances hors contexte
  • 3 · Il valide ce qui était juste — c'est le seul moment de la séquence où l'on vous dit ce que vous faites bien. Écoutez-le vraiment, c'est une donnée d'évaluation
  • 4 · Il corrige une erreur — une seule, la plus utile. Si vous en identifiez d'autres, c'est le moment de les mettre sur la table vous-même
  • 5 · Il énonce une règle générale — transférable à d'autres situations. Notez-la : c'est souvent la trace d'apprentissage la plus économique de la journée
  • Le signal d'alerte : si vos supervisions consistent uniquement en « ok, très bien », vous n'êtes pas supervisé, vous êtes validé. Demandez alors explicitement : « sur ce cas, qu'est-ce que tu aurais fait différemment ? »
  • Neher JO et al. A five-step "microskills" model of clinical teaching. J Am Board Fam Pract 1992
🔍

Repérer ses propres angles morts

Le vrai risque de l'année : les consultations dont vous ne parlerez jamais
Vous rapporterez spontanément les cas difficiles, rares ou inquiétants. Vous ne rapporterez pas les consultations banales où vous vous êtes trompé sans le sentir — et ce sont statistiquement les plus nombreuses.
  • Le tirage au sort. Une fois par semaine, prenez une consultation au hasard dans votre agenda — pas celle qui vous a marqué — et présentez-la. C'est l'antidote le plus simple au biais de sélection
  • La consultation « trop rapide ». Repérez les consultations qui ont duré nettement moins que prévu. Une consultation expédiée est plus souvent un raisonnement tronqué qu'un cas simple
  • Les patients qui reviennent. Un retour non programmé sous 15 jours pour le même motif est un signal, pas un échec. Listez-les et regardez le motif initial
  • Les prescriptions de confort. Antibiotiques, benzodiazépines, arrêts de travail, imagerie : gardez un décompte mensuel. Le chiffre est plus honnête que le souvenir, et c'est aussi une excellente trace d'apprentissage
  • Les signaux d'une difficulté de raisonnement clinique, à connaître pour vous-même : hypothèses fermées trop tôt · recueil de données exhaustif mais non hiérarchisé · difficulté à justifier un choix autrement que par « c'est ce qu'on fait » · récits chronologiques sans synthèse · évitement des situations d'incertitude
  • Si vous vous reconnaissez, dites-le. Une difficulté de raisonnement identifiée en décembre se travaille ; identifiée en juin par un jury, elle coûte un semestre supplémentaire
  • Sources : littérature sur le raisonnement clinique et la supervision indirecte · formations PAMSU (CNGE Formation)
💬

Obtenir une rétroaction utile

« C'était bien » n'est pas une rétroaction — voici comment obtenir mieux
  • Fixez le rythme dès novembre. Un débriefing court après chaque demi-journée, plus un temps long — 45 à 60 minutes — toutes les deux à quatre semaines. Le temps long est celui qui saute en premier quand l'agenda déborde : mettez-le dans l'agenda partagé, pas dans les bonnes intentions
  • Demandez du spécifique, jamais du global. « Comment tu me trouves ? » appelle « très bien ». « Sur les trois cas de lombalgie de ce mois, est-ce que mon seuil d'imagerie te paraît juste ? » appelle une vraie réponse
  • Nommez le registre. Dites d'emblée si vous voulez un avis clinique, un avis sur votre raisonnement, ou un avis sur votre relation aux patients. Ce ne sont pas les mêmes conversations et beaucoup de superviseurs répondent au mauvais registre par défaut
  • La question qui débloque : « qu'est-ce que tu aurais fait différemment ? ». Elle est plus facile à répondre que « qu'est-ce que j'ai mal fait ? » et donne exactement la même information
  • Demandez une évaluation intermédiaire formalisée à mi-parcours, sur la grille de compétences de votre faculté. C'est le moment où une lacune est encore corrigeable, et cela évite la mauvaise surprise du jury À planifier en février
  • Notez et reformulez. À la fin d'un débriefing : « donc si je résume, tu me proposes de… ». Trente secondes qui transforment un avis en engagement partagé — et fournissent une trace datée
  • Votre tuteur est un canal distinct. Il vous suit sur les quatre années, il n'a pas d'intérêt dans votre volume d'actes, et c'est lui qui verra passer votre portfolio. Sollicitez-le au moins deux fois dans l'année, pas seulement pour la validation
  • Sources : référentiels de tutorat des DMG · littérature sur le feedback en formation médicale
🤝

Quand vous n'êtes pas d'accord avec votre PAMSU

Divergence de pratique, divergence de personne : deux situations très différentes
  • La divergence de pratique est normale et féconde. Vous sortez d'une formation universitaire récente, il a vingt ans de terrain. Vous aurez raison parfois, lui souvent, et l'inverse aussi. Le désaccord argumenté fait partie du dispositif
  • La méthode qui fonctionne : apportez la source, pas l'opinion. « La reco HAS de 2024 propose X dans cette situation, comment tu la lis ? » ouvre une discussion. « Ce n'est pas ce qu'on m'a appris » la ferme
  • Rappel de droit : vous réalisez vos actes seul, et votre responsabilité pénale ne se délègue pas. Vous n'êtes pas tenu de prescrire quelque chose que vous estimez contre-indiqué. Mais vous exercez par délégation : une divergence répétée sur des sujets structurants doit remonter au coordonnateur, pas s'installer en silence
  • Distinguez trois niveaux : préférence (molécule, durée, formulation — cédez, ce n'est pas le combat) · pratique discutable (à documenter et à discuter en supervision) · situation problématique (dangerosité, fraude, pression sur votre volume d'actes — à faire remonter sans délai)
  • Si la relation se dégrade, ne restez pas seul avec : votre tuteur d'abord, le coordonnateur de la phase de consolidation ensuite. Un signalement précoce est une demande d'aide ; un signalement tardif ressemble à un règlement de comptes
  • Le second semestre n'est pas verrouillé. La poursuite du stage se fait « par reconduction après accord des deux parties » : l'instruction prévoit explicitement les « difficultés rencontrées sur le premier stage » comme motif légitime de deux stages distincts
  • Sources : art. R. 6153-1-2 CSP · instruction du 21/05/2026 § III
3 · Documenter et durer
📓

Portfolio et traces : la stratégie du fil de l'eau

Douze traces écrites en juin, c'est un cauchemar ; une par quinzaine, c'est une routine
  • Le portfolio est le mémoire de DES. Ce n'est pas un dossier annexe : c'est le support de votre soutenance finale et la pièce sur laquelle le jury vous évaluera. Il se remplit au fur et à mesure du cursus
  • Le rythme qui tient : une trace par quinzaine, rédigée dans les 48 heures suivant la situation. Au-delà, vous aurez oublié ce qui faisait la difficulté — et c'est précisément la difficulté qui fait la valeur de la trace
  • L'année de consolidation offre un matériau que vous n'aviez pas : le suivi longitudinal. Une trace qui raconte l'évolution d'un même patient sur huit mois vaut trois récits de consultation isolée, et documente directement les compétences « continuité, suivi, coordination » et « approche globale »
  • Ce qui fait une bonne trace : une situation qui vous a mis en difficulté, votre raisonnement tel qu'il était sur le moment (pas reconstruit après coup), ce que vous avez cherché, ce que vous feriez différemment, et le lien explicite avec une ou deux compétences du référentiel
  • Ce qui fait une mauvaise trace : un cas clinique bien tourné où tout s'est bien passé. Le jury ne cherche pas à savoir si vous savez rédiger une observation — il cherche votre réflexivité
  • Utilisez la demi-journée de temps personnel pour ça. C'est exactement son objet, et cela justifie de la défendre lorsqu'on vous proposera de la remplir de consultations
  • Vérifiez les exigences de votre faculté — nombre de traces, format, échéances de dépôt, calendrier du jury. Elles varient sensiblement d'un DMG à l'autre Varie par faculté
  • Sources : arrêté du 03/08/2023 · référentiels de portfolio des DMG
🫀

Charge de travail, isolement, et le piège du volume

Un dispositif qui rémunère l'activité crée une pression sur l'activité — ce n'est pas une hypothèse
Votre prime dépend de votre volume d'actes. Les tickets modérateurs perçus par votre PAMSU en dépendent aussi. Deux incitations convergentes qui poussent dans le même sens. Le seul contrepoids institutionnel est le seuil de 2 400 consultations par semestre au-delà duquel l'agrément est réexaminé. Connaissez ce chiffre.
  • Les repères chiffrés : 200 actes/mois en moyenne = seuil de votre prime · environ 210 actes/mois ≈ 1 200 € de tickets modérateurs pour votre PAMSU · 400 actes/mois = seuil de réexamen de l'agrément. Vous vous situez normalement entre les deux
  • Comptez vous-même, tous les mois. Vos données d'activité sont transmises au CHU et servent au calcul de votre prime. Un tableau personnel de suivi vous permet de vérifier — et de documenter un éventuel dépassement
  • L'isolement est le risque spécifique de cette année. Vous quittez un collectif d'internes pour un cabinet, souvent seul face à des décisions, parfois loin de vos pairs. Prévoyez activement des points de contact : groupe d'échange de pratiques, autres DJ de la subdivision, tuteur
  • Les demi-journées non cliniques sont aussi une protection. Elles ne servent pas qu'au portfolio : elles cassent le rythme et vous rendent à un statut d'apprenant. Les défendre est un acte de prévention, pas un caprice
  • Les signaux à ne pas laisser filer : cynisme croissant envers les patients · consultations expédiées sans culpabilité · évitement des situations complexes · sommeil altéré les veilles de reprise · sentiment que demander de l'aide serait un aveu
  • Vous relevez d'un service de santé au travail — celui de votre lieu de stage, à défaut celui de votre CHU. C'est un interlocuteur confidentiel, distinct de votre PAMSU et de votre faculté, et beaucoup de DJ ignorent qu'ils y ont accès Art. R. 6153-1-3
  • Si vous allez mal, parlez-en tôt. Les dispositifs d'entraide destinés aux soignants (structures régionales, cellules d'écoute ordinales) sont confidentiels et existent précisément pour ces situations
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § VI-a et § VII · art. R. 6153-1-3 CSP
🗺️

Utiliser l'année pour préparer la suite

Douze mois sur un même territoire : un observatoire que vous n'aurez plus jamais
  • Ce que vous pouvez tester sans engagement : un mode d'exercice (isolé, groupe, MSP, centre de santé), un territoire, un rythme, une file active. C'est exactement l'objectif affiché de la réforme — autant s'en servir
  • Regardez la gestion, pas seulement la clinique. Demandez à voir comment fonctionne concrètement le cabinet : charges, logiciel, secrétariat, assistant médical, comptabilité, relations avec la CPAM. Cette année est la dernière occasion de poser ces questions sans enjeu
  • En MSP : demandez à assister à une réunion de concertation pluriprofessionnelle et à comprendre le fonctionnement de la SISA et des indicateurs ACI. C'est de la culture d'exercice coordonné qu'aucun stage court ne donne
  • Cultivez votre réseau territorial : spécialistes correspondants, pharmaciens, IDE, CPTS, services sociaux, EHPAD du secteur. Un carnet d'adresses local est ce qui distingue une installation facile d'une installation laborieuse
  • Le stage DJ ne crée aucune obligation d'installation et, contrairement au remplacement prolongé, ne déclenche aucune clause de non-concurrence. Vous êtes libre de vous installer sur place, à côté, ou ailleurs → voir « Mon statut », carte 14
  • Si l'installation vous tente sur place, abordez-le explicitement au premier trimestre : association, collaboration, co-titularité, reprise partielle de patientèle. Un projet évoqué en novembre a le temps de mûrir ; évoqué en juin, il devient une négociation sous contrainte de calendrier
  • Sources : instruction du 21/05/2026 § I · LFSS 2023 art. 37

Mes revenus de Docteur Junior

Montants bruts issus de l'instruction du 21/05/2026 · le passage au net et l'impôt sont des estimations paramétrables, pas des montants officiels

1

Mon stage

Zonage du lieu de stage
📍 Stage en zone d'intervention prioritaire (ZIP) i +1 000 €/mois
🏠 Indemnité forfaitaire d'hébergement i +300 €/mois
🚗 Indemnité forfaitaire de transport i +130 €/mois
Émoluments 2 375 €/mois et prime d'autonomie supervisée 5 000 €/an sont intégrés automatiquement : ils ne dépendent d'aucun paramètre.
2

Mon activité clinique

Ce que votre activité génère (indicatif)
Ces deux lignes n'entrent pas dans vos revenus. Elles servent à afficher, dans le bilan, l'écart entre ce que vous produisez et ce que vous percevez.
3

Permanence des soins (facultatif)

🚑 Je participe à la PDSA i
4

Remplacements (facultatif)

🔁 Je remplace pendant mes congés i
5

Du brut au net

Impôt sur le revenu (estimation)
📄 Micro-BNC pour les remplacements i
Cette estimation n'a pas valeur de calcul fiscal. Elle sert à comparer des scénarios entre eux, pas à remplir une déclaration.
Net mensuel moyen estimé
avant impôt
Brut annuel total
Impôt estimé
sur l'année
Net annuel après impôt
par mois
Le circuit de l'argent — d'où il vient, où il va
Votre activité produit des honoraires ; votre rémunération est forfaitaire et versée par le CHU. Les deux colonnes ne se répondent pas : elles suivent deux circuits distincts, décrits ici côte à côte pour rendre le montage lisible.
📈

Ce que facture votre activité

💶

Ce que vous percevez

Les deux colonnes ne s'additionnent ni ne se soustraient. Les honoraires que vous facturez sont encaissés par la structure d'accueil ; le ticket modérateur est reversé au CHU, qui vous verse en retour une rémunération forfaitaire indépendante de votre activité — à l'exception de la prime de 500 € par semestre au-delà de 200 actes mensuels. Le reste finance l'Assurance maladie, les charges du cabinet et la compensation de l'encadrement. Cette présentation sert à comprendre le montage, pas à en déduire un manque à gagner.
Ce calculateur s'arrête au brut et à une estimation grossière de l'impôt. Pour un calcul fiscal réel — barème par tranches, parts fiscales, plafonnement du quotient familial, décote, remplacements en micro-BNC ou au réel, effet d'un versement PER — passez à l'onglet . Il reprend automatiquement les chiffres saisis ici.

Impôts & comptabilité — calculer vraiment, comprendre ensuite

Barème LFI 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) · quotient familial et plafonnement · décote · micro-BNC et déclaration contrôlée · RSPM et PAMC

Ce calculateur applique le barème réel, pas un taux moyen. Il enchaîne les cinq étapes que fait l'administration : revenu net imposable, division par les parts, application des tranches, plafonnement du quotient familial, décote. Il gère les traitements de docteur junior, les honoraires de remplacement (micro-BNC ou réel), les revenus du conjoint, les versements PER et les pensions alimentaires.
Le barème utilisé est celui de la loi de finances pour 2026, applicable aux revenus 2025. Vos revenus de docteur junior seront perçus en 2026 et 2027 et donc soumis aux barèmes des lois de finances 2027 et 2028, qui ne sont pas connus. Historiquement, les tranches sont revalorisées de l'ordre de l'inflation. Considérez le résultat comme une estimation à quelques pour cent près, pas comme un avis d'imposition.
A

Les revenus du foyer

Repris du calculateur de revenus
Net imposable également. L'abattement de 10 % s'applique à l'ensemble des salaires du foyer.
Abattement forfaitaire de 34 %, minimum 305 €. Applicable tant que les recettes restent sous 83 600 € (seuil relevé à compter des revenus 2026).
Revenus fonciers nets, pensions, BIC… Les revenus de capitaux mobiliers relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique (31,4 % depuis 2026) et non du barème : ne les saisissez pas ici.
B

La situation de famille

Concubinage : chacun déclare séparément, donc « célibataire » pour ce calcul.
0,5 part pour chacun des deux premiers, 1 part entière à partir du troisième (art. 194 CGI).
Nombre de parts fiscales : 1
C

Ce qui vient en déduction

Plafond salarié 2026 : 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 €.
D

Le détail du calcul

E

Simuler un versement PER

Combien un versement supplémentaire vous ferait-il économiser cette année ? Le tableau applique votre situation réelle, plafonnement et décote compris.

L'économie affichée est immédiate. Elle a une contrepartie : à la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème (les plus-values, elles, au prélèvement forfaitaire unique). Le PER est donc surtout intéressant si votre taux marginal aujourd'hui est supérieur à celui que vous aurez à la retraite — situation fréquente pour un médecin en fin de carrière, moins évidente pour un docteur junior à 2 375 € par mois. Voir l'onglet Retraite & patrimoine.

Votre imposition
Impôt sur le revenu
0 €
soit 0 € par mois
Taux marginal (TMI)
0 %
sur le dernier euro gagné
Taux moyen réel
0 %
impôt / revenu imposable
Trois limites à connaître avant de vous fier à ce chiffre.
  • Le barème est celui de 2026 (revenus 2025). Vos revenus de docteur junior relèveront des barèmes 2027 et 2028, non publiés
  • Les réductions et crédits d'impôt ne sont pas modélisés : garde d'enfants, emploi à domicile, dons, frais de scolarité, investissements. Ils s'imputent après la décote et peuvent changer sensiblement le résultat
  • Le calcul suppose l'abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires. Si vos frais réels le dépassent (déplacements importants, double résidence), l'option pour les frais réels peut être plus favorable
Ce simulateur ne remplace ni le simulateur officiel de la DGFiP, ni un expert-comptable.

Trois comptabilités, trois logiques

Ce que vous devez tenir aujourd'hui comme docteur junior, demain comme remplaçant, après-demain comme installé

Pourquoi cette section existe. Le cursus de médecine ne consacre pratiquement aucune heure à la comptabilité, alors que la quasi-totalité des généralistes exerceront un jour en libéral. Les erreurs coûteuses ne sont presque jamais des erreurs de calcul : ce sont des erreurs de régime — rester en micro-BNC alors que les charges dépassent 34 % des recettes, ne pas provisionner les cotisations de la deuxième année, ignorer un changement de seuil. Ce qui suit ne fait pas de vous un comptable ; cela vous évite les trois ou quatre pièges qui coûtent le plus cher.
1 · Docteur junior — vous êtes salarié
🧾

Votre bulletin de paie, ligne par ligne

Ce que le CHU prélève, ce qu'il déclare, et ce que vous retrouverez sur votre déclaration

Votre rémunération est versée par votre CHU de rattachement, sur un contrat de droit public. Vous n'avez aucune comptabilité à tenir, aucune déclaration professionnelle à faire, aucune cotisation à provisionner : tout est prélevé à la source.

LigneCe que c'est
BrutÉmoluments forfaitaires + prime d'autonomie supervisée + primes et indemnités éventuelles (ZIP, PDSA)
Cotisations salarialesSécurité sociale, retraite de base, retraite complémentaire, CSG, CRDS. Ordre de grandeur : environ un cinquième du brut, variable selon les lignes
Net à payerCe qui arrive sur votre compte
Net imposableLa ligne qui compte pour le fisc. Elle est supérieure au net à payer, car elle réintègre la CSG non déductible. C'est ce chiffre que vous saisissez dans le calculateur ci-dessus
Prélèvement à la sourceAppliqué directement sur le bulletin, selon votre taux personnalisé
La retraite pendant l'année de docteur junior. Comme praticien en formation rémunéré par l'hôpital public, vous cotisez au régime général et à l'IRCANTEC, non à la CARMF. Ces trimestres comptent, mais ils n'alimentent pas votre future retraite de libéral. Vérifiez les lignes correspondantes sur votre bulletin et conservez-le : les régularisations de carrière se font vingt ans plus tard, sur pièces.
Ce que vous devez quand même faire : vérifier votre taux de prélèvement à la source. Si vous entrez dans la vie active ou si vos revenus changent brutalement, le taux appliqué peut être calé sur une année creuse — vous paierez alors un rattrapage l'année suivante. Le taux se modifie en ligne sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ».
📅

Votre déclaration de revenus, en pratique

Les cases à ne pas rater si vous cumulez traitements et remplacements
  • Traitements du CHU — préremplis sur la déclaration 2042, cases 1AJ et suivantes. Vérifiez qu'ils correspondent au net imposable de votre dernier bulletin de décembre, cumul annuel
  • Honoraires de remplacement — déclaration 2042-C-PRO. En micro-BNC, vous portez le montant brut encaissé et l'administration applique l'abattement de 34 % : n'appliquez pas l'abattement vous-même, c'est l'erreur la plus fréquente
  • En déclaration contrôlée — vous déposez d'abord une déclaration 2035 par voie dématérialisée, puis reportez le résultat sur la 2042-C-PRO
  • Versements PER — case 6NS ou 6NT selon le déclarant
  • Cotisations sociales personnelles — déjà déduites en micro-BNC via l'abattement forfaitaire ; à déduire explicitement en réel
Le double piège de la première année de remplacement. Vous encaissez vos honoraires en année N, vous les déclarez au printemps N+1, et vos cotisations définitives sont régularisées en N+1 ou N+2. Résultat : l'année où vos revenus baissent (installation, congé, changement d'activité) est souvent celle où vous payez le plus. Provisionnez systématiquement, sur un compte séparé, dès le premier euro encaissé.
2 · Médecin remplaçant — deux choix à faire, séparément
🔀

Ne confondez pas le choix social et le choix fiscal

RSPM ou PAMC d'un côté, micro-BNC ou réel de l'autre — quatre combinaisons possibles

C'est la confusion la plus répandue, et elle produit de vraies erreurs. Vous faites deux choix indépendants, avec deux seuils différents.

Choix social (cotisations)Choix fiscal (impôt)
Les deux optionsRSPM ou régime PAMCMicro-BNC ou déclaration contrôlée
InterlocuteurURSSAF, CARMFAdministration fiscale
Seuil charnière19 000 € puis 38 000 €83 600 € de recettes
Ce qui est en jeuLe taux et le mode de paiement de vos cotisationsLa base sur laquelle vous êtes imposé
Autrement dit : vous pouvez parfaitement être sorti du RSPM tout en restant au micro-BNC. Le seuil fiscal est plus de quatre fois supérieur au seuil social.
🏛️

Le côté social : RSPM ou PAMC

Le régime simplifié, ses trois paliers, et ce qu'il ne vous ouvre pas

Le régime simplifié des professions médicales permet de déclarer vos rétrocessions en ligne, mensuellement ou trimestriellement, et de payer un taux unique couvrant à la fois l'URSSAF et la CARMF, sans régularisation ultérieure. Inscription sur medecins-remplacants.urssaf.fr.

Rétrocessions annuellesRégimeTaux
Jusqu'à 19 000 €RSPM13,50 % tout compris
De 19 000 à 38 000 €RSPM maintenu, deux ans maximum21,20 %
Au-delà de 38 000 €Sortie du RSPM au 1ᵉʳ janvier suivant → régime PAMCCotisations provisionnelles puis régularisées

Quatre conditions cumulatives pour y être éligible : être médecin remplaçant (généraliste ou spécialiste) ; faire exclusivement des remplacements ; ne pas exercer d'autre activité indépendante ; rester sous le plafond de rétrocessions, apprécié avant abattement.

La contrepartie du taux à 13,50 % : il n'ouvre pas de droits au régime complémentaire vieillesse de la CARMF (art. D. 642-4-2 du code de la sécurité sociale). Vous cotisez peu, vous acquérez peu. Sur une ou deux années de remplacements occasionnels, c'est indifférent. Sur cinq ans de remplacement à temps plein, cela laisse un trou dans votre carrière.
Une précision qui surprend : le RSPM ne vous affilie pas automatiquement à la CARMF. L'affiliation reste une démarche à votre initiative. Vérifiez-la — un rattrapage de plusieurs années de cotisations arrive vite.
📊

Le côté fiscal : micro-BNC ou déclaration contrôlée

Le seuil de bascule est un calcul, pas une intuition

En micro-BNC, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes : vous êtes imposé sur 66 % de ce que vous avez encaissé, quelles que soient vos charges réelles. Le régime s'applique tant que les recettes de l'année précédente ne dépassent pas 83 600 € (seuil relevé à compter des revenus 2026 ; il était de 77 700 € pour 2023 à 2025). En cas de création d'activité, il s'applique de plein droit l'année de création et la suivante.

En déclaration contrôlée, vous déduisez vos charges réelles. Vous tenez une comptabilité de trésorerie (recettes encaissées, dépenses payées), un registre des immobilisations, et vous déposez une déclaration 2035.

La règle de décision, en une ligne : si vos charges professionnelles réelles dépassent 34 % de vos recettes, la déclaration contrôlée est plus favorable — même si vous êtes largement sous le seuil du micro. Le seuil de 83 600 € est un plafond d'accès au régime simplifié, pas un seuil d'optimisation.

Pour un remplaçant, les charges dépassent rarement 34 % : vous n'avez ni loyer, ni personnel, ni matériel lourd. Le micro-BNC est donc presque toujours le bon choix au début. La bascule devient pertinente le jour où vous achetez un véhicule affecté, où vous louez un local, ou où vous payez des cotisations sociales élevées après régularisation.

Une idée reçue à corriger. On entend souvent qu'il faut adhérer à une association de gestion agréée (AGA) pour éviter une majoration de 25 % du bénéfice. C'est faux depuis les revenus 2023 : la majoration a été supprimée, et l'agrément des organismes de gestion a été abrogé en février 2025. Adhérer peut rester utile pour l'accompagnement, mais plus aucun avantage fiscal n'y est attaché.
💰

Combien mettre de côté — la règle des trois enveloppes

Le seul conseil de gestion qui évite vraiment les catastrophes

Un honoraire de remplacement encaissé n'est pas un revenu disponible. Il porte trois dettes futures : les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, et les régularisations.

SituationÀ provisionner
RSPM à 13,50 %, TMI 0 ou 11 %Environ 20 à 25 % des rétrocessions
RSPM à 21,20 %, TMI 30 %Environ 35 à 40 %
Régime PAMC, TMI 30 % ou plus40 à 50 %, régularisations comprises
  • Un compte séparé, pas un sous-compte mental. L'argent qui reste sur le compte courant se dépense
  • Le virement se fait à l'encaissement, pas à la fin du mois
  • La deuxième année est la plus dure : vous payez les cotisations provisionnelles de l'année en cours et la régularisation de la précédente. C'est là que les remplaçants se font piéger
Pour votre année de docteur junior spécifiquement : vos traitements du CHU sont prélevés à la source, mais vos remplacements ne le sont pas. Si vous remplacez en plus de votre stage, l'impôt correspondant sera appelé sous forme d'acomptes ou de solde. Le calculateur en haut de cet onglet vous donne le montant total ; provisionnez la différence avec ce qui est déjà retenu sur vos bulletins.
3 · Médecin installé — la comptabilité d'un cabinet
🏥

Le principe : une comptabilité de trésorerie

Encaissements et décaissements, pas créances et dettes

Le médecin libéral en déclaration contrôlée tient une comptabilité de trésorerie : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et ce qui est effectivement payé, à la date du mouvement. C'est plus simple qu'une comptabilité d'engagement, mais cela crée un décalage systématique entre l'activité réalisée et le résultat déclaré — les actes de décembre payés en janvier tombent sur l'exercice suivant.

Trois documents structurent l'année :

  • Le livre-journal des recettes — date, identité du patient, montant, mode de règlement
  • Le registre des dépenses — ventilé par nature de charge
  • Le registre des immobilisations et amortissements — matériel, agencements, véhicule affecté

Ils alimentent la déclaration 2035 (formulaire 2035-SD), déposée par voie dématérialisée au printemps, dont le résultat se reporte sur la 2042-C-PRO.

📋

Ce qui est déductible, ce qui ne l'est pas

Les postes principaux d'une 2035 de généraliste
DéductibleNon déductible
Loyer du local professionnel, ou quote-part professionnelle si exercice au domicileImpôt sur le revenu, taxe d'habitation
Cotisations sociales personnelles (URSSAF, CARMF)La part non déductible de la CSG et la CRDS
RCP, assurance du local, prévoyance et retraite complémentaire dans les limites légalesDépenses personnelles, même « un peu » professionnelles
Salaires et charges du personnel, secrétariat, assistante médicaleLes amendes et pénalités
Matériel médical, informatique, mobilier — par amortissement au-delà de 500 € HTLe rachat de la patientèle (immobilisation, pas une charge)
Frais de véhicule : barème kilométrique ou frais réels, au choix mais pas les deuxLes trajets domicile-cabinet au-delà de 40 km, sauf justification
Formation continue, congrès, documentation, cotisations syndicales et ordinalesLes tenues non spécifiques à l'exercice
Contribution économique territoriale (CFE), frais de comptabilité
Deux dispositifs propres aux médecins conventionnés de secteur 1 : la déduction forfaitaire de 2 % des recettes, qui remplace forfaitairement certains frais (représentation, réception, prospection, cadeaux, travaux de recherche, blanchissage, petits déplacements) — elle est globale et exclut la déduction de ces frais au réel ; et l'abattement du groupe III de 3 %, applicable uniquement la première année de conventionnement.
📈

Les ordres de grandeur d'un cabinet de médecine générale

Du chiffre d'affaires au revenu disponible

Chaque cabinet est différent — les chiffres ci-dessous sont des repères de structure, pas une norme.

PosteOrdre de grandeur
Chiffre d'affaires (honoraires + forfaits + ROSP)100 %
Charges de fonctionnement du cabinet25 à 40 % selon le mode d'exercice (seul, groupe, MSP avec personnel)
= Bénéfice avant cotisations personnelles60 à 75 %
Cotisations sociales personnelles (URSSAF + CARMF)Environ 20 à 30 % du bénéfice, dégressif quand le revenu monte
= Revenu net avant impôt
Impôt sur le revenuSelon barème et situation de famille — utilisez le calculateur ci-dessus
Le point aveugle le plus fréquent : le raisonnement « je facture X, donc je gagne X ». Entre le chiffre d'affaires et ce qui reste sur le compte personnel, il y a en pratique un facteur de l'ordre de deux. C'est exactement la même confusion que celle qui circule sur la rémunération des docteurs juniors, mais en sens inverse.
🤝

Faut-il un expert-comptable ?

Ce que ça coûte, ce que ça évite

Comme remplaçant en micro-BNC : non, dans l'immense majorité des cas. Vous additionnez vos rétrocessions et vous portez le total sur la 2042-C-PRO. Un tableur suffit.

Comme installé en déclaration contrôlée : oui, presque toujours. Le coût annuel est de l'ordre de 1 500 à 3 000 €, entièrement déductible. Il achète trois choses : la conformité de la 2035, l'arbitrage sur les régimes et les amortissements, et le temps que vous ne passez pas dessus. Comptez ce qu'une demi-journée de votre temps représente et l'arbitrage se fait seul.

Un critère de choix : prenez un cabinet qui suit des professions de santé. Les spécificités — abattement de 2 %, statut conventionnel, CARMF, SISA et accords conventionnels interprofessionnels en MSP, rétrocessions d'honoraires — ne s'improvisent pas.
Amortir un achat professionnel
Au-delà de 500 € hors taxes, un équipement ne se déduit pas en une fois : il s'amortit sur sa durée d'usage. Voici le tableau à reporter dans votre 2035.
A

Le bien à amortir

Durées d'usage couramment admises : matériel médical 5 à 10 ans · matériel informatique 3 ans · logiciels 1 à 3 ans · mobilier de bureau 10 ans · véhicule 4 à 5 ans · agencements et installations 10 ans. Ces durées ne sont pas des règles absolues : elles doivent correspondre à la durée réelle d'utilisation.
Le plan d'amortissement
Base amortissable
Annuité pleine
Économie d'impôt
Trois choses à retenir. En dessous de 500 € hors taxes, l'achat passe directement en charge de l'exercice — c'est plus simple et souvent plus avantageux. L'amortissement ne fait pas gagner d'argent : il étale une déduction, il ne la crée pas. Et il ne concerne que la déclaration contrôlée : au micro-BNC, l'abattement forfaitaire de 34 % est réputé couvrir l'ensemble de vos frais, amortissements compris.
Les outils que d'autres ont déjà construits
ReAGJIR met en ligne gratuitement une série de simulateurs et un générateur de contrat. Ils sont plus spécialisés que ce guide sur leurs sujets respectifs, et tenus à jour par des confrères qui exercent.
Simulateur
Cotisations au RSPM

Le calcul détaillé des cotisations du régime simplifié des professions médicales, pour les remplaçants. Utile pour vérifier ce que vous devrez sur vos rétrocessions avant de vous engager sur un remplacement.

reagjir.org/outils/rspm/
Simulateur
Cotisations au régime PAMC

Pour les remplaçants au-delà des seuils du RSPM et pour les installés. C'est le régime dans lequel vous basculerez tôt ou tard : autant en connaître le coût réel avant.

reagjir.org/outils/cotisations-pamc/
Simulateur
Déclaration d'impôt en libéral, case par case

Le plus utile des cinq. Vous entrez vos revenus, l'outil vous indique quelle case remplir sur votre déclaration fiscale et sur votre déclaration sociale unifiée. C'est exactement ce que le calculateur de cet onglet ne fait pas : lui estime l'impôt, celui-là vous dit où écrire quoi.

reagjir.org/outils/impot-liberal/
Simulateur
Amortissement linéaire

La version de référence de ce que fait le calculateur ci-dessus. À croiser avec le vôtre si vous tenez votre comptabilité seul ou si vous préparez un achat conséquent.

reagjir.org/outils/amortissement-lineaire/
Générateur
Contrat de remplacement

Génère un contrat conforme aux exigences ordinales, pour les internes comme pour les médecins remplaçants. À utiliser systématiquement plutôt que de reprendre le contrat que le confrère vous tend — et à relire à la lumière des points de vigilance de la fiche « Remplacer pendant votre année de DJ ».

reagjir.org/outils/contrat-remplacement/
Dossiers
Les pages thématiques

Remplacer · exercice libéral · exercice salarié · travailler en équipe · protéger sa santé · parentalité · prévoyance · retraite · devenir maître de stage. Chacune est plus détaillée que la fiche correspondante de ce guide. La page prévoyance et la page parentalité, en particulier, traitent de sujets que ce site n'aborde qu'en surface.

reagjir.org/exercer/ · reagjir.org/protection/
Ces outils sont publiés par ReAGJIR et maintenus par ses adhérents ; ils ne sont ni affiliés à ce guide ni validés par lui, et leurs paramètres peuvent évoluer indépendamment des nôtres. Lorsque leurs résultats divergent des miens, considérez que ce sont les leurs qui font foi sur la fiscalité et les cotisations : c'est leur cœur de métier, ce n'est que l'un des chapitres du mien.

Retraite & patrimoine — commencer quarante ans trop tôt

CARMF : taux 2026 officiels · PER, assurance vie, PEA, SCPI · fiscalité LFI 2026 (PFU 31,4 %, prélèvements sociaux 18,6 %)

Pourquoi cette section dans un guide du docteur junior ? Parce que c'est exactement le moment. Vous avez trente ans environ, un revenu modeste mais stable, une capacité d'épargne faible, et devant vous trente-cinq ans de cotisations. Les décisions qui comptent le plus en matière de retraite ne sont pas celles qu'on prend à cinquante-cinq ans, ce sont celles qu'on prend maintenant — non pas parce qu'il faudrait épargner beaucoup, mais parce que l'horizon fait tout le travail, et qu'il ne se rattrape pas.
Le message n'est pas « épargnez ». À 2 375 € brut par mois, l'ordre des priorités est ailleurs : rembourser un crédit étudiant coûteux, se constituer une épargne de précaution, se couvrir correctement en prévoyance. Le message est : comprenez le système maintenant, pour ne pas découvrir à quarante-cinq ans ce que vous auriez pu organiser à trente.
1 · Comprendre où vont vos cotisations
🧩

Trois statuts, trois caisses — et des trous entre les deux

Le point le plus mal compris de toute votre carrière
PériodeStatutRetraite de baseComplémentaire
Internat et docteur juniorPraticien en formation, contrat de droit publicRégime général (CNAV)IRCANTEC
RemplacementsTravailleur indépendantCARMF régime de baseCARMF complémentaire + ASV — sauf au taux RSPM de 13,50 %
Installation libéraleMédecin libéral conventionnéCARMF régime de baseCARMF complémentaire + ASV
Salariat (hôpital, centre de santé)SalariéCNAVIRCANTEC ou AGIRC-ARRCO
Le trou n° 1 : le RSPM à 13,50 %. Ce taux couvre l'URSSAF et la CARMF de base, mais il n'ouvre aucun droit au régime complémentaire vieillesse (art. D. 642-4-2 du code de la sécurité sociale). Or le régime complémentaire représente, pour un médecin installé, la plus grosse part de la pension. Deux ou trois années de remplacements occasionnels : négligeable. Cinq ans de remplacement à temps plein sous RSPM : plusieurs centaines d'euros de pension mensuelle en moins, à vie.
Le trou n° 2 : les dispenses. Toutes les périodes de dispense d'affiliation ou d'exonération de cotisation — insuffisance de revenus, début d'activité — ne comptent ni pour les trimestres du régime de base, ni pour les points. La dispense soulage la trésorerie et coûte des droits. Ce n'est pas nécessairement un mauvais choix, mais c'est un choix, et il doit être fait en connaissance de cause.
Ce qu'il faut faire, concrètement, une fois par an : demander votre relevé de carrière (info-retraite.fr, qui agrège tous les régimes) et votre récapitulatif de droits CARMF dès que vous y êtes affilié. Les erreurs de report se corrigent facilement à trente ans, difficilement à soixante.
🏦

La CARMF, ses trois régimes de retraite et sa prévoyance

Ce que vous paierez et ce que ça ouvre — chiffres officiels 2026

La CARMF gère quatre choses distinctes. Le PASS 2026 est fixé à 48 060 €.

RégimeAssiette et taux 2026Ce que ça ouvre
Base8,73 % jusqu'à 1 PASS + 1,87 % jusqu'à 5 PASSJusqu'à 450 + 100 points par an, valeur du point 0,6599 €
Complémentaire (RCV)11,80 % dans la limite de 3,5 PASS (168 210 €)Valeur du point 77,14 € à 62 ans — c'est le cœur de la pension
ASVForfait 1 917 € en secteur 1 (5 751 € en secteur 2) + ajustement de 1,3333 % (4 % en secteur 2)Valeur du point 11,82 €. Réservé aux conventionnés
Invalidité-décès626 € sous 1 PASS ; 434 € + 0,40 % du revenu entre 1 et 3 PASS ; 1 010 € au-delàIndemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès

Ce que la prévoyance CARMF couvre réellement — et c'est souvent moins que ce qu'on imagine :

  • Indemnités journalières : à partir du 91ᵉ jour d'arrêt seulement. 65,84 € par jour pour un revenu inférieur à 1 PASS. Les 90 premiers jours relèvent des IJ de la CPAM pour les libéraux (du 4ᵉ au 90ᵉ jour) — et pour tout le reste, de votre prévoyance personnelle
  • Rente d'invalidité totale et définitive : 23 662 € par an pour un revenu ≤ 1 PASS. Comparez ce chiffre à votre train de vie
  • Capital décès : 71 500 € en versement unique, plus des rentes au conjoint et aux enfants
  • Réversion : 54 % en base, 60 % en complémentaire, 50 % en ASV
Le vrai sujet n'est pas la retraite, c'est la prévoyance. Un médecin de trente ans a une probabilité faible mais non nulle d'être arrêté longuement. Le régime obligatoire ne couvre rien pendant trois mois et verse ensuite un forfait bas. Une prévoyance complémentaire correcte coûte quelques dizaines d'euros par mois à votre âge et beaucoup plus à cinquante ans, avec des exclusions. Si vous ne deviez retenir qu'une chose de cet onglet, ce serait celle-là.
🧮

Calculateur de cotisations CARMF

Taux 2026 officiels, secteur 1 et secteur 2

Source : CARMF, « Cotisations du médecin 2026 », taux publiés le 15 janvier 2026. La participation des caisses d'assurance maladie au régime de base des médecins de secteur 1 (compensation CSG) est déduite du total. Les cotisations sont intégralement déductibles du bénéfice imposable. Les deux premières années d'activité relèvent d'un régime provisionnel forfaitaire spécifique, et une dispense des régimes complémentaire et ASV est possible pour les médecins s'installant avant 40 ans — au prix des droits correspondants.

2 · Les enveloppes d'épargne, comparées
A

Simuler un effort d'épargne

Repères historiques de long terme, hors garantie : fonds euros 2 à 3 %, obligations 3 à 4 %, actions monde 6 à 8 % avec une volatilité forte. Un rendement annoncé n'est jamais un rendement acquis.
Détermine si le PER est réellement gagnant : il n'a d'intérêt que si ce taux est inférieur à celui d'aujourd'hui.
B

Ce que donne chaque enveloppe

C

Ce que font vraiment les intérêts composés

Le tableau ci-dessous décompose la simulation décennie par décennie. Il n'y a rien d'autre à comprendre de la finance personnelle que ce tableau : la part des intérêts dans le capital final ne dépend presque pas du montant versé, elle dépend de la durée. C'est la seule variable sur laquelle un docteur junior de trente ans a un avantage absolu sur un médecin installé de cinquante.

D

Le PER, en détail — plafond, économie d'impôt, sortie

Le PER n'est pas un placement, c'est une enveloppe fiscale. Ce qu'il contient — fonds euros, ETF, immobilier papier — détermine le rendement ; l'enveloppe, elle, ne fait que déplacer l'impôt dans le temps. Il n'est gagnant que si votre taux marginal baisse entre le versement et le retrait. Le simulateur ci-dessous chiffre cet écart, et ce qu'il devient si vous réinvestissez l'économie d'impôt au lieu de la dépenser.
Le plafond des indépendants est plus généreux : une tranche supplémentaire s'ajoute au-delà d'un plafond annuel de la Sécurité sociale.
C'est le paramètre qui change tout, et celui que les comparatifs oublient le plus souvent. Un PER dont l'économie d'impôt part en vacances n'est plus qu'un placement bloqué.

Cinq choses à savoir avant d'ouvrir un PER. Les sommes sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé limitativement énumérés : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire. L'économie d'impôt n'est pas un gain : c'est un report, et les versements déduits seront réimposés au barème à la sortie. En cas de décès après 70 ans, la fiscalité du PER est nettement moins favorable que celle de l'assurance vie. Les frais varient de 0 à plus de 3 % par an selon le distributeur, et un point de frais annuel sur trente ans ampute le capital final de près d'un quart. Et le plafond non utilisé est reportable trois ans, ce qui permet d'attendre une année à taux marginal élevé plutôt que de verser par réflexe.
Qui vous vend quoi — lire l'étiquette avant de signer
Les médecins sont une clientèle recherchée : revenus élevés, faible disponibilité, faible culture financière, forte confiance envers les professions à titre. Cette section n'est pas dirigée contre une profession, elle décrit un mode de rémunération.
La question à poser en premier, avant même de dire bonjour : « comment êtes-vous rémunéré ? » Si la réponse est « c'est gratuit pour vous », alors vous n'êtes pas le client — vous êtes le produit distribué. Un conseil qui ne vous est pas facturé est payé par les frais du produit qu'on vous vend, et ces frais sortent de votre capital chaque année, pendant trente ans.

Les trois modèles économiques, et comment les distinguer

Rétrocommissions, honoraires, ou salaire d'un réseau — ce n'est pas la même chose du tout
  • Le conseiller de votre banque. C'est un salarié avec des objectifs commerciaux, qui distribue le catalogue de son établissement. Il ne peut structurellement pas vous proposer ce que sa maison ne vend pas. Ce n'est ni malhonnête ni caché — c'est simplement le métier, et il ne faut pas confondre son rôle avec celui d'un conseil indépendant.
  • Le conseiller en gestion de patrimoine rémunéré aux rétrocommissions. Il perçoit une part des frais de gestion des produits qu'il place, versée par la société de gestion, chaque année, tant que vous détenez le produit. Sa rémunération est donc liée au produit choisi, pas au résultat obtenu. Les intérêts ne sont pas opposés, mais ils ne sont pas alignés non plus.
  • Le conseiller rémunéré aux honoraires. Vous payez une prestation — un bilan patrimonial, une allocation, un accompagnement — et il n'a aucun intérêt à privilégier un produit plutôt qu'un autre. C'est le seul modèle dans lequel votre intérêt et le sien pointent dans la même direction. Il est plus rare et il paraît plus cher, parce que le coût y est visible au lieu d'être prélevé silencieusement.
  • Comment vérifier. Un conseiller en investissements financiers doit être immatriculé à l'ORIAS et adhérent d'une association agréée par l'AMF ; un courtier en assurance figure aussi à l'ORIAS. Le registre est public et gratuit. Le document d'entrée en relation doit indiquer le statut, les modes de rémunération et les liens capitalistiques avec les producteurs. Demandez-le par écrit, et lisez-le.

Les frais, ou pourquoi un point de pourcentage n'est jamais anodin

Le seul paramètre que vous contrôlez vraiment, et le seul qui soit certain
  • Le rendement est une hypothèse, les frais sont une certitude. Personne ne peut vous garantir 7 % par an ; tout le monde peut vous garantir que 2 % de frais annuels seront prélevés.
  • L'ordre de grandeur. Sur trente ans, à rendement brut identique, un point de frais annuel supplémentaire ampute le capital final d'environ un quart. Deux points, de plus de 40 %. Ce n'est pas une opinion, c'est de l'arithmétique — vous pouvez le vérifier vous-même dans le simulateur ci-dessus en retranchant un point au rendement.
  • Les frais à repérer, un par un : frais d'entrée ou de versement, prélevés sur chaque euro investi ; frais de gestion du contrat, annuels, sur l'encours ; frais internes des supports, annuels également et cumulatifs avec les précédents ; frais d'arbitrage, à chaque changement ; frais de sortie ou de transfert. Les deux premiers sont négociables, le troisième dépend de ce que vous choisissez.
  • Les repères de marché. Un contrat d'assurance vie en ligne se trouve couramment sans frais d'entrée et autour de 0,5 à 0,6 % de frais de gestion sur les unités de compte ; un contrat bancaire ou distribué par un conseiller pratique fréquemment 2 à 4 % de frais d'entrée et 0,8 à 1 % de gestion. Sur les supports eux-mêmes, un fonds indiciel coûte de l'ordre de 0,2 à 0,4 % par an, un fonds géré activement de 1,5 à 2,5 %.
  • Le point qui déclenche la vigilance. Si l'allocation proposée est massivement composée de fonds portant le nom de la maison qui vous conseille, vous n'avez pas reçu un conseil : vous avez reçu un catalogue.

Les propositions qui doivent déclencher un « je vais y réfléchir »

Six formulations classiques, et ce qu'elles recouvrent
  • « Avec votre profil, il faut défiscaliser. » Défiscaliser n'est pas un objectif, c'est un moyen. Un dispositif fiscal qui repose sur un actif médiocre reste un mauvais investissement, même bien déduit. La question préalable est toujours : achèterais-je cet actif s'il n'y avait aucun avantage fiscal ?
  • « C'est un produit réservé aux professions médicales. » Il n'existe pas de marché financier réservé aux médecins. Cette formulation vend un sentiment d'appartenance, pas une performance.
  • « Le rendement a été de X % l'an dernier. » Les performances passées ne préjugent pas des performances futures — la mention est obligatoire précisément parce que le raccourci est irrésistible. Demandez plutôt les frais totaux et la volatilité.
  • « Il faut se décider avant la fin de l'année. » L'urgence est un outil de vente. Un placement de trente ans supporte très bien deux semaines de réflexion, et un plafond de PER non utilisé se reporte trois ans.
  • « Vous ne payez rien, c'est la société de gestion qui me rémunère. » Voir plus haut. Cette phrase est exacte et trompeuse à la fois.
  • « Ce montage optimise votre situation. » Demandez le chiffrage écrit du coût total sur la durée de détention, frais d'entrée, de gestion et de supports compris. Un professionnel sérieux le fournit sans difficulté ; le refus ou l'évitement est en soi une réponse.
Trois réflexes qui remplacent avantageusement la plupart des conseils. Ne jamais signer le jour même. Ne jamais acheter un produit dont vous ne pouvez pas expliquer le fonctionnement à un confrère en deux phrases. Et se former un minimum soi-même : les ressources de vulgarisation financière indépendantes — celles qui ne vendent aucun produit et le disent — vous rendront plus service en dix heures de lecture que trois rendez-vous commerciaux. C'est exactement le même raisonnement que celui que vous appliquez à la visite médicale.
Ce guide ne recommande aucun produit, aucun distributeur et aucun établissement, et n'a aucun lien d'intérêt avec le secteur financier. Il ne constitue pas un conseil en investissement : ses auteurs sont médecins généralistes, pas conseillers financiers. Pour une décision engageante, consultez un professionnel — en ayant d'abord vérifié comment il est rémunéré.
Suivre ses droits : le service public info-retraite
Gratuit, officiel, inter-régimes. C'est le seul endroit où vos trimestres d'externat, d'internat, de docteur junior et d'exercice libéral apparaissent au même endroit.
Officiel
info-retraite.fr — votre compte retraite

Le portail du groupement d'intérêt public Union Retraite, qui fédère l'ensemble des régimes français. Connexion par FranceConnect. Vous y trouvez votre relevé de carrière tous régimes, la liste de vos trimestres validés et de vos points, l'estimation de votre âge de départ et de votre future pension, et le service de correction si une période manque.

info-retraite.fr
Officiel
Le simulateur M@rel

Le simulateur officiel inter-régimes, accessible depuis votre compte info-retraite. Il reprend automatiquement votre carrière réelle plutôt que de vous demander de la ressaisir, et permet de tester plusieurs âges de départ et hypothèses d'évolution de revenus.

m-a-rel.fr · accessible via info-retraite.fr
Votre caisse
CARMF — espace personnel

Dès votre première activité libérale, même quelques jours de remplacement, vous avez un dossier CARMF. L'espace personnel donne le détail de vos cotisations, de vos points acquis dans chaque régime — base, complémentaire, ASV — et votre relevé de situation individuelle. Demandez-le une fois par an : les erreurs d'affiliation en début de carrière sont fréquentes et bien plus faciles à corriger tôt.

carmf.fr
Pourquoi cela vous concerne dès maintenant, et pas dans vingt ans. Votre carrière sera fragmentée : régime général et IRCANTEC pendant l'externat, l'internat et l'année de docteur junior, puis CARMF dès le premier remplacement, avec éventuellement des périodes salariées ensuite. Les oublis se produisent précisément aux jointures. Une année d'internat non reportée, un trimestre de remplacement non affilié, une période de disponibilité mal codée : cela se corrige en dix minutes la première année, et devient un dossier de plusieurs mois trente ans plus tard, quand les employeurs ont disparu et les bulletins de paie avec eux.
Ce qu'il faut conserver, toute la vie. Vos bulletins de salaire d'externat, d'internat et de docteur junior — tous, sans exception. Vos contrats de remplacement. Vos avis d'imposition. Vos attestations d'affiliation URSSAF et CARMF. Un dossier numérique daté suffit, sauvegardé à deux endroits. C'est l'un des rares conseils patrimoniaux qui ne coûte rien, ne comporte aucun risque, et ne rapporte à personne d'autre qu'à vous.
Au terme
Total versé
0 €
Capital brut
0 €
avant fiscalité
Dont plus-values
0 €
part imposable
📘

Les cinq enveloppes, sans jargon

À quoi sert chacune, et à qui elle ne sert pas

1 · Le plan d'épargne retraite (PER). Vous versez, vous déduisez de votre revenu imposable, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits au chômage, surendettement, et depuis 2026 affection grave ou accident grave d'un enfant à charge). À la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème ; les plus-values au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Pertinence pour un docteur junior : faible À un taux marginal de 0 ou 11 %, vous déduisez peu et vous serez imposé davantage à la sortie. Le PER devient intéressant plus tard, quand votre taux marginal passe à 30 ou 41 %.
Plafonds 2026 : salarié, 10 % des revenus de l'année précédente, entre 4 710 € et 37 680 € ; travailleur non salarié, 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS, jusqu'à 88 911 €, plancher 4 806 €. Les plafonds non utilisés se reportent désormais sur cinq ans (contre trois auparavant).

2 · L'assurance vie. Le couteau suisse : disponible à tout moment, fiscalité qui s'allège après huit ans, transmission avantageuse. Après huit ans, abattement annuel de 4 600 € sur les gains (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % d'impôt sur la fraction correspondant à moins de 150 000 € de versements.
Pertinence : élevée Et un point souvent ignoré : la loi de finances pour 2026 a préservé l'assurance vie de la hausse des prélèvements sociaux. Ils y restent à 17,2 %, contre 18,6 % ailleurs. L'écart est faible mais il joue dans le bon sens.
Le geste utile aujourd'hui : ouvrir un contrat avec un versement minimal, même 100 €, pour prendre date. Le compteur des huit ans démarre à l'ouverture, pas au moment où vous versez vraiment.

3 · Le plan d'épargne en actions (PEA). Plafond de 150 000 € de versements. Après cinq ans, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux, désormais à 18,6 %, restent dus sur les gains.
Pertinence : élevée si horizon long C'est l'enveloppe la plus efficace pour investir en actions européennes sur vingt ou trente ans. Même logique que l'assurance vie : ouvrez tôt, même avec peu, pour lancer le compteur.

4 · Les SCPI. Vous détenez des parts d'une société qui possède des bureaux, des commerces ou des locaux de santé, et vous percevez une quote-part des loyers. Rendements historiquement de l'ordre de 4 à 5 %, mais fiscalité lourde : les revenus sont des revenus fonciers, imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux — donc plus de la moitié partent en impôt à un taux marginal de 30 %. Frais d'entrée souvent de 8 à 12 %, liquidité imparfaite, capital non garanti.
Pertinence pour un docteur junior : faible Détenues en direct, elles sont fiscalement inefficaces tant que votre taux marginal est bas et fiscalement pénibles quand il devient élevé. Logées dans une assurance vie, elles perdent une partie de leur rendement en frais mais gagnent en fiscalité. Ce n'est pas un placement de première étape.

5 · L'immobilier locatif en direct. Le seul placement où l'on peut investir avec de l'argent qu'on n'a pas — c'est tout son intérêt et tout son risque. Effet de levier du crédit, mais concentration du risque, illiquidité, gestion chronophage, et fiscalité des revenus fonciers.
Pertinence : variable À trente ans avec un revenu de docteur junior, votre capacité d'emprunt est limitée et votre situation géographique incertaine. Attendre l'installation est presque toujours le bon calcul.

Et Capimed ? La CARMF propose son propre régime facultatif de retraite par capitalisation, réservé aux médecins en activité de moins de 70 ans, avec des cotisations déductibles dans le cadre Madelin. Il partage donc le même plafond que le PER : ce n'est pas un supplément, c'est une alternative. À comparer sur les frais et le taux de rente servi, pas sur le principe.
🪜

Dans quel ordre — les six étages, du plus urgent au plus accessoire

Presque personne ne les prend dans l'ordre, et c'est là que se perd l'argent
Solder les dettes coûteuses

Un crédit à la consommation à 6 % remboursé, c'est un rendement de 6 % net d'impôt et sans risque. Aucun placement ne bat cela. Le prêt étudiant à taux bonifié, en revanche, peut se garder.

Constituer une épargne de précaution

Trois à six mois de dépenses courantes, sur un livret A ou un LDDS : disponible immédiatement, exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Ce n'est pas un placement, c'est ce qui vous évite de casser un placement au mauvais moment.

Se couvrir en prévoyance

Arrêt de travail, invalidité, décès. Le régime obligatoire ne couvre rien pendant les 90 premiers jours et verse ensuite un forfait modeste. C'est l'étage que tout le monde saute et que personne ne regrette d'avoir financé.

Prendre date sur les enveloppes longues

Une assurance vie et un PEA, ouverts avec un versement symbolique. Coût : quasi nul. Bénéfice : les compteurs de 8 ans et de 5 ans tournent pendant que vous faites autre chose.

Investir régulièrement, sur le long terme

Des versements programmés modestes valent mieux que des versements importants et irréguliers : vous lissez les points d'entrée et vous ne cherchez pas à deviner le marché. Privilégiez les supports diversifiés à frais faibles.

Optimiser fiscalement

PER, immobilier, dispositifs de défiscalisation : cet étage n'a de sens qu'à taux marginal élevé, donc pas cette année. Se précipiter dessus avant les cinq précédents est l'erreur classique du jeune professionnel qu'on démarche.

Un mot sur le démarchage. Vous allez être sollicité — sur les réseaux, par téléphone, dans les congrès, parfois par des confrères. Le médecin est une cible commerciale identifiée : revenu futur élevé, faible culture financière, peu de temps. Trois signaux d'alerte : on vous parle d'abord d'économie d'impôt et non de projet ; on ne détaille pas les frais d'entrée et de gestion ; on vous presse. Un placement qui ne peut pas attendre trois semaines de réflexion n'est pas un placement.
📐

Ce qui a changé en 2026, et qui n'est pas encore dans les manuels

Loi de finances 2026 et LFSS 2026
AvantDepuis 2026
Prélèvements sociaux sur les revenus du capital : 17,2 %18,6 % (CSG portée à 10,6 %) — sauf assurance vie, PEL, CEL, revenus fonciers et plus-values immobilières, restés à 17,2 %
Prélèvement forfaitaire unique : 30 %31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 %) ; l'assurance vie reste à 30 %, et à 24,7 % après 8 ans
Report des plafonds PER non utilisés : 3 ans5 ans, pour les droits nés à compter de 2026
Versements PER déductibles sans limite d'âgePlus de déductibilité au-delà de 70 ans
PASS 2025 : 47 100 €PASS 2026 : 48 060 € (+ 2 %)
Majoration de 25 % du bénéfice des non-adhérents à une AGASupprimée depuis les revenus 2023 ; agrément des OGA abrogé en février 2025
Ces règles bougent chaque année, et souvent en décembre. Vérifiez avant tout engagement significatif — un guide n'est jamais à jour très longtemps sur ce terrain.
Avertissement. Cette section est de l'information générale, pas un conseil en investissement. Les auteurs ne sont pas conseillers en gestion de patrimoine, n'ont aucun lien d'intérêt avec un établissement financier, et ne perçoivent aucune rémunération liée à ce guide. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs, tout placement en unités de compte comporte un risque de perte en capital, et les règles fiscales changent. Pour une décision engageante, consultez un professionnel dont vous connaissez le mode de rémunération — la question « comment êtes-vous payé ? » est la première à poser.

Bilan détaillé — chaque ligne, chaque euro

Reprend en direct les paramètres de l'onglet « Mes revenus » · montants annuels sauf mention contraire

Détail annuel de la rémunération

PosteBaseBrut / anNet estimé

Sensibilité — effet du volume d'actes

Toutes autres options inchangées
Actes / moisPrime activitéBrut annuelNet annuel
🧾

Checklist de vérification

📐

Ordres de grandeur utiles

Rémunération fixe brute annuelle33 500 €
dont émoluments (2 375 × 12)28 500 €
dont prime d'autonomie supervisée5 000 €
Prime d'activité maximale (2 semestres)1 000 €
Indemnité ZIP sur 12 mois12 000 €
Hébergement + transport sur 12 mois5 160 €
Une garde de 12 h422,03 €
Seuil prime d'activité> 200 actes/mois
Seuil de réexamen de l'agrément2 400 actes/semestre
Calibrage officiel des tickets modérateurs210 actes ≈ 1 200 €
Les limites de ce bilan, énoncées franchement. Les montants bruts sont exacts et sourcés. Le passage au net repose sur un taux forfaitaire que vous choisissez : votre premier bulletin de paie sera plus fiable que ce simulateur. L'impôt est estimé par application d'une tranche marginale unique, sans quotient familial ni autres revenus du foyer. Les cotisations sur les remplacements sont approchées. Enfin, plusieurs modalités de versement — notamment le calendrier réel de la prime d'activité et le circuit des reversements — restaient en cours d'arbitrage au comité national de suivi à la date de rédaction.

Mon dossier SiiMOP — se faire classer, pas seulement candidater

Trois pièces à déposer · un seuil de vœux à ne pas manquer · une lettre à personnaliser terrain par terrain

L'erreur qui coûte le plus cher : ne pas atteindre le nombre minimal de vœux. Si vous formulez moins de 20 % du nombre total de postes offerts au premier tour, la procédure est considérée comme nulle et vous n'êtes pas apparié. Ce n'est pas une pénalité de rang : c'est une exclusion.
🔢

Combien de vœux dois-je formuler ?

1er tour · 20 %
24
vœux minimum
2e tour · 40 %
48
vœux minimum
Minimum absolu de deux vœux dans tous les cas. Les seuils exacts sont affichés par la plateforme au moment de valider : c'est elle qui fait foi. Le chiffre ci-dessus sert à anticiper la charge de travail — préparer 24 vœux argumentés n'est pas la même chose qu'en préparer trois.
💜

Stratégie des cœurs

Ce n'est pas un classement ordonné. Vous attribuez de 1 à 5 cœurs à chaque poste, et plusieurs postes peuvent recevoir 5 cœurs. L'algorithme croise votre nombre de cœurs avec le rang que le responsable de terrain vous attribue.

5 cœurs — les terrains que vous voulez vraiment. Ne vous rationnez pas : mettre 5 cœurs sur huit terrains n'affaiblit aucun des huit.
3–4 cœurs — terrains satisfaisants, où vous iriez sans réserve mais qui ne sont pas votre premier choix.
1–2 cœurs — terrains acceptables faute de mieux. Ils vous servent à atteindre le seuil minimal sans risquer une affectation contraire à vos priorités.

Le piège : remplir le quota avec des terrains où vous refuseriez d'aller. Vous pouvez y être affecté. Si un terrain vous semble impraticable — distance, mode d'exercice, signaux d'alerte —, ne le mettez pas dans votre liste, même à 1 cœur ; complétez plutôt avec d'autres terrains réellement acceptables.

Le levier réel : le responsable de terrain vous classe sur la base de votre CV et de votre lettre. C'est donc là, et non dans la répartition des cœurs, que se joue votre marge de manœuvre.

✍️

Générateur de dossier — CV et lettre

Comment s'en servir sans se ressembler. Ce générateur ne rédige pas à votre place : il vous fournit une structure et vous force à remplir les champs qui font la différence. Tout ce que vous saisissez est repris tel quel. Plus vous écrivez dans les zones de texte libre, moins le résultat ressemble à celui du voisin — et c'est exactement le but. Une lettre entièrement générée se repère en trois lignes ; le responsable de terrain qui vous classe en lit potentiellement plusieurs dizaines.
Rien n'est enregistré nulle part. Fermez l'onglet et tout disparaît : copiez votre texte avant de partir.
État civil et contact
Formation
Titre exact ou provisoire, nom du directeur, état d'avancement. Un sujet de thèse dit beaucoup de vos centres d'intérêt.
Un par ligne. Mentionnez aussi les formations en cours et les attestations (gestes d'urgence, échographie, addictologie, gynécologie, pédiatrie…).
Parcours de stages
Un par ligne : semestre, service ou cabinet, lieu, et — c'est ce qui compte — une précision sur ce que vous y avez fait. « Urgences CH de Roubaix » dit moins que « Urgences CH de Roubaix — 4 000 passages/mois, autonomie sur le circuit court dès le 2ᵉ mois ».
Nombre approximatif, types de cabinets, régulation ou gardes de PDSA. C'est un signal fort d'autonomie pour un responsable de terrain.
Ce qui vous distingue
Mémoire de DES, poster de congrès, article, tutorat d'externes, participation à un groupe de pairs, enseignement à la faculté.
Représentation étudiante, syndicat d'internes, association de solidarité, encadrement de jeunes, sport de compétition, activité artistique. Ce qui montre que vous savez tenir un engagement dans la durée.
Un parcours antérieur, une reconversion, une année de césure, une contrainte géographique à expliquer, un projet particulier. Cette zone est reprise telle quelle en fin de CV.

Le texte reste éditable : modifiez-le directement dans la zone avant de copier. Trois conseils qui valent plus que le générateur — relisez à voix haute (les phrases qui sonnent faux sont celles qui viennent d'un modèle) ; faites relire par quelqu'un qui ne fait pas médecine ; et vérifiez le nom du terrain avant chaque envoi, c'est l'erreur la plus fréquente et la plus rédhibitoire.

📎

Les trois pièces du dossier

Vérifiez auprès de votre DMG si des pièces supplémentaires sont demandées localement : les pratiques varient d'une subdivision à l'autre.
⚠️

Les erreurs à éviter

  • Découvrir la veille que ses identifiants UNESS ne fonctionnent plus — l'adresse déclarée est souvent ancienne
  • Ne pas atteindre le seuil de 20 % de vœux : procédure nulle
  • Une lettre générique, visiblement recopiée, sans mention du terrain
  • Compléter le quota avec des terrains où l'on refuserait d'aller
  • Ne pas avoir contacté les terrains prioritaires en amont — rien ne l'interdit et beaucoup de responsables l'apprécient
  • Oublier que le choix se fait au niveau de la subdivision, avec priorité aux étudiants de la subdivision
  • Ne pas anticiper la question du logement et du trajet avant de mettre 5 cœurs sur un terrain à 70 km

Évaluer un terrain de stage

Seize critères pondérés · un score indicatif · et les questions qui font la différence entre un bon terrain et un terrain qui a l'air bon

Avant d'utiliser cette grille, allez lire les évaluations des promotions précédentes. La plateforme GELULES, développée par l'association APEASEM et relayée par les associations locales d'internes — AIMGL à Lille, RAOUL-IMG en Lorraine, SAPIR-IMG à Amiens, et d'autres — rassemble des centaines d'évaluations de terrains, anonymisées et modérées. Elle est indépendante du DMG et de l'ARS, ce qui en fait la seule source où l'on lit ce que les fiches de présentation ne disent pas. L'accès passe généralement par l'adhésion à votre association de subdivision. Elle comporte aussi une fonction de signalement d'événement indésirable, anonyme, et rien n'y est entrepris sans votre accord. Et pensez à y déposer votre propre évaluation en fin d'année : l'outil ne vaut que par ce que la promotion précédente y a écrit.
Ce score n'a rien d'officiel : c'est une grille de lecture pour structurer votre jugement, pas un verdict. Un terrain à 55 avec un superviseur disponible et honnête vaut mieux qu'un terrain à 85 dont vous n'avez rencontré personne. Pondération volontaire : la disponibilité de la supervision et le cadrage écrit pèsent plus lourd que l'équipement, parce que ce sont eux qui déterminent ce que vous apprendrez.
1

Encadrement et pédagogie

2

Conditions d'exercice

3

Contenu clinique et territoire

4

Vie personnelle et suites

Score du terrain
0/ 100
Cochez les critères vérifiés.
Points forts manquants
Les vingt questions à poser avant de mettre cinq cœurs
Rien n'interdit de contacter un terrain avant l'appariement, et beaucoup de responsables le voient d'un bon œil. Une conversation de vingt minutes vous en apprendra plus que la fiche de présentation.
Sur la supervision
1. Serez-vous physiquement présent dans les locaux pendant mes consultations ? Si non, à quelle distance et joignable comment ?
2. Comment vous joint-on en cours de consultation — téléphone, message, porte ouverte ?
3. Quel format et quel rythme envisagez-vous pour les temps de restitution ?
4. Qui supervise quand vous êtes absent ou en congés ?
5. Avez-vous déjà accueilli des internes en SASPAS ? Combien, et qu'en ont-ils dit ?
6. Accueillerez-vous un second étudiant en même temps que moi ? Comment répartissez-vous votre temps ?
Sur l'organisation
7. Combien de créneaux par demi-journée, et de quelle durée ?
8. Où placez-vous mes deux demi-journées non cliniques dans la semaine ?
9. Aurai-je mon propre bureau, ou un bureau partagé selon les jours ?
10. Quel logiciel médical, et qui me forme dessus la première semaine ?
Sur l'argent et l'administratif
11. Comment organisons-nous concrètement l'encaissement et le reversement des tickets modérateurs ?
12. Y a-t-il un terminal de paiement à ma disposition ?
13. Le secrétariat gérera-t-il mon agenda comme le vôtre ?
14. Comment gérons-nous le lien médecin traitant des patients que je suivrai ?
15. Envisagez-vous que je participe à la PDSA ? (Rappel : c'est un volontariat, votre réponse peut être non.)
Sur la clinique et la suite
16. Quel est le profil de votre patientèle — âge, précarité, part d'ALD, pédiatrie, gynécologie ?
17. Faites-vous des visites à domicile, des EHPAD, de la gynécologie, des petits gestes techniques ?
18. Comment travaillez-vous avec les autres professionnels du secteur — MSP, CPTS, IDE, pharmaciens ?
19. Quelles perspectives voyez-vous si je souhaitais m'installer ici ou à proximité ?
20. Qu'attendez-vous d'un docteur junior — et qu'est-ce qui, pour vous, ferait que cette année serait réussie ?
Signaux d'alerte
Aucun n'est rédhibitoire seul. Deux ou trois ensemble méritent une conversation franche, ou un cœur de moins.
🚩

Vous seriez seul dans la structure

Le seul signal réellement rédhibitoire de cette liste. « Le mardi, je ne suis pas là, mais tu gères », « tu ouvriras le cabinet secondaire », « tu tiens la boutique le vendredi ». Le docteur junior ne peut en aucun cas être le seul médecin exerçant dans la structure pendant son temps de stage : au moins un médecin senior doit être présent ou immédiatement disponible. Ce n'est pas une préférence pédagogique, c'est un principe fondamental de l'accueil en stage ambulatoire.
🚩

Le vocabulaire du remplaçant

« Tu tiendras le cabinet pendant mes vacances », « ça me permettra de souffler », « tu prends la moitié de mes patients ». Le stage de DJ n'est pas un remplacement, et remplacer dans l'entité de stage est interdit par l'art. D. 6153-1-27.
🚩

Le flou sur la supervision

Aucune réponse précise sur la joignabilité, la distance ou le format des restitutions. C'est pourtant l'obligation la plus explicite qui pèse sur le PAMSU.
🚩

Le volume d'abord

La conversation porte principalement sur le nombre de consultations attendues et rarement sur ce que vous voulez apprendre. Rappel : au-delà de 2 400 consultations/semestre, l'agrément est réexaminé.
🚩

Les demi-journées « on verra »

Les deux demi-journées non cliniques ne sont pas positionnées, ou présentées comme flexibles selon l'activité. Elles font partie de vos obligations de service, pas des variables d'ajustement.
🚩

La carte CPS partagée

Toute évocation d'une facturation sous la carte du PAMSU, même transitoire. L'instruction qualifie explicitement cette situation de fraude et annonce des contrôles.
🚩

Personne à qui parler

Aucun ancien stagiaire joignable, aucun autre médecin sur place, pas de contact avec le DMG. L'isolement est le risque spécifique de cette année : vérifiez qu'il existe des tiers.

Feuille de route — de l'appariement à la sortie du DES

Planning perpétuel, recalculé sur la campagne sélectionnée · les cases cochées ne sont pas enregistrées, imprimez ou recochez à chaque visite

Prochaine échéance
Une fois en poste — le calendrier des choses à faire
La version datée et cochable de l'onglet « Mon stage » : les mêmes sujets, mais rangés par échéance et calés sur la campagne sélectionnée ci-dessus.
Le principe qui gouverne toute cette liste. Tout ce qui n'est pas posé dans les trois premières semaines devient beaucoup plus coûteux à poser ensuite. Demander en novembre comment on joint son PAMSU un mardi à 19 h est une question d'organisation ; la poser en mars, après un incident, devient un reproche. Les cases ci-dessous ne sont pas des formalités : ce sont les endroits où le stage se joue. Pour le détail de chaque point, l'onglet Mon stage reprend les mêmes sujets en prose.
Trois choses à conserver toute l'année, dans un dossier à part. Le contrat de formation signé. Les comptes rendus écrits de vos points d'étape. Le décompte mensuel de vos actes. Ces trois pièces règlent à elles seules l'immense majorité des litiges — sur la validation, sur la prime d'activité, sur le périmètre d'autonomie. Elles ne servent presque jamais. Quand elles servent, rien d'autre ne les remplace.
Vos interlocuteurs
Quatre guichets, quatre compétences distinctes — savoir lequel appeler fait gagner des semaines.

CHU de rattachement

Nomination, contrat, bulletins de paie, congés, versement de toutes vos rémunérations et primes. Votre employeur administratif.

DMG / coordonnateur

Contrat de formation, entretien d'entrée en phase 3, portfolio, tutorat, validation, difficultés pédagogiques ou relationnelles sur le terrain.

ARS

Agrément des terrains, ouverture des postes, affectation à l'issue de l'appariement, réexamen d'un agrément en cas de difficulté.

Conseil départemental de l'Ordre

Inscription au tableau spécial (département du CHU), licence de remplacement, contrats de remplacement, questions déontologiques.

URSSAF

Déclaration d'activité de remplaçant sous 8 jours, offre simplifiée médecin remplaçant, cotisations sociales.

Syndicat de subdivision / ISNAR-IMG

Information, accompagnement, médiation, remontée collective des difficultés. Interlocuteur légitime et confidentiel.

L'écosystème de la médecine générale — qui fait quoi
Universitaire, scientifique, syndical, ordinal : quatre mondes distincts qu'on confond souvent, et qui ne se saisissent pas des mêmes sujets.
Pourquoi ça vous concerne dès cette année. Vous êtes la première promotion de docteurs juniors ambulatoires. La réforme s'est faite dans un climat de conflit ouvert : plusieurs organisations représentatives se sont retirées des discussions avec le ministère début 2026, jugeant qu'il s'agissait de consultations et non de négociations. Beaucoup de modalités pratiques restent en arbitrage. Ce que vous vivrez cette année servira de base à ce qui sera corrigé — ou non — pour les promotions suivantes. Documenter, remonter, participer aux enquêtes n'est pas de la politique : c'est la seule matière première dont disposent ceux qui vous représentent.
Le monde universitaire et scientifique
DMG · DUMG
Département (universitaire) de médecine générale

Votre faculté. Instruit les dossiers d'agrément des maîtres de stage, organise leur formation pédagogique obligatoire, coordonne le tutorat, et analyse les grilles d'évaluation que vous remplissez en fin de stage. C'est votre premier recours institutionnel en cas de difficulté sur un terrain — le DMG a la compétence et l'intérêt de protéger les apprenants, parce qu'un terrain défaillant abîme la filière entière. Beaucoup de facultés ont créé une cellule dédiée aux étudiants en difficulté (CADEM à Reims, CAP-IMG ailleurs) : demandez laquelle existe chez vous avant d'en avoir besoin.

CNGE
Collège national des généralistes enseignants

Principale société scientifique de la discipline, créée en 1983, fédérant 35 collèges régionaux adossés aux facultés. Élabore le programme du DES, le référentiel des six compétences et les procédures de validation ; anime la filière universitaire (professeurs, maîtres de conférences, chefs de clinique) et le réseau des quelque 12 000 maîtres de stage. Participe aux réseaux internationaux WONCA, EGPRN et EURACT. Son congrès annuel se tient à Marseille, du 2 au 4 décembre 2026, parc Chanot — le premier ouvert à des docteurs juniors.

cnge.fr
Collège régional
Votre collège de généralistes enseignants

Le relais local du CNGE, sous des sigles variables selon les régions — CLGE à Lyon, CGELAV en Loire-Atlantique-Vendée, CGEMS dans le Maine-et-Loire. Il assure les formations pédagogiques qui conditionnent l'agrément et la réaccréditation des maîtres de stage : SIAMS pour l'initiation, S3 pour la supervision directe, S4 pour la supervision indirecte et la rétroaction. Un PAMSU qui n'a pas suivi S4 n'a pas été formé à ce qu'il est censé faire avec vous. L'adhésion est couplée régional + national, de l'ordre de 165 € par an. Réseau utile si vous envisagez d'enseigner un jour.

SNEMG
Syndicat national des enseignants de médecine générale

Le versant syndical de la filière universitaire : défend les postes d'enseignants, les moyens des DMG et les conditions d'exercice de la maîtrise de stage. Distinct du CNGE, qui est une société scientifique. Ne vous concerne pas directement, mais explique pourquoi votre DMG manque parfois de bras : c'est un sujet porté, pas une fatalité subie.

CMG · CMGF
Collège de la médecine générale

Structure fédérative qui réunit l'ensemble des organisations de la discipline — syndicats représentatifs, sociétés savantes, structures académiques et de formation. Organise le Congrès de la médecine générale France (CMGF), rendez-vous annuel généraliste ouvert à tous, avec des tarifs réduits pour les internes.

lecmg.fr · congresmg.fr
Vous représenter : étudiants, internes, jeunes médecins
ISNAR-IMG
Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale

Votre syndicat national. Fédère les syndicats de subdivision. Présidée par Atika Bokhari depuis l'été 2025. A quitté les comités de suivi de la réforme le 20 janvier 2026, puis appelé à une grève reconductible chaque premier lundi du mois. Quatre revendications constantes : plafonnement du nombre de consultations du docteur junior, filet de sécurité économique pour les maîtres de stage, nombre maximum de docteurs juniors par maître de stage, et création de postes d'enseignants de médecine générale — le ratio est aujourd'hui d'un enseignant pour soixante étudiants. Publie des enquêtes, accompagne les situations individuelles, et dispose de guides sur la procédure d'agrément des terrains.

isnar-img.com
Syndicat local
Votre syndicat de subdivision

L'échelon qui compte au quotidien : connaissance des terrains, des DMG, des ARS locales, des dates d'appariement propres à votre subdivision. C'est le premier numéro à avoir — les problèmes concrets se règlent presque toujours localement.

ISNI
Intersyndicale nationale des internes

Représente les internes de toutes les spécialités. S'est associée aux mobilisations sur la quatrième année et porte la revendication d'un statut de docteur junior ambulatoire ouvert à l'ensemble des spécialités.

isni.fr
ANEMF
Association nationale des étudiants en médecine de France

Représente le deuxième cycle. Concerne moins votre situation immédiate, mais c'est l'organisation qui porte la parole de ceux qui vous suivront — et qui arbitreront leur choix de spécialité en partie sur ce que vous direz de cette année.

anemf.org
ReAGJIR
Regroupement autonome des généralistes jeunes installables et remplaçants

Prend le relais après le DES : remplaçants, jeunes installés, collaborateurs. L'interlocuteur pertinent pour l'année d'après — statuts de remplacement, contrats, premières installations, ressources pratiques sur la gestion d'un cabinet.

reagjir.fr
SNJMG
Syndicat national des jeunes médecins généralistes

Autre organisation de jeunes généralistes, avec une production documentaire fournie sur les statuts, la protection sociale et les conditions d'exercice.

snjmg.org
Les syndicats de médecins libéraux
MG France
Fédération française des médecins généralistes

Syndicat spécifique de la médecine générale. Négocie la convention médicale avec l'Assurance maladie — c'est-à-dire les tarifs, les forfaits et les rémunérations sur objectifs qui détermineront votre revenu une fois installé.

mgfrance.org
CSMF · FMF · SML
Les autres syndicats représentatifs

Confédération des syndicats médicaux français, Fédération des médecins de France, Syndicat des médecins libéraux. Tous polycatégoriels ou généralistes selon leurs branches, tous signataires ou non de la convention. La FMF Généraliste s'est également retirée des discussions sur la quatrième année.

Autres
Avenir Spé, UFML, Médecins pour demain…

Le paysage syndical médical est fragmenté et mouvant. Vous n'êtes obligé d'adhérer à rien. Mais lire au moins deux communiqués de deux organisations différentes sur un même sujet est le meilleur moyen de se faire une idée — chacune a ses angles morts.

Institutions et guichets
Ordre
Conseil départemental de l'Ordre des médecins

Inscription au tableau spécial (département du CHU de rattachement), licence de remplacement, visa des contrats, déontologie. Le conseil national publie par ailleurs des guides utiles sur les contrats et l'installation.

conseil-national.medecin.fr
CARMF
Caisse autonome de retraite des médecins de France

Retraite et prévoyance des médecins libéraux. Ne vous concerne qu'à partir de votre première activité libérale — remplacements compris. Propose des calculettes de cotisations et un récapitulatif de droits en ligne.

carmf.fr
URSSAF
Régime simplifié des professions médicales

Déclaration d'activité de remplaçant, adhésion au RSPM, déclaration et paiement des cotisations en ligne.

medecins-remplacants.urssaf.fr
ARS
Agence régionale de santé

Agrément des terrains, ouverture et répartition des postes, affectation à l'issue de l'appariement, zonage (ZIP, ZAC) qui conditionne l'indemnité de 1 000 € et les aides à l'installation.

CHU
Affaires médicales de votre CHU de rattachement

Nomination, contrat, bulletins de paie, congés, arrêts, versement des primes. C'est votre employeur administratif, quel que soit votre lieu de stage.

UNESS
portail.uness.fr

La plateforme de l'appariement SiiMOP. Dépôt du dossier, consultation des fiches de terrain, attribution des cœurs, résultats.

portail.uness.fr
Un conseil d'usage. Adhérer à une organisation coûte quelques dizaines d'euros et vous donne accès à des ressources, des congrès à tarif réduit, et surtout à quelqu'un à appeler. Adhérer à trois n'a pas de sens. Si vous ne devez en choisir qu'une cette année, prenez votre syndicat de subdivision : c'est le plus proche et le plus opérant sur ce que vous vivrez.
Les guides des associations — ce qui existe déjà, gratuitement
Une partie de ce que vous cherchez a déjà été écrite, tenue à jour et relue par des confrères de votre génération. Le réflexe le plus rentable est d'aller y regarder avant de reconstruire.
ReAGJIR
Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants

La référence sur l'après-DES. Regroupe remplaçants, jeunes installés depuis moins de cinq ans et chefs de clinique de médecine générale. Publie une collection de guides gratuits, actualisés, sur les sujets exacts qui vous attendent : le remplacement, les démarches d'installation en libéral, l'URSSAF, le micro-BNC, la prévoyance et la parentalité. Y figure également une checklist « je remplace » et un guide de l'installation libérale. Édite par ailleurs Le p'tit guide du jeune généraliste, ouvrage papier régulièrement remis à jour, et organise les Rencontres nationales de ReAGJIR.

reagjir.fr · reagjir.org
ISNAR-IMG
Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale

La référence pendant l'internat. Créée en 1997, elle fédère les syndicats de 23 villes facultaires. Publie des guides pratiques destinés aux internes et aux syndicats locaux, un livre blanc réactualisé pour les municipales de 2026, un Abrégé des positions sur la 4e année du DES, et un guide dédié à la procédure d'agrément des terrains de stage — utile si vous voulez comprendre ce que le DMG et l'ARS peuvent réellement faire. Mène des enquêtes nationales : déterminants du projet professionnel des jeunes généralistes, conditions de travail, santé mentale, CESP. Édite Antidote 42, revue gratuite faite par et pour les internes. Congrès annuel en janvier.

isnar-img.com
APEASEM · GELULES
Guide en ligne unifiant les évaluations de stages

L'outil le plus utile avant de classer vos vœux, et personne ne vous en parlera. GELULES est une plateforme d'évaluation des terrains de stage créée par l'APEASEM — Association pour l'évaluation autonome des stages et des études de médecine — active depuis 2014. Elle est indépendante du DMG et de l'ARS. Vous y consultez des centaines d'évaluations anonymisées rédigées par les promotions précédentes, et vous y déposez la vôtre. Elle comporte une fonction de signalement d'événement indésirable — harcèlement, violence verbale, défaut de séniorisation — traitée par l'association locale, anonymement et sans qu'aucune démarche ne soit engagée sans votre accord. L'accès passe par votre association locale d'internes : AIMGL à Lille, RAOUL-IMG en Lorraine, SAPIR-IMG à Amiens, et beaucoup d'autres. Souvent réservé aux adhérents.

apeasem.org
CNOM
Conseil national de l'Ordre des médecins

Publie les contrats types commentés — remplacement, collaboration libérale, association, cession — qui sont la meilleure base de négociation gratuite dont vous disposiez, et un guide destiné aux jeunes médecins. Votre conseil départemental relit gratuitement vos contrats avant signature : la transmission est de toute façon obligatoire, autant qu'elle serve à quelque chose.

conseil-national.medecin.fr
SNJMG
Syndicat national des jeunes médecins généralistes

Production documentaire fournie sur les statuts d'exercice, la protection sociale et les conditions de travail. Utile en complément de ReAGJIR, avec un angle éditorial différent — lire les deux sur un même sujet est le meilleur moyen de repérer ce qui relève du fait et ce qui relève de la position.

snjmg.org
ANEMF · ISNI
Étudiants du deuxième cycle et internes toutes spécialités

L'ANEMF représente le deuxième cycle et publie des travaux qui vous concernent indirectement — enquête Précarité, rapport collectif sur la santé mentale des étudiants en santé. L'ISNI représente les internes de toutes spécialités et porte la revendication d'un statut de docteur junior ambulatoire ouvert au-delà de la médecine générale. Les trois — ANEMF, ISNAR-IMG et ReAGJIR — cosignent régulièrement des positions communes sur l'accès aux soins et la liberté d'installation.

anemf.org · isni.fr
Un principe de méthode. Ces documents sont gratuits, écrits par des gens qui viennent de vivre ce que vous allez vivre, et beaucoup plus détaillés que ce site sur leurs sujets respectifs. Ce guide-ci vise la cohérence d'ensemble de votre année ; les leurs visent la profondeur sur un point précis. Sur le remplacement, l'URSSAF, la prévoyance et l'installation, allez lire ReAGJIR. Sur la formation, les agréments et vos droits d'interne, allez lire l'ISNAR-IMG. Et adhérez à votre association locale : c'est ce qui finance ces outils, et c'est souvent ce qui ouvre l'accès à GELULES.

Après — les douze mois qui suivent la phase de consolidation

Les cinq voies possibles · libéral ou salarié, cotisations et responsabilité comparées · le rétroplanning de l'installation · les contrats · le CESP · le mur de trésorerie de la troisième année, simulé

Pourquoi cet onglet existe. L'année de docteur junior se termine un lundi de novembre, et le lendemain vous n'avez plus de statut. Ni employeur, ni rémunération, ni cadre. Les décisions qui vous y attendent — mode d'exercice, lieu, contrat, forme juridique — se préparent pendant l'année, pas après. Les six à douze mois d'avance sont ce qui sépare une installation choisie d'une installation subie.
1 · Les cinq voies, comparées
Aucune n'est meilleure. Elles engagent différemment, rapportent différemment, et se défont plus ou moins facilement.
Voie 1
Remplacement

Ce que c'est. Vous exercez à la place d'un confrère absent, sous son numéro, avec un contrat de remplacement. Rétrocession de 70 à 90 % des honoraires selon les régions et les périodes.
Ce que ça engage. Rien de durable. Aucun local, aucun prêt, aucune patientèle.
Le piège. Le statut de remplaçant interdit de se constituer une patientèle : vous ne pouvez pas être déclaré médecin traitant. Trois ans de remplacement, c'est trois ans sans capital professionnel. Et la clause de l'article R. 4127-86 : plus de trois mois chez le même praticien vous interdit de vous installer à proximité pendant deux ans, sauf accord écrit.
Pour qui. Ceux qui veulent voir plusieurs façons d'exercer, souffler, ou différer une décision géographique.

Voie 2
Collaboration libérale

Ce que c'est. Vous exercez dans le cabinet d'un confrère, avec vos propres feuilles de soins, vos propres ordonnances, votre propre espace Amelipro. Vous encaissez vos honoraires et versez une redevance au titulaire — de l'ordre de 20 à 30 % en médecine générale.
Ce que ça change par rapport au remplacement. Vous constituez votre propre patientèle et pouvez être déclaré médecin traitant. C'est la différence décisive.
Ce que ça engage. Un contrat écrit, transmis au conseil départemental de l'Ordre dans le mois qui suit sa conclusion (art. L. 4113-9 du code de la santé publique). Affiliation URSSAF et CARMF, régime BNC.
Le point que peu de gens connaissent. Un contrat de collaboration ne peut pas contenir de clause de non-réinstallation : la liberté d'installation du collaborateur est d'ordre public. Mieux — si vous avez remplacé ce praticien auparavant, la signature du contrat de collaboration vaut accord au sens de l'article R. 4127-86 et éteint l'interdiction d'installation.
Pour qui. C'est presque toujours la meilleure première étape après le DES.

Voie 3
Installation

Ce que c'est. Cabinet individuel, cabinet de groupe, maison de santé ou centre de santé dont vous devenez associé. Vous êtes chef d'entreprise.
Ce que ça engage. Un bail ou un achat, du matériel, un logiciel, parfois un prêt, une comptabilité, éventuellement du personnel. Et une décision géographique difficile à défaire.
Ce que ça rapporte. Le revenu le plus élevé des cinq voies à moyen terme, et un capital professionnel — la patientèle et les parts de société se cèdent.
Le piège. Le décalage de trésorerie. Les recettes démarrent lentement, les charges immédiatement, et les cotisations sociales arrivent avec deux ans de retard — voir le simulateur plus bas.
Pour qui. Ceux qui savent où ils veulent vivre. Le lieu compte plus que le statut.

Voie 4
Salariat

Ce que c'est. Centre de santé, hôpital (praticien contractuel, assistant), PMI, santé scolaire, médecine du travail après formation, structures associatives, établissements médico-sociaux, permanences d'accès aux soins.
Ce que ça engage. Un contrat de travail, des horaires, une hiérarchie. Aucun capital, aucun risque.
Ce que ça rapporte. Moins que le libéral à volume comparable, mais avec congés payés, arrêts maladie couverts dès le premier jour, retraite au régime général, et prévoyance d'entreprise. L'écart réel est plus faible qu'il n'y paraît une fois les charges du cabinet déduites.
Le piège. Le salariat est réversible dans un sens seulement : revenir au libéral après dix ans de salariat est possible mais rare dans les faits.
Pour qui. Ceux qui veulent une frontière nette entre travail et vie personnelle, ou qui doutent encore.

Voie 5
Exercice mixte

Ce que c'est. Une combinaison : libéral trois jours et vacations hospitalières deux jours, cabinet et PMI, installation et régulation médicale, cabinet et enseignement universitaire.
Ce que ça engage. Deux régimes sociaux qui coexistent, deux comptabilités, deux logiques d'agenda. C'est administrativement plus lourd, pas insurmontable.
Le piège. L'addition des contraintes sans l'addition des avantages, si les proportions ne sont pas assumées. Un mi-temps libéral coûte proportionnellement plus cher en charges fixes qu'un plein temps.
Pour qui. Beaucoup de généralistes finissent là sans l'avoir prévu. Autant le prévoir.

Ces cinq voies ne sont pas exclusives et l'ordre le plus fréquent est : quelques mois de remplacement, puis une collaboration, puis une installation ou une association dans le même cabinet. Chaque étape informe la suivante.
2 · Libéral ou salarié — la comparaison qui manque partout
Environ un jeune généraliste sur trois choisit le salariat. Le débat se réduit trop souvent à « on gagne moins mais on est tranquille », ce qui est faux dans les deux moitiés de la phrase.
 Libéral — installé ou collaborateurSalarié — centre de santé, hôpital, PMI, santé scolaire
Qui verse les cotisationsVous, sur votre bénéfice, à l'URSSAF et à la CARMFL'employeur les précompte et les verse. Vous ne gérez rien
Poids apparentEnviron 33 à 40 % du bénéficeEnviron 22 % de cotisations salariales sur le brut
Poids réelIntégralement à votre chargeS'y ajoutent environ 40 % de cotisations patronales, versées pour vous sans sortir de votre poche
Décalage de trésorerieDeux ans de base forfaitaire, puis régularisationAucun. Prélevé sur chaque paie
RetraiteCARMF : régime de base, complémentaire vieillesse, ASVRégime général, plus IRCANTEC dans le public ou AGIRC-ARRCO dans le privé
Arrêt de travailIndemnités de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour, puis CARMF à partir du 91e, à un niveau forfaitaire modesteIndemnités journalières dès le 4e jour, maintien de salaire conventionnel, prévoyance collective obligatoire
CongésNon rémunérés. Une semaine sans consultation, c'est une semaine sans recette — mais les charges fixes courentCinq semaines payées, plus les RTT éventuelles
ChômageAucun droit, hors allocation des travailleurs indépendants, très restrictiveAssurance chômage
Charges de fonctionnement25 à 50 % des honoraires : loyer, personnel, logiciel, matériel, assurancesAucune
RevenuVariable, sans plafond, corrélé au volumeFixe, plafond bas, progression lente et conventionnée
Responsabilité civilePersonnelle. Assurance obligatoire à votre nom (art. L. 1142-2 CSP)Portée par l'employeur. Immunité civile du préposé
Responsabilité pénaleStrictement personnelle dans les deux cas. Aucun statut ne protège, aucune assurance ne la couvre
Responsabilité ordinaleUn patient peut porter plainte directement au conseil départementalPour les missions de service public, filtre de l'article L. 4124-2 CSP
Indépendance professionnelleIdentique et garantie par l'article R. 4127-95 CSP : aucun contrat ni statut ne peut y porter atteinte

Les cotisations sociales — pourquoi la comparaison des taux ne veut rien dire

22 % contre 35 % : le raisonnement le plus répandu, et le plus faux
  • Les assiettes ne sont pas les mêmes. Le libéral cotise sur son bénéfice, après déduction des charges du cabinet. Le salarié cotise sur son brut, qui ne supporte aucune charge de fonctionnement. Rapporter 35 % à 22 % revient à comparer deux fractions dont les dénominateurs n'ont aucun rapport.
  • Les cotisations patronales existent. Environ 40 % du brut, versées par l'employeur au bénéfice du salarié. Elles financent la retraite, la maladie, le chômage et la famille. Le libéral n'a pas d'employeur : il n'y a personne pour verser cette part, et elle n'est pas remplacée.
  • Le libéral cotise moins et est moins couvert. C'est la conclusion qui dérange, mais elle est arithmétique : rien pendant les trois premiers jours d'arrêt, une indemnisation forfaitaire modeste ensuite, aucune assurance chômage, aucun congé payé, aucune prévoyance collective. Ce qui manque doit être acheté — un contrat de prévoyance complémentaire et souvent une surcotisation retraite.
  • L'écart de revenu net se resserre beaucoup. Prenez un libéral à 170 000 € d'honoraires : après 35 % de charges de cabinet et environ 35 % de cotisations sur le bénéfice restant, il reste de l'ordre de 70 000 € avant impôt — sans congés payés ni couverture chômage. Un généraliste salarié à temps plein en centre de santé se situe couramment entre 4 000 et 6 000 € bruts mensuels, soit environ 38 000 à 56 000 € nets avant impôt, congés payés, prévoyance et chômage inclus. L'écart reste réel, il n'est pas du simple au double, et il se paie en volume horaire et en risque.
  • Le point de bascule est le volume. Le libéral devient nettement plus rentable au-delà d'un certain nombre d'actes, parce que les charges de cabinet sont largement fixes. En dessous, la structure coûte plus qu'elle ne rapporte, et un mi-temps libéral est proportionnellement le plus mauvais montage qui soit.
  • Et l'exercice mixte fait cohabiter les deux régimes. Deux assiettes, deux caisses de retraite, deux déclarations. Vos droits s'additionnent, votre paperasse aussi.

La responsabilité juridique — trois étages, et un seul change vraiment

Le salariat protège sur un plan, ne change rien sur un autre, et déplace le troisième
  • La responsabilité civile — c'est là que le statut compte. Le médecin libéral est personnellement débiteur d'une obligation de soins envers son patient et répond personnellement de ses fautes devant le juge civil. Son assurance de responsabilité civile professionnelle est obligatoire et souscrite à son nom.
  • Le médecin salarié bénéficie de l'immunité civile du préposé. Depuis l'arrêt Costedoat de l'assemblée plénière de la Cour de cassation du 25 février 2000, le préposé qui agit sans excéder les limites de la mission que lui a confiée son commettant n'engage pas sa responsabilité envers les tiers : c'est l'employeur qui répond. L'immunité tombe si vous sortez du cadre de votre mission ou si vous commettez une faute intentionnelle ou pénalement qualifiée.
  • Dans le secteur public — hôpital, PMI, santé scolaire — la logique est voisine mais le fondement diffère : c'est l'établissement qui répond devant le juge administratif, sauf faute personnelle détachable du service. Vous n'êtes pas assuré personnellement, l'établissement l'est.
  • La responsabilité pénale ne bouge pas d'un millimètre. Elle est personnelle par principe. Aucun employeur ne la porte à votre place, aucune assurance ne peut la couvrir — au mieux les frais de défense. Un homicide involontaire, une violation du secret, une non-assistance : le statut est indifférent. C'est le point que le mot « tranquille » fait oublier.
  • La responsabilité ordinale se déplace. Tout médecin inscrit au tableau répond du code de déontologie. Mais l'article L. 4124-2 du code de la santé publique prévoit qu'un médecin chargé d'un service public ne peut être traduit devant la chambre disciplinaire, pour les actes de sa fonction publique, que par le ministre chargé de la santé, le préfet, le directeur général de l'ARS, le procureur de la République, le conseil national ou son conseil départemental. Un patient ne peut pas le poursuivre directement. Le Conseil d'État a jugé que ce filtre ne porte pas atteinte au droit à un recours effectif, les voies civile et pénale restant ouvertes.
  • Attention à la portée exacte de ce filtre. Il ne couvre que les actes de la mission de service public et ne joue pas pour une faute détachable. Un médecin salarié d'un centre de santé associatif de droit privé n'en bénéficie pas au titre de l'article L. 4124-2 : il relève du régime de droit commun du préposé.
  • Ce que le statut ne change jamais. L'indépendance professionnelle. L'article R. 4127-95 dispose que le fait d'être lié par un contrat ou un statut ne peut porter atteinte à l'indépendance du médecin. Aucun employeur, aucun directeur, aucun objectif chiffré ne peut vous imposer une prescription, une durée de consultation ou un nombre d'actes. Cette règle vous protège autant qu'elle vous oblige.
  • Le lien avec votre année de docteur junior. Vous vivez déjà une configuration intermédiaire : vous réalisez les actes seul, mais par délégation et sous la responsabilité du praticien dont vous relevez. C'est l'occasion d'observer concrètement ce que « répondre de ses actes » veut dire — et ce que change le fait que quelqu'un d'autre en réponde avec vous.
Une question plus utile que « combien ça rapporte ». Qu'est-ce qui vous coûte le plus cher, personnellement : la charge mentale de la gestion, ou la subordination ? Le libéral achète son autonomie au prix de la comptabilité, de la trésorerie, du recrutement et de la solitude décisionnelle. Le salarié achète sa tranquillité administrative au prix d'un plafond de revenu et d'une organisation qu'il ne fixe pas. Les deux réponses sont défendables. La seule mauvaise est celle qu'on n'a pas choisie.
3 · Le mur de la troisième année
Le mécanisme qui met en difficulté la majorité des installations, et qui est entièrement prévisible.
Le mécanisme, en une phrase. Vos deux premières années de cotisations sont calculées sur une base forfaitaire — 19 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 9 131 € pour 2026 — et non sur vos revenus réels. Quand l'URSSAF et la CARMF découvrent vos vrais revenus, elles régularisent. Vous payez alors, la même année, les cotisations courantes et le rattrapage des précédentes. Ce n'est ni une pénalité ni une erreur : c'est le fonctionnement normal, et il surprend presque tout le monde.
A

Votre activité prévisionnelle

110
44
36 €
60 %
35 %
B

Votre régime

25 %
Les cotisations CARMF sont calculées avec les taux réels 2026 (base, complémentaire, ASV, invalidité-décès). La part URSSAF est approchée par un taux global — CSG-CRDS, allocations familiales, maladie, formation, unions régionales — car elle dépend de seuils progressifs et de prises en charge conventionnelles qui varient. Considérez le résultat comme un ordre de grandeur, pas comme un appel de cotisations.
Vos trois premières années
Honoraires en croisière
Cotisations année 1
Cotisations année 3
Ce qu'il faut en retenir, indépendamment des chiffres. Ouvrez un second compte bancaire dès le premier jour d'activité et virez-y automatiquement votre provision chaque mois. N'y touchez jamais. Déclarez vos revenus réels à l'URSSAF dès que vous les connaissez plutôt que d'attendre la déclaration annuelle : les cotisations provisionnelles peuvent être réajustées en cours d'année, ce qui lisse le choc au lieu de le concentrer. Et prenez un comptable dès la première année — entre 60 et 140 € par mois, c'est le poste de charge le plus rentable d'un cabinet.
4 · Le rétroplanning
Calé sur votre fin de phase de consolidation. Les cases ne sont pas enregistrées — imprimez ou recochez.
5 · Les contrats
Tout contrat d'exercice entre médecins est transmis au conseil départemental de l'Ordre. Faites-le relire avant de signer, pas après.

Le contrat de collaboration libérale

Le plus fréquent après le DES, et celui qui contient le plus de clauses discutables
  • La redevance. De 20 à 30 % des honoraires en médecine générale. Elle doit correspondre à des frais réels et justifiés par des documents comptables, pas à un pourcentage négocié à l'estime. Le Conseil national impose un réexamen annuel. Demandez le détail des charges du cabinet : si la redevance dépasse largement votre quote-part réelle de frais, elle est contestable.
  • Ce que vous devez conserver. Vos propres feuilles de soins pré-identifiées, vos propres ordonnances, votre espace Amelipro, votre liberté d'organisation. Si vous n'encaissez pas vous-même vos honoraires ou si votre emploi du temps vous est imposé, le contrat est requalifiable en salariat déguisé — par l'URSSAF comme par l'Ordre.
  • Ce qui ne peut pas y figurer. Une clause de non-réinstallation. La liberté d'installation du collaborateur à l'issue du contrat est un principe : un contrat qui la restreint est irrégulier.
  • L'effet extincteur. Si vous avez remplacé ce praticien plus de trois mois auparavant, la signature du contrat de collaboration vaut accord au sens de l'article R. 4127-86 et met fin à l'interdiction d'installation à proximité. C'est parfois la vraie raison de signer.
  • La priorité en cas de cession. Le contrat type prévoit que si le titulaire cède son cabinet ou s'associe en cours de contrat, il doit vous le proposer en priorité. Vérifiez que la clause y est.
  • Fiscalement. Vous êtes en BNC. La redevance est déductible de votre bénéfice si vous êtes à la déclaration contrôlée. Côté titulaire, elle s'ajoute à ses recettes en « gains divers » sur la 2035.
  • Le délai. Contrat écrit, transmis au conseil départemental dans le mois suivant sa conclusion (art. L. 4113-9 CSP). Une période d'essai de un à trois mois est usuelle.

Association, société, cession de patientèle

Les formes juridiques, ce qu'elles changent, et à partir de quand elles se justifient
  • Entreprise individuelle (BNC). Le régime par défaut : pas de société, imposition à l'impôt sur le revenu, déclaration 2035. Simple, peu coûteux, largement suffisant les premières années.
  • SCM — société civile de moyens. Ne partage que les moyens : locaux, matériel, personnel, secrétariat. Chaque associé garde ses honoraires et sa patientèle. C'est la structure la plus courante en cabinet de groupe, et la moins engageante.
  • SISA — société interprofessionnelle de soins ambulatoires. La forme juridique des maisons de santé pluriprofessionnelles. Permet de percevoir et de répartir les rémunérations d'équipe de l'accord conventionnel interprofessionnel. Impose une comptabilité et une gouvernance collectives.
  • SELARL, SELAS. Sociétés d'exercice libéral, soumises à l'impôt sur les sociétés. Elles permettent d'arbitrer entre rémunération et dividendes et de lisser la fiscalité — mais ne deviennent intéressantes qu'à partir d'un bénéfice élevé et durable, et coûtent en frais de constitution, de gestion et d'expertise comptable. Ce n'est pas une décision de première année.
  • La cession de patientèle. Ce qui se vend n'est pas la patientèle — elle n'appartient à personne — mais le droit de présentation à la clientèle, avec le bail, le matériel et parfois le personnel. Les valorisations en médecine générale ont fortement baissé et sont désormais souvent symboliques dans les zones sous-denses. Ne payez jamais sans avoir vu les 2035 des trois derniers exercices.
  • Le bail professionnel. Six ans minimum, résiliable par le locataire à tout moment avec six mois de préavis. Vérifiez la destination des lieux, l'accessibilité aux personnes handicapées, la répartition des travaux, et la possibilité d'accueillir un successeur ou un collaborateur.

Ce qu'on ne signe pas

Sept clauses qui doivent déclencher une relecture avant signature
  • Une clause de non-réinstallation dans un contrat de collaboration — irrégulière par principe.
  • Une redevance sans justificatif comptable, ou sans clause de réexamen annuel.
  • Un engagement de volume ou d'horaires précis dans un contrat libéral : c'est le marqueur de requalification en salariat.
  • Une clause d'exclusivité vous interdisant toute autre activité, y compris universitaire ou de régulation.
  • Un préavis de rupture asymétrique — trois mois pour vous, quinze jours pour le titulaire.
  • Une cession de patientèle sans communication des 2035 et sans période d'accompagnement du cédant.
  • Tout contrat non transmis à l'Ordre. La transmission n'est pas une formalité : c'est le contrôle de conformité déontologique, et il est gratuit.
Le conseil départemental de l'Ordre relit gratuitement les contrats et publie des contrats types commentés. Votre syndicat de subdivision, ReAGJIR et le SNJMG proposent également des relectures. Trois relectures gratuites valent mieux qu'un litige.
6 · Les aides et le zonage, en 2026
Le paysage a changé au 1er janvier 2026 : les contrats démographiques sont fermés, remplacés par des aides ponctuelles et des majorations de forfait.
DispositifMontantConditions
Aide à la primo-installation en ZIP10 000 €Forfait unique, versé dans les trois mois, sans engagement de durée. Secteur 1 ou OPTAM
Aide à la primo-installation en ZAC5 000 €Mêmes conditions
Ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP3 000 €Cumulable avec une installation principale ailleurs
Majoration du forfait médecin traitant+50 / +30 / +10 %Primo-installation en ZIP ou QPV, années 1, 2 et 3 ; puis +10 % pérenne dans la zone
Consultations avancées en ZIP200 € / demi-journéeMédecins non installés en ZIP, 6 demi-journées par mois au maximum
Exonération France Ruralités RevitalisationIR exonéré 5 ansPuis dégressif sur 3 ans. Communes classées — à vérifier avant de signer un bail
Le CAIM et les autres contrats démographiques de la convention de 2016 ne sont plus ouverts à l'adhésion depuis le 1er janvier 2026 ; le COSCOM est maintenu pour les praticiens déjà engagés. Les aides des collectivités territoriales — région, département, intercommunalité — s'ajoutent à ce tableau et ne sont recensées nulle part de façon exhaustive : interrogez la mairie et le conseil départemental du lieu visé, ce sont souvent les mieux dotés et les moins demandés.
7 · Le CESP — ce qu'il engage, et la fenêtre qui se ferme
Contrat d'engagement de service public. Si vous en avez signé un, votre année de docteur junior est le dernier moment où en sortir reste abordable.
Une idée reçue à corriger d'emblée : oui, le CESP peut être signé pendant l'année de docteur junior. L'article R. 631-24 du code de l'éducation ouvre le dispositif aux étudiants de deuxième cycle et aux internes de troisième cycle des études de médecine. Le docteur junior en phase de consolidation reste un étudiant de troisième cycle : il est éligible, et plusieurs ARS l'écrivent explicitement dans leur documentation. Mais l'arithmétique change complètement selon le moment de la signature.

Signer un CESP pendant l'année de docteur junior

14 400 € bruts contre deux ans d'engagement — le calcul est très différent de celui d'un quatrième année
  • Ce que vous percevez. 1 200 € bruts par mois, versés par l'Agence de services et de paiement, imposables et soumis à CSG-CRDS — soit environ 1 086 € nets. Cette allocation est versée en sus de vos rémunérations de formation : elle s'ajoute à vos émoluments de 2 375 € et à votre prime d'autonomie supervisée, sans les réduire.
  • Ce que vous engagez. Un exercice en zone d'intervention prioritaire ou en zone d'action complémentaire, pour une durée égale à celle du versement, et en aucun cas inférieure à deux ans (art. R. 631-24-6 du code de l'éducation). Signer en fin de cursus, c'est donc percevoir douze mois d'allocation — environ 14 400 € bruts — contre vingt-quatre mois d'engagement géographique.
  • Le rapport n'a rien à voir avec une signature en quatrième année, où l'allocation court sur cinq ou six ans pour un engagement d'une durée équivalente. En fin de parcours, vous achetez une contrainte de deux ans au prix d'une année d'allocation.
  • Ce qui peut malgré tout le justifier. Si votre projet d'installation est déjà arrêté sur une commune classée, l'engagement ne vous coûte rien puisqu'il correspond à ce que vous alliez faire. Vous y gagnez l'allocation, l'accompagnement individualisé de l'ARS, et un interlocuteur identifié pour préparer l'installation. Le CESP reste par ailleurs cumulable avec les aides conventionnelles à l'installation.
  • La procédure. Dépôt du dossier sur la plateforme Profil de l'ASP, généralement de la mi-octobre à la mi-décembre — les dates varient d'une UFR à l'autre. Lettre de motivation exposant le projet professionnel, certificat de scolarité, relevé du rang de classement aux épreuves nationales. Audition devant une commission de sélection réunissant l'ARS, l'Ordre, l'URPS, un directeur d'établissement, un interne et un étudiant. Le nombre de contrats est fixé chaque année par arrêté interministériel, et il a été significativement réduit récemment : vérifiez le quota de votre UFR avant de bâtir un plan dessus.

Vous avez déjà signé un CESP — ce que votre année de DJ y change

Le seuil du DES fait passer la pénalité de rupture de 2 000 € à 20 000 €
  • L'allocation continue. Le versement de 1 200 € bruts se poursuit pendant la phase de consolidation et cesse à l'achèvement de votre formation. Concrètement, votre année de docteur junior est une année où vous cumulez émoluments, prime d'autonomie supervisée, éventuelle indemnité de zone, et allocation CESP.
  • Le seuil qui change tout. Si vous voulez vous dégager de votre obligation d'exercice, vous devez verser au Centre national de gestion une indemnité égale à la somme des allocations nettes perçues, majorée d'une pénalité. Cette pénalité s'élève à 200 € par mois de perception, avec un minimum de 2 000 €, tant que le diplôme d'études spécialisées n'est pas obtenu. Après l'obtention du DES, elle passe à 20 000 €, forfaitairement.
  • Or le DES s'obtient à l'issue de la phase de consolidation. Votre année de docteur junior est donc la dernière fenêtre pendant laquelle sortir du dispositif reste relativement abordable. Ce n'est pas une incitation à rompre : c'est une information que beaucoup découvrent après coup, quand le multiplicateur a déjà joué.
  • Un exemple chiffré. Quatre ans d'allocation, soit 48 mois : l'indemnité correspond aux allocations nettes perçues, environ 52 100 €, à laquelle s'ajoute une pénalité de 9 600 € avant le DES — ou de 20 000 € après. L'écart, pour le même geste, est de plus de 10 000 € selon le côté de la ligne où vous vous trouvez.
  • Les cas où rien n'est dû. Le décès du signataire. Et l'affection ou le handicap rendant l'exercice de la profession ou la poursuite des études dangereux ou impossible, constaté pour les internes par le conseil médical en application de l'article R. 6153-19 du code de la santé publique. Ces situations sont exonératoires de l'indemnité comme de la pénalité.
  • La sortie de zonage vous protège. Le remboursement n'est pas applicable lorsque la commune de votre lieu d'exercice, inchangé depuis trois ans au moins, cesse d'être classée en zone sous-dense. Autrement dit, si le zonage bouge sous vos pieds après trois ans de stabilité, vous n'êtes pas pénalisé.
  • Une fois en exercice, l'indemnité devient dégressive en fonction de la durée d'engagement et du temps d'exercice déjà accompli. Rompre après dix-huit mois sur vingt-quatre ne coûte pas la même chose que rompre le premier jour.

Les cinq démarches à faire cette année si vous êtes signataire

Toutes concernent l'ARS, et toutes gagnent à être faites tôt et par écrit
  • Informer l'ARS référente de votre projet d'installation, par écrit et le plus tôt possible. C'est la démarche la plus rentable du dispositif. La loi du 24 juillet 2019 permet de conserver l'opposabilité d'un zonage antérieur si votre projet a été défini, consolidé et communiqué à l'ARS avant le changement de zonage. Une commune qui sort du classement reste alors ouverte à votre installation.
  • Demander un report si vous ne voulez pas vous installer immédiatement. La demande s'adresse au directeur général de l'ARS. Tout report accordé proroge le CESP d'une durée équivalente. C'est l'outil correct si vous souhaitez remplacer un an ou collaborer avant de vous installer — bien préférable à une installation précipitée pour tenir un calendrier.
  • Vérifier le zonage de la commune visée, et le refaire à chaque révision. Le classement en ZIP ou ZAC évolue, et c'est le zonage opposable à la date pertinente qui compte, pas celui que vous avez consulté il y a deux ans.
  • Ne jamais changer de lieu d'exercice pendant l'engagement sans en informer l'ARS. Les modalités récentes prévoient qu'un changement non signalé entraîne la rupture du contrat, avec les pénalités correspondantes. Un simple courriel horodaté vous protège.
  • Se souvenir que l'engagement admet des formes souples. L'exercice en zone peut se faire à mi-temps depuis le 1er janvier 2021 (décret n° 2020-268 du 17 mars 2020), et l'activité peut être répartie entre deux zones sous-denses proches. L'engagement porte sur le lieu et la durée, pas sur un exercice exclusif.
Références : articles R. 631-24 à R. 631-24-17 du code de l'éducation · article L. 632-6 du code de l'éducation · loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 · décret n° 2020-268 du 17 mars 2020 · arrêtés du 26 mai 2020 relatifs au contrat type, au montant de l'allocation et aux modalités de calcul de l'indemnité et de la pénalité. Les montants et modalités évoluent : vérifiez auprès du CNG et de votre ARS référente avant toute décision.
8 · Les six erreurs les plus coûteuses
Toutes évitables, toutes fréquentes.
  • Ne pas provisionner. Le premier poste de défaillance des installations n'est pas le manque de patients, c'est le rattrapage de cotisations de la deuxième et de la troisième année.
  • Choisir le lieu après le statut. Le lieu est ce qui se défait le plus difficilement. Décidez d'abord où vous voulez vivre dix ans, ensuite comment vous y exercerez.
  • Signer un contrat sans relecture. Elle est gratuite auprès de l'Ordre, de votre syndicat et de ReAGJIR. Aucune raison de s'en priver.
  • Négliger la prévoyance. Le régime obligatoire ne verse rien avant le 91e jour d'arrêt. Un contrat complémentaire coûte quelques dizaines d'euros par mois à trente ans et devient inaccessible après le premier problème de santé.
  • Attendre l'été pour s'y mettre. Le conventionnement, l'inscription ordinale, la carte CPS, le prêt bancaire et le bail se comptent en semaines chacun, et ne se parallélisent qu'en partie.
  • Créer une société trop tôt. La SELARL ne devient pertinente qu'à bénéfice élevé et stable. Avant cela, elle coûte plus qu'elle ne rapporte.
Une dernière chose, et elle n'est pas administrative. Vous sortirez de cette année avec une expérience que personne n'a encore : celle de la première promotion de docteurs juniors ambulatoires. Elle a de la valeur — pour les promotions suivantes, pour votre DMG, pour les organisations qui négocient les textes, et pour les maîtres de stage qui hésitent encore à accueillir. Répondre aux enquêtes, faire un retour circonstancié sur votre terrain, accepter de témoigner : c'est la seule matière première dont disposent ceux qui feront corriger ce qui doit l'être.

Quiz — testez ce que vous croyez savoir

108 questions Vrai / Faux réparties en neuf domaines · correction argumentée et sourcée · score détaillé par domaine pour repérer ses angles morts · outil de révision, sans aucune valeur certifiante

Comment s'en servir. Filtrez par domaine avec les pastilles ci-dessous, ou répondez à tout dans l'ordre. Le score se décompose par domaine, du plus fragile au plus solide — c'est cette décomposition qui est utile, pas le total. Une réponse fausse vous apprend davantage qu'une réponse juste : la correction renvoie systématiquement au texte ou à l'article qui fonde la réponse, et vous pouvez remonter à la fiche correspondante dans l'onglet concerné. Rien n'est enregistré : recharger la page remet tout à zéro.
Les corrections renvoient aux textes. En cas de divergence entre ce quiz et une source officielle, c'est la source officielle qui a raison — et cela nous intéresse de le savoir.