ergoclicLe guide de la prescription des aides techniques
Depuis le 1er décembre 2025

Prise en charge intégrale des fauteuils roulants

Répondez aux questions : l'outil détermine la catégorie, qui a le droit de prescrire, les documents à joindre, les essais obligatoires, et rédige l'ordonnance.

Les seize sigles, traduits

Ne cherchez pas à les décomposer lettre à lettre : ce sont des codes, pas des acronymes. FMPR ne se lit pas « Fauteuil Manuel à Propulsion Rigide » — c'est simplement l'étiquette officielle des fauteuils non modulaires à assise rigide. Retenez le nom courant, pas les initiales.

SigleNom courantIntitulé officiel

La logique des familles : ce qui commence par FM est non modulaire (dimensions figées), FRM est modulaire manuel, FRE est modulaire électrique. POU pour les poussettes, BASE, CYC et SCO pour les bases roulantes, cycles et scooters.

Je n'ai jamais prescrit de fauteuil, par où je commence ?

Trois idées à retenir avant tout.

1. Le mot « VPH » remplace « fauteuil roulant ». Il couvre aussi les poussettes de l'enfant handicapé, les cycles à roues multiples et les scooters. C'est le terme que vous verrez sur tous les formulaires.

2. Vous ne prescrivez plus un modèle, vous prescrivez une catégorie. Il en existe seize, désignées par des sigles (FRM, FRE, FRMA…). Le choix du modèle précis se fait ensuite, avec le distributeur et après essais. Votre première ordonnance ouvre le parcours ; une seconde ordonnance, dite « prescription définitive », le referme une fois le fauteuil essayé.

3. Tout le monde ne peut pas tout prescrire. Les fauteuils simples sont ouverts à tout médecin. Les fauteuils complexes exigent un binôme : un médecin MPR ou titulaire d'un DU appareillage, avec un ergothérapeute ou un kinésithérapeute. Si vous n'êtes ni l'un ni l'autre, votre rôle est d'adresser au bon endroit — et c'est déjà beaucoup.

Guichet unique : Assurance maladie ou MSA Zéro reste à charge Ancienne nomenclature : fin le 30/11/2026
Hors réforme VPH

Choisir la bonne aide, pas seulement une aide

Trois assistants de choix reproduisent le raisonnement d'un ergothérapeute. En dessous, le catalogue complet avec les libellés d'ordonnance et les critères de réglage.

Les montants affichés sont les bases de remboursement LPP, pas les prix de vente. Chacun porte sa date et sa source : ceux marqués « 2020 » viennent du guide DAC 92 Nord et n'ont pas pu être revérifiés un par un — traitez-les comme des ordres de grandeur. En cas de doute sur un montant précis, la source qui fait foi est la base LPP de l'Assurance maladie.
Remboursé, non remboursé : comment ça marche ?

Une aide technique n'est remboursée par l'Assurance maladie que si elle est inscrite sur la LPP (liste des produits et prestations). Votre ordonnance doit alors reprendre mot pour mot le libellé de la LPP : c'est lui qui déclenche le code de facturation. Écrire « fauteuil garde-robe » au lieu de « chaise percée » suffit à bloquer un dossier.

Une aide non inscrite à la LPP n'est pas pour autant sans financement : barres d'appui, siège de douche, rehausseur de WC, monte-escalier relèvent d'autres guichets. Votre ordonnance garde alors toute son utilité — elle sert de justificatif médical pour la MDPH, la caisse de retraite ou l'Anah. Voyez l'onglet « Qui paie ? ».

Enfin, prescrire n'oblige personne : le patient reste libre du modèle, et le pharmacien ou le prestataire ne peut délivrer que ce qui est écrit.

Assistant de choix

Quel déambulateur ?

Le libellé LPP est le même pour tous les modèles. C'est donc vous qui devez orienter le choix — sinon le patient repart avec ce qui traîne en rayon.

Pourquoi le choix du modèle compte autant

Un déambulateur mal choisi ne se contente pas d'être inutile : il fait tomber. Le cas classique est le rollator 4 roues donné à une personne très instable — il roule devant elle, elle le suit, elle chute. À l'inverse, un cadre de marche fixe donné à quelqu'un qui n'a pas la force de le soulever transforme chaque pas en effort maximal.

Trois paramètres décident presque tout : la personne marche, ce qu'elle peut faire avec ses bras, et ce que vaut son équilibre. Le reste — freins, siège, panier — est du confort.

Assistant de choix

Quel coussin anti-escarre ?

En position assise, la zone sacrée supporte 73 % du poids du corps, contre 20 à 30 % en décubitus dorsal. C'est assis que le risque est maximal — et c'est là qu'on prescrit le moins bien.

Les six familles de coussins, en clair
  • Mousse haute résilience — le socle. Stable, léger, bon marché, sans entretien. Peu d'immersion, s'affaisse en 12 à 24 mois.
  • Mousse viscoélastique (mémoire de forme) — épouse la forme, répartit mieux. Sensible à la température ; ramollit dans une pièce chaude.
  • Gel ou fluide — bonne répartition, effet thermique, mais lourd et peu immergeant. Souvent associé à de la mousse.
  • Mixte mousse + gel — le compromis le plus courant : la mousse porte, le gel décharge la zone ischiatique.
  • Air statique à cellules — l'immersion maximale, la meilleure prévention. Mais instable pour les transferts et surtout il faut vérifier le gonflage chaque semaine : dégonflé, c'est pire que rien.
  • Moulé sur mesure — pour les déformations fixées : obliquité du bassin, rotation, cyphose réductible ou non. Passe par un ergothérapeute et un devis.

Le piège : un coussin ajoute 5 à 10 cm de hauteur d'assise. Vérifiez que les pieds touchent encore le sol ou les repose-pieds, et que les accoudoirs passent toujours sous la table.

Assistant de choix

Quelle compression ?

Classe, forme, nombre de paires et contre-indications. Une étude a montré que les recommandations de la HAS n'étaient suivies que par une petite minorité des prescripteurs, et que la moitié seulement des poses étaient correctes : c'est un domaine où l'ordonnance précise change tout.

Les quatre classes françaises, et le piège des normes
  • Classe 1 — 10 à 15 mmHg. Symptômes fonctionnels sans signe clinique, voyage, station debout prolongée.
  • Classe 2 — 15,1 à 20 mmHg. Varices, insuffisance veineuse chronique modérée, grossesse, suites de sclérothérapie. C'est l'immense majorité des prescriptions.
  • Classe 3 — 20,1 à 36 mmHg. Syndrome post-thrombotique, insuffisance veineuse sévère, prévention de récidive d'ulcère, lymphœdème.
  • Classe 4 — plus de 36 mmHg. Lymphœdème majeur, prescription de centre expert.

Le piège : les classes françaises ne correspondent pas aux classes allemandes. Une classe 3 française équivaut à peu près à une classe 2 allemande, et plusieurs marques diffusées en France affichent la norme allemande. Fiez-vous aux mmHg, pas au chiffre.

À ne pas confondre : les bas anti-thrombose, portés en position couchée à l'hôpital, ne sont pas des bas de compression veineuse et ne s'utilisent pas debout.

Assistant de choix

Échelle de Norton → classe de matelas

Évaluation du risque d'escarre au lit. Le score oriente la classe de matelas.

Score
Prévention des chutes

Adapter le domicile, pièce par pièce

Presque rien n'est remboursé par l'Assurance maladie, presque tout est finançable ailleurs. Cochez ce qui pose problème : l'outil produit la liste du matériel et un certificat médical à joindre aux demandes d'aide.

Ce certificat, c'est pour qui — et jusqu'où puis-je aller ?

La question mérite d'être posée avant de signer quoi que ce soit, en particulier chez un locataire.

Le certificat est destiné au patient, et à lui seul. Il se remet en main propre, à sa demande, « pour faire valoir ce que de droit ». Il ne s'adresse jamais à un tiers nommé : un certificat rédigé « à l'attention de Monsieur le propriétaire » sort de votre rôle et vous expose.

Vous certifiez ce que vous avez constaté, pas ce qu'on vous a raconté. C'est la règle déontologique de fond : le médecin ne peut attester que de faits personnellement observés. Vous n'avez pas visité le logement — vous ne pouvez donc pas certifier qu'il est inadapté. Le modèle généré ici sépare pour cette raison deux rubriques : ce que vous constatez à l'examen, et ce que le patient rapporte de son quotidien. Cette distinction protège votre signature sans rien retirer à l'utilité du document pour le financeur.

L'évaluation du logement n'est pas votre métier. Elle revient à l'ergothérapeute, qui mesure, teste et engage sa propre responsabilité technique. Le certificat le dit explicitement, et les aménagements y sont mentionnés « à titre indicatif, sous réserve de cette évaluation ».

Pour un locataire, vous n'êtes pas dans la boucle. C'est au locataire d'informer son bailleur de sa volonté de faire des travaux d'adaptation — MaPrimeAdapt' est d'ailleurs ouverte aux locataires du parc privé à cette condition. Le dialogue avec le propriétaire se joue entre eux et l'opérateur qui monte le dossier, jamais par votre intermédiaire.

Le texte généré comporte enfin une phrase de clôture explicite : il ne porte aucune appréciation sur l'état du logement et ne crée aucune obligation à la charge d'un tiers.

Ce que le médecin traitant peut faire, concrètement

Vous ne poserez pas les barres d'appui. Mais trois gestes de votre part débloquent tout le reste.

Repérer. Une question suffit : « Comment vous lavez-vous ? » Puis « Vous êtes-vous déjà retrouvé par terre sans pouvoir vous relever ? ». Une chute non déclarée est la règle, pas l'exception.

Adresser à un ergothérapeute. C'est le seul professionnel qui se déplace, mesure les passages, teste les transferts et rédige un rapport de préconisation. Sans ce rapport, la plupart des financeurs refusent ou sous-financent. Selon les cas : équipe mobile, SSIAD, service de soins à domicile, ergothérapeute libéral, ou l'ergothérapeute conseil du département.

Rédiger un certificat médical descriptif. C'est la pièce qui ouvre la MDPH, l'Anah, la caisse de retraite. Décrivez les limitations fonctionnelles et leurs conséquences dans le logement — pas seulement le diagnostic. « Coxarthrose bilatérale » ne finance rien ; « impossibilité d'enjamber un rebord de baignoire de 55 cm, deux chutes en six mois lors de la toilette » finance une douche.

Repérage des situations à risque

Cochez tout ce qui s'applique.

Le certificat produit ici est un modèle de rédaction. Il n'engage que le praticien qui le signe, après examen de son patient et adaptation du texte à sa situation. Rien ne doit être signé sans relecture.
Au-delà de l'assurance maladie

Qui paie quoi ?

Décrivez la situation : l'outil classe les financeurs mobilisables, dans l'ordre où il faut les solliciter, avec les démarches et les pièces à fournir.

La règle d'or : l'âge de survenue du handicap

Tout le système français bascule sur un seuil : 60 ans.

Handicap survenu avant 60 ans → logique du handicap : MDPH, PCH, taux d'incapacité. Enveloppes plus généreuses. Le droit reste ouvert après 60 ans si le handicap existait avant, ou si la personne travaille encore.

Perte d'autonomie survenue après 60 ans → logique du grand âge : conseil départemental, APA, GIR. Enveloppes plus modestes, mais des guichets complémentaires nombreux (caisses de retraite, Anah, CCAS).

PCH et APA ne se cumulent pas : il faut choisir. Entre 60 et 75 ans, une personne dont le handicap existait avant 60 ans peut demander la PCH — souvent plus avantageuse. C'est un conseil qui vaut plusieurs milliers d'euros et que personne ne donne.

Tous les financeurs

Sources opposables

Les documents officiels du parcours VPH

Tous les modèles sont publiés par le ministère chargé des personnes handicapées. Ce sont les seules versions opposables : téléchargez-les à la source, elles sont révisées régulièrement.

Attention aux versions. La fiche de préconisation « Étape 2 » à en-tête ministériel qui circule encore dans les services a été remplacée. La version en vigueur est datée de juin 2026.
Modèles à remplir
DocumentQuandQui le remplitFormat
Textes de référence
TexteObjet
Antisèche

Le glossaire

Retours d'expérience

Sept motifs de rejet, et comment les éviter

    Saisie assistée

    Remplir les deux fiches du parcours VPH

    À lire avant de vous en servir. Ce formulaire vous fait poser les bonnes questions et vous rend un récapitulatif propre, mais le seul document opposable est le modèle DOCX du ministère : un distributeur ou un pharmacien est fondé à refuser un dossier qui ne s'y trouve pas. Servez-vous-en comme brouillon de consultation, puis reportez les réponses sur la fiche officielle — les rubriques sont dans le même ordre, le report prend deux minutes. Vous pouvez aussi l'imprimer et l'agrafer en annexe, jamais à sa place.

    Télécharger la fiche d'évaluation des besoins · Télécharger la fiche de préconisation (juin 2026)
    Qui fait quoi, exactement ?

    C'est la confusion la plus fréquente. Le partage est le suivant.

    Vous, prescripteurÉvaluez les besoins, remplissez les deux fiches, prescrivez une catégorie. Puis, après les essais, revoyez le patient et rédigez la prescription définitive avec le modèle retenu et toutes les adjonctions.
    Équipe pluridisciplinairePour les fauteuils complexes : co-signe l'évaluation et la préconisation, et réalise l'essai de conduite des fauteuils électriques et scooters, avec le certificat d'aptitude.
    Distributeur (PSDM ou pharmacien)Reçoit la fiche de préconisation, propose au moins 4 modèles sur catalogue, organise l'essai comparatif d'au moins 2 modèles puis l'essai en conditions réelles, établit le devis, monte la demande d'accord préalable, livre, règle le fauteuil et assure le service après-vente.
    Assurance maladie ou MSAInstruit la demande d'accord préalable. 15 jours pour un fauteuil courant, 2 mois au maximum pour les demandes complexes. Le silence vaut accord.
    PatientChoisit son modèle parmi ceux proposés, réalise les essais, signe le formulaire d'engagement de restitution à l'achat.

    Autrement dit : vous ne choisissez pas le modèle, et le distributeur ne choisit pas la catégorie.

    1. Dossier patient — commun aux deux fiches

    Saisi une seule fois, réutilisé dans les deux récapitulatifs.

    2. Fiche d'évaluation des besoins — compléments
    3. Fiche de préconisation — compléments

    Éléments et modules à préconiser. Chaque élément coché devra figurer dans la prescription définitive.

    Avant de laisser partir le patient

    Synthèse de fin de consultation

    Ordonnances

    Tout ce que vous avez produit

    Tout ce que vous avez produit dans les autres onglets se retrouve ici. Décochez ce que vous ne voulez pas imprimer : chaque bloc se copie séparément, ou tous ensemble.

    À remettre au patient

    Fiche patient

    Une page en langage courant, à imprimer et à donner en main propre. Elle explique ce qui va se passer, dans quel ordre, avec quels délais — et rappelle au patient de reprendre rendez-vous, ce qu'il oublie une fois sur deux.

    OrdonnanceRien à copier